‹ Élémens de pathologie générale (volume 2)Chapitre 80 sur 94 · LEA · texte numérisé non relu

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» tude des affections locales une atténtion tellement exclusive D

CTHÉRAPEUTIQNR. BA ne doivent pas être négligées , mais peuvent même passer avant celles qui sont fournies par le genre particulier de la maladie.

P. Le caractère de la maladie est d’un trèsgrand poids dans le traitement. Il est beaucoup d’affections aiguës qui tendent toujours d’ellesmêmes , lorsqu'elles sont légitimes, À une terminaison favorable, qui n’exigent par conséquent aucun traitement actif, à moins qu'elles ne présentent le caractère inflammatoire , bilieux, adynamique , etc. Dans ce cas, les indications principales naissent du caractère de la maladie, et le genre n'en fournit que de secondaires. C’est ce qu on observe dans l’érysipèle et la variole , dans l'éruption morbilleuse, qui revêtent l’un ou l’autre de ces caractères.

C. Le type en donne aussi de très-importantes. L'expérience ayant démontré que toutes les maladies régulièrement périodiques sont susceptibles de céder à un mode particulier de traitement ,il est de la plus haute importance de bien distinguer le type intermittent lorsqu'il existe, et de ne pas négliger l'indication précieuse qu'il fournit. La vie du malade est Œüelquefois ici entre les mains du

» qu'elle fasse perdre de vue la différence d& causes dont elles » peuvent dépendre ; ou, si l’on veut, de leur génie connu ou » caché. L’inconvénient nécessaire d’une manière de voiraussi . » Courte est de faire souvent prendre l'effet pour la cause, et » de faire tomber dans la faute plus grave encore de consi- » dérer comme identiques , et de traiter par les mémes moyens » les maladies dans lesquelles les seules altérations visibles » sont des lésions semblables sous le rapport anatomique. »

7 joie

médecin : s’il néglige l’imdication qui se présente ; à

‘la mort est à-peu-près certaine ; s’il la remplit convenablement , il peut presque toujours rétablir la santé. Les différens types donnent Let aussi à quelques indications secondaires : plus l'intervalle est court, plus àl faut agir fortement : cette néces- sité est bien plus urgente ‘encore lorsque les accès se rapprochent, et que le type tend à devenir continu. Dans quelques maladies irrégulièrement : in= termittentes , on est parvenu , par l’observation attobuye des causes qui réprodidisaient les attaques ; à en régulariser le retour et à combattre avantageusement par les spécifiques des affections contre lesquelles ils auraient été sans effets. Le professeur Dumas a pu, dans un cas de ce genre , guérir un épileptique par l'emploi du quinquima.

D. L'indication fournie par l’état des: forces a

recu de quelques auteurs l’épithète de vitale. Quels |

que soient le genre d’une affection, son espèce et son type, il importe autant et même plus de sou-

tenir la vie du malade, que de combattre la mala- die: aussi est-il indispensable que le médecin ait … toujours devant les yeux et comparé avec attention

la longueur présumée et la violence déla maladie

avec les forces du dde (1). I doit être en garde |

contre la faiblesse, qui peut; ou bien amener la

mort du malade avant lé époque où l'affection se ter-

minerait, ou entraver la série > de phénoménés ou |

(x). Galien Companait l’homme atteint d’une maladie diçe-

lui qui est chargé ‘d'un fardeau; la malidie au fardeau , et

sa durée au trajet que doit parcourirl'hommexqui en est,

chargé. e

THÉRAPEUTIQUE: | 543 d'efforts nécessaires au rétablissement des fonctions: Cette indication est tellement urgente qu'elle doit . passer avant toutes les autres, et fe recourir aux moyens propres à relever les forces, dans les aftections même qui exigeraient des remèdes tout Op- posés, dans la péripneumonie ou dans toute autre phlegmasie, par exemple. | |

L'évaluation des forces , chez l’homme malades forme donc un des points les plus importans de la

| médecine pratique. La plupart des systèmes de thé: rapeutique ont été basés sur la distinction des ma- ladies en sthéniques et asthéniques, actives et passives ; et dans un assez grand nombre de circon-

. Stances en effet, toute la question se réduit à savoir s’il faut traiter une affection par les tonicques ou les débilitans. Il est donc de la plus haute importance . de déterminer. les signes d’ ‘après lesquels on peut

évaluer les forces, surtout dans les maladies aiguës, où tout retard peut être dangereux, et où l'erreur

| aurait des conséquences trè és-graves. * .

