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que celles-ci, cachées sous les bords de la plaie, fussent soustraites à cette cause d’inflammation.
Le procédé de Brodie ne réussit pas mieux que læsection faite d’après le procédé de Béclard ; il manque quelquefois son effet , la veine n'étant pas divisée, et s'accompagne constamment d’épanchement dans le tissu cellulaire , accident qui est souvent cause de la phlébite, ainsi que nous avons établi.
Du reste, comme moyen curatif, la section transversale ne remplit pas son but. Dansle cas même où, par son fait, la veine s’oblitère, ce n’est que momentanément, car plus tard il se fait entre les deux bouts cicatrisés de la veine une réunion qui permet le rétablissement de la circulation , la lymphe plastique qui les bouchait se résorbant, ainsi que le sang qui s'était coagulé dans le vaisseau. C’est un phénomène très remarquable que le retour de la circulation veineuse par ses anciennes voies. Il a été noté en particulier par M. Davat. |
e. Cautérisation. Cette méthode est fort ancienne, puisque Celse en parle et indique même comment il faut procéder. Néanmoins , elle était abandonnée par les chirurgiens, lorsqu'elle fut remise en pratique par M. Bonnet de Lyon, d’après le conseil qui lui en avait été donné par M. Gensoul.
M. Bonnet applique un morceau de potasse caustique sur le trajet de la veine de manière à produire une escarre de deux à trois centimètres de diamètre. Au bout de quelques jours l’escarre est incisée crucialement, et l’on fait une deuxième application du caustique. Üne troisième est même faite s’il en est besoin.
Les résultats de l’habile chirurgien de Lyon étaient à peine connus, que MM. Laugier et A. Bérard .s’empressèrent d'y soumettre leurs malades; mais à la potasse caustique ils substituèrent le caustique de Vienne réduit en pâte. |
M. Laugier a adopté comme procédé général de faire une petite incision au-devant de la veine avant l’application du caustique.
M. A. Bérard supprime cette incision. Voici, au reste, un résumé de sa pratique.
C'est presque toujours au-dessous du genou , sur le trajet de la saphène interne, qu’il applique le caustique, alors même que les varices remontent sur la cuisse , à l'union de la saphène et de la crurale. :
Il applique la pâte de Vienne de manière à obtenir une escarre longue et étroite, afin de pouvoir détruire la veine dans une plus grande étendue, et d'agir à la fois sur plusieurs des circonvolutions que forme le vaisseau variqueux. La plaie qui succède à la chute de l’escarre étant allongée au jieu d’être circulaire, guérit, dit-il, plus facilement.
La veille du jour fixé pour la cautérisation, le malade marche, pour
que ses varices se gonflent et deviennent saillantes ; on trace alors avec l’azotate d'argent ou de l'encre, une ligne sur la peau qui répond exactement aux parties sur lesquelles le caustique doit être appliqué.
La peau étant rasée, la poudre de Vienne réduite en pâte molle, mais non diffluente à l’aide de l'alcool, est placée sur le vaisseau. La longueur de la couche varie de trois à cinq centimètres, la largeur de cinq à dix millimètres ; l'épaisseur est au moins aussi grande que la largeur. On laisse le caustique appliqué de quinze à vingt minutes, afin de désorganiser, en une seule séance , tous les tissus jusqu’aux parois de la veine inclusivement.
Lorsque la partie est débarrassée du caustique et lavée avec un peu de vinaigre pour achever de décomposer ce qui reste de potasse et de chaux, - si rien n’annonce que le sang doive couler, et si le malade n’est pas obligé de se lever, M. Bérard s’abstient de tout pansement. Dans le cas contraire, il applique un linge fin ou un morceau de diachylum que soutiennent quelques tours de bande.
Les phénomènes inflammatoires se bornent en général à ceux de l’élimination de l’escarre, qui n’a lieu qu’au bout d’un temps fort long (plusieurs mois) sans travail de suppuration, la cicatrice se faisant à mesure qu’elle se détache. Dans ce moment, il se peut que l’oblitération n'étant pas complète, il y ait hémorragie ; alors, la position horizontale, une compression légère sur l'ouverture de la veine, suffisent pour arrêter l'issue du sang.
Le traitement par la cautérisation est donc extrêmement long. Cependant M. Bérard fait bientôt lever ses malades. Après quatre ou cinq jours de repos il les renvoie même à leurs occupations, quelque pénibles qu’elles soient,
La cautérisation est-elle dangereuse? M. Bérard et M. Laugier, M. Clay de Manchester, emploient souvent la cautérisation, qu'ils croient incapable de déterminer des accidens, au moins des accidens graves. Cependant quelques phlébites, rares à la vérité, quelques cas où des phlegmons diffus se sont développés à sa suite, une nécrose du tibia, etc., nous autorisent à ne point présenter ce traitement comme exempt de tout danger.
