‹ Élémens de pathologie générale (volume 2)Chapitre 15 sur 94 · partie est plus fréquente encore. Quant à l'asphyxie · texte numérisé non relu

partie est plus fréquente encore. Quant à l'asphyxie

produite par la chaleur atmosphérique, elle est plus

rare: M. le professeur Portal paraît l'avoir quelquefois observée (1). | 4

: Une lumière très-vive qui frappe subitement la vue, un bruit très-violent, peuvent produire la cécité ou la surdité.

L’électricité répandue dans l'atmosphère , ou accumulée par nos appareils , a produit chez quelques sujets la mort subite, et chez d’autres un tremblement incurable.

B. 'On trouve, parmi les applicata; un grand nombre de causes spécifiques. Les corps contondans,

* es instrumens piquans ou tranchans produisent 1m-

médiatement , sur l’économie, des effets connus. Il en estde même des liens fortement serrés , qui, dans tous les cas, gênent la circulation , peuvent pé-

nétrer dans les parties lorsqu'ils sont étroits, et pro-

duire l'asphyxie quand ils sont placés sur le trajet du conduit aérien. L’immersion dans un liquide détermine, en mettant obstacle à l’entrée de l'air, un effet semblable. Les caustiques, tels que les acides, les alcalis concentrés et certains sels métalliques, mis en contact avec nos parties , y détruisent complètement la vie dans une étendue variable ; quel-

/ ques-unes de ces substances , comme le sublimé Corrosif, les préparations arsénicales , peuvent être

absorbées à la surface du corps, portées dans les parties intérieures , et y produire les pliénomènes de l'empoisonnement. Les corps incandescens , les

° “© (1) Observ. sur le traitement-des asphyæiés, pag. 622.

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DE L’ÉTIOLOGIE. 5t -

liquides en ébullition sont aussi des causes spécifiques de maladie. Il faut encore placer dans la même série les topiques âcres , rubéfians ou vésicans , comme la farine de moutarde, la poudre de cantharides, les feuilles de l’ortie piquante, etc.

On doit également ranger parmi les causes spécifiques des maladies les différens venins. Ces. venins paraissent être le résultat d’une sécrétion propre à certaines espèces d'animaux, et sont pour eux un moyen naturel d'attaque et de défense : déposés, par l'animal qui les sécrète , dans les blessures qu'il fait aux tégumens , ils produisent constamment des eff. ets semblables. Les venins diffèrent des virus sous plusieurs rapports. Ceux-ci ne sont engendrés qu'accidentellement par des êtres malades ; la formation des venins, au contraire, est continuelle, et n’est liée à aucun trouble des fonctions : les virus n’agissent

qu'avec lenteur, et se reproduisent dans les affec-

tions qu'ils déterminent; les effets des venins sont prompis, et ne sont pas transmis de celui Œui les éprouve à d’autres individus. |

C. Jngesta. Les substances portées dans l’intérieur du corps deviennent fréquemment des causes déterminantes de maladies. Les poisons appartiennent presque tous à cette classe. On entend par poison, suivant Méad , toutes les substances qui, à petite dose, peuvent produire de grands changemens dans les Corps vivans. Mahon ne comprend sous ce titre que celles qui sont capables d’éteindre la vie.

On avait autrefois divisé les poisons en poisons minéraux, végétaux et animaux. On a pensé , avec raison ; qu'il était plus convenable de les classer

be:

cp ba DE L'ÉTIOLOGIE.

d’après leur manière d'agir sur l'économie que … d’après lerègnedelanatureauquelilsappartiennent. En conséquence, on les a distribués en six classes,

-à raison de leur propriété corrosive, astringente,

âcre , narcotique, narcotico-âcre, ou septique. Les poisons corrosifs produisent, sur les voies digestives , les mêmes effets que les caustiques sur la peau; mais ces effets sont beaucoup plus graves à raison de l'importance des parties sur lesquelles agit la cause morbifique. Les poisons astringens , ainsi

: nommés parce qu'ils déterminent le rétrétissement

des gros intestins, ou du moins une constipation opiniâtre ; appartiennent tous aux préparations sa türnines : les vins falsifiés sont ordinairement de

cette classe. Les poisons dcres!, tels que la coloquinte, l’aconit, l’'euphorbe, ont des effets analogues à'ceux des poisons corrosifs, avec cette différence

qu'ils enflamment les tissus sans en déterminer directement la gangrène. Les poisons narcotiques , tels que l’opium, les solanées , etc., causent des affections toutes différentes : ils agissent particulièrement sur le cerveau, dont ils troublent ou suspendent les fonctions, et produisent peu d'effet sur les organes avec lesquels ils sont immédiatement en contact. Les poisons narcotico-âcres, tels que les champignons vénéneux, offrent réunis ces deux modes d'action. Enfin, les poisons septiques , comme de seigle ergoté et la chair d'animaux morts de certaines maladies pestilentielles, déterminent la gangrène dediverses parties, ou des fièvres adynamiques ordinairement mortelles.

