‹ Élémens de pathologie générale (volume 2)Chapitre 58 sur 94 · CD DR LD RL VE D PR LR EPS · texte numérisé non relu

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(1) Opera omnia, tom. 1, pag. 60.

TERMINAISON DES. MALADIES: 4oi de tout le corps , sans signes évidens d’inflammation. — La gangrène du tissu cellulaire et des tégumens a été elle-même rangée , par quelques médecins , parmi les phénomènes critiques. ,

5. Les phénomènes critiques qui ont lieu sur les membranes séreuses sont presque toujours fâcheux, Tantôt c’est une hydropisie, tantôt un épanchement de sang qui survient au déclin d’une autre maladie, Il en est de même des épanchemens de synovie dans les capsules articulaires.

6. Enfin le système nerveux n’est pas étranger aux phénomènes critiques : une douleur vive dans le trajet d’un nerf, la paralysie ou la convulsion d’une partie du corps, la perte d’un sens, de l’ouïe ; de la vue ou de l’odorat, par exemple , et même le dérangement des fonctions intellectuelles , ont été observés au déclin des maladies (x).

P. Parmi les signes qui précèdent et. accompagnent les phénomènes critiques, il en.est quel- Œues+uns qui sont communs à tous ; il en est d’autres qui sont propres à chacun d’eux. f

Les signes précurseurs communs sont une douleur plus ou moins forte, souvent un simple pru-

+ (1) Dans quelques circonstances, une émotion très-vive à suspendu le cours d’une maladie rebelle, d’une fièvre intermittenté ou d’une affection convulsive , par exemple. Le sommeil a paru également faire cesser des douleurs très-vives qui persislaient depuis un certain nombre d'heures. Mais en admettant que le sommeil püt étre rangé parmi les phénomènes critiques ; il est au moins bien certain que.les émotions vives étant étrangères à la maladie, ne peuvent point étre considé- | fées comme tels,

vit, de la chaleur ou de la pesanteur dans l'organe qui doit être Le siége des phénomènes critiques; on peut y joindre une augmentation marquée dansles symptômes généraux de la maladie, et notamment dans la force et la fréquence du pouls. Les signes communs qui accompagnent ces phénomènes sontun bien-être plus ou moins marqué et une diminution sensible dans la plupart des symptômes.

Les phénomènes critiques n’ont pas tous des signes particuliers qui les annoncent et les accompagnent : Ceux qui en offrent le plus souvent sont les évacuations alvines, les hémorrhagies , l'urine et les sueurs : les autres en présentent rarement.

Les signes qui précèdent les évacuations alvines sont les borborygmes , les coliques , le gonflement du ventre, les éructations, les vents ou flatuosités, la tension des lombes , les douleurs des cuisses et des genoux, et quelques irrégularités dans le pouls. Les matières sont excrétées sans douleurs; elles sont copieuses , homogènes, jaunes où brunâtres, pultacées, quelquefois muqueuses. |

L'épistaxis critique est ordinairement annoncée par la rougeur et le gonflement de la face et des yeux ; quelquefois le gonflement et la rougeur sont … bornés k une dés ailes du nez, celle qui correspoud à la narine d’où le sang s’écoulera. Une douléur gravative au front , à la racine du nez ouàla. nuque, le battement des artères temporales, le tintement d'oreilles, la surdité, les visions de. bluettes ; les pleurs involontaires, et, chez quelques malades , un peu de délire ou d’assoupissement , précèdent encore le saignement de nez. La vitesse

et la dureté du pouls , la fréquence de la respira-

tion, ont quelquefois aussi annoncé ce phénomène : pour qu'il soit critique, il faut que le sang coule en certaine abondance.

L'hémoptysie est précédée de chaleur dans la poitrine, et de gêne dans la respiration.

Les signes qui précèdent l’hématémèse sont l'anxiété épigastrique , les rapports et tous les phénomènes avant-coureurs du vomissement. L’hématémèése et le crachement de Sang , ainsi que l’hématurie , Jugent presque toujours les maladies d’une manière funeste. |

Le flux hémorrhoïdal est annoncé par la douleur et la pesanteur au sacrum , le ténesme et quelquefois la dysurie. L'hémorrhagie utérine a les mêmes signes avant-Ccoureurs, auxquels se joignent quelquefois une augmentation ou une diminution dans le volume des mamelles, des coliques hypogastriques, et pour chaque femme en parüculier, les

phénomènes qui précèdent communément chez

elle Papparition dés menstrues, et qui ne sont pas les mêmes chez toutes.

