‹ Élémens de pathologie générale (volume 2)Chapitre 60 sur 94 · CONVALESCENCE · texte numérisé non relu

CONVALESCENCE

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GHAPITRE XI

De la Convalescence,

L, convalescence ( convalescentia ) est un état intermédiaire à la maladie qui n’existe plus et à la santé qui n'existe pas encore : elle commence lors que les symptômes Qui caractérisent la maladie ont disparu, et finit à l’époque où l'exercice libre et régulier des fonctions qui constitue la santé est pleinement rétabli,

On a distingué deux espèces de convalescence ; lune vraie, l’autre fausse. Cette distinction ne peut pas être conservée : si la maladie persiste après une

rémission marquée, l'individu est encore malade ; si la maladie a cessé, il est convalescent : la convalescence peut être incertaine, mais elle ne saurait être fausse.

Les phénomènes qui accompagnent la convalescence n offrent rien de particulier dans les affections purement locales et dans les indispositions légères, I en est autrement dans les maladies aiguës ou chroniques qui ont, pendant leur cours » dérangé toutes les fonctions. |

Dans la convalescence des maladies chroniques de ce genre, les fonctions digestives et locomotrices se rétablissent communément avec lenteur, lembonpoint ne revient qu'au bout d’un temps plus long encore, et quelquefois méme » surtout

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4 18 CONVALESCENCE « dans la vicillesse , il he revient jamais au degré où il était avant la maladie.

Les phénomènes qui accompagnent la convalescence des maladies aiguës sont bien‘plus nombreux et bien plus remarquables. Un des premiers effets de la cessation de la maladie est un amaigrissement subit de tout le corps, et en particulier de la face, qui devient plus pâle. Cet amaigrissement et cette päleur paraissent dépendre surtout de la diminution des symptômes fébriles, et principalement de la chaleur qui, même dans le corps vivant, détermine une augmentation dans le volume des partiés, une véritable raréfaction. Le rétablissement des sécretions dans la troisième période doit aussi être une

des canses de ce phénomène. Le sentiment de la.

faiblesse est alors très-prononcé; la démarche du convalescent est chancelante, et ses premiers pas exigent de très-grands efforts, surtout lorsqu'il veut descendre : la rapidité avec laquelle les forces

musculaires se réparent est le signe le plus certam

de la convalescence. La voix reste quelque temps faible et ne réprend son ton naturel que quand la santé est pleinement rétablie. Les organes des sens ont souvent perdu de leur activité, la vue est quel=

quefois trouble et confuse, et l'ouïe peut offrir des |

anomalies. diverses. On observe communément une extrême susceptibilité morale : les convalescens sont

presque tous disposés aux passions gaies, à l'éspérance, à la joie; mais ils sont en même temps impa=

tiens et irascibles: Les fonctions intellectuelles ne

-reprerïnent ordinairement toute leur énergie que 4 , \ 9, , Fe | je, +8

par degrés et à mesure que la santé se rétablit :

CONVALESCENCE. 419 chez quelques-uns, la mémoire, l'imagination , le Jugement, sont dans un état réel de faiblesse qui ne se dissipe que lentement; chez le plus grand nombre, ces fonctions s’exercent avec toute leur intégrité; mais le moindre travail, Le plus léger cffort cause de la fatigue, bide des maux de tête, quelquefois même des lipothymies et divers autres accidens. |

Les fonctions digestives reprennent plus ou moins promptement leur exercice régulier ; la langue resté un peu chargée, l'appétit revient peu à peu ou tout-à-coup ; ; Souvent le vin parait amer et le pain Sans Saveur; la soif diminue ou cesse ; la digestion Stomacale neserétablit pas brin Altea aussi vite que l'appétit, et c'est là ce qui rend les indigestions si fréquentes : néanmoins quelques personnes mangent et digèrent facilement, dès le premier jour FA la convalescence après une maladie grave, üne quantité d’alimens considérable. Nous avons vu deux convalescens du typhus manger sans acCident et en un seul repas, le jour même où la fièvre venait de cesser, plus d’une demi-livre d'aliméné

solides. Le ventre est ordinairement paresseux dans a convalescence, et les matières alvines sont sèches et grisätres; quelquefois, au contraire, il y a du dévoiement. La respiration est libre dans le repos, elle est un peu courte dans la marche. Le pouls reste quelquefois fréquent pendant plusieurs jours ; mais quand tous les autres signes sont, bonus, la fréquence du pouls n’a rien d’inquiétant ; elle ne doit pas empêcher le médecin d'accorder aux con- Valescens les alimens qu'ils demandent. Chez un

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