On doit reconnaître d’abord que cette évaluation des forces est, dans beaucoup de cas, trèsdifficile et très-incertaine : il suffirait , pour en être convaincu, de jeter un coup-d’œil sur les divisions établies par Brown, et sur celles qui Jui ont été substituées par les auteurs qui ont conservé la même division en partant d’un principe ‘opposé. Les mêmes affections se trouvent alternativement

. rangées parmi celles où les forces sont en excès où en défaut. La même obscurité existe au lit des malades , et il n’est pas sans étémple qu’un médecin conseille le quinquina au même sujet auquel tek

autre prescrirait une saignée. Toutefois il est juste de dire qu'un tel dissentiment est fort rare parmi les hommes versés dans l'observation des maladies, et accoutumés à réunir tout ce qui peut éclairer leur jugement avant de le porter. | £ [1 est beaucoup de médecins qui jugent de l’état des forces uniquement d’après le pouls : est-il plein et résistant, les forces, suivant eux, sont nécessairement en excès. Les partisans de la doctrine de lixritation ont été plus loin encore : la fréquence du pouls qui, dans Les maladies aiguës , augmente avec | la faiblesse, et n’est jamais plus grande que dans l'agonie, est à leurs yeux un signe que les forces . sont en excés , ou, cequi revient au même , une indication pour employer le traitement anti-phlogistique. D'autres ont adopté pour mesure l'énergie des mouvemens, ou la coloration de la face, ou -Vembonpoint du corps ; quelques-uns , la couleur pâleou foncée de l'urine; plusieurs, l'état de la chaleur générale ; d’autres enfin, l’énergie avec laquelle le cœur se contracte. Plusieurs de ces signes sans | doute sont d’une grande importance dans l'évaluafion des forces ; aucun d’eux n'est à négliger; mais nul doute aussi que chacun d'eux ne soit insuffisant quand ilest isolé des autres. S'il fallait des exemples pour le prouver, nous citerions la petitesse du pouls dans quelques inflammations accompagnées d'une douleur vive; le froid général au début des phlesmasies les plus aiguës , la violence des mouvemens convulsifs à la suite d'hémorrhagies abondantes. | Maisilest inutile d’insister sur un point de doctrine sur lequel tous les esprits sages sont d'accord : c'est

Se

| THÉRAPEUTIQUE : L 648 d’après le degré d'énergie de tous les organes que les forces TIR ER être estimées.

Les forces peuvent être altérées de diverses manières chez l’homme malade : elles sont augmentées , diminuées, suspendues, perverties ou opprimées. — Elles peuvent aussi ne présenter aucun dé: rangement sensible, comme on l’observe dans la plupart des maladies bornées à un organe, et qui n’entrainent pas de trouble dans les autres.

L'augmentation des forces est caractérisée par la couleur rouge et vermeille de la peau, par la rou geur et M iraésionce de la face, par la régularité et l’assurance des mouvemens, par la andeus de la respiration, la force du pouls, l'élévation de la chaleur, la fermeté des chairs , une diminution notable dans la quantité des matières excrétées , de l'urine et des matières fécales spécialement, et l'amendement qui survient dans les symptômes après les hémorrhagies spontanées. Les phénomènes qui marquent l'augmentation des forces peuvent offrir, sous le rapport de leur intensité, des nuances très-variées , soit chez les divers sujets, soit chez le même, et dans le cours d’une seule affection : ils sont , en général, beaucoup plus fortement dessinés dans le début de la maladie et dans les paroxysmes, que dans les rémissions et vers le déclin.

