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gieux. Il peut arriver (1) qu’une maladie soit réellement contagieuse et qu’elle paraisse simplement épidémique , parce que la contagion ne frappe pas tous ceux qui s’exposent à son action, ou parce que les véhicules de la contagion et les principes contagieux étant presque infinis , la contagionatteint les personnesmêmes qui se croyaient hors de toute communication avec les malades. Et d'autre part , telle autre affection qu’on regarde comme contagieuse , parce qu’elle attaque des individus qui communiquent ensemble , peut être due aux influences épidémiques qui sont communes à tous. Ainsi lorsqu'on voit plusieurs des habitans d’une même maison tomber simultanément ou successivement malades » Oh soupçonne presque toujours Ja contagion ; et cependant , comme le remarque Ramazzini (2), il est naturel que plusieurs individus, soumis d’une manière égale et depuis un temps pareil à l'influence des mêmes causes, soient atteints d’une affection semblable vers la même époque. C'est, comme l'a dit ingénieusement ce médecin célèbre, une sorte de maturité qui survient dans l’économie, exposée depuis un certain temps à l'action des causes morbifiques.
Dans quelques cas , la difficulté d’écarter tout soupçon de communication nous empêche de nier avec certitude la contagion ; et dans d’autres nous ne pouvons admettre la contagion , parce que nous ne pouvons pas être sûrs que la maladie n’est
(1) Tommasinr, Fièvre jaune.
(2) Epid. Modène.
DE L'ÉTIOLOGIE. 129 point due à la constitution atmosphérique ou à quelque autre cause générale.
Plus le principe contagieux est volatil et sa transmission facile, plus l ant est grande.
Une autre circonstance, qui rend encore la distinction plus difficile, c’est que la plupart des maladies contagieuses n'attaquent un très - grande nombre d'individus qu'autant que la contagion est favorisée par une constitution particulière de l'air atmosphérique ou par d’autres causes prédisposantes générales auxquelles on peut attribuer la maladierégnante. Enfin la contagion perd quelquefois son activité au bout d’un certain temps, et tous les faits ps on observe alors disposent à croire que l'affection n’est point contagieuse. C'est ce qu'on avu dans la plupart des maladies pestilentielles ; dans le 1Yphus et la fièvre jaune en "particulier. IL serait même difficile de concevoir leur cessation graduée si l’on refusait d'admettre ce principe.
Il est néanmoins quelques circonstances propres à faire distinguer clairement les maladies contagieuses et épidémiques : telles sont l’iroculation et l'importation. Toutes les fois qu'une maladie. peut être manifestement transmise d’un individu qui en est affecté à des personnes saines, et que cette transmission. a été reconnue par des expériences répétées, la contagion ne peut plus être révoquée en doute. C’est ainsi qu'on a constaté d’une manière certaine la contagion de la variole et de la rougeole (1). L’importation est un autre moyen qui
De
(x) L’inoculation de la rougeole à été pratiquée par Æomte.
