CHAPITRE XIII
Des Reclutes et des Récidives.
Os nomme rechute la réapparition d’une maladie qui vient de se terminer » et dont la convalescence nest pas encore achevée ; on doit entendre par récidive (morbus recidivus ) le retour d’une ma ladie après l’entier rétablissement du malade.
Les rechutes sont communément provoquées par quelque cause occasionelle : l’exposition au froid, une erreur de régime, un excès dans l’exercice, une contention d'esprit, une émotion vive, un médicament intempestif, sont les causes qui provoquent le plus fréquemment la réapparition de la maladie.
Les rechutes ne sont pas également fréquentes dans toutes les affections : il en est quelques-unes dans lesquelles elles n’ont jamais lieu : telles sont les fièvres éruptives contagieuses ; il en est d’autres où elles sont rares, comme la péripneumonie et la pleurésie ; il en est d’autres enfin où elles sont trèscommunes, comme les fièvres intermittentes. On a attribué la fréquence des rechutes, dans ces dernières affections , à la marche même de ces fièvres, qui ont une tendance marquée à se reproduire, et à l'espèce d'habitude que l’économie semble avoir contractée lorsque les accés se sont répétés pendant long-temps. Une circonstance plus remar-
28 RÉCHUTES ET RÉCIDIVES. à quable encore dans les rechutes des fièvres imtermuttentes , c’est qu'elles ont presque toujours lieu au jour et à l'heure où la fièvre aurait paru si les accès n’eussent pas été suspendus. Sfrack dit avoir observé quelquefois cette régularité dans la récidive des fièvres, au bout de plusieurs mois et même d’une année ; mais ces exemples sont trèsrares, au lieu que ceux qu'on observe dans les pre- “‘mières semaines qui succèdent à la maladie sont très-fréquens. Ë
‘ Les'symptômes qui accompagnent les rechutes
sont à-peu-près les mêmes que ceux de l'affection :
première : seulement il s'y joint une faiblesse plus considérable qui ajoute beaucoup au danger. Leur durée est ordinairement plus longue, et lorsqu'elles épargnent la vie du malade, elles le laissent dans ‘un état de débilité quine cesse qu'avec une’extrême
lenteur, et qui quelquefois he se PATTES jamais.
complètement. | ‘On ne doit pas confondre avec les rechutes les maladies nouvelles qui attaquent les convalescens; on ne doit pas non plus confondre les rechutes avec les récidives. | Celles-ci reconnaissent pour: cause, tantôt une prédisposition particulière , et tantôt l'exposition
à de nouvelles causes occasionelles ou spécifiques de"
Ja maladie. Le rhumatismé “pa éxemple, a une telle tendance à réparaître , qu’ on:cite à peine quelques exemples d'individus qui n’en ont été atteints qu’une fois dans le cours de leur vié: ici Cest une prédisposition qui paraît déterminer les récidives. Ïl en est autrement pour celles-‘des fièvres inter
RECHUTES ET RÉCIDIVES. 429 mittentes qui reparaissent chaque année dans les endroits marécageux : c’est une nouvelle exposition aux causes spécifiques qui en provoque le retour.
Les affections qui n’offrent jamais de rechute
sont également à l'abri des récidives, à quelques 5 » à quelq
exceptions prés; la fièvre jaune, le typhus, par
exemple, ne se développent pas deux fois de suite,
mais ils peuvent réparaître au bout d’un temps
plus ou moins long. Les rechutes sont rares dans les
affections rhumatismales , où les récidives sont trèsfréquentes.
Les symptômes des récidives n’offrent rien de particulier ; ils ne sont constamment ni plus intenses n1 plus légers que ceux de la première affection. La durée , comme nous l'avons vu précédemment, est communément plus longue, mais le danger n est pas plus grand. Une seconde, une troisième péripneumonie est souvent plus violente qu'une première; mais quelquefois on observe le contraire. Nous avons vu, à l’hôpital de la Charité, un homme atteint pour la dixième fois de péripneumonie : la première inflammation de poitrine
avait été beaucoup plus grave que les suivantes.