La diminution des forces est marquée par la päleur de la peau, l'abattement des traits, la lan sueur dans l'attitude et les mouvemens , les défaillances, la fréquence et la petitesse de la respira-

tion, la faiblesse du pouls, la diminution de la chaleur, la sensibilité au froid, la mollesse des

640 | TRÉRAPEUTIQUE.

chairs, l'abondance et la ténuité des matières ex=

crétées. Si des hémorrhagies ont lieu dans ces cir-

constances, elles rendent les autres signes plus manifestes encore. La diminution des forces se pré-

sente sous des formes variées : dans quelques, maladies aiguës, elle peut devenir considérable en peu de jours ; elle semmontre alors par l’affaissement de la physionomie, par la pâleur de. Ja peau, la difficulté extrême des mouvemens , la diminution de la chaleur, les sueurs froides, les excrétions involontaires, quelquefois les défaillances et les syncopes. Ces signes sont ordinairement plus marqués dans la rémission : ils sont, en quelque sorte, voilés dans les paroxysmes par l'excitation passagère qui les constitue : on observe par conséquent ici le contraire de ce qui arrive dans les maladies où les forces sont en excès, et où le caractère sthénique

de la maladie devient plus tranché dans les redou-

blemens. Il est cependant quelques affections dans lesquelles la faiblesse devient plus prononcée dans les paroxysmes mêmes : c'est te qui a lieu dans quelques variétés des fièvres pernicieuses , dans les fièvres syncopale et algide, par exemple : la diminution des forces, à peine marquée dans l'intermission, est portée au plus haut degré dans l'accès. Dans les maladies chroniques, la faiblesse

\. e . . e 0 ne survient qu'avec lenteur ; les principaux traits qui la caractérisent sont la maigreur de tout le.

corps et de la face en particulier, la difficulté croissante des mouvemens , la fatigue prématurée qui résulte de l’exercice du corps et même de l’occupation de lesprit, la petitesse du pouls, la sensi-

THÉRAPEUTIQUE. 547 bilité au froid extérieur, et quelquefois l’osdématie du tissu cellulaire, et l’exhalation passive de sang par diverses voies : elle n’est presque jamais “portée au point d’ enpétlés les malades dese mou

voir dans leur lit, comme cela à lieu dans beaucoup de maladies aiguës. | >;

L’interruption complète des Hank sabs à la vie, dans la syncope ,; dans la congélation , dans Ébohé5s ; Suppose une sorte d’ abblition passagère ou de suspension des forces.

* La perversion des forces est marquée par un désordre plus ou moins manifeste dans l’ensemble ou la succession des phénomènes que l’on regarde ‘comme propres à en donner la mesuré : c’est ‘tamtôt l'existence simultanée de’symptômes ! qui généralement ne se montrent pas -ensemble,, tantôt une succession rapide de phénomènes opposés les uns aux autres ; tantôt enfin un trouble sympathique dans les fonctions du cerveau, et particulièrement dans l'intelligence , les sensations , l'expression du visage, les gestes et les mouvemens. Du reste, la perversion des forces peut exister avec leur sugmentaion et leur diminution, comme elle peut n'être Joimte ni à l une nià l’autre. De À la difficulté extrême de saisir les indications dans ces cas épineux, et la dissidence des auteurs et des praticiens sur ce point important de la thérapeutique.

L'oppression des forces est cet état dans lequel il n'y a qu'une apparence de faiblesse avec laquelle il serait bien dangereux de la confondre : l'erreur est d'autant plus facile, que l'oppression des forces

PUR Ut THÉRAPEUTIQUE:

se montre sous des traits à-peu-près semblables à ceux qui caractérisent leur diminution , tels que l'abattement de la physionomie, la couleur pâle ou livide du visage , la difficulté des mouvemens » l’engourdissement des sens et des facultés intellectuelles , la petitesse, quelquefois même l'inégalité du pouls, le froid des extrémités , etc. Il faut alors, pour apprécier le véritable degré des forces, remonter aux cifconstances qui ont précédé. La fai blesse réelle est presque toujours due À des causes manifestes ; elle existe chez des sujets naturellement débiles ; ou débilités par des fatigues exCessives du corps ou de l'esprit, par des chagrins prolongés ; par la privation d’alimens , ou par lusage d’alimens peu nutritifs , par des veilles , par l'abus

des jouissances. L’oppression des forces , au con.

