LS
DES SYMPTÔMES. 329 quelques maladies de la vessie, où elle offre une saveur urineuse ;| dans l’hydrophobie enfin , où elle semble acquérir la propriété contagieuse. Son excrétion devient diflicile ou impossible, par l’obstructon ou l’oblitération des conduits excréteurs. Ce liquide peut s’écouler à l'extérieur dans les cas de plaie ou de fistule des conduits ou des glandes elles-mêmes.
5°. La sécrétion et l’excrétion de la bile, chez l'homme sain , ont lieu sansaucun phénomène apparent; la situation des organes biliaires ne permet pas de suivre les changemens qu'elles peuvent offrir. Il en est à-peu-près de même dans l’état de
maladie; l'ouverture des cadavres fait souvent reconnaître dans ce liquide lui-même et dans la disposition de ses conduits excréteurs, des lésions qu'on n'avait pas même soupconnées pendant la vie. Il est néanmoins plusieurs affections dans lesquelles on peut les apprécier. Dans le choléramorbus, par exemple, et dans quelques flux de bile : beaucoup moins graves, la sécrétion de ce liquide est manifestement augmentée; tout porte à croire qu'elle est diminuée, ou du moins très-altérée dans l'hépatite, dans la cirrhose, dans la dégénérescence graisseuse du foie : mais cette diminution et cette altération sont fort difficiles à constater pendant la vie, et restent quelquefois même incertaines après l'examen cadavérique. Il est plus facile de reconnaître la suppression complète de l'excrétion biliaire : toutes les fois qu’elle a lieu, quelle que soit la cause qui la produise, les matières alvines perdent leur couleur naturelle, de=
viennent grisâtres ; en même temps les autres fluides excrétés, et spécialement l’urine , prennent la couleur de la bile, quise trouve aussi répandue sur toute la peau, et qui existe profondément dans tous les solides à un degré variable. L'analyse chimique a fait reconnaître dans l'urine et dans le sérum du sang de ces sujets les matériaux de la bile. L'analyse des tissus solides donnerait sans doute le même résultat si elle était faite avec l'exactitude convenable. Il resterait encore une question importante à examiner : y a-t-il absorption de la bile sécrétée dans le foie; ou bien ses matériaux deviénnent-ils plus manifestes dans la masse du sang, parce qu'ils n’en sont plus séparés ? C'est ce qu'il n’a pas été possible de décider Jusqu'ici.
4°. Quelque obscurs que soient les changemens qui surviennent dans la sécrétion de la bile, ceux que la maladie apporte dans la sécrétion du suc pancréatique le sont bien davantage encore. Y a-t-il augmentation de cette sécrétion dans certains flux aqueux des intestins, dans la diarrhée séreuse , par exemple ? Le ptyalisme qui survient dans certaines affections abdominales indique-t-il, comme on l’a prétendu , que la sécrétion du fluide pancréatique est diminuée ou supprimée? Dans l’état actuel de la science, il n’est pas possible de résoudre ces questions.
5e, La sécrétion de l'urine est une des plus importantes , soit à raison de la quantité du liquide , soit parce que ses altérations sont facilement appréciées. Chez l'homme sain, la quantité de l'urine est à-peu-près la même chaque jour; toutefois elle
DES SYMPTÔMES. 33% augmente ou diminue à raison de l’ahondance des autres excrétions, de la boisson, des alimens, et des variations de latempérature, etc. — Au moment où elle est excrétée , l'urine est chaude, transparente, citrine, légèrement acide; son odeur est forte, sans fetidité. Souvent elle se trouble en se refroidissant , et reprend sa transparence après que les matières suspendues sont précipitées : au bout de deux ou trois jours, elle devient ammoniacale et fétide. Certaines substances altèrent, d’une manière trèsremarquable, sa couleur et son odeur : elle est noire chez ceux qui font usage de la casse ou des préparations martiales ; les bouillons d’oseille, la racine de fraisier et la garance la rendent rouge ; la térébenthine lui donne une odeur de violette, et les asperges lui communiquent une fétidité insupportable; elle est souvent trouble pendant le cours de la gestation.
Dans l’état de maladie, l’excrétion de l'urine et ce liquide lui-même offrent des changemens . importans.
