‹ Élémens de pathologie générale (volume 2)Chapitre 78 sur 94 · LM · texte numérisé non relu

LM

Fa OUVERTURE DES CADAVRES.

sa surface adhérente : il est facile de s’en convaincre en la disséquant avec quelque soin. Les fausses

membranes dont nous venons de parler peuvent

être simples ou multiples, molles ou dures ; elles peuvent offrir les plus grandes variétés de couleur, depuis le noir jusqu’au gris-blanchâtre. Elles prennent au bout d’un certain temps une apparence d'organisation, et l’on distingue quelquefois des vaisseaux sanguins qui s’y distribuent. -

Le liquide des membranes synoviales offre à-peuprès les mêmes altérations.

Quant au fluide contenu dans le tissu cellulaire infiltré, 1l est quelquefois incolore ou jaunâtre, quelquefois louche où même purulent, mêlé de sang dans quelques circonstances. À l'ouverture des cadavres, on constate la présence de la sérosité dans le tissu sous-cutané ; on la voit dans celui qui s'étend entre les muscles; on la découvre dans quelques organes intérieurs, par exemple, dans le tissu cellulaire du péritoinel, et dans les appendices celluleuses des gros intestins; cette infiltra= tion existe Re aussi dans le tissu cellulaire

de la plèvre d fans celui qui unit le péricarde au

cœur.

L” APE Ve. “Oh de sérosité a été encore constatée dans le tissu cellulaire qui unit les membranes muqueuses aux parties sous-jacentes : on à souvent observé celle de la membrane muqueuse de l'oeil et de la luctte, de l'ouverture supérieure du larynx; des intestins ; ‘de la vulve et de l'anus. LL.

Les liquides sécrétés par les glandes offrent PA à quelques altérations ; mais Ja plupart sont "PRES

rl

OUVERTURE DES CADAVRES. 523 ciables pendant la vie, excepté dans le cas de rétention de ces liquides dans leurs conduits ou dans

leurs réservoirs.

IL n’est presque aucun organe, aucune cavité, où Von n'ait trouvé après la mort quelque épanchement, borné ou non circonscrit , avec ou sans enveloppe membraniforme, de sang liquide ou caillé, . de pus séreux ou épais.

On trouve aussi , à l'ouverture des cadavres , des liquides renfermés dans des membranes accidenitelles ou kystes. Ces liquides sont quelquefois

aqueux , et la membrane qui les contient est analogue aux membranes séreuses ( kystes hydatiformes ); d’autres fois le liquide est épais, semblable à du miel , à de la gélatine, à du pus, à du suif, à une bouillie crétacée ; le kyste , dans ces derniers cas, a communément une certaine épaisseur ; il est fi- … breux , quelquefois cartilagineux ou osseux. Quel- … ques kystes offrent une texture différen te dans les divers points de leur étendue. Dans ce cas, leur cavité est ordinairement partagée, par des cloisons irrégulières , en un certain nombre de loges , dans chacune desquelles est contenu un nids de COU— leur et de consistance diverses.

On rencontre enfin, à l'ouverture des corps, des … épanchemens de fluides élastiques ou de gaz dans certaines parties. Sans parler ici de la distension hdu conduit disgestif, on a plusieurs fois trouvé de … l'air dans des cavités ouiln y en a point naturellent, dans la plèvre, dans le péritoine, par exemple , et même dans le tissu cellulaire sous- . œutané. L'air contenu dans ces cavités peut ve=.

ce OUVERTURE DES CADAVRES.

nir des intestins ou des poumons blessés ou ulcérés; il peut être le produit d’une exhalation mor- à bide ou de la putréfaction après la mort (1). | S V. Les corps étrangers qu'on trouve à l'ouverture. des, cadavres sont de diverses espèces :. les uns sont inanimes, les autres ont joui ou même jouissent encore de la vie, Parmi ceux qui sont ina- L nimés, les uns ont été formés au-dedans du corps: tels sont les calculs biliaires, urinaires , et ceux qu on rencontre dans les articulations, dans les voies salivaires, les poumons, l'utérus, etc. Parmi ceux qui sont venus du dehors, les uns ont été. introduits par des plaies, et notamment’ par celles d'armes à feu; les autres, par les voies naturelles, comme la bouche, l'anus, l’urètre ou le vagin chez les femmes. 1 Les corps étrangers vivans qui existent dans l'homme sont les vers ascarides vulgaires, les ascarides lombricoïdés , es tricocéphales ou trichurides