traire , a lieu particulièrement chez des sujets bien constitués, dans la force de l’âge, adonnés à la bonne chère et à l’oisiveté : elle a lieu subitement, dès l'invasion, où du moins dans la pre-

mière période des maladies ; tandis que la véri-

table faiblesse ne se montre, en général, que d’une manière progressive , et communément à

une époque plus avancée. Dans ces cas épineux |

où rien de ce qui peut éclairer ne doit être né-

gligé, la couleur, la consistance du sang fourni

par une hémorrhagie , par la saignée ou par l'application de sangsues ou de ventouses , l'aspect particulier des plaies des vésicatoires et les qualités du pus qu'ils exhalent ; méritent aussi l'attention du médecin. Un autre moyen très-propre à éclairer sur l'état des:forces est l'observation des change-

mens survenus dans l'intensité de la maladie , soit -par l'effet des premiers remèdes, soit par quelques autres circonstances. Si les moyens débilitans , et particulièrement la saiïgnée , ont produit du soulagement ; si des hémorrhagies ou des évacuations alvines spontanées ont paru diminuer la faiblesse ; nul doute qu'il n’y ait oppression des forces. Si, au contraire ; les évacuations spontanées où provoquées sont nuisibles; si le vin et les cordiaux

ont modéré l'intensité du mal, la diminution des: ?

forces n’est pas seulement apparente ; on doit la regarder comme réelle, et agir en conséquence. À tous ces signes il convient d'en joindre encore un autre Ce M. Laennec attache la plus grande importance : c’est le degré de force avec ue le cœur se contracte. Suivant ce médecin , «toutes » les fois que les contractions du ventricule, explo- » rées par l’auscultation , ont de l'énergie, on peut » saigner sans crainte ; le pouls se relèveraÿ mais

-» si les contractions du Cœur sont faibles ;:le pouls

» eût-1il encore de la force, il faut se défier dela

» saignée. » Nous pensons que, dans les ças obscurs, on ne devra pas négliger d'interroger ce phénomène, en observantioutefois que l'expérience n’en à pas encore a$sez bien fixé la valeur. pour qu’il soit possible de déterminer le rang qu ‘il doit occuper parmi les autres signes propres à éclairer le médecin.

Telles: sont les principales circonstances à l aide desquelles on peut apprécier l’état des forces chez Thomme malade; elles ne sauraient sufire pour résoudre toutes Les questions auxquelles peut don-

ner lieu cé point de médecine pratique; maïs elles peuvent fixer l'opinion des médecins dans la plupart des cas ordinaires , qui sont aussi ceux dont la connaissance est le plus utile. Nous ferons remarquer , en, terminant cet article, que l'appréciation des forces est quelquefois si difficile, que le médecin le plus expérimenté est contraint de suspendre son jugement , pour ne pas agir au hasard.

Æ. V'intensité de la maladie est aussi la source d'indications utiles. Ce n’est pas que la même affection puisse exiger des moyens opposés selon qu’elle est grave ou légère ; mais 1] y à une si grande différence: entre les indications dans l’un et dans l'äutre.cas, que l'intensité d’une maladie est une. des principales circonstances qui en modifient le tratement.: |

F. Les diverses périodes fournissent ‘encore des

indications variées. On ne. traite pas une fièvre pu- :

tride dans:sa troisième comme dans sa première période ,.et-les moyens:qui conviennent au début d'une inflammation grave ne peuvent pas être égalementremployés dans le second ou le troisième septénaire. Cette règle est applicable à presque toutes les maladies, quels que soient leur genre ; leur marche et la cause qui les ait produites. Si des moyens débilitans sont mdiqués, si des évacuations sont nécessaires; c'est au début et dans la première période qu'il faut y recourir : on doit. ensuiie en user d'autant plus sobrement qu’on s'éloigne de cette époque, après laquelle toutefois ils ne sont pas proscrits.! Dans la dernière période des maladies aiguës etmême chroniques, on doit surveiller

attentivement.les phénomènes qui surviennent, ct lorsqu'on a reconnu la tendance de la nature, la favoriser s’il est nécessaire, ou se borner à éloigner ce qui pourrait la troubler lorsqu'elle se. suffit à ellemême. of & oi »t 1681 à G. Les symptômes en particulier donnent lieu à des indications qui ne doivent pas être négligées. Les symptômes ne sont, ilest vrai, que, l'effet de la maladie, et ils cèdent le plus souvent. au traitement qu’elle réclame ; mais dans certains cas, quelques-uns d’eux deviennent assez graves.pour ajouter beaucoup au danger de laffectron primitive, ou pour donner naissance à une. affection nouvelle. C'est ainsi que, dans le typhus, xk.peut survenir une hémorrhagie nasale assez abondante pour compromettre immédiatement l'existence: du malade et appeler momentanément toute l'attention du ne decin. C’est donc avec raison-qu'on regarde comme une grande partie du traitément lé: soin de com- -battre les symptômes prédominans ; ax ec la précaution toutefois de ne. pas considérer! un phénomène plus que la maladie, et de né pas négliger l’objet principal pour une circonstance secondaire (x).

