‹ Élémens de pathologie générale (volume 2)Chapitre 74 sur 94 · C. Telle est la manière de constater la disposi · texte numérisé non relu

C. Telle est la manière de constater la disposi

tion de chaque viscère : voici l'ordre suivant lequel |

il convient d’en faire l'inspection.

On commence par les organes de la circulation :

le cœur et les gros vaisseaux qui en partent ou qui s’y rendent doivent être examinés les premiers ; le | cœur peut être incisé en long ou transversalement :

en suivant cette dernière méthode, on juge plus exac-

tement de l'épaisseur relative de ses parois. Dans |

l’une et dans l'autre, on passe le, doigt indicateur dans ses divers orifices, pour connaître s'ils sont

OUVERTURE DES CADAVRES. hi “HD libres. S'ils ne le sont pas , on les met à nu par une incision , afin que l’œil puisse distinguer le rétrécissement et la cause qui le produit. On doit toujours examiner et ouvrir les gros vaisseaux sanguins , ar+ tériels et veineux qui sont contenus dans la poitrine, et quelquefois étendre cet examen aux vaisseaux des autres parties. | à

On passe ensuite aux organes respiratoires ; on

/ . A … presse les poumons entre les doigts pour connaître

s’ils sont crépitans et élastiques, comme dans l'état sain : oh les coupe en divers sens pour connaître exactement leur structure (1); quand il s’y trouve des foyers purulens, on examine s'ils ont quelque communication avec la cavité de la plèvre ou avec celle des bronches. L’insufllation d'air dans la trachée , à l’aide d’un tube, est un des moyens les plus faciles et les plus sûrs de constater cette

(r) Les poumons présentent à l'ouverture des corps un phé-

momène qui a été remarqué fort anciennement, mais qu'on a

long-temps mal interprété. Nous voulons parler de laccumulation de liquide dans leur partie la plus déclive, qui est plus noire et plus lourde que les autres. On a pensé que cet engorgement avait lieu immédiatement après la mort, et qu’en conséquence on pouvait juger , d'après l’inspection d’un cadavre , dans quelle position il avait été placé à ce moment.

. M. Bayle ayant conçu quelque soupçon sur l'époque où sur-

vient cet ‘engorgement des poumons, entreprit un certain nombre d’expériences propres à décider la question. Il recom-

manda que tous les individus qui succomberaient sur le dos

dans les salles de médecine fussent à l'instant même placés sur le ventre, et qu'on eût soin, en les transportant dans la salle de dépôt et en les y plaçant, de les laisser constamment dans

æelle position jusqu'au moment de l'ouverture du corps. ft

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communication. On pent dans quelques cas aussi la reconnaître par la simple inspection des parties | ou par l'introduction , dans les ramifications | bronchiques , d’une sonde cannelée et d'un bistouri ou d’une des branches de ciseaux mousses. | Pour examiner la membrane des bronches et de la | trachée , on incise ces conduits dans toute leur lon-W gueur. Pour bien voir le larynx, il faut séparer la base de la langue de los maxillaire inférieur , au moyen d’une incision semi-elliptique qui doit suivre

Ia face concave de cet os et se prolonger à droite et

à gauche sur les côtés du cou; on incise ensuite | horizontalement le voile du palais et la paroi postérieure du pharynx; «puis on tire en de- | vant la langue et le larynx, et l’on coupe trans-W versalement la trachée et l’oœsophage à la partie inférieure du cou; le lambeau ainsi détaché,

noter en même temps la situation dans laquelle chaque malade était resté pendant les derniers momens de son existence: Voici les résultats qu'il obtint : l’engorgement du poumon se

présenta toujours dans la parlie qui avait été la plus déelive

avant la mort, c’est-à-dire, à la partie postérieure chez le | plus grand nombre des malades, à la partie latérale chez quel- | ques-uns qui étaient morts sur le côté, à la base chez ceux qui | avaient ‘été constamment assis dans les dernières heures de | leur vie : la position qu'on avait donnée aux cadavres n’avait déterminé aucun LEO TOR TETE à la partie antérieure du pou- | mon. Ces expériences n’intéressent pas seulement la médecine légale , elles sont encore d'une haute importance pour la | physiologie, parce qu’elles concourent à démontrer l'influence des lois physiques chez l'homme malade, influence de de- | vient d'autant plus marquée que la he be vitale s'aflaiblit davantage.

d © OUVERTURE DES CADAVRES. 5og on cuvre d’abord le pharynx et le commencement | de l'œsophage ; on fend ensuite le larynx, après avoir examiné les bords de son ouverture supérieure et de la glotte, et on l’écarté pour voir la membrane muqueuse et ses cartilages.

