DU SIÈGE
simultané ; la respiration y participe plus ou moins, ainsi que les organes de la locomotion et de la voix. Or, dans ce désordre général, quel est V^rgane spécialement affecté? Veut-ou résoudre cette question , en consultant ce qu'on nomme les grandes autorités? Les opinions des auteurs sur le siège des fièvres sont tellement contradictoires, qu'elles fournissent déjà une forte prévention contre chacune d'elles en particulier : en voyant le siège des mêmes affections transporté tour -à -tour dans le coeur et les organes de la circulation , dans l'estomac, le mésentère et les intestins, dans les nerfs ou le sang , la bile ou la pituite , etc. , on est nécessairement en garde contre chacune de ces assertions hypothétiques. Veut-on recourir à l'ouverture des cadavres ? Tantôt elle lie montre de lésion dans aucun organe, tantôt elle montre à la fois des désordres dans toutes les cavités splanchniqucs, des ulcères dans les intestins, de la rougeur dans la membrane des bronches et dans le tissu des poumons , de la sérosité dans les A^entricules du cerveau, une altération dans la couleur et dans la consistance de la rate et des muscles , sans parler de la gangrène des tégumens dans un ou dans plusieurs points : aussi, malgré l'assurance avec laquelle on a avancé dans ces derniers temps que toutes les fièvres étaient des inflammations de l'estomac et des intestins, les hommes sages sont-ils encore obligés de ranger ces affections parmi celles dont le siège reste inconnu.
DES MALADIES. .^'j
ARTICLE II
Des M cil ad les commiuies à tous les tUsus ou propres à quelques-uns. — De celles qui sout fixes ou mobiles. — De V influence de certaines circonstances sur le sicL^e des maladies.
§ P^ Parmi les maladies, il en est qael([uesluies qui j^euvent occujier tous les tissus de l'économie : telles sont l'inilammatiou, le cancer, le scorbut, la syj)hiris, qui les a(ïectcnt tous , si l'on excepte rcpiderme et ses productions ; d'autres ne se montrent que dans un petit nombre de tissus. L'hydropisie , par exeuiplc , se forme particulièrement dans les membranes qui tapissent Tinterieur des cavite's et dans le tissu cellulaire ; les hemorrhagies spontanées n'ont j)res(jue jamais lieu que par les membranes muqueuses. Toutefois les liémorrliagies ])cuvent avoir lieu dans dJautrcs organes , et riiydroplsie peut se former au moyen de kystes accidentels dans des parties qui en sont à fabri par leur structure.
§ H. Le siège des maladies est ordinairement le même pendant toute leur durée. Dans une plaie, dans inie fracture, les mém.es parties sont toujours alfectées, et le sont ordinairement seules , bien (jue dans une étendue variable; dans le cancer , la maladie est suscej)tlble de s'étendre dans des parties \oisines ou éloignées, et ne cesse jamais dans l'endroit où elle s'est montrée d'abord.
Il est un certain nombni d'aii'ections dans Ics^-