L’excrétion de l’urine peut être douloureuse, comme dans la blennorrhagie ; si elle est difficile, comme dans le rétrécissement du canal dé l’urètre, c’est la dysurie (dysuria ) (x); si elle coule goutte à goutte, c’est la sérangurie (stranguria) (2), symptôme qui accompagne assez fréquemment le - catarrhe vésical ; si l’excrétion est impossible, c’est l'ischurie (ischuria), ou rétention d’urine (3) ; s'il
(1) Avaoupia; du , difficilement ; oùpoy, urine. (2) Zrpayyovpia ; gTpàyË, goulte; ovpov, urine. (3) Ioyw , je retiens ; oùpoy, urine,
existe un besoin continuel et douloureux d’uriner, et si l’urine est excrétée en très-petite quantité à la fois, et avec un sentiment d’ardeur, c’est le énesme vésical: —L'excrétion a lieu quelquefois involontairement, comme on l’observe dans certaines affections spasmodiques de la vessie, où elle s’opére à instant même où le besoin se fait sentir, et malgre les efforts du malade pour la retarder : dans d’autres cas où l’excrétion de l'urine est involontaire, le malade n’en a même pas la conscience, comme cela arrive dans diverses maladies accompagnées de délire. —Il est d’autres cas dans lesquels l'urine, au lieu d’être excrétée par intervalles et en certaine quantité, coule goutte à goutte et sans interruption : c’est ce qu’on nomme éncontinence d'urine. Le plus souvent l'urine ne s'écoule de cette manière que quand la vessie a acquis toute la distension dont elle est susceptible : on dit alors que l'excrétion a lieu par regorgement. —Dams d’autres cas, l'urine coule à jets interrompus : son excrétion cesse tout-à-coup , et recommence plusieurs fois avant d’être complète; on observe fréquemment ce symptôme lorsqu'un calcul est contenu dans la vessie ; on l’a vu plusieurs fois aussi dans des affections spasmodiques, — L’excrétion de lurime est encore sujette , chez l’homme malade, à des dévia+ | tions. On a vu quelques personnes rendre l'urine par le rectum , par l’ombilic, par des ouvertures accidentelles formées au périnée , au scrotum, sous la verge ou à l’hypogastre. Les auteurs ont encore parlé de déviations de l'urine plus singulières : tels sont la salivation, les sueurs et les vomissemens
DES SYMPTÔMES: 553 urineux ; tel est le fait plus extraordinaire encore de Boerhaave , qui a cru trouver de l'urine dans les ventricules cérébraux. Ces dernières observations ne sauraient être admises avec confiance; en supposant que ces liquides eussent l’odeur et la couleur
“urineuses , 1l est plus que douteux que ce füt véritablement de l'urine.
L’urine, considérée en elle-même, présente, chez lhomme malade, de nombreuses différences : sa quantité augmente quelquefois au déclin des mala-
dies ; elle est excessive dans le diabètes : souvent elle diminue dans l’hydropisie , et sa sécrétion est entièrement supprimée dans l’inflammation des reins. — Elle: peut être complètement altérée dans sa nature, comme on l’observe dans le flux sucré. . — Elle devient contagieuse dans la blennorrhagie, comme Mertens , Astruc et Chaussier en ont rap porté des exemples. — Elle est incolore dans la plu- - part des affections nerveuses, blanche dans diverses maladies, comme le croup et les scrophules chez les menfans , la goutte chez les adultes ; elle est souvent citrine au début des maladies aigués , jaune dans les fièvres bilieuses, safranée dans l’ictère, orangée dans diverses phlegmasies, rouge dans la fièvre inflammatoire, brune ou noire dans plusieurs maladies mortelles. Elle peut, quelle que soit sa couleur , être transparente ou trouble. L’urine transbparente est celle qui conserve sa diaphanéité ou la reprend après lavoir momentanément perdue en se refroidissant ; l’urine trouble est celle qui reste telle, et ne redevient pas transparente par la précipitation des matières qui y sont suspendues.
