SECTION VII
Des Symptômes fournis par la nutrition.
Les troubles de la nutrition chez l’homme malade sont presque infinis ; mais dans la plupart des cas , ils se dérobent à nos sens pendant la vie, et dès-lors ils n’appartiennent pas à la symptomatolo— gie. Toutefois il en est quelques-uns qui sont de son ressort et que nous devons exposer.
La nutrition peut être augmentée, diminuée où pervertie ; elle ne peut être abolie que dans les parties frappées de mort.
L'augmentation dans l'activité de la putrion est marquée par l'accroissement de volume de toutes ou de presque toutes les parties constituantes du corps, mais plus spécialement des viscères contenus dans la poitrine et dans le ventre, des muscles et du tissu adipeax. On la confond facriement avec l’obésité produite par l'accumulation de la graisse dans le tissu cellulaire ‘de ce nom. Ce dernier phénomène, bien que rare, peut avoir lieu dans l’état de maladie, tandis qu’une augmentation générale dans le volume des muscles et des viscères n’est jamais un symptôme. JL en est autrement quand l'augmentation de volume est partielie : telle est celle dont le cœur est assez fréquemment le siége, et qu'on désigne sous ke nom d’Aypertrophie.
Dans presque toutes les maladies qui ont quelque gravité, la nutrition devient languissante , comme on peut en juger par l’amaigrissement qui
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les accompagne. Lorsque la nutrition languit dans une seüle partie, elle donne lieu à l’amaigrissement partiel , on atrophie; ce phénomène est spécialement dû à l'inaction complète des organes , à une compression prolongée, exercée sur eux. Elle a lieu assez fréquemment dans les muscles des membres sous l'influence de ces deux causes , et Pouverture des cadavres prouve que les organes intérieurs , tels que le poumon, peuvent aussi, sous l'influence de la première , en être quelquefoiss le siège.
La nutrition est aussi souvent pervertie que di-minuée; c'est à cette perversion qu'on rapporte toutes les lésions organiques qui ne sont pas le résultat d’une cause extérieure : la production des, kystes, la courbure vicieuse des os, les dégénérescences diverses, les phlegmasies elles-mêmes, semblent reconnaitre € pour cause première un vice de la nutrition.
La nutrition fournit un autre ordre de phénomènes qui appartiennent davantage à la symptomatologie : je veux parler des irrégularités de l'accroissement à l’époque de la vie où il doit avoir lieu. fs à L’accroissement, qui, dans l’état sain, s'opère suivant une progression variable mais renfermée dans certaines bornes, offre, dans l’état de maladie , des anomalies remarquables. On voit des enfans chez lesquels l'accroissement parait être presque entièrement suspendu pendant une et même pendant plusieurs années ; ce phénomène n'est pas rare dans le rachitis , dont il est quelquefois le premier symptôme. On en voit d’autres ,en beau-
DES SYMPTÔMES. | 545 coup plus grand nombre, chez lesquels, pendant le cours très-borné d’une maladie aiguë , la longueur du corps à angmenté d’un et quelquefois de plusieurs pouces : ces deux phénomènes opposés sont également de fâcheux augure : seulement Le dernier iNilique un danger prochain > l'autre un danger éloigné. |