‹ Élémens de pathologie générale (volume 2)Chapitre 20 sur 94 · PE · texte numérisé non relu

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l'autre diminue, en sorte que l'équilibre général n’est |

point dérangé. De légers changemens , soit en plus , soit en moins , dans la quantité des matières évacuées , ne suffisent pas pour produire une maladie ; mais lorsque la disproportion entre les matières

excrétées et les moyens réparateurs devienttrès-con-

sidérable, elle agit sur la constitution , et la modifie de manière à la prédisposer®à diverses affections. Si la quantité des matières assimilées est chaque jour plus grande que celle des matières excrétées , il en résulte une tendance à la pléthore et aux inflammations de toute espèce; si, au contraire, l’absorption ne suffit pas pour réparer les pertes journalières , il en résulte une diminution progressive dans le volume du corps, et une disposition aux

affections adynamiques et aux maladies de lan-

gueur. Des sueurs excessives , un flux copieux de salive, lexcrétion trop abondante du lait chez les nourrices , etc. , produisent ce dernier effet. Le coîït immodéré et la masturbation agissent de la même manière, avec cela de particulier, que des phénomènes nerveux se joignent présque toujours à la faiblesse qui résulte de l'évacuation répétée dusperme.

Cette faiblesse ; qu’entrainent les évacuations excessives, favorise l’action des causes qui occasionent ou déterminent les maladies. Tel homme qui s'exposait habituellement à lintempérie de l'air sans en ressentir les effets, ést pris de rhuma- Usme lorsqu'il s’y expose après s'être livré à des excès dans les plaisirs de amour (1). La même

use eme vhs.

G) Essai sur le Rhumatisme , chez Crochard, libsaire, eloître Saint-Benoît, n° 16.

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circonstance disposait ég ralement à contracter la fièvre jaune à Saint - Donne (1) ; et Diemerbroeck (2) a observé à Nhedbe que tous les gens qui se marièrent pendant la durée de la peste furent atteints par la contagion peu de jours après leurs noces. Les hémorrhagies » les saignées, les purgatifs , ont produit les mêmes effets dans plusieurs autres maladies contagieuses.

Les évacuations naturelles ou artificielles , quise répètent à des intervalles à-peu-près égaux, pro- duisent un effet très-différent, surtout quand elles sont renfermées dans certaines limites : l’économie -s’accoutume à réparer comme à supporter ces pertes, soit en diminuant les autres évacuations, soit en assimilant à sa propre substance une plus grande proportion des matières introduites dans le OP : la pléthore en est le résultat. L’évacuation périodique, naturelle ou artificielle, la fait cesser , mais en même temps elle augmente encore la disposition qui la reproduit ; en sorte que rien n’est plus propre à prédisposer à la pléthore, ou tout au moins à augmenter cette prédisposition lorsqu'elle existe , que ces évacuations elles - mêmes. Le flux menstruel chez les femmes , les hémorrhoïdes périodiques chez les hommes , les saignées habituelles dans les deux sexes, sont autant de causes qui produisent très-fréquemment cet effet.

La suppression des évacuations habituelles , l'o-

(1) Traité de la Fièvre jaune , par Barr. .

(2) Dicmensrorcr , de la Peste de Nimègue.

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mission des saignées et des purgatifs accoutumés >: peuvent disposer à diverses maladies; mais elles agissent plus généralement comme causés occasionelles que comme causés prédisposantes.

E. Gesta. Xl n'est pas une mesure exacte de mouvement et de repos, de sommeil et de veille ; à la= quelle l’homme soit obligé de s’astreindre pour conserver sa santé; maïs 1l est aussi certaines limites qu’il dépasse rarement sans altérer l'harmonie de - ses fonctions. | (

Une disproportion considérable entre l'exercice et le repos est toujours nuisible à la santé ; une fatigue trop grande entraine une sorte d'épuise= ment , et imprime un caractère fâcheux à presque toutes les affections aiguës. On a dit des gens de la campagne qu'ils n’ont ordinairement, pendant le cours de leur vie, qu'une seule maladie, qui les tue. L'exercice brattiel peut aussi prédisposer à certaines affections : les mouvemens continuels et ré pétés dés bras, par exemple, paraissent disposer à l'hémoptysie et à l’anévrysme du cœur.

Le défaut d'exercice a des inconvéniens plus gra= vesencoreque l'excès opposé : cés inconvémiens sont d'autant plus prononcés que lindividu a un besoin plus grand de mouvement, à raison de son âge, de ses habitudes , dé sa forcé. IL est plus nuisible aux enfans, aux individus robustes, à ceux qui ont toujours mené un genre de vie très-actif. IL est d’observation que la vie sédentaire est plus nuisible à l’homme qu’à la femme, soit parce que dès l’ado-. lescence l'habitude én a diminué pour elle les inconvéniens , soit parce qu’elle est plus conforme

DE L'ÉTIOLOGIE. 95 à sa principale destination et par conséquent aussi à sa constitution. Le repos produit d’abord la faiblesse des organes locomoteurs, puis le dérangement de la nutrition ; le corps augmente en volume et perd de sa force; la polysarcie adipeuse, les écoulemens muqueux, les scrophules, l’œdème , peuvent être le résultat de cette inaction portée au plus haut degré. La même cause, dans son degré le plus faible , c'est-à-dire lorsque l'exercice n’est pas tout-à-fait proportionné au besoin, dispose à la pléthore, surtout chez les individus qui font bonne chère. L’inaction d’un seul membre en particulier ne produit ordinairement que des effets locaux, la faiblesse, la diminution de volume, l’atrophie de la partie maintenue immobile.

