FRACTURES DU $STERNUM
Les fractures du sternum sont rares ; elles sont ordinairement produites par une cause directe; on cite cejendant quelques excinples dans les- L. | ne 70
quels il semble que cet os à été rompu par un véritable contre-coup. On en trouve un exemple dans le travail de David sur les contre-coups ; un second dans un mémoire de Sabatier sur les fractures du sternum, lu à l’Institut le 26 germinal an V ; un troisième inséré dans les Archives générales de médecine, par M. Cassan (t. XIII, pag. 82). Ce dernier fait a été constaté par l’autopsie faite sous les yeux de Boyer. Enfin Chaussier dit avoir vu le sternum rompu transyersalement par une violente contraction musculaire pendant le travail de l'accouchement.
La solution de continuité peut affecter toutes les directions ; ordinairement elle est transversale, quelquefois oblique. M. Barrau rapporte, dans sa dissertation inaugurale (Thèses de Strasbourg, 5 janvier 1815), un exemple de fracture longitudinale. Elle peut être simple, multiple, comminutive ; on l’a vue siéger au niveau de l’union de la première avec la seconde pièce du sternum, Mais il y à dans ce cas, ainsi que l'a bien établi M. Maisonneuve, une luxation plutôt qu’une fracture , à =niins que les deux pièces ne soient soudées, ce qui n’arrive que rarement même dans l’âge le plus avancé (voyez Luxations). P
Les fragmens conservent souvent leurs rapports normaux; d’autres fois ils sont enfoncés vers l’intérieur de la cavité thoracique , disposition que l’on constate facilement , vu le peu d'épaisseur des parties molles qui recouvrent l'os, et que l’on s'explique par lemode d'action de la cause qui a produit la fracture. Cette cause ne borne pas toujours ses eflets à la rupture de l'os, elle produit souvent une contusion, une déchirure des organes thoraciques, des épanchemens de sang dans le médiastn antérieur , complications qui donnent à la fracture du sternum une gravité que ne présente jamais la simple solution de continuité de l'os. Outre ces complications primitives, on à plusieurs fois observé, à la suite de ces fractures, des abcès dans le médiastin antérieur, une pneumonie traumatique , la carie de l'os. |
Traitement. Dans une fracture simple sans déplacement, il suffit de prescrire au blessé de s'abstenir de tout effort musculaire énergique ; de Jui assujettir les parois thoraciques avec un bandage de corps médiocrement serré ; d'appliquer sur la région sternale quelques compresses trem= pées dans un liquide résolutif. S'il existe un déplacement , et en même temps une plaie qui permette d'engager un levier sous un des fragmens pour le relever, cette manœuvre est indiquée; inais, dans le cas contraire, je pense qu'il faut généralement s'abstenir de toutes tentatives faites dans le but de remédier au déplacement , à moins cependant que celui-ci ne soit très considérable , et que l’on n’ait de fortes raisons de croire que les accidens que l’on observe sont déterminés par le fragment enfoncé. Faudrait-il alors faire une incision au niveau de la fracture pour introduire unlevier ? Faudrait-il appliquer une couronne de trépan?
AFFECTIONS DES O8, 707 Ce sont Jà des questions que le chirurgien résoudra toujours facilement en présence d’un cas donné ; peut-être serait-il possible d'introduire sur le côté du sternum, par une ponction semblable à celle que l’on pratique pour opérer les sections sous-cutanées, un petit crochet mousse, qui servirait à attirer au-dehors le fragment déplacé.
Pour prévenir les complications que nous avons signalées , le malade sera soumis à un traitement antiphlogistique, dont l'énergie sera proportionnée à la violence de la cause fracturante, Nous verrons, en parlant des plaies de poitrine, ce qu’il convient de faire s’il existe un épanchement sanguin ou purulent dans le médiastin. i
ARTICLE XITI.