FRACTURE DE L’0$S MAXILLAIRE SUPÉRIEUR
Cette fracture , ordinairement produite par une cause directe, peut également , ainsi que cela résulte de deux faits observés par M. J. Cloquet et Richerand, être le résultat d’un contre-coup. Dans l’un des deux cas observés, le sommet de la tête et la base de la mâchoire inférieure se sont
trouvés pressés entre deux corps résistans; dans l’autre, le menton a été soumis à une percussion violente dirigée de bas en haut.
La fracture peut occuper la voûte palatme, le bord alvéolaire, ou tout autre point de l'os. Elle est ordinairement accompagnée de contusion, Celles qui sont produites par une balle tirée de loin ou par l’explosion d’une arme à feu déchargée dans la bouche sont toujours compliquées de plaies d’esquilles nombreuses ; souvent des portions considérables des os de la face sont emportées.
il est toujours facile de reconnaître cette fracture à la simple vue ou par le toucher; son pronostic est basé sur les complications.
Le traitement consiste à replacer les fragmens , soit à l’aide des doigts introduits dans la bouche, soit à l’aide d’une sonde conduite dans les niarines. Pour maintenir cette réduction, on peut ; si une partie du bord alvéolaire était détachée, l’assujettir en liant, à l’aide d’un fil métallique , les dents de ce fragment à une dent voisine implantée sur l’autre portion de l'os. Les deux arcades dentaires doivent être tenues en contact à l’aide d’une mentonnière, et complétement immobiles ; le blessé sera nourri pendant toute la durée du traitement avec du bouillon ou des potages très liquides donnés à l’aide d’un biberon : il évitera de parler.
Ces moyens simples me paraissent préférables à l'usage de la machine compliquée inventée par Græfe, pour permettre au malade de parler et de manger.
il n’est pas rare, bien que le traitement soit bien conduit, de voir Îes fragmens se consolider vicieusement; ce qui a souvent pour effet de produire, soit une difformité plus ou moins apparente, soit de gêner la parole, soit de comprimer le canal nasal et d'entretenir un larmoiement continuel.
ARTICLE VII