(1) Nous avons assisté à l’ouverlure du corps d’un homme replet , mort subitement. trente.- deux heures auparavant. L'emphysème survenu après la mort était déjà si considérable, que le volume du tronc et des membres était presque doublé. A l'instant où le scalpel RAP dans le ventre, qui était aussi dur qu’une planche, l'air s’en échappa en shit une détonation aussi violente que celle d’un fusil à vent fortement chargé. Les viscères abdominaux n'avaient point élé intéressés ; ils restèrent distendus ; les gaz qui avaient produit l'explosion étaient, par conséquent , accumulés dans la cavité péritonéale née. L’emphysème était si général que Pair s'échappait avéc le sang, sous forme-d’une écuüme. rougeâtre , de tous les vaisseaux, et même de ceux du foie,

OUVERTURE DES CADAVRES, 595 et plusieurs variétés de tænia; des hydatides de diverses espèces se trouvent aussi dans l’intérieur des viscères ou des cavités splanchniques ; quelques espèces de chenilles ont été vues dans les fosses na-sales, et quelquefois dans certains cancers externes où l'on n'a reconnu leur présence que par la dissection ou l’ablation de la tumeur.

Tels sont les principaux phénomènes que présente l’ouverture des cadavres. |

Les désordres variés qui viennent d’être exposés sommairement n'ont pas tous une importance égale. 1°. Parmi eux, les uns ont précédé l’apparition des symptômes de la maladie et paraissent les avoir produits : tels sont les tubercules crus qu'on a rencontrés plusieurs fois dans les poumons d'individus qui n’avaient encore offert aucun trouble de la respiration; 2. il en est d’autres qui ne sont survenus que pendant le cours de la maladie, quelquefois même à une époque assez avancée , et qui semblent en être plutôt l'effet que la cause : telles sont les ulcérations des intestins qui se forment dans le dernier degré de la phthisie pulmonare , et l’anasarque qui survient chez les gens af- Doté d’anévrysme du cœur; 5°. d’autres phénomènes d'anatomie battolosiaie n’ont lieu que dans l'agonie : tel est l’engorgement des poumons dont ous avons parlé; ; tels sont sans doute aussi les caillots gélatineux ou albumineux qu’ on a rencontrés dans le cœur et dans les gros vaisseaux ; 4°. plu- Sieurs lésions ne surviennent qu'après la mort, et sont désignées sous le nom de phénomènes cadaxériques : tels sont les ecchymoses qui se forment

LA

. 526 OUVERTURE DES CADAŸRES:

dans le tissu cellulaire sous-cutané, la transsuda= tion de la bile qui colore les portions contiguës des intestins, de l'estomac et de la face inférieure du foie; le dégagement d’air qui peut se faire dans un temps très-court, en moins de vingt-quatre heures; à par exemple; linfiltration qui survient après la mort, et qui est plus fréquente dans certaines con» | ditions atmosphériques et peut-être à la suite de certaines maladies ; tels sont encore quelques épanchemens peu considérables de liquide séreux dans les membranes de ce nom ; telle est enfin la putréfaction, qui est ordinairement beaucoup plus rapide | -dans quelques points que dans d’autres, et qui serait par cela même plus propre à induire en erreur : celle qui se forme dans la membrane de l'estomac et des intestins, par exemple, en a quelque-. fois imposé pour la gangrène de cette membrane \ produite par un poison; 5°. enfin il est des lésions ! quon rencontre à l'ouverture des cadavres, et qui! ne déterminent pendant la vie aucun trouble apparent dans les fonctions : telles sont les adhiérences# des poumons aux parois du thorax, les plaques, blanches et opaques qu'on trouve souvent sur le cœur, certaines tumeurs enkystées, divers corps. étrangersde touté espèce et quelques lésions orga— niques commençantes. | on Il est de la plus haute importance pour le mé decin de bien distinguer ces divers phénomènes. IE y parvient en général assez facilemént, en com parant ensemble les symptômes de la maladie et les lésions que présente l examen du cadavre. C’est avec raison qu’on a.signalé, dans un ouvrage pur