Nous ne croyons pas davantage aux guérisons radicales obtenues par cette méthode. Nous avons vu souvent au Bureau central, et nous avons dans notre service plusieurs malades porteurs de varices qui ont été traitées par la cautérisation pratiquée d’après les règles que je viens d’exposer ; et je éois dire que parmi ces malades, les uns, et c’est le plus grand nombre, n’ont retiré äncun profit de l'opération; chez les autres, les varices ont perdu un peu de leur volume, la marche est devenue un peu plus libre, chez quelques uns des ulcères anciens se sont cicatrisés ; en résumé, dans les cas mêmes où ce traitement paraît avoir été utile,
l'amélioration était peu notable, et aurait pu sans doute être obtenue par un moyen plus simple et plus complétement exempt de dangers.
20 Opérations de la deuxième section, — a. Ligalure. Le principe appliqué au traitement des varices a été emprunté, dit S. Cooper, au traitement des anévrismes. E. Home mettait la veine à découvert, passait un fil au-dessous d’elle et liait. Plus tard , il fit deux ligatures et la section de la veine dans leur intervalle. .
Béclard, Dupuytren et d’autres chirurgiens français, après avoir lié la veine selon le premier procédé de E. Home, la coupaient immédiatement au-dessus de la ligature, entre celle-ci et le cœur. D'autres fois, Béclard divisait à la fois la veine et la peau avec le bistouri, puis saisissait avec une pince le bout inférieur qu’il liait, et faisait la réunion immédiate.
Cette opération est loin de garantir de la récidive, et elle expose ceux qui s’y soumettent à des accidens formidables, Une veine amsi liée, dans le fond d’une incision et forcée de subir une constriction violente, est très exposée à s’enflammer. Cette circonstance, jointe à la présence d’un corps étranger qui, laissé dans la plaie, irrite les parties voisines, explique le développement de ces érysipèles, de ces phlegmons diffus, de ces angioleucites, accompagnées du gonflement des ganglions correspondans, et des phlébites mortelles malheureusement trop fréquentes. La persévérance des douleurs sans inflammation indique qu’un nerf a été lié avec la veine.
Le procédé de Béclard expose, en outre, à une hémorragie par le bout supérieur de la veine, quand il n’y a pas de valvules entre ce bout et une grosse collatérale, ou lorsque les valvules sont insuffisantes pour obturer la lumière du vaisseau.
La ligature sous-cutanée des modernes est surtout Rs et appli- Le au varicocèle.
b. Compression circonscritr. Immédiate. Delpech incisait les tégumens et comprhnait la veine sur son propre üssu. Au danger d’une plaie où séjourne un corps étranger celte opération Joint encore le danger de la phlébite. HMédiate. Coll de Dublin dit avoir guéri des varices des membres en appliquant un compresseur à l'embouchure de la saphène interne dans la fémorale. Il faudrait d’autres observations pour juger ce moyen.
La compression exercée sur plusieurs points de la veine variqueuse (méthode de Sanson) avec un compresseur à plusieurs branches et à plusicurs palettes, qu’on laisse en place quatre ou cinq jours, est un moyen inoffensif à l’aide duquel on a obtenu, dit-on, des guérisons ; mais il est infidèle à cause même de la difficulté de l'application de l’instrument, C’est par l’oblitération du vaisseau, à Paide de caillots, que cette méthode opère, dit M. Boinet; mais ces caillots ne doivent-ils
pas être résorbés dans ce cas comme dans ceux que nous avons vus précédemment ?
c. Acupuncture, Simple. M. Davat saisit la veine dans un repli de la peau, et passe à travers cette membrane et au-dessous du vaisseau une aiguille qui vient sortir du côté opposé. Une deuxième aiguille perce perpendiculairement la peau, la paroi antérieure, puis la postérieure de la veine ; la pointe passe alors au-dessous de la première aiguille qu’elle croise à angle droit, elle se redresse alors pour traverser dans un ordre différent les parois postérieure, antérieure de la veine et Ja . peau. Les aiguilles sont maintenues en croix au moyen d’un fil. M. Davat dit que la veine ainsi percée s’oblitère par inflammation.
M. Velpeau et M. Franck de Montpellier soulèvent la veine et la peau, traversent la peau de part en part avec une aiguille qui passe audessous de la veine, puis à l’aide d’un fil croisé en 8 de chiffre sur l’aiguille, ils étranglent la veine et la peau. De là escarre et oblitération de la veine, mais souvent aussi on a vu se développer une phlébite suppurante, accident redoutable qui, presque toujours, engagera les chirurgiens prudens à rester inactifs.
On à vu plusieurs fois des accidens mortels déterminés par cette opération, qui, de même que la précédente, ne met pas à l'abri de la récidive.
Avec sélon. Krike traverse la veine de part en part et d'avant en arrière avec une aiguille munie d’un fil, revient d’arrière en avant, retire l'aiguille et laisse le fil dans la veine comme un séton.
Ge moyen offre plus de chances de succès; le vaisseau peut aisément s’oblitérer; mais ici encore la phlébite et les phlegmons diffus sont à craindre.