Le flux critique de l'urine est précédé de pesanteur dans les hypochondres , de tension gravative à lhypogastre, de chatouillement dans les organes urinaires, et de diminution dans l’exhalation cutanée ; l’urine est ensuite excrétée fréquemment ; elle est copieuse, ordinairement foncée , €t dépose un sédiment cohérent , homogène, blanchâtre ou rose. |

La sueur est souvent précédée de légers frissons , de diminution dans l’excrétion de l'urine et, de

matières fécales, et quelquefois de rougeur à la face ; l'élévation des hypochondres et un léger prurit à la peau ont encore été signalés comme annonçcant ce phénomène. Nous n’avons pas énuméré parmi ces divers signes les altérations du pouls propre à chaque espèce de crise, parce que l'expérience n’a pas confirmé les ingénieuses assertions de Solano et de ses sectateurs. La doctrine des pouls critiques a été aussi promptement abandonnée que facilement accueillie par

les médecins (1).

© (1) Bordeu, le plus célèbre historien des pouls critiques, distinguait le pouls en pouls d'irritation ou non-critique ; qui est serré, vif, dur , sec et pressé; et en pouls critique, qui est saillant, plein, fort, fréquent, souvent inégal. On rencontre celui-ci dans la troisième période des maladies, l’autre dans la première. Le pouls critique est distingué en supérieur el en inférieur : le premier annonce que la crise aura lieu par quelqu’une des parties situées au-dessus du diaphragme ; le second qu’elle s’opérera par quelqu'un des organes placés au - dessous de cette cloison.

« Le pouls supérieur est remarquable par une réduplication précipitée dans les pulsations des arières : celle réduplication, qui le constitue essentiellement, ne paraît être que le fond d’une seule pulsation ; elle est sujelte à laisser de temps en temps des intervalles ; ces intervalles sont plus ou moins longs, plus ou moins fréquens , selon la nature ou le degré de la maladie. La dilatation, qui devrait se faire en un seul temps, se fait en deux temps, et par deux efforts sensibles suceédant à une contraction naturelle de l'artère. |

» Le pouls inférieur est irrégulier, c’est-à-dire, que les pulsations sont inégales entr'elles , et ont des intervalles inéégaux: ces intervalles sont quelquefois si considérables , qu'ils forment -de véritables intermittences, selon l'espèce de pouls

Les autres phénomènes critiques n’ont pas, pour la plupart, de signes particuliers qui les annon-

inférieur, et selon que cette espèce se trouve plus ou moins déclarée. On trouve aussi souvent une sorte de sautillement de l'artère ; ce sautillement sert beaucoup à caractériser le pouls inférieur. »

Les pouls supérieur et inférieur peuvent être simples , composés ou compliqués : ils sont simples quand ils indiquent une crise qui vas’opérer par unseul organe; composés , quandils font connaître que l'effort critique portera à la fois sur plusieurs : compliqués , lorsqu'ils sont joints par intervalles au pouls d’irritation , pendant lequel l'effort critique paraît interrompu.

Voici les caractères des différens pouls simples :

PouLs surériEurs. 1°. Pectoral. « Il est mou, plein., dilaté ; ses pulsations sont égales ; on distingue dans chacune une espèce d’ondulation, c’est-à-dire , que la dilatation de l'artère se fait en.deux fois , mais avec une aisance , une mollesse et une douce force d'oscillation qui ue permettent pas de confondre cette espèce de pouls avec les autres.

2°. P. guttural. « Il est fort, avec un redoublement dans chaque battement; il est moins mou, moins plein, souvent plus fréquent que le pouls pectoral ; il parait être intermédiaire entre le pouls pectoral et le nasal.

30. P. nasal. « Il est redoublé ainsi que le pouls guttural, mais il est plus plein, plus dur; il a beaucoup plus de force et de célérité. »

Pous IxréÉrIEURS. 1°. « Le pouls stomacal ; qui annonce le vomissement , est le moins développé de tous les pouls criuques : il est moins inégal que toutes les autres espèces de pouls inférieurs ; Partère semble se roidir et frémir sous le doigt ; elle est souvent assez saillante : les pulsations sont fréquentes et avec des intervalles assez égaux.