: D. On trouve peu de causes spécifiques parmi les

| DE L'ÉTIOLOGIE+ | | 53 excreta, les gesta et les percepta. La rétention d’urine a quelquefois produit la rupture de la vessie, celle des règles la distension douloureuse de l’utérus , et l'apparence de la grossesse. La violente contraction des muscles peut déterminer la ru pture d'un . tendon , la fracture d’un os : elle est souvent la cause déterminante des luxations et des hernies.. Enfin , les affections morales vives, comme l'amour vi le désir de revoir sa patrie, etc., produisent une espèce particulière de fièvre hectique. L’envie est quelquefois, chez les enfans, la cause déterminante d’un dépérissement rapide dont on ne découvre que. difficilement l’origine. La mélancolie reconnaît pres: que toujours aussi pour cause spécifique unepassion , profonde. Le désespoir » la terreur, la joie immodérée, ont, dans quelques cas, produit là mortsubite.

Certaines maladies peuvent être aussi la cause dé- terminante de quelques autres. Ainsi l’inflammation considérable des parotides a quelquefois produit l’asphyxie; une fracture , une luxation déterminent la formation de vastes abcès dans le tissu cellulaire ; la perforation de l'estomac, la rupture de la vésicule du fiel, de la vessie ou de l’utérus , l'érosion des intestins par un ulcère , sont autant de causes de l’inflammation du péritoine.

Enfin on peut joindre à ces causes spécifiques la. présence de certains animaux parasites dans le corps humain, comme letænia, les ascarides vulgaires et lombricoïdes, les hydatides, etc. Leur présence ne produit pas constamment de phénomèêènes morbides ; mais les maladies qui en résultent sont toujours les mêmes dans leur essence,

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quelque variées qu’elles soient dans leurs formes. Il en est de même des corps étrangers inanimés , portés dans nos organes par les conduits naturels où introduits par une plaie : bien que leur présence ne détermine quelquefois aucun phén omène morbide, on doit cependant les ranger au nombre des causes spécifiques , parce qu'ils agissent d’une manière uniformé ; la pointe d’un imstrument ou une balle qui reste dans une plaie, un corps étranger qui a pénétré dans la trachée - artère, appartiennent évidemment à cet ordre de causes. 4}, . IL. Des Principes contagieux. Il existe un certain nombre de maladies susceptibles de se transmettre d’un individu malade aux personnes saines qui ont avec lui quelque rapport. Gette transmission de la maladie, ayant ordimairement lieu par Île moyen d’un contact direct ou indirect, a été nommée ‘contagion; on a donné aux maladies qui se transmettent par cette voie l’épithète de contagieuses (ET La manière dont s'opère la contagion nous est inconnue ; néanmoins il est de toute probabilité qu’elle a lieu pag le moyen d'un agent matériel dont l'existence ne peut guère être révoquée en om

(1) M. Æufeland a défini la contagion ou le principe conla-

eux , une matière sublile qui s’insinue dans le corps vivant 8 5 > 1

et qui peut y exciler une espèce déterminée de maladie. Les

yniasines des marais sont , suivant cet auteur et d'après sa défi-

nilion, des principes contagieux, aussi-bien que le virus variolique ou syphilitique.

Il admet deux espèces de contagions ; lune vive et l'autre morte. « La contagion vive est produile par un corps vivant ; » elle peut avoir lieu dans toutes les maladies où les humeurs

» sont parvenues à un haut degré de corruption putride, & |

DE L'ÉTIOLOGIE. | 55 doute, bien qu'il échappe à nos sens : on nomme cet agent principe contagieux ou virus.

Bien qu’inappréciables à nos sens, les principes contagieux ontété, pour quelques médecins, l'objet de recherches spéciales. Voici quelle est sur ce point de pathologie l'opinion du plus grand nombre.

Le principe invisible qui produit la contagion est ordinairement enveloppé dans une substance visible, comme le mucus, le pus, la matière de la transpiration cutanée. Ces diverses substances n'étant point par elles-mêmes contagieuses , on suppose qu’elles ne le deviennent, dans quelques cas , que par leur mélange avec une matière subtile qui est l’agent de la contagion. Toutefois 1l ne serait pas impossible que le pus, que le mucus devinssent eux-mêmes contagieux, par l'effet d'un changement survenu dans leur propre nature.

Quoi qu’il en soit, à ce sujet, voici les principales propriétés des principes contagieux :

Ils déterminent tous, au moyen d’une série constante de phénomènes morbides, la reproduction de principes semblables à eux-mêmes et capables d’exciter les mêmes effets. Ils peuvent se multiplier

lorsqu’il y a changement spécifique dans l’état des organes sécréloires, comme dans celui des humeurs qu'ils sécrètent , comme dans la rougeole, la scarlatine, la dysenterie, etc. La contagion morte est celle dont la matière s’exhale des corps inanimés : tels sont les miasmes des marais, l'air corrompu qui produit les fièvres catarrhales , elc. »

Cette distinction et cette théorie sont trop loin de la doctrine actuelle pour pouvoir élre admises , ou même pour exiger une discussion, |

SOU DE L'ÉTIOLOGIE.

