CHAPITRE V
De VEtiologie (i), ou des Causes des
Maladies,
Lj'étiologie a pour objet la connaissance des causes morhifiqucs . On comprend sous ce nom tout ce qui produit ou concourt a produire les maladies.
Les causes des maladies existent j)artout, autour de nous et en nous. Les choses les plus nécessaires à notre existence, comme Tair cttic nous respirons, lesalimens et les boissons qui reparent nos [jertes journalières, les produits de l'industrie humaine destines à rendre la vie plus commode et j)lus douce , deviennent quelquefois les agensdes mnux qui nous frappent. Les diilerens organes dont rensem]:>le constitue Teconomie , et qui sont destines à la conservation du tout dont ils font partie^ peuvent dans quelques circonstances en déranger l'harmonie. Des sensations vives , la forte contention de l'esprit , des passions violentes ou profondes, ont souvent produit cet effet ; les muscles qui servent à nous transporter d'un lieu dans un autre ont quelquefois causé le déplacement des os , ou même leur fracture ; et les évacuations naturelles, au lieu de maintenir l'équilibre des fonctions, en troublent souvent la régularité. Les phénomènes de l'accrois-
(r) A»tTta; cause. j À070:, discours.
DE l'ÉTIULOGIE. 4>
sèment et Tacle de la reproduction peuvent uussi devenir des causes de maladie.
Quand on voit ainsi , dans Téconomie et hors d'clU, les clioscs les j)lus indisjiensablcs à la vie de riiomme et à la conservation de son espèce devenir, dans quclfjues circonstances , les causes des maladies qui ralllic;ent, on est tenté d'admettre, avec Testa , qu'il n'y a, à ]iroprement parler, aucune cause morbifique, rien de nuisible par soimême : (i Nihil propric morbificum , nlhil noxiwn » naiuvd sud. » Mais celte assertion , bien que fondée relativement à la plupart des causes qui troublent la santé, ccssed'èire juste lorsque, passant en revue toutes les causes des maladies , on' arrive aux principes contagieux qui sont certainement en eux-mêmes et indcpc ndaniment de toute espèce d'abus qu'où pourrait (n Taire, des agcns morbifiqucs.
Les causes des maladies étant extrêmement nombreuses et varices, on a senti de tous tcmj>s la nécessité de les diviser : on les a distinguées en externes et en internes, en principales et en accessoires ^ en prochaines et en éloignées , en prédisposantes et en occasionelles , en positives et en néf^atives , en physiques , chimiques i^iphjsio/ogiques ; on a admis aussi des causes occultes. On a nommé causes externes celles qui sont placées hors de l'individu; internes, celles qui existent en lui; principales y celles qui ont la plus grande part dans le déveloj)pemcnt des maladies; accessoires , celles qui n'ont que peu d'inlluencc d;ins h'ur production; r/n/g nées y celles qui préparent ou déterminent l'allé-
44 ï'^' I 'l-TJOLCGIE.
ration intime qui forme l'essence ou la cause prochaine de la maladie; prédisposantes ^ celles qui modifient peu à peu Tcconomie et la disposent à telle ou telle affection; occasionellcs y celles qui en provoquent le développement. On a nommé causes physiques et chimiques celles qui agissent en vertu des lois de la physique et de la chimie ; physiologiques , celles qui supposent le concours d'une réaction vitale dans Torgane qui les reçoit; négatives ^ celles qui consistent dans la soustraction des choses \\écQ.ss'd\vQS y positives y celles qui ont une part active à la production des maladies. Enfin , comme il est un certain nombre de maladies qui surviennent sans cause appréciable , on a été forcé d'admettre des causes cachées ou occultes , terme sous lequel plusieurs auteurs ont désigné certaines qualités inappréciables de Tatmosphère , aux([uellcs serait dû le développement des c|)idémies. Toutes ces divisions présentent des inconvénicns assez graves. La cause prochaine n'est autre chose que l'essence même de la maladie , et par conséquent ne peut pas êtie comptée parmi les causes qui la produisent. Sous le titre de causes occasionelles , on a compris des choses tout- à -fait différentes : l'impression du froid , par exemple, fjui tantôt provoque le développement d'une pneumonie, tantôt détermine une anasarque, et le plus souvent ne produit aucune affection , est placée a côté de l'instrument vulncrant^ du virus syphilitique , des poisons , qui produisent , dans tous les cas , un même effet sur l'économie. Il n'est j^as nécessaire d^insister sur les défauts de toutes ces divi-
DR L KTIOLOGIE. 45
sious ; aucune d'elles n'a Tavanlage de réunir les causes qui agissent d'une manière analogue, et c'est cependant cette circonstance qui semble devoir servir de base à la division la plus naturelle des causes morbifjques.