2°, Le pouls intestinal « est plus développé que celui du vomissement; ses pulsations sont assez fortes, comme arrOndies , et surtout inégales , tant dans leur force que dans leurs intervalles , ce qui est trèstaisé à distinguer, puisqu'il arrive

Ao6 TERMINAISON DES MALADIES. .

cent ; dans les cas seulement où un abcës critique doit juger la maladie, on observe quelquefois que ee presque toujours qu'après deux ou trois pulsations assez égales et assez élevées , il'en parait deux ou trois qui sont moins développées, plus promptes ;- plus rapprochées et comme subintrantes ; de là résulte une sorte de sautillement ou d’explosion de l'artère , plus ou moins régulier : aux irrégularités de ce pouls se joignent souvent des intermit{ences três-remarquables. Il n'est jamais aussi plein , aussi développé que le pouls supérieur : il n'a point nécessairement d'ordre marqué dans ses intermiltences ; c’est, au contraire, par son désordre qu’il se rend reconnaissable. |

3°. Le pouls de la matrice « est ordinairement plus élevé, plus développé que dans l’état naturel : ses pulsations sont inégales ; il ÿy a des rebondissemens moins constans , à la vérité, moins frequens ou moins marqués que dans le pouls nasal, mais cependant assez sensibles.

4°. Le pouls du foie «est le plus concentré après le pouls stomacal; il n’a ni dureté ni roideur ; il est inégal, et celte ‘inégalité consiste en ce que deux ou trois pulsations inégales succèdent à deux ou trois pulsations parfaitement égales, et qui semblent souvent naturelles.

5°. Le pouls des hémorrhoïdes « est inégal comme les autres pouls inférieurs ; mais c’est d’une inégalité qui lui est particulière. Les pulsations se ressemblent peu entre elles par la force et encore moins pour les intervalles. Ces pulsations, lorsqu'elles sont moins inégales , paraissent presque toujours tenir de Pétat d'irritation : il y en a néanmoins detemps en temps -quelques-unes de plus dilatées et où le resserrement est moins sensible : ces pulsations, plus dilatées, sont bientôt suivies de pulsations où ily a du rebondissement. A trois ou quatre pulsations un peu concentrées, vives:, roides > presque égales, succèdent deux ou trois pulsations un peu dilatées , comme arrondies et. moins égales ; les trois ou quatre pulsalions suivantes se font avec des rebondissemens ; mais ces diverses pulsations ont ceci de commun, c’est qu’on y trouve une sorte

Pi urine reste claire, qu'il y a des frissons passagers et des sueurs partielles au déclin de la maladie (1).

de tremblement assez constant, plus de fréquence et de fond de resserrement que dans les autres espèces de pouls inférieurs : on sent, pour ainsi dire, une sorte de profondeur du pouls, et cette profondeur , jointe au tremblotement des pulsations ; semble étre le caractère le plus distinctif entre le pouls des règles èt celui des hémorrhoïdes,

6°. Le pouls des urines « est,inégal avec une sorte de régularité : ila plusieurs pulsations moindres les unes que les autres, et qui vont en diminuant jusqu’à se perdre, pour ainsi dire, sous le doigt : c’est dans ce même ordre qu’elles reviennent de temps en temps : les pulsations qui se font dans ces intervalles sont plus développées | assez égales et un peu sautillantes.

Pouls de la: sueur critique. « Lorsque le pouls est plein, souple ; développé, fort, qu’à ces modifications se joint une inégalité dans laquelle quelques pulsations s'élèvent au-dessus des pulsations ordinaires, vont en augmentant jusqu’à la dernière, qui se fait distinguer par une dilatation, et en même temps une souplesse plus prononcée que dans les autres pulsations , il faut toujours altendre une sueur critique. »

(x) ZZippocrate assure que quand urine reste transparente el crue pendant long-temps , et que les autres signes sont favorables, on doit s'attendre à la formation d’un abcès dans les parties siluées au-dessous du diaphragme. ( Prænot., n° 78, Foës.) L'observation de Pithion , rapportée par Âippocrate dans le troisième livre des Épidémies , n’est pas la seule qui confirme cetle asserlion ,:toute extraordinaire qu ‘elle puisse paraître. Zissoten a rapporté une autre dans sa description de Ja fièvre bilieuse de Lausane , et nous avons vu nous-même un fait semblable chez un malade de l'hôpital de la Charité. Il était atteint d’une péripneumonie au déclin de laquelle l'urine resta constamment transparente, lorsque déjà tous les symptômes avaient presque complètement disparu. Il paraissait entrer en convalescence, lorsqu'il survint , le dix-septième jour , une douleur vive dans la jambe gauche. Le dix-neuvième , la douleur