… Les indications fourniés par les sympiômes;sont, | dans quelques éas ; d’uné! plus grande importance encoré pour le-médecin.: cest lorsque.le: diagnostic est obscur : le genre dela maladie n'étant pas connu ,}ce sont. les symptômes, qui. dirigent principalement le médecin. «I nesagit point ici (2) de

(e) Frank, Epitome , tome 1." 19 ei (2) These deja euée de M, Bayle.

» cette médecine symptomatique erronée qui ; » sans règle et sans lumières, combat les sym- » ptômes indifférens, mais de cette médecine sym- » ptomatique éclairée et ferme dans sa marche, » qui tantôt remédie à des symptômes alarmans , » ét tantôt traite la maladie d’après l’ensemble des » symptômes qui la rapprochent le plus de telle ÿ ou telle affection, jusqu'à ce qu’elle se dessine » d’une manière plus prononcée. »

H: Les indications fournies par le siége des maladies méritent aussi une attention spéciale : celles qui occupent les membres inférieurs réclament en général le séjour continuel au lit, où du moins la situation horizontale ; celles du ventre exigent plus de sévérité dans le régime ; dans celles de la poitrine, le silencé est souvent nécessaire, comme le repos de l'esprit dans celles de la tête. La même maladie pouvant occuper diverses régions, fournit quelquefois ces indications variées.

TI. I en est aussi qui ont leur source dans les complications. Tantôt alors on néglige momentanément une des maladies pour ne s'occuper que de l’autre; mais plus tard on revient à celle-là ; tan tôt, et ce cas est le plus fréquent, on dirige le traitement à raison des indications simultanées que fournissent les maladies coexistantes : ainsi dans la complication de pneumonie et de péritonite, de rhumatisme articulaire et de syphilis, on peutsatisfaire à la fois aux indications que présente chacune de ces affections. SE TS EE

J. Les causes qui ont produit*ou préparé le dé veloppement des maladies sont encore d’une grande

THÉRAPEUTIQUE « 553 importance relativement à la HHéFapeutque s:etile médecin devrait chercher toujours à les connaître, lors même qu elles ne seraient pas utiles, au diagnostic. Les causes spécifiques fournissent des indications très-rationnelles. Un homme est-il frappé d’asphyxie dans une atmosphère chargée de vapeurs nuisibles, la première indication est de l’en retirer. Un corps étranger est-il resté dans une plaie, il faut l'en extraire. Un poison a-t-il été porté dans l'estomac il faut, sil s’y trouve encore, provoquer le vomissement, ou affaiblir son action par une grande quantité de liquide. Un venin ou un virus est-il déposé sur quelque partie , 1l faut détruire par un agent chimique l’agent morbifique et la partie qui l’a recu. Dans tous ces cas, en enlevant la cause on peut espérer de détruire la maladie, sublaté causé , tollitur effectus. Dans les maladies produites par l’imagination , c’est spécia- . lement sur le moral du malade qu’il faut agir. Une jeune fille ayant eu des convulsions en présence d’un grand nombre d’enfans nourris comme elle dans lhôpital des pauvres de Harlem, plusieurs furent atteints de convulsions semblables ; la plupart de ceux qui furent témoins de ces accidens ne . tardèrent point à en être affectés : les convulsions des uns semblaient rappeler celles des autres. Des remèdes sans nombre avaient été employés sans succès. Boerhaave est appelé : il ordonne que lon apporte au milieu de la salle des fourneaux remplis de charbons ardens, et qu’on y fasse rougir des crochets de fer afin de percer le bras du premier qui aura des convulsions : elles ne reparurent plus.