Parmi les causes des maladies, les unes agissent d'une manière évidente, et produisent constammenl \v même eflet : nous les nommons causes d<'terniiriaiitcs ou spécifîijiios . Les autres, ilonl l'action est souvent incertaine, toujours obscure, peuvent être subdivisées en deux séries. Dans la ])remiére , nous plaçons tout ce (jui imprime 2:radiu'l!em(Mit à réconomic des modifications parlii iilicres , tout ce (|ui la prépari! à telle ou telle alFection : ce sont les causes pri'disjyosfinfrs:. Dans la seconde série, nous rangeons cell<\s dont lac lion liistantanée ne faitcpie provoquer le dévelnj)pement d'une maladie à laquelle le sujet était piéillsposé : nous conservons à ces dernières le nom de causes occasioncUcs ou excitantes. Ainsi nous adm(;ttons trois genres de causes, savoir : dts causes spécifiques, des causes prédisposantes, et des cailles occasionelles.
Nous ferons d'abord rénumération des causes comprises dans chacun de ces trois genres, et nous |>ré8cnlerons ensuite cpielques considérations giMu?rales sur leur manière d'agir dans la production des maladies.
4^ DE l'étioi.cx;ie.
AliTICLK PilEMIEK.
Des Causes spécifiques ou déterminantes ,
Parmi les causes spécifiques des maladies , il en est quelques-unes qui ne peuvent pas être confondues avec les autres : ce sont celles ({ui donnent lieuauxmaladies contagieuses : elles neileveloj)pont pas seulement une série delcrmlnce de phénomènes morbides , elles se reproduisent en outre dans le corps qu'elles alFeetent ^ de manière à pouvoir être transmises aux individus sains (pii ont quelque rapport avec les malades. iSous traiterons des unes et des autres dans deux paragraphes distincts.
§1". Les causes spécifiques ordinaires ou non contagieuses peuvent être rè|)andues dans l'atmosphère, mises en contact avec notre corps , ou introduites dans nos organes; elles |K'uvent exister en nous et dépendre du trouble des évacuations, des mouvemens ou des perceptions : nous les indiquerons selon cet ordre, r|ui est le |)Ius généralement suivi , soit dans Texposition de l'hygiène, soit dans celle de la thérapeutique et de plusieurs autres branches de la pathologie.
A. Circumjusa{i), ïl est certaines circonstances
(i) Les agens Jiiorbifiques répandus dans l'.Ttmosplièrc n'agissenl que par leur introduction dans nos organes , el sous ce rapport , on devrait peul-éîre les placer parmi les ingesta ; mais nous n'avons pas cru devoir nous éloigner de l'ordre geiidralemeni adopte.
M£ L'hTiOl.OGIE. /y
tlans les^^iielles des gaz impropres à la respiration sont portes tiaiis les voies aériennes; le gaz azote, le gaz oxyde d'azote et Tliydrogène ont été respirJs l)ar des chimistes c[ni ont voulu connaître leurclïet sur l'économie animale. Ces gaz ont produit une asphyvic lente, bien dilleVente de celle que déterminent les gaz délétères. Ceux-ci se trouvent quclcjuefois accumulés accidentellement dans certains lieux où Tair extérieur ne pénètre que diiiicilenicnt. Les gaz oxyde de carbone et Iiydrogéiie carboné , qui se dégagent dans la combustion du charbon et de li l.raisc, peuvent être mêlés en assez grande proportion à Tair pour asphyxier les pci-sonnes qui le respirent. Le gaz acide carbuinque, accumulé dans la partie la plus déclive de qucl(|ucs souterrains (dans la Grotte du Chien , par exemple) , y forme une couche de plusieurs pieds de hauteur ; riiommc (pii y pénétre se trouve élevé au-dessus du gaz délétère, mais un enfant serait asphyxié comme le sont les aniuuiux qu'on y intioduit dans ce l^ul.
L'air atmoiiphériquc chargé de vaj)eurs animales devient pernicieux pour ceux (p,i le rcspi'renf . 0„ a vu des prisonniers, entassés dans un cachot étroit et fermé, succomber presque tous dans l'espace <lnneuuit. Les vapeurs fournies par des hommes nialades trop rapprochés les uns des autres deviennent aussi la aiu.sedéterminanf( ri une maladie connue sous les noms de typhus, rie fièvre des In^pitaux ou des prisons. Les matières animales putréfiées donnent également naissance à des gaz (pji ne peuvent être respires impunément. Des iièvres pu-
48 HE i/kTIDLOGIE.
tr'uUs et malignes ont plusieurs fois véixné a une manière éi)lclénilc|ue pendant lexhumation des cadavres : la ville de Dijon en a offert, en 1775 , un funeste exemple. Scjiac avait précédemment observe une épidémie de (lèvre granj^réneuse, produite par