Tantôt on n’observe qu’un seul phénomène Cris tique , une hémorrhagie copieuse , une sueur abondante, par exemple; tantôt on en rencontre plu sieurs simultanément ; dans quelques cas même tous les couloirs ÉLRES s’ouvrir à la fois : la peau se couvre de sueur, l'urine coule abondamment, le ventre se relâche , le mucus des fosses nasales et des voies aériennes est exhalé en plus grande quantité, etc. D’autres fois , divers phénomènes critiques ont lieu, mais successivement, comme on a eu de AIS occasions de pipi dater

C. Les phénomènes critiques ne sont pas également fréquens dans toutes les circonstances. Ils sont plus tranchés et plus communs dans la jeunesse et l'enfance, chez les individus d’une forte constitution, dans les climats tempérés, dans les lieux élevés, dans la saison du printemps ; ils sont plus obscurs et plus rares dans les maladies des vieillards, des gens faibles, dans les régions humides et sous l'influence d’un traitement perturbateur. Baglivi a encore observé qu'ils ont lieu . moins souvent chez les habitans des villes que chez ceux des campagnes ; et d’autres ont remarqué qu'ils étaient plus fréquens parmi les gens aisés que dans la classe indigente.

élait pulsative » @t il s’y était joint un gonflement et une durelé remarquables. Les ; Jours suivans , la douleur et le gonflement augmentèrent et s’élendirent à la cuisse ; mais vers le vibgt-cinquième jour, l’urine > Qui était restée jusqu'alors transparente , devint trouble et jumenteuse ; et l’inflammation, qui semblait devoir amener la Suppuration , se termina promplement par résolution.

Il ést aussi, pour quelques phénomènes critiques en particulier, des circonstances qui favorisent leur production. Les hémorrhagies sont plus fréquentes dans le printemps et les étés secs, dans

les pays fertiles, chez les individus d’un tempé-.

rament sanguin et sujets dans l’état de santé à des hémorrhagies habituelles ; on les observe particulièrement depuis quinze ans jusqu’à trente-cinq. Les exhalations de mucus ont lieu spécialement chez les individus lymphatiques , dans les saisons humides, comme l'automne et lhiver, dans les lieux bas et marécageux. Le flux de ventre critique a paru plus fréquent chez les adultes d’un tempérament bilieux , dans lautomne; l'urine, dans l'hiver et le printemps, chez les individus lymphatiques.

Chaque contrée parait aussi imprimer aux maladies une tendance particulière à telle ou telle espèce de phénomène critique, M. Coray , dans ses notes savantes sur le traité de l'air, des eaux et des lieux, assure qu’en Italie et dans les pays chauds, les sueurs sont plus fréquentes ; qu'en Hollande et en Angleterre les dépôts sont assez communs; que dans l’ouest de la France, Péruption miliaire juge plus souvent les maladies , tandis qu'à Paris les phénomènes critiques sont plus variés.

On a pensé que certains phénomènes critiques appartenaient plus spécialement aux maladies de telle ou telle cavité. M. J’ofsin , dans une thèse soutenue à la Faculté de Médecine de Paris, affirme que les affections thoraciques se jugent le plus souvent par des phénomènes. critiques qui se

410 TERMINAISON DES MALADIES, montrent à la peau, tandis que les maladies de la tête se terminent spécialement par des évacuations alvines. Cette assertion fondée sur un certain nombre d'observations et sur la sympathie qui existe entre les poumons et la peau, entre la tête et le ventre, mérite et appelle l'attention des médecins observateurs , en attendant que l'expérience l'ait confirmée ou détruite. | D. Les phénomènes critiques ont une durée variable ; la plupart ne persistent que douze ou vingtquatre heures; les sueurs. et l'urine critiques se prolongent ordinairement dans la convalescence, et leur suppression intempestive provoque souvent le retour de la maladie. Les hémorrhagies ne durent quelquefois pas au-delà de quelques minutes, tandisque certaines éruptions quise montrent au déclin des maladies n’ont pas encore cessé ; dans quelques cas , au bout de plusieurs mois.

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