à l'infini, en vertu dete développement secondaire, aussi long - temps quils rencontrent des corps propres à les recevoir.

Parmi ces principes contagieux , les uns détruisent pour un temps , les autres pour tou] ours , dans l'individu qui en a ressenti les effets, la susceptibihté à en être affecté : le typhus et la fièvre jaune paraissent être dans le premier cas; la variole, la scarlatine et la rougeole dans le second : d’autres semblent augmenter plutôt que diminuer cette sus-

ceptibilité, telle est la syphilis ; c’est-à-dire, en

d’autres termes, que quelques maladies contagieuses n'attaquent qu'une fois la même personne pendant tout le cours de sa vie; que plusieurs d’entr’elles peuvent reparaître au bout de quelques années ; que d’autres enfin se reproduisent plus facilement encore qu'elles n’ont paru la première fois.

On croit que, parmi les principes contagieux, il

en est quelques-uns qui sont engendrés sans interruption pendant tout le cours de la maladie, tandis que d’autres ne le sont que péridanti une partie de sa durée; mais cette opinion n’est pas encore suffisamment démontrée. | Les différens modes de contagion ont été aussi l’objet de recherches TE ; elle peut être immédiate ou avoir lieu par un corps intermédiaire. La contagion est immédiate lorsque le principe contagieux est transmis directement de l'individu crui le donne à celui « qui le recoit ; cette transmission ue peut avoir lieu de plusieurs manières :

°. par le séjour dans la chambre du malade, lorsque l'air y est chargé de principes contagieux, comme

re 2

DE L'ÉTIOLOGIE. | 57 cela paraît avoir lieu dans la transmission du typhus, et peut-être de la variole; 2°. de La main à la main , c’est-à-dire par un véritable contact, comme on l’observe dans la plupart des maladies de ce genre ; 3°. par un contact plus intime encore ;, comme dans la transmission des virus de la rage et de la syphilis, quisontsansaction sur la peau intacte, et qui ne peuvent être communiqués qu'autant que l’épiderme a été enlevé , ou qu'il est d’une grande ténuité ; 4°. la communication immédiate peut aussi avoir lieu par les dépouilles des animaux morts de la maladie qui engendre la contagion : c’est ainsi que la pustule maligne est souvent transmise aux gens qui apprétent les peaux, à ceux qui manient lesslaines, etc. .

La contagion médiate a lieu au moyen des substances qui ont cté en contact avec le corps du malade, comme ses vétemens et tous les objets dont il fait usage. On a remarqué que parmi les matières qui reçoivent et transmettent le plus facilement la contagion , les étoffes de laine, de soie, de coton, de chanvre, tiennent le premier rang; on a dit que les principes contagieux avaient une grande aflinité pour ces étoffes , qui peuvent les conserver pendant un temps fort long, surtout quand elles sont à l’abri du contact de l'air." Les personnes qui ont des rapports avec les malades peuvent transmettre la contagion sans en être elles-mêmes atteintes; et les insectes qui voltigent dans l'air et se posent alternativement sur les corps malades et sur les individus sains ont été accusés de transporter à ceux-ci les virus qu'ils auraient puisés sur ceux-là.

Les circonstances favorables à la contagion ou à

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V'action des-principes contagieux ont été examinées avec soin. On a reconnu qu'il importait beaucoup que le principe contagieux ne fût pas très-ancien : sa force diminue par degrés avec le temps; des expériences nombreuses ont prouvé, par exemple, que le pus variolique perd , au bout d’un an, une partie de son énergie, et qu’au bout de trois il cesse d’être contagieux. M. Æildenbrand pense que le principe contagieux du typhus ne se conserve pas au-delà detrois mois, parce que, selon lui, aucune épidémie de typhus ne s’est reproduite après ce laps de temps sans le concours de nouvelles causes. La température a aussi une grande influence sur Ja facilité axec laquelle se transmettent les maladies contagieuses : le degré de chaleur du corps humain paraît le plus favorable à la contagion, . et plus la température atmosphérique s’en rapproche, plus les maladies contagieuses se propagent avec facilité. La disparition subite des maladies pestilentielles, quand le thermomètre descend à quelques degrés au-dessous de glace, a conduit à penser que les principes contagieux étaient susceptibles de congélation. On a de même été porté à croire que ces principes pouvaient être détruits et en quelque sorte brûlés par l'extrême élévation de la température, en voyant la fièvre jaune cesser tout-à-coup sous la zone torride , lorsque la chaleur atmosphérique parvient à un degré extraordinaire. L’apparition fréquente du typhus pendant l'hiver, sa violence plus considérable pendant cette saison , semblent infirmer l’assertion que nous venons d’émetire. Mais si l’on considère que le nombre des sol=

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