OUVERTURE DES CADAVRES, Er, blié récemment (1), les erreurs auxquelles peut donner lieu l'ouverture des corps, surtout à une

. époque où l’on accorde généralement aux lésions

anatomiques une importance exagérée ; mais nous pensons que ces erreurs ne sont pas de celles qu'on ne puisse éviter, et qu'il est le plus souvent possible, à un médecin accoutumé X ce genre de

recherches, de distinguer parmi ces lésions celles

qui ont précédé et celles qui ont suivi le développe ment des symptômes et la mort des malades.

(1) Séméiotique générale , par M. Double , tom. r pag. 56

€k Suiv.

RO RS LR 400 5 08 TS ne ee uen NS RTE CHAPITRE XIX.

De la Thérapeutique.

4 é \ | ÎL existe dans l’homme, comme dans lesautres êtres

organisés, une force intérieure qui préside à tous

les phénomènes de la vie, lutte sans cesse contre les

agens de destruction et contre les lois physiques et:

chimiques, recoit l'impression des agens délétères, réagit contre eux, développe par conséquent les s ympiômes des maladies , en détermine Ja marche et en opère la solution par un mécanisme impéné- ‘trable. Cette force , quise confond avec la vie, qui commence et cesse avéc elle, qui est tihérerfte aux

organes et ui n’en serait pas distincte si elle ne les q P

M donteié au bout d’un certain temps; cette force, tout-à-fait inconnue dans son essence et manifeste

seulement par ses effets, nommée par quelques-.

uns force vitale , puissance intérieure , a été plus

généralement désignée sous le nom de nature (1).

depuis Hippocrate jusqu’ à nos Jours. Toutefois, en admettant l'existence de cette force, les me n'ontpasété demêmeavissurses attributions : les

l'ont considérée comme un principe intelligent G) dont tous les actes sont raisonnés; d’autres, don-

nant dans un extrème à OPPANE ont fait consister "la |

(1) Düow, nature.

(2) Van-Hézmonr. ;

THÉRAPEUTIQUE. 529 naiure dans l’élasticité et l’oscillation des fibres et dans le mouvement progressif et circulaire des liquides (1); mais d’autres, comme Sydenham (2),

ont employé ce terme dans le même sens que nous

y attachons aujourd’hui.

La guérison, ou le passage de la maladie à la santé,

est nécessairement le résultat d’un changement

intime survenu dans nos organes; ce Changement est toujours subordonné à la puissance qui préside à tous les phénomènes de la vie : cette puissance , c’est la nature : c’est donc à elle que la guérison appartient. Toutefois, comme une multitude de circonstances peuvent entraver ou favoriser son action , l’art concourt à la guérison des maladies d’une manière plus ou moins active, en donnant aux efforts de la nature une direction convenable, et en écartant les obstacles qui pourraient la troubler. Or, tel est.le but de la #hérapeutique (3) (therapeutice), branche de la pathologie qui a pour objet le traitement des maladies. Traiter une maladie, c’est éloigner toutes les circonstances propres à l'aggraver , et user des moyens qui peuvent influer favorablement sur sa marche et sur sa durée. Et

La plupart des affections sont susceptibles de guérir sans traitement actif, par la seule action de la nature : aucune ne peut guérir par les seuls secours de l’art. Le quinquina, les mercuriaux,

(1) Ravmonn , Maladie qu’il est dangereux de guérir , pag. 20. À

(2) Opera omnia , tom. 1, Pag. 77, 78.

