‹ Élémens de pathologie générale (volume 3)Chapitre 12 sur 62 · DU SIÈGE · texte numérisé non relu

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quelles les phénomènes morbides se portent snccess^ivement d'mi lieu à un autre. Il n'est pas rare de suivre cette marche dans certaines maladies des TÎscères et de leurs membranes : rinflaramation , par exemple, peut occuper successivement divers points des membranes muqueuses , et quelquefois même les parcourir toutes. Dans les afTections cutanées, cette mobilité est plus évidente encore. Ainsi, dans Térysipèle, la maladie cesse dans l'endroit qu'elle avait primitivement occupé , elle se propage peu à peu vers les parties voisines , et s'étend ainsi par degrés fort loin du lieu oti elle avait commencé. On observe quelquefois la même chose dans certains ulcères scrpigineux ^ qui se cicatrisent d'un côté et font de l'autre des progrès vers les parties voisines.

ïl est enfin des maladies qui, au lieu de s'étendre progressivement d'un lieu vers un autre, se transportent tout-à-coup de l'endroit oii elles se sont montrées dans un autre qui est fort éloigné. L'érysipèle présente quelquefois cette mobilité : on le nomme alors érjsipèle ambulant . L'urticaire est dans le même cas : elle disparaît subitement dans îe lieu qu'elle occupe, et se reproduit dans un autre; c'est par ce motif que quelques auteurs lui ont donné i'épithète de saltans. Celte mobilité est également propre aux affections rhumatismales; elle en forme un des caractères les plus essentiels : c'est, en effet ^ surtout dans cet ordre de maladies qu'on voit les phénomènes morbides se porter rapidement d'un lieu dans un autre, et occuper alternativement un plus ou moins grand nombre de parties. Quelques

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afTeclions nerveuses sont aussi très-mobiles; mais, en gênerai , elles le sont moins que le rlm-aiatisme. Les hémorrliagies changent quelquefois de siège. On a vu, a chaque époque menstruelle , pendant la suppression des règles , le sang tantôt s'écouler par le nez, les yeux, le conduit auditif ou la bouche^ tantôt être rejeté par le vomissement ,. ou excrète par le rectum ou la vessie; on l'a vu même suinter par d'anciennes cicatrices, par Tombilic, par les extrémités des doigts, et quelquefois, chez la même femme, l'iiémorrhagie avoir ?ieu successivement par ces diverses parties.

§ 111. On a remarqué depuis fort long-temps que les 'dç^es iniluent d'une manière bien ])»ononcéesur le siège dc5 maladies. Dans l'enfance, la plupart des alléctions occupent la tète : c'est a cette époque qu'on observe l'hydrocéphale, les croûtes de diverses espèces, la teigne , les feux volages , les gerçures et les excoriations des lèvres, du nez et des oreilles, les a})hl]ies, l'épistaxis : le délire accompagne les aifections les pins légèi^s; les glandes sous-maxillaiiTS sont souvent engorgées , et le larynx est le siège de quelques alfections très-graves; le croup se manifeste rarement à une autre période delà vie. — A Tépoque de la puberté, c'est la ])0ilnne qui devient le siège de presque toutes les maladies; c'est à cet âge que se moîitrent les inilammations de la pièvrc et du poumon, l'hémoptysie; c'est souvent alors que se développent les premiers signes des mahidies du cœur, et la ])hllilsle puhnonalre est teilemcnl commune (pi'on croit vulgairement qu'elle n'attaque jamais avant h\

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quinzicme année et après la trentième. — Autant les maladies du thorax sont fréquentes dans la jeunesse , autant celles du ventre le sont dans l'àgc miir; c'est alors que se développent la plupart des affections organiques des viscères abdominaux ; celles de l'estomac, des intestins, de l'ovaire, des testicules, du foie , de la vessie et de l'utérus, ne se montrent presque jamais avant cette époque , et commencent rarement après qu elle est passée. A l'hémoptysie des adultes , qui avait remplacé l'épistaxis des enfans , succède le flux hémorrhoïdal , aussi fréquent dans cette période que les deux autres hémorrhagies dans les âges précédens. — Enfin , chez le vieillard , en même temps que le ventre continue a être le siège de diverses affections , et que celles des voies urinaires en particulier deviennent de plus en plus fréquentes , c'est de nouveau vers la tète que se portent la plupart des maladies : la démence, la paralysie, les épanchemens de sérosité , ou de sang dans le cerveau , le ramollissement de sa substance^ la surdité, la cataracte, sont des affections aussi communes dans la vieillesse que rares dans les autres âges.

Cette observation sm^ la fréquence des maladies de la tète , de la poitrine et du ventre à certaines é{X)ques, bien que généralement vraie, offre des exceptions nombreuses. Sans parler des maladies produites par des causes mécaniques, et dont le siège est déterminé par des circonstances placées hors de l'individu^ on voit souvent les enfans être atteints de catarrhe pulmonaire , de péripneumouicj l'engorgement scrophuleux des glandes mé-

senteriqucs n'a presque jamais lien que dans Tcnfance, et les vers intestinaux se montrent le plus souvent à cet âge; la manie, qui paraît avoir son siège dans le cerveau, est plus fréquente dans la jemicsse et lage mûr, et l'inllammation des méninges se montre à-peu-près indistinctement dans toutes les périodes de la vie ; mais ces exceptions, quoique nombreuses, ne le sont pas assez pour détruire la règle générale.

On a avancé que les saisons avaient, sur le sieste des maladies , la même iniluence que les Ages, que pendant riiiver on voyait dominer les maladies de la tête, que celles de la poitrine régnaient au printemps, et celles du bas - ventre en été et en automne. Cette assertion n'est pas d'une apj)licatioii aussi générale que la précédente ; toutefois elle n'est pas dénuée de fondement, surtout lorsc[u'on Tap- ]^liquc exclusivement ;m\ maladies aiguiis.

Tels sont les ])rincipau\ points de vue sous lesquels peut être considéré le siège des maladies.

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