On nomme jumenteuse (1) celle qui est trouble et
qui contient en même temps des corpuscules ou des
flocons opaques qui y nagent; quelquefois elle est
trouble à l'instant même où elle est excrétée. — Sa
consistance offre aussi quelques variétés : l’urime
ténue est pâle et aqueuse ; on nomme huileuse celle
qui offre une couleur foncée et une sorte de visco-
sité.—L'odeur de l'urine devientammoniacale dans
le catarrhe chronique de la vessie; dans les fièvres
adynamiques et dans quelques auires affections,
elle exhale une odeur de marée. — Dans beaucoup
de maladies aiguës, elle diffère d’un jour à l’autre,
sous le rapport de la couleur, de la transparence,
des dépôts, etc. : c’est l'urine variable. —Dans quel-
qués inflammations gangréneuses, l'urine est pres-
que froide aumoment où elle estexcrétée. —Diverses
niatières peuvent aussi se mêler à ce liquide:: on y
trouve du mucus en grande proportion dans le
catarrhe chronique de la vessie ; Chopart Ya vu
former la moitié du liquide excrété. On y distingue
du pus'qui se dépose par le refroidissement, ét qui. peut provenir de tous les points des voiés urinaires, et même, au rapport de quelques auteurs , d’orga-
nes très-éloignés. Le sang qui est mêlé à l'urine peut venir des reins, de la vessie, ou du canal de l’urètre ; il vient quelquefois des uretères, lorsque
des calculs qui se sont engagés dans ces conduits en ont déchiré la membrane interne. — L’urime
présente encore, dans certaines inflammations de la
QE tue
(1) Jumentum , bête de charge ; urine qui ressemble à celle des mulets, des chevaux , etc.
DES SYMPTÔMES. | 355 vessie, des fausses membranes plus ou moins étendues , et, dans quelques affections organiques des voies urinaires , des caroncules roussâtres ou noires.
Elle peut contenir une sorte de sable très-fin > OU même des calculs du volume d’un pois. Quelquefois aussi lon y rencontre des substances qui ne viennent pas des voies urinaires; par exemple, lorsqu'il s'établit une communication entre la vessie | et un intestin, l'urine contient des matières fécales : il peut même s'échapper des vents par le canal de J'urètre ; des vers se sont quelquefois introduits de cette manière dans les voies urinaires, et ont été excrétés avec ce liquide. Dans quelques affections, . mais le plus souvent par une mauvaise conformation primitive, on a vu l'urine contenir du sperme , qui avait reflué dans la vessie pendant l’'éjaculation. Enfin on y rencontre des corps étrangers venus du dehors , soit qu'ils aient pénétré par une plaie, soit qu'ils aient été introduits par le canal de l'urètre.
. L'urine, abandonnée à elle-même, ne conserve “pas ordinairement cette homogénéité qu’elle offre au moment de l'excrétion; plusieurs des élémens qui la constituent se séparent de sa masse et forment des pellicules, des dépôts et des suspensions variées, Pour bien apprécier les changemens qui surviennent dans ce liquide, il faut qu'il soit recu dans un vase transparent au moment même où il est excrété , et qu'il reste ensuite en repos pendant cinq ou six heures au moins.
On nomme pellicule , créme ou couronne (urine corona, çremor ), une sorte de membrane toujours
LA
très-mince qui se forme sur l'urine : on l'a parti culièrement observée dans les fièvres hectiques:
La suspension qui semontredans l’urine quelques heures après l’excrétion est de deux sortes : l’une, qui s'élève jusqu’à la partie supérieure du liquide, est le nuage (nubecula, nubes ); Vautre, qui des-cend jusqu’au fond , est l’énéoréme (enæorema ) (1). Dans quelques cas aussi l'on voit dans l’urine une suspension 710yenne qui n'est pas plus voisine de la surface que du fond , et qui n’a pas reçu de nom particulier. L’urime offre ces diverses suspensions dans la plupart des maladies aiguës. Au rapport des auteurs, la suspension s'éloigne ou se rapproche du fond du vase, selon que la maladie est plus oumoins éloignée de sa terminaison ;mais cette assertion générale offre des exceptions sans nombre.
Le dépôt, qu'on nomme aussi sédiment où hypo=
stase (sedimentum, hypostasis) (2), est produit par
les substances les plus lourdes, qui se réumissent au fond du vase et forment une couche plus où moins épaisse. Le sédiment ne se montre ordinairement que vers le déclin desmaladies aiguës. Il n'a pas toujours lieu à cette époque, mais il est assez rare qu’on l’observe à une auire. Ilne se dépose pas seulement à la partie la plus déclive du vase qua recu l'urine ; il forme souvent sur ses parois latérales un enduit mince, mais assez marqué pour donner au liquide un aspect trouble, qui disparait
‘quand on incline le verre : alors on voit d’un Côté,
(1) Évawpnua, de aiwp£éw , j'élève.
(2) Yrocaais, de Ürociw, je suis dessous.