Avant d'ouvrir ce dernier, ona ‘dû constater l’état du pharynx; on peut, si cela paraît utile, mettre à nu l'œsophage dans tout son trajet , après avoir examiné les organes de la respiration et de la : circulation. On ouvre ensuite avec des ciseaux à | pointe mousse , et préférablement avec l’entérotôme de M. J. Cloquet, l'estomac et les intestins, soit dans tout leur trajet, soit au moins dans diverses “parties, et spécialement dans les endroits où il y a changement de couleur et de diamètre ; puis on “examine le foie, la vésicule, les conduits biliaires , Je pancréas et la rate.

| On passe ensuite aux organes urinaires , et l’on constate successivement l’état des reins, el bassinets, des uretères et de la vessie , et l’on termine par Fe organes de la RE l'examen des

iscères abdominaux. | Le cerveau et ses annexes méritent une grande . attention. On ne doit jamais inciser la dure-mère | avant d’ avoir terminé l'inspection des cavités thobraciques et abdominales : elle soutient le cerveau …t prévient le déchirement qu'il pourrait ÉDEQUE ver; il est préférable encore de ne fendre le crâne qu après avoir terminé l'examen de la poitrine et du ventre. On divise la ARE OREe avec des cieaux ou avec un scalpel , à droite et à gauche de la grande faux, qu’on coupe elle-même près de

is NE Di: à

l'endroit où elle s'attache à l’apophyse crista galli, | et qu'on renverse en arrière pendant que la dure-

mère, devenue libre, est abaisséeen dehorsdel’hé-! misphère correspondant. On doit examiner , avant. d’aller plus loin, si les circonvolutions cérébrales « offrent à droite et à gauche une égale saillie; lors. qu'elles sont plus aplaties d’un côté, on remarque ordinairement que le cerveau y est plus flasque , et

quelquefois on peut distinguer dans cet endroit

une fluctuation profonde. En général il vaut mieux | examiner le cerveau en place que de Venlever ; cette règle est d’ailleurs applicable à tous les autres viscères. On le coupe par tranches minces , surtout en approchant des ventricules latéraux, où l’on pé-

uètre avec précaution, quand on est parvenu au, niveau du corps calleux, en plongeant verticale. ment la pointe du scalpel dans la substance LE brale , à trois ou quatre lignes environ de la ligne médiane, et un peu plus près de l'extrémité antérieure du cerveau que de la postérieure. On ouvre ces ventricules dans toute leur étendue; on renverse” - la voûte à trois piliers après l'avoir divisée dans sa partie moyenne , ét l'on met à nu le troisième ventricule. On continue ensuite à couper par.tranches le reste du cerveau jusqu’à la protubérance annu-— laire. On sépare alors la tente du cervelet du bord du rocher auquel elle adhère; on porte profondément la pointe d’un scalpelà la parte antérieure du canal rachidien, et l’on divise la moelle épinière en même temps qu’on soulève le cervelet. | Ce viscèré, retiré du crâne aprés la section de la moelle, doit être renversé pour examiner le qua-

ÿ | OUVERTURE DES CADAVRES, bit trième ventricule ; après quoi on le coupe par tranches pour s'assurer qu'il est sain » Ou reconnaître les altérations dont il est le siége.

La moelle épinière ne peut être mise à nu qu'après tous les autres organes. La position dans la-

quelle on doit placer le cadavre et les moyens

qu il faut employer pour la mettre à découvert exigent qu’ on n'ait plus rien à ménager. On se sert

. ordinairement de la gouge et du marteau, avec

lesquels on coupe, à droite et à gauche et dans toute la longueur du rachis, les lames vertébrales qui forment la paroi postérieure du canal rachidien, La longueur et la difficulté de cette préparation anatomique sont les causes de la négligence que l'on met généralement à examiner la moelle épi- » nière. Îl serait à désirer cependant qu’on le fit avec - soin dans un certain nombre d’affections: il est

très-probable qu'on parviendrait de cette manière

à découvrir le siége jusqu'ici indéterminé de plusieurs maladies. Au reste , lorsqu’on emploie pour rompre les vertèbres , au lieu de la gouge, une

sorte de couteau convexe sur son tranchant, et

dont la lame est assez forte pour supporter le choc du marteau, on parvient à découvrir la moelle épinière en peu de temps, surtout lorsqu'on a déjà plusieurs fois fait cette préparation.

IL est un certain nombre’ de maladies dans lesquelles on doit aussi examiner les membres : par exemple, dans les cas de plaie, de fracture, d’abcès, de carie, de rhumatisme , de luxation , etc. Cet examen ne présente en os aucune difiiculté.

Biz OUVERTURE DES CADAVRES,

Telle est la manière dont il convient d'ouvrir les cadavres (1) : elle pourra et devra être modifiée à raison de certaines circonstances qu'il serait : su— perflu d’'énumérer.

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