ARTICLE III
Des Causes occasionelles ou excitantes.
… Les causes occasionelles , avons-nous dit, sont HA qui provoquent Ÿ apparition des maladies sans en déterminer la nature:et le siége. Us D OR Ces causes méritent beaucoup moins d'attention que lés précédentes ; mais par cela même qu’elles n’appartiennent à l’histoire spéciale d'aucune maladie, elles sont, plus que les autres encore, du domaine de la pathologie générale : nous ne pouvons donc pas nous dispenser de les énumérér. . L'impression d'un air très-froid où très-chaud ,
DE L'ÉTIOLOGIE. 99 du vent du nord ou du sud ; l'action d’un courañt d'air sur tout le corps, ou d’une petite colonne d'air (vent coulis) sur une même partie ; le passage subit d’un lieu très-chaud dans un autre trè ès-froid , et vice versé; l'habitation momentanée dans une maison humide, nouvellement construite ; un changement passager dans l’épaisseur ou la forme des vêtemens , l'immersion dans un bain très-chaud ou très-froid , l'exposition à la pluie ; des vétemens humides conservés sur Île corps; un écart dans le régime, des alimens malsains ou mal préparés , de digestion dificile, pris à une heure insolite ou mangés avec précipitation; des boissons de mauvaise nature , très-chaudes ou très-froides ; la suppression de quelque évacuation naturelle , Comme la sueur, les lochies, le lait, les menstrues; d’un écoulement morbide ou bol comme les flueurs blanches, un ulcère ancien, un fonticule ou un vésicatoire établi depuis long - temps; une évacuation considérablement augmentée; une Ssaignée intempestive ; un vomitif, un purgatif pris mal-à-propos ; une fatigue excessive, un repos inaccoutumé, des cris, des chants, des éclats de rire ; la course contre le vent; des veilles prolongées ; une secousse physique . ou morale, une émotion vive, comme la joie, la terreur; une contention forcée de l'esprit ; la re- Métal de la goutte, la répercussion d’ un éxanthème, la cessation subite de quelqu’autre affection : telles sont les principales causes occasionelles des maladies.
Elles différent des causes eh et prédispoz santes en ce qu'elles ne se rattachent à l'histoire
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d'aucune affection en particulier. La même cause occasionelle peut provoquer l'invasion de toutes les maladies, et la même maladie peut être suscitée par toute espèce de cause occasionelle. Malgré cette grande différence entre les unes et les autres , il existe entre elles plusieurs points de contact, dans lesquels les causes occasionelles se confondent en quelque sorte avec les causes spécifiques et prédisposantes. Le froid, par exemple, est-il une cause spécifique de rhumatisme , ou bien n’est-il qu'une cause occasionelle ? C’est ce qu’il est fort difficile de décider , comme le prouve le dissentiment des médecins à ce sujet. D’un autre côté, si l'on compare les causes occasionelles et les causes prédisposantes, on voit que les mêmes circonstances peuvent appar-, tenir aux unes et aux autres. À la vérité, 1l y a cette différence que, dans un cas la cause n’a agi que momentanément ; tandis que dans l'autre , elle a agi pendant un temps fort long: un écart de régime,
par exemple, est cause occasionelle ; livrognerie habituelle est, au contraire, cause prédisposante :
la distinction est bien tranchée quand on prend ainsi les extrêmes ; mais elle devient plus obscure à mesure qu'on s’en éloigne: des excès qui se prôlongent pendant plusieurs jours, pendant une ou plusieurs semaines ; n’appartiennent bien évidemment ni à l’une ni à l’autre série. | |
… Cette division des causes morbifiques présente donc quelques défectuosités ; la nature , ici comme ailleurs , ne se plie point à nosdivisions ; on ne peut l'astreindre rigoureusement à aucune. Celle que nous avons proposée nous a paru plus méthodique
DE L'ÉTIOLOGIE: 161 que les autres ; elle est d’ailleurs plus propre à conduire dans les recherches relatives à la manière d'agir des causes morbifiques.