‹ Élémens de pathologie générale (volume 2)Chapitre 50 sur 94 · C. Exhalations artificielles · texte numérisé non relu

C. Exhalations artificielles

Quant auxexhalations artificielles , elles sont , sous lerapport de la symptomatologie, d’une moindre importance que les autres. Cependant 1l n’est. pas indifférent pour le médecin de connaître la quantité et la qualité du pus fourni par les cautères , les vésicatoires , les moxas ou les sétons ; l’aspect dela surface exhalante mérite’ aussi une attention spéciale. | | Dans les maladies où les forces se soutiennent, le pus des exutoires est en certaine quantité; 1} offre de la consistance , il ést homogène, et son odeur n’est pas repoussante : la surface qui le fournit offre une couleur rosée ou rouge ; la sensibilité y est vive, sans être portée à un degré extrême. Dans les maladies qui marchent vers une termimaison funeste , le pus est presque toujours séreux ou d’une consistance inégale ; ilest quelquefois mêlé de sang, et son odeur est souvent d’une fétidité extrême : la surface exhalante est pâle ou livide, quelquefois ecchymosée ou noire; tantôt elle est insensible, tantôt le moindre contact y provoque des douleurs atroces. Lorsque les exutoires existent avant la maladie , ilarrive souvent qu'ils se dessèchent peu de jours avant son développement, ou que la matière qu'ils exhalent offre des changemens remarquables, |

DES SYMPTÔMES, 527 & IL. Sécrétions proprement dites.

Dans l’état de santé , les sécrétions concourent, avec les exhalations, à maintenir l'équilibre général : les premières augmentent lorsque les secondes diminuent, et réciproquement. Dans l’état de maladie, cet ordre est quelquefois conservé, mais ailleurs il est interverti, et l’on voit les unes et les autres simultanément augmentées où diminuées. Dans la fièvre tabide observée à Naples par Cotugno, 1] y avait à la fois sueurs continuélles , dévoiement , et flux copieux de l’urine. Dans la première et la seconde période de beaucoup de maladies aiguës , les sécrétions et les exhalations sonten même temps suspendues ; la peau est sèche , le ventre serré , l'urine est rendue en petite quantité:

Indépendamment de ce trouble général, on observe , dans les diverses sécrétions en particulier , des changemens que nous allons exposer.

1° Les larmes , dans l’état de santé, sont secrétées en proportion telle, que loæil et les paupières sont humectés , et qu'il ne s'écoule aucun liquide sur les joues. Dans quelques circonstances , par l'effet d’affections morales vives, par l'impression d’un vent très-froid sur la figure, etc., les larmes sont sécrétées en plus grande abondance; elles roulent, comme on dit, dans les yeux, ou même elles coulent sur le visage. — Chez l’homme malade, la sécrétion des larmes est rarement diminuée ; elle augmente dans quelques fièvres ataxiques, et plus fréquemment dans lhystérie et la

mélancolie (1). Dans quelques cas, elles paraissent altérées dans leur nature, elles sont plus âcres, au moins à en juger par l'effet qu'elles produisent sur la peau des joues, où leur pense est marqué par des excoriations.

2°. La sécrétion de la salive, chez l’homme sain; est abondante pendant les repas ; elle diminue et son excrétion cesse presque entièrement pendant l'intervalle qui les sépare , à moins qu’elle ne soit excilée par l'imagination ou par la mastication , etc. — Dans l’état de maladie, la sécrétion de la salive augmente quelquefois à un point considérable, soit par l’effet de la maladie elle-même, comme dans les affections hystériques , soit par l'effet des remèdes propres à la combattre, comme par l'emploi du mercure dans le traitement des maladies vénériennes. On désigne cet écoulement abondant de salive sous le nom de salivation ou de ptyalisme(2) ( salivatio, ptyalismus ) ; il est ordinairement accompagné de gonflement des gencives, des joues, de la langue, et de la région parotidienne. — La sécrétion de la salive paraît diminuée dans beaucoup de maladies aiguës, où la bouche est habituellement sèche. Elle paraît être altérée dans quelques névroses , où elle devient âcre et brülante ; dans

. (1) L'écoulement des larmes sur la. joue n'indique pas-toujours une augmentation dans leur sécrétion. L'inertie des points et des conduits lacrymaux , l’obstruction du sac. lagrÿmal ou du canal nasal, certaines maladies des paupières , peuvent aussi produire le larmoiement,

(2) Hrvaliouds ; de rrèo , je crache.

Page 1