Les causes prédisposantes générales ; telles que le climat, la saison, les conditions de l'air, etc. ; donnent lieu à quelques indications , la plupart peu importantes” Il en est autrement des causes: prédisposantes individuelles , qui en fournissent de très-précieuses. |

Le tempérament, la constitution et le régime habituel des malades sont la source d'indications évidentes, aussi-bien que l'âge et le sexe. :

Les maladies des enfans fournissent des indica=. tions moins nombreuses, réclament des’ moyens plus simples et moins multipliés que celles des adultes. Dans celles des vieillards , qui prennent promptement le caractère adynamique, on doit être très-réservé sur l'emploi des moyens débilitans, et recourir promptement aux toniques. : EE a

Le sexe présente aussi quelques indications relatives à l’état de grossesse, à l'époque menstruelle, qui obligent souvent de différer l'emploi des re. mèdes énergiques ou de leur en substituer d’autres | qui le soient moins. La profession, l'habitation en, donnent aussi quelques-unes. Telle maladie ne cessera qu'autant que l'individu qui en est atteint quittera la profession qu'il exerce ou le lieu qu'il habite (r), parce que ces circonstances l'ont pro duite et l’entretiennent. DT |‘

Lorsqu'une maladie a été précédée d’évacuations considérables, de fatigues excessives, de veilles -prolongées , de chagrins profonds, de contention

* (1) Voyez l'article des Professions considérées conime causes,

pag. 76.

THÉRAPEUTIQUE. 555 très-forté de l'esprit, elle est communément accompagnée d’une faiblesse qui oblige de recourir plus promptement aux moyens propres à soutenir les forces. On a observé que les habitans des campagnes, qui ont des travaux pénibles , supportaient moins bien les évacuations artificielles que les habitans des villes, qui mènent une vie plus tranquille , et font d’ailleurs usage FRPREne plus nutritifs (1).

Quant aux causes occasionelles, la plupart ne fournissent aucune indication pratique : néanmoins; si la suppression d’une évacuation habituelle à précédé immédiatement la maladie, il faut, comme dans lé cas où elle la précède de plus loin, la remplacer par une autre. Si la cicatrisation d’un ulcere, d'un fonticule, si la suppression d’une affection rhumatismale paraissent avoir provoqué la maladie, il faut couvrir la surface précédemment affectée d’un oprque rubéfiant ou d’un vésicant. On cherche de même à-rappeler. une dartre , un érysipèle, ou tout autre exanthème sur lasurface qu’il occupait, en y plaçant un vésicatoire. Si la répercussion de l'exanthème ortié avait précédé le développement delamaladie , Pindication la plus rationnelle serait lurtication ch la partie des tégumens qui en était le siège, Quant à la suppression de la sueur, elle ne fournit le plus souvent aucune indication:, si ce n’est pendant ;le, prodrome de la maladie : car une fois qu'elle est développée , les sueursseraient souvent

(1) Ramazzinr, des Maladies des Artisans, traduction de Fourcnoy, pag. 451:

insuffisantes pour la suspendre, et pourraient Vaggraver beaucoup. si

K. Il est quelques circonstances commémoratives qui n appartiennent pas aux causes prédisposantes et qui fournissent aussi des indications particu— lières : telles sont certaines habitudes contractées 19neTtPrabA avant la maladie , et qui n’ont pas concouru -à son développement. Les individus qui mangent beaucoup, qui boivent chaque Jour une Rp quantité de vin et de liqueur spifitaeuse ne peuvent ps être soumis à une diète aussi sévère que ceux qui vivent sobrement. Nous avons vu entrer à l'hôpital de la Charité, au septième jour d'une Péripienhonie un homme très -robuste , adonné à l’usage des boissons fermentées ; il'avait pris chaque jour jusque là une pinte et demie dé vin ; Ja maladie se jugea heureusement. Un homme de Irene tes ans , qui mangeait par jour trois livres de pain et autant de agé , et qui buvait. quinze bouteilles de vin et quatre d’eau-de-vie, contracta la maladie vénérienne. M. Cullerier , consulté par ce malade, lui permit de: prendre chaque jour pendant la période inflammatoire, une livre et demie de pain, autant de viande ,: trois bouteilles de vin’et une d’eau-de-vie ( 1): Cette méthode s'éloigne sans doute de celle qu'on Suit communément; mais si l’on réfléchit que lesi ivrognes succombent presque sans exception aux rha- Jadies aigués dont ils sont atteints, on sera au moins

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