La variété qui convient dans tous les actes de la vie est spécialement utile dans la position du corps. La gène qui résulte de la même situation gardée long-temps , le besoin d’en changer par intervalles, même pendant le sommeil, indiquaient cette vérité avant que lhygiène en eût fait un précepte. La station habituelle dispose aux varices, à l’oœdème des jambes dans les deux sexes, au varicocèle chez l'homme , à la descente de l'utérus chez la fémme ; la situation assise, aux hémorrhoïdes et à l’engorgement des viscères abdominaux : la situation à genoux , au lumbago, à la sciatique, à la courbure précoce de l'épine ; la situation horizontale favorise les congestions cérébrales, l’épistaxis, l’apoplexie. Cette position conservée pendant plusieurs mois à l’occasion d’une fracture des membres inférieurs, a paru être la cause principale de la formation d’un calcul vé-

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sical chez des sujets qui en ont ressenti* alors les premières atteintes. /

Une distribution convenable des FAR: de veille et de sommeil est utile à l'entretien de la santé. Six à huit heures de sommeil sont nécessaires aux adul-. tes ; 1l en faut. moins aux vieillards, et davantage aux enfans. Il est ensuite des variétés propres aux individus, auxquelles il faut avoir égard : quelques personnes ont besoin de dormir mére à dix heures; quatre à cinq heures suffisent à d’autres. le sommeil prolongé amène l’engourdissement généra}, et prédispose à la pléthore et aux affections cérébrales : on ne voit presque jamais les individus qui se lèvent tard et dorment beaucoup parvenir à un âge avancé. À la suite de longues veilles » il se développe souvent des fièvres ataxiques ct diverses affections nerveuses.

F. Percepta. Les sensations, les passions v rt Fret vaux de l’esprit, deviennent, au-delà de certaines bornes, des causes prédisposantes de maladies. …,

Des sensations habituellement très-faibles déterminent peu à péu dans les organes qui en sont. le siége une engmenIanon de sensibilité qui les rend improprés à soutenir des sensations médiocrement 4 fortes : c’est ce. qu’on observe chez les individus qui restent long-temps dans un endroit obscur, | chez ceux qui ne font usage que d’alimens fort doux. Des sensations habituellement irès-vives, au cons traire, émoussent la sensibilité des organes. et les rendent par degrés inhabiles à remplir leurs fonctions.

“Les passions influent d’une maniere bien remar-

DE RÉTIOLOGIE 07 quable sur le développement des maladies. Autant les passions. douces et variées sont favorables à l'harmonie des fonctions, autant les passions fories et exclusives lui sont nuisibles. Elles peuvent non-seulement produire des effets prompts et évidens sur l’économie , comme la mort subite , les fièvres hectiques morales, ainsi que nous l'avons vu dans l’énumération des causes spécifiques ; mais elles produisent encore, et bien plus souvent ; une sorte d'irritabilité générale qui prédispose singulièrement ‘aux affections nerveuses. Les passions tristes donnent souvent naissance aux fièvres ataxiques , à l'hypochondrie, aux hémorrhagies passives et aux maladies cancéreuses.

Les travaux de l'esprit prédisposent aussi aux affections nerveuses , quand on s’y livre avec excès ; mais 1] s'en faut bien, comme on l’a prétendu , que l'étude soit une occupation contre nature. IL est dans l’ordre des choses que l’homme atteigue le plus grand développement possible de ses moyens physiques et intellectuels. L'exercice de l'esprit , la méditation, l'étude, sont nécessaires au développement. de l'intelligence, comme le monvement à celui du corps. Lorsque l’étude est conforme an goût. de celui qui s’y livre, lorsqu'elle alterne. avec quelque occupation physique, elle est plutôt favorable que nuisible à la santé, Beau coup d'hommes de lettres, de médecins, de mathématiciens , sont parvenus à un âge très -avancé ; et s’il en est quelques-uns qui soient morts par les seuls excès du travail, le nombre en est bien petit. Toutefois, lorsque l'étude est prolongée

fl

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chaque jour pendant un temps trop considérable . et qu'elle porte sur des objets arides par eux-mêmes et sans attraits pour celui qui s’en. occupe, —lorselle n’est point variée et intérrompue de temps

à autre par l'exercice , elle nuit au développement dd corps ; elle peut même émousser l'énergie des facultés mentales, et étoufler, surtout dans la première Jeunesse , ‘le germe des js brillantes dispositions. |

À ces diverses causes prédisposantes mdividuelles, on peut joindre les maladies antérieures, qui favorisent beaucoup l’action des causes spécifiques ou | occasionelles propres à en provoquer de nouveat le développement. Une première attaque d'hystérie ou de rhumatisme prédispose singulièrement à une seconde. À mesure que les attaques ont été plus nombreuses, des causes occasionelles plus légères suffisent pour en susciter de nouvelles.

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