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présente à-peu-près Ja même certitude. Lorsqu'une maladie n’est pas connue dans un pays et qu’elle vient à s’y développer tout-à-coup, si son apparition succède à l’arrivée de quelques étrangers qui en soient actuellement atteints ou récemment guéris, Ou qui arrivent d’un lieu où elle règne , il est «de toute évidence qu’elle est contagieuse. C’est ainsi que l'apparition de la variole, au cap de Bonne- Espérance, dans les îles Ferroë et dans plusieurs poinis de la Russie, où elleétait inconnue, démontrerait, au besoin , la contagion de cette maladie. Le dévelcppement dela scarlatine en Podblie (x) tel que le rapporte ÆZüildenbrand, en établit également la propriété contagieuse. L'importation de la peste et celle dela fièvre jaune me paraissent aussi ne laisser aucune incertitude sur la cause qui les produit. Nous ne"parlons point ici de la syphilis et de la vaccine, qui, exigeant un contact intime pour être transmises, ne peuvent être confondues avec les maladies épidémiques (2). Nous terminerons en a OO QNSS ES (1) Voici le fait rapporté à ce sujet par Z/i!denbrand. € Un habit noir que j'avais en visitant une malade attaquée de » scarlatine , et que je portai de Vienne en Podolie, sans l'a- » Voir mis depuis plus d’un an et demi, me communiqua , dès » que je fus arrivé, celte maladie conlagieuse , que je répandis » ensuile dans celte province, où élle était jusqu'alors presque inconnue. » (Du Typhus contagieux.) (2) D’après l'opinion de plusiéurs-auteurs ; appuyée de quelques monumens historiques , il semblerait prouvé que la maladie vénérienne aurait présenté, à l'époque où elle a paru, une contaon aussi facile que celle de la peste et de la variole’, et qu'elle serait devenue par la suite demoins en moins active,
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faisant remarquer que toutes les fois qu'il y a de l'incertitude sur la contagion , il est de la prudence du médecin d'agir comme si la contagion était démontrée. Il y a sans doute de graves inconvéniens à voir la contagion à où elle n’est point ; mais il y en a bien davantage à la méconnaître quand elle existe (1). |
On a aussi distingué les maladies, relativement aux causes qui les produisent, en essentielles, primitives , idiopathiques ou protopathiques (2); et en symplomatiques , secondaires ou deutéropathiques (3). Les premières sont celles qui résultent immédiatement des causes morbifiques ; les secondes dépendent d’une autre affection, dont elles ne sont, à proprement parler, qu'uu symptôme. Les hémorrhagies appartiennent tantôt à celles - ci, tantôt à celles-là. Elles sont essentielles quand elles ne sont liées à aucune lésion sensible de l'organe qui en est le siége ; elles sont symptomatiques dans le scorbut et dans beaucoup d’affections organiques.
Il est quelquefois facile de reconnaître si une maladie est primitive ou secondaire : ainsi, dans le cancer de la matrice parvenu à un certain degré , l'écoulement habituel ne peut pas en imposer pour
Aucune aulre affection contagieuse n’a offert de changemens analogues dans son mode de transmission.
(1) Ce motif aurait pu nous suffire pour placer la fièvre jaune et le typhus parmi les maladies contagieuses, lors même que nous n’eussions pas élé persuadés, comme nous le sommes , de leur contagion.
{>) Téboç , maladie ; {dtoç , propre ; motos, premier.
(3) 14005, maladie ; debrepos, secondaire.
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es
un catarrhe utérin, et les hémorrhagies qui se
= ‘ A Si montrent par intervalles ne peuvent pas être const-
dérées comme primitives; mais il en est autrement.
lorsque la même maladie ne fait que commencer , et que le col de l’utérus n’offre pas encore la dureté et la déformation qui caractérisent la maladie.
Il est un certain nombre d’affections qui, quelque bien dessinées qu’elles puissent être, sont essentielles suivant les uns, et symptomatiques suivant les autres : tels sont la courbure des os, leur ramollissement, que quelques médecins ont regardés comme des maladies primitives, tandis que d’autres y ont vu des affections secondaires, liées à l'existence des scrophules; tels sont encore les ulceres des intestins dans la phthisie pulmonaire et dans les fièvres adynamiques. La même
dissension règne au sujet de toutes les fièvres dites :
essentielles et de plusieurs névroses.
IL est de la plus ‘haute importance pour le médecin de bien distinguer les maladies idiopathiques de celles qui sont symptomatiques : le prognostic et le traitement diffèrent souvent du tout au tout dans les unes et dans les autres. L'hémorrhagie essentielle est communément une affection bénigne ,
qui exige des moyens débilitans ; l'hémorrhagie
scorbutique réclame des remèdes tout opposés ;
celle qui est liée à un cancer de l'estomac ou de
l'utérus est au-dessus de toute ressource. On voit -
dans quelles erreurs sérait entraîné celui qui con-
fondrait ensemble des cas aussi diférens , et com-.
bien il est indispensable au médecin de les distinguer.