‹ Élémens de pathologie générale (volume 2)Chapitre 76 sur 94 · CR . À · texte numérisé non relu

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Cœur , la membrane muqueuse du conduit digéstif est ordinairement d’un rouge noïrâtre. Or, il est peu probable. que

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de reconnaître à l’ouverture des corps la véritable phlogose de ces membranes. Autant l’inflam mation est facile à reconnaître dans quelques organes, tels que les poumons, x la fermeté et à la lourdeur de Jeur tissu (r), auiant elle est difficile à distinguer dans quelques autres ; dans le parenchyme du foie, par exemple. L'aspect de cire jaune que présente quelquefois ce viscère, et qui est communément l'anévrysme du cœur soit constamment accompagné d'inflammation de la membrane muqueuse de l'estomac : celte rougeur livide se retrouve d’ailleurs sur les joues, les lèvres, les mains , sans que personne ait vu dans la colotation de ces or= ganes une inflammation.

(r) L’inflammation du poumon se présente , en anatomie pathologique, sous cinq états diflérens : 1°. engouement de Bayle ou premier degré de M. Laennec. Le poumon est plus . pesant, plus ferme que dans l'état naturel, et ‘d’une couleur rouge ou violette ; 1l crépile encore , Mais moins que dans l’étt sain. Si on l’incise, il paraît gorgé d’une sérosilé sanguino- | lente, &cuméuse et trouble ; 2°. hépaksation rouge , carnification : le poumon ést dur , compacte, grenu; rouge, plus lourd que l’eau , et ne laisse pas échapper d’air quand on le comprime ; M ni de pus quand on le déchire; 5°. hépatisation grise : le. poumon est également-lourd , non crépitant ; mais il se dechire plus facilement et laisse écouler un liquide purulent} gris ou rougeâtre; 4°. dans quelques éas , le poumon ofirew, tous les caractères de l'hépatisation rouge , excepié la dureté : dans cet état , il est lourd, entièrement privé d'air et. mollasse , comme le tissu de la rate; 5°. enfin, le tissu pul-. monaire est susceptible d'un endurcissement grisâtre sans. exhalation de pus dans son parenchyme : dans cel'état , qui parait dépendre d’une inflammation chronique, le tissu pulmonaire n’est pas brillant et derni-transparent, comme dans | le cancer ; il ne laisse pas échapper de liquide puriforme lors« qu’on le déchire , comme dans l'hépatisalion.

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| OUVERTURE DES CADAVRES. ‘ 515 joint à l'augmentation de volume, est-il l'effet de linflammation ? Sans étre démontrée, la chose paraît au moins trés-probable. Quant à l'aspect uniformément rougeâtre qu'offre dans quelques cas le tissu du foie chez les adultes, ilest peu vraisemblable qu’il indique une inflammation ; la plupart des individus

chez qui on le rencontre après la mort n’ont offert

pendant leur vie aucun signe de maladie de ce viscère, et chez beaucoup d’entre eux la vésicule est remplie de bile qui a les qualités ordinaires. On connait à peine les changemens produits par Vinflammation dans le tissu musculaire et nerveux, dans les vaisseaux sanguins et lymphatiques ; on croit généralement que les tendons n’en sont pas susceptibles. Le développement de bourgeons char-

nus sur une portion d’os mise à nu marque l’in-

flammation de cet organe.

B. On découvre souvent à l'ouverture des cadavres des ulcères dont on n'avait pas reconnu la présence pendant la vie : nous avons dit ailleurs en quoi 1ls consistent ( page 149 ).

C. Il en est de mêmedes fistules, dont on peut, à l’ouverture des corps, examiner tout le trajet

( page 149 ).

D. La gangrène, qui consiste dans la mort d’une partie quelconque de l’économie, se présente drdinairement dans le cadavre avec des signes manifestes, quoique assez difficiles à déterminer. On a souvent confondu , à l'ouverture des corps, la gangrène avec la couleur noire : aussi est-il souvent

question dans les auteurs de la gangrène de la

plèvre, du péritoine, du foie, maladies extrème-

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ment rares. La couleur noire peut exister sans la gangrène; la gangrène peut avoir lieu sans donner cette teinté aux parties qu’elle attaque : on sait que les escarrhes des membranes muqueuses sont souvent grises, blanchâtres; que celles qui sont produites par quelques acides sont jaunes ; Quesnay dit avoir vu dans un cas les parties gangrenées offrir une transparence remarquable. La couleur noire ne saurait donc être considérée comme le signe de la gangrène. Ses principaux caractères sont : 1°. la désorganisation complète de la partie, dans laquelle on ne distingue plus les tissus élémentaires; 2°. sa mollesse et sa flaccidité ; 3° odeur fétide et particulière qui s’en exhale; 4°. la sanie ichoreuse qui

s’en écoule; 5°. l'opacité du 1issu gangrené le

distingue du cancer, et la cohérence de ses par-

ties le distinguerait du tubercule , si l'aspect

était insuffisant. Dans une variété de la gangrène qu'on nomme sèche, la partie offre une couleur noire, une fermeté quélquefois ligneuse et toujours la désorganisation complète du tissu. Quelques chirurgiens modernes , et le professeur Richerand en

particulier, ont considéré la nécrose comme la gan—

grène des os, et la carie comme l’ulcération de ces organes. |

Æ. Les tubercules sont formés par une substance

blanche, jaune ou grisätre , toujours opaque et friable, quel que soit son degré de consistance : ils se ramollissent ordinairement peu à peu, se convertissent en un liquide puriforme qui remplit l'espace qu'ils occupaient; quelquefois une matière plus solide, qui a l'aspect d’une membrane, est déposée

OUVERTURE DES CADAVRES. 2080 surles parois de ce foyer ; tantôt la matière tuberculeuse semble être développée aux dépens des organes, el ceux-ci avoir éprouvé une véritable dégénérescence ; tantôt elle paraît avoir été en quelque sorte déposée dans les intervalles de leurs fbres. On est forcé d'admettre cette. dernière opinion

lorsque la matière tuberculeuse est contenue dans un kyste.

f. Les granulations sont de petits corps globuleux analogues au cartilage, transparens, luisans ,

quelquefois marquetés de lignes ou de ‘points

noirs. Quelques granulations offrent à leur'ééntre un petit point blanc, opaque, semblable à la matière tuberculeuse. Cette circonstance à conduit M. Laennec à ne voir dans les granulations que des tubercules commençans. | G. Le cancer se présente, en anatomie pathôlo- $ique , sous des formes diverses : tantôt c’ést une transformation du tissu de nos organes soit en une substance dure, d’un blanc grisâtre ou bleuâtre ; luisante, demi-transparente, ayant quelque res semblance avec la couenne ( squirrhe ); soit en une matière peu résistante, presque homogène , opaque, blanche ou rougeâtre , lobulée, traversée en tous sens par des vaisseaux sanguins et ressemblant au parenchyme du cerveau ( ericéphaloïde ); tantôt cest une érosion primitive ( wlcère cancéreux Je Ces lésions variées offrent pour caractères communs un accroissement indéfini, une reproduction pres-

que Constante après leur ablation ou leur destruc-

tion, une incurabilité assurée quand on les aban-

donne à elles-mêmes ; toutes sont accompagnées de

douleurs lancinantes, entraînent le dépérissement, et donnent à la peau de tout le corps, mais plus particulièrement à celle du visage, une couleur spécifique, jaune-plombe ( teint cancéreux ).

H. La mélanose est une altération de certains tissus qui se convertissent en une matière noire, dure et homogène. Cette altération est fréquente dans le poumon : on l'a rarement observée ailleurs; elle est souvent mêlée avec le cancer et le tubercule : il n’est pas certain que les parties qui en sont affectées soient susceptibles de se ramollir.

I. Le ramollissement est une altération propre à quelques organes : on l'a souvent observé dans le cerveau et dans la rate; mais le plus remarquable est celhi des os, qui deviennent flexibles. Quant à Vinduration, elle paraît presque toujours être le résultat de l'inflammation aiguë ou chronique, selon qu’elle est rouge ou grise; on l'observe dans le poumon, la rate, le tissu cellulaire , etc.

Les autres altérations de structure dont nous us ons parler ont toutes cela de commun, qu’elles pré sentent l'aspect de quelques-uns des tissus de l'éco- ‘ nomie dans l’état sain. ;

J. La dégénérescence graisseuse a été observée dans divers organes , tels que le cœur, les muscles, les mamelles, le pancréas, le rein; elle est très— fréquente dans le foie; on la reconnaît à l'aspect L blanchâtre de ce viscère, à quélqué chose d’onctueux qu'il offre au toucher, et aux stries grais -” seuses, dont est couverte la lame du scalpel qui V'a divisé,

VA

OUVERTURE DES CAPAVRES. 519 K. La dégénérescence fibreuse se présente surtout dans quelques kystes, dans diverses tumeurs, et spécialement dans celle de l'ovaire.

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