DES SYMPTÔMES: | 53 de l'urine païfaitement transparente ati-dessus du dépôt,’ et de lautre, le dépôt seul formant une couche opaque sur “4 parois du vase. La couleur du sédiment est ordinairement blanchâtre ou grise; assez fréquemment il est rosacé ou briqueté ( sedi= mentum lateritium ), c’est-à-dire semblable à à de la brique pilée. Il est quelquefois brun ou noir dans Victère et dans quelques maladies aiguës mortelles ; dans quelques cas extrêmement rares, il à offert une couleur verte ou bleue, Lie sédiment a le plus souvent l'apparence de poussiere) de farine ou dé son grossièrement moulu : c’est le sédiment furfuracé (sedimentum furfuraceum) (1). D'autres fois il est formé par une matière muqueuse, qui tantôt est réunie en flocons, êt tantôt ést rassemblée au fond du vase en une couche égale et demi-transparente: c'est le sédiment mugueux. On désigne par l'épithète de sablonneux ou graveleux (sed. arenosum.) celui qui contient du sable ou des graviers, Le sédiment purulent est celui qui est formé par du pus, etc.
Après avoir succéssivement éxaminé les prin= cipaux phénomènes morbides que peuvent présenter les sécrétions , il nous reste encore à dire quelques mots de certains dérangemens qu’éffrent les excréüuons, indépendamment de toute espèce de trou ble dans les sécrétions elles-mêmes.
Parmi les excrétions, les unes, comme on le sait, sont, dans l’état sain, sous l'empire de la volonté ; les autres en sont indépendantes : quelques-unes,
(1) Furfur; son,
comme celles de l'urine, et jusqu'à un certain point celle de Ja salive, appartiennent à ces deux ordres : dans la première partie de son trajet, le liquide sécrété n’est nullement sous l'influence de la volonté , tandis que dans la seconde il y est entièrement soumis.
Les excrétions qui sont sous l'influence de la volonté sont les seules qui offrent quelque chose de spécial et dont il doive être ici question. Ces excrétions peuvent devenir , dans l’état de maladie , plus fréquentes ou plus rares ; elles peuvent exiger des efforts considérables ou avoir lieu trop facilement; elles peuvent s’opérer sans le secours de la volonté, comme on lobserve dans beaucoup de maladies graves ; il peut arriver aussi que la volonté ne puisse pas les provoquer , comme cela a lieu dans la rétention d'urine et dans l’occlusion du rectum par des /œces endurcies ; quel quefois le besom d'excréter est continuel, dou- Joureux, presque inutile, comme on l’observe dans le ténesme du rectum ou de la vessie. Nous ne devons que rappeler ici ces phénomènes, qui déjà ont été exposés, €t nous attacher à ceux qui ne pouvaient point l'être ailleurs : tels sont en particulier ceux qui dépendent de l’occlusion des conduits excréteurs. RUE
Les causes qui produisent l’occlusion de ces conduits sont très - variées : elles peuvent néanmoins être rapportées toutes \ deux ordres. Tantôt le conduit est bouché par un obstacle contenu dans sa cavité, par un calcul, par exemple ;. tantôt ses parois sont rapprochées et sa cavité eflacée par une
DES SYMPTÔMES. 339 compression extérieure, par une tumeur qui appuie sur fui. Cette occlusion a plusieurs effets : 1°. l'excrétion du liquide est supprimée. Cette suppression est quelquefois difficile à constater pendant la vie, soit parce que les organes sécréteurs sont doubles comme ceux de lurite, soit parce que leurs fonctions ne sont pas très - importantes ou qu'ils ont des auxiliaires ; mais lorsqu'ils sont uniques et très-importans , comme l'organe sécréteur de la bile, l'interruption du cours de ce liquide se montre très-promptement par des phénomèênes remarquables , tels que la couleur jaune de la peau et de l'urine, la décoloration des matières fécales. 2°. Un autre effet qui résulte de cette occlusion est la distension du conduit, depuis son origine jusqu'à l'obstacle, et au bout d'un certain temps le rétrécissement de ce même conduit , depuis l'obstacle jusqu’à sa terminaison. Cette distension est manifeste dans le canal de Stenon, dans les conduits déférens , dans le sac lacrymal ; elle échappe pendant la vie à nos moyens d'observation quand l'organe est situé profondément, comme le foie, le rein, le pancréas. 3°. La distension progressive des conduits par le liquide ‘qui y est “versé sans cesse , repré sente une force qui tend à surmonter l'obstacle qu produit l’occlusion, à soulever, par conséquent, la tumeur qui presse sur le conduit, ou à pousser en avant le corps étranger qui y est contenu. Dans ce dernier cas, la distension même du conduit jusqu'au calcul semble devoir en favoriser la progression ; Car il est difficile de supposer qu'étant
wi 340, Des sYMPTÔMES: À aussi considérable au niveau du calcul ; elle ne sé tende pas un peu au-delà.
SECTION Vi.
Des Symptomes Journis par Les absorptions.
Nous venons d'exposer les principaux désordres que peuvent offrir les sécrétions et les excrétions ; il nous reste à parler de ceux que présentent les diverses absorptions
Nous ferons d’abord remarquer que dans un assez grand nombre de cas les-troubles de l'absorption se confondent avec ceux de l’exhalation ; le même phénomène, en effet , l'accumulation de sérosité, par exemple, dans la plèvre ou dans le péritoine , peut être également le résultat d’une diminution survenue dans l'absorption, et d’une augmentation dans l’exhalation.
Il est, toutefois, un certain nombre de cas dans lesquels il est impossible de ne pas attribuer à l’absorption les phénomènes qu’on observe : tels sont, entr’autres, la disparition lente ou rapide du pus amassé dans un bubon, du sang extravasé sous la peau par suite d’une contusion , de la’ sérosité accumulée dans le tissu lamineux ou dans une mem brane séreuse. L’ulcération primitive , celle des tégumens en particulier , est encore regardée par un certain nombre de médecins comme le résultat d’une absorption morbide qui agit sur les solides eux-mêmes, et entraine dans le torrent de la circulation les élémens qui les constituent.
DES SYMPTÔMES. | 54s
Îl paraît aussi qu'il existe entre les diverses absorptions quelque chose d’analogue à ce qu’on observe entre les diverses exhalations :’elles semblent se suppléer mutuellement. Ainsi au moment où l’absorption est énergique dans le canal digestif , dans les heures qui suivént l’ingestion des alimens , par exemple, l'absorption cutanée est presque nulle; elle devient à son tour très-active le matin, avant le premier répas , époque dela journée à laquelle le corps augmente de poids. Plusieurs praticiens pensent, non sans quelque apparence de raison, que les médicamens qui sont absorbés par la peau , l’onguent mercuriel en friction, par exemple, doivent être préférablement employés à ce moment.
L’absorption de la graisse dans les vésicules qui la renferme, chez les sujets soumis à Un régime sé- -vère, vient encore à l'appui de cette opinion , que quand l’absorption languit dans une partie, elle augmente dans une autre. On peut en dire autant des effets avantageux qui résultent quelquefois d’une diète rigoureuse , dans le traitement de certains engorgemens : l'absorption qui, faute de matière ; ne peut pas s'exercer dans le canal digestif, agit avec plus d'énergie sur les autres par= ties; elle détermine la diminution progressive d’une tumeur, comme celle de tout le corps. La résolution, dont il sera question plus loin, semble n'être autre chose qu’une absorption médicatrice.
Outre ces rapports qu'offrent entr’elles, chez l’homme malade, les diverses sécrétions d’une part et Les absorptions de l’autre , ilen estaussi quilient ensémhle les absorptions et les sécrétions morbides.
Ye DES SYMPTÔMES.
Dans le cours d’une phlegmasie aiguë, d’une plenrésie, par exemple, tant que la maladie fait des progrès et qu'un liquide séro-purulent est exhalé dans la plèvre, la peau est sèche, l’urine rare, l’'expectoration nulle. Lorsque l'absorption commence à reprendre le liquide épanché, on voit souvent la peau s’humecter , l’urine couler en abondance, ou la membrane muqueuse des voies aériennes fournir des crachats plus ou moins copieux. Les mêmes phénomènes ont lieu et sont plus faciles encore à suivre dans la diminution progressive de l’anasarque et de l'ascite : l’exhalation transmet au dehors par la peau, par les reins , par la membrane muqueuse des voies digestives, une quantité de liquide à- peu - près semblable à celle que labsorption a reprise dans les tissus séreux et cellulaire. L’augmentation considérable de certaines sécrétions, de l'urine , par exemple, dans le diabètes, de la sérosité abdominale dans l’ascite, est nécessairement liée à une augmentation semblable dans l'absorption , et particulièrement dans l’absorption pulmonaire ou cutanée : l’excrétion de vingt, de quarante livres d'urine chaque jour pendant plusieurs mois chez les diabétiques, une augmentation journalière de dix à douze livres dans Le poids du corps chez quelques ascitiques, qui prennent à peine quelqueslivres de boissons ou d’alimens, ne laissent ancun doute à cet égard. En régle générale, quand l'absorption devient très - active dans quelques tissus ou dans quelques organes, les sécrétions le deviennent dans d’autres, et réciproquement.
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