(3) Ocoxrévo , je soigne,

bo THÉRAPEUTIQUE:

qu'on à regardés avec raison comme les moyens les. plus héroïques que possède la médecine, restent sans eftet dès que la nature ne répond pas à leur action. La saignée ne dissipe pas seule la phlogose ; et le rapprochement des bords d’une plaie ne suflit

4 S | l ANS CE à . ‘ + … Fin pas pour er operer Pagglutination. En chirurgie

comme en médecine, la thérapeutique ne fait que modifier les lois de la vie, {favoriser l’action de la nature, qui seule peut ramener le viscère enflammé à l’état sain, cicatriser les bords d’une plaie, et rendre sa continuité à l'os qui Va perdue: La thérapeutique n'est donc, à proprement parler , que l’art de modifier l'action intime des orga-. nes ; pour obtenir la guérison ou le soulagement des maladies. Cette assertion ne nous paraît pas, de nature à pouvoir être contestée par ceux mêmes qui ont la plus haute idée de la puissance de Part. Nous sommes, en effet, bien loin de vouloir dire que les moyens thérapeutiques n’ont aucune part

à la guérison; mous pensons, au contraire; ques

par l’omission des remèdes appropriés , des aflec-

tions, même légères, pourraient devenir incurables où mortelles, que la plupart des maladies gra-

ves se termineraient par la mort , et que plusieurs |

autres , parmi lesquelles on doit ranger la sy-

‘philis, ne guériraient point : nous prétendons seu

lement que ces moyens thérapeutiques n'ont pas une action directe contre la maladie ; qu'ils dé-

terminent seklement dans l’économie des modifications en vertu desquelles s'opère le change .

ment favorable qu'on observe : l'extraction des

corps étrangers fait presque seule exception. En

Lai

THÉRAPEUTIQUE: B3 ï éxposant cette doctrine , généralement admise au

jourd’hui, nous n’enlevons rien à l'importance

de là thérapeutique ; et nous rendons À la ‘naiure ce qui lui appartient; également éloignés de ceux qui donnent exclusivement l'honneur de la guérison, soit à l’art, soit à la nature , nous croyons que le concours de l’un et de l'autre est toujours utile et souvent indispensable. |

Cette manière d'envisager la thérapeutique nous montre sur quelles bases’elle est fondée : ces bases sont la connaissance des lois qui régissent le corps malade, et celle des moyens propres à les modifier j l'observation et l'expérience nous les en-

seignent.

. L’obsérvation , en médecine comme dan toutes les autres sciences , exige dans celui qui veut s’y livrer des sens fidèles, un esprit attentif, calme et exempt de prévention. Il faut des sens fidèles ,

parce que ce sont les sens qui établissent ‘entre

le malade et le médecin les rapports qui conduisent à la connaissance dé la maladie: L'attention toute entière est d’une nécessité iñdispen-

‘sable : celui qui n’ens'est pas le maître est: incaq P

pable de bien observer, et tout ce qui pourrait la

diviser ou laffaiblir, comme la fatigue de l'esprit ou

la préoccupation , rendrait inhabile à l'observation celui-là même qui aurait toutes les qualités d’un bon observateur. Aussi la méditation est-elle nuisible au médecin avant l'heure oùil voit ses malades, et n'était-ce pas sans motif qu’'Aippocrate recommandait de les visiter le matin plutôt que le soir : à

cette heure, disait-il, lè médecin-est plus * apte à

bien observer comme lemalade à bien répondre.

Le calme le plus parfait est également nécessaire à l'observateur ; une passion vive absorbe en quelque sorte toutes les facultés morales, et ne permet pas à l'esprit de se fixer sur d’autres objets. Un tendre attachement , une sollicitude trop vive , rendent * habile à bien observer ét à bien juger des phéno- -mènes que l'on voit : il est de remarque générale qu'un médecin se trompe presque toujours dans le jugement qu'il portegur les maladies dont sont atteintes les personnes auxquelles il est uni par des Liens intimes ; il se trompe davantage encore sur les affections dont il est lui-même le sujet : aussi est-il reconnu en principe que, dans tous ces cas, un médecin sage ne doit jamaiss’en rapporter à lui-même. Il faut encore, pour bien observer, un esprit exempt de prévention : la prévention, comme on l'a dit, est une sorte de prisme qui nous cache une partie des objets , grossit et dénature entièrement l’autre, ‘de manière àen donner une image plus ou moins fausse et toujours trèsimparfaite. Celui qui aborde les malades avec une semblable-disposition , qui ne se contente pas d'appliquer ses sens à l'examen des phénomènes et de recevoir les impréssions qu'ils lui transmettent, mais qui cherche et veut découvrir ce qu'il a imaginé , celui-là est tout-à-fait impropre à observer, et les résultats de son observation ne

sont autre chose que les rêves d’un esprit en |

délire. |

A toutes ces qualités nécessaires à l'observateur , il faut encoré'en joindre une autre plus importante que toutes celles qui viennent d’être énumérées : c'est l'esprit d'observation. Cette qualité, qui suppose

THERAPEUTIQUE. 553 la réunion de toutes les autres , mais qui ne les accompagne pas toujours , consiste à la fois dans une sorte de penchant de l esprit à examiner les objets » et dans la faculté d’en saisir et d’en apprécier avec promptitude les HRpports et les différences. Cest une disposition 1 innée qu'on peut développer en la cultivant, mais qui ne saurait être acquise par ceux qui ne l'ont pas reçue en partage. Un jugement solide est encore indispensable au médecin pour s’élever par dégrés et avec la mesure convenable, de l'observation isolée des faits à ces conclusions géuérales dont l’ensemble constitue la physiologie de l'homme malade.

Si l'étude des lois qui président aux phénomènes des maladies présente des difficultés , Vappréciation des moyens propres à modifier favorablément l'action des organes en offre bien plus encore : c'est sur Pexpérience qu'est appuyée cette partie de

la thérapeutique. L'expérience elle-même repose, d’une part, sur l'observation, et de l'autre, sur les expérimens. « Un experiment ( expérimentum:) » diffère d’une nn observation, en ce que la » connaissance qu'une simple observation nous pro- » cure semble se présenter d'elle-même , au lieu » que celle qu'un expériment nous fournit est le » fruit de quelque tentative que l’on fait dans le » dessein de connaître si une chose est ou n’est » point. Un médecin qui considère tout avec at- » tention, dans Le cours d’une maladie, fait donc » des observations , et celui qui, dans une mala- » die, administre un médicament et cherche à en » apprécier les effets, fait un expériment. Ainsi,

AN PATES ‘THÉRAPEUTIQUE. Ste

» le médecin observateur écoute la nature, celui » qui éxpérimente l'interroge (1). » Toutes les conditions-nécessaires pour observer sont égale-

“ment indispensables: pour bien expérimenter , et.

il faut de-plus connaître l'influence qu’exercent sur: le corps huniain tous les agens qui peuvent avoir: quelqué rapport. avec lui, afin de discerner exactement les effets de tel moyen qu'on emploie de ceux qui sontiproduits par quelque autre Circonstance: : YA à

L'expérience ne doit. pas être confondue avee les expériences ou expérimens ; ceux-ci sont à la première ce qu'une partie des matériayx est à l’édifice. Lorsque de nombreux expérimens ont constaté l'influence de tel ou tel moyen sur la marche de ‘telle ou telle maladie, alors seulement Pex-

périence parle et en fait connaître l'effet. Ainsi,

la puissance du quinquina dans le traitement des fièvres intermittentes, et les bons effets de la diète dans les maladies aiguës ; sont constatés par l'expérience, Cette expérience se transmet d'âge en âge et toute entière par la tradition et par les livres; elle

n'appartient pas à tel ou tel homme, elle ap-

partient à la science elle-même: Dr

est une autre sorte d'expérience quine se transmet. pas de la même manière : cest lexpérience du médecin, qui lui est propre ét qui meurt presqu'entièrement avec, lui ; celle - cr consiste, comme l’a dit Zimmermann (2), dans. l'habileté

(1) Zimwenmanx, de l'Expérience, 1. 1,"p.

(2) dem , ibid., 1.1, p. 82.

ne

à préserver le corps humain des maladies auxquelles ilest exposé, et à Le traiter dans celles dont 1l est

atteint ; elle est pour chaque médecin le résultat de

ses propres observations: Pour acquérir cette expé- rience , il: faut voir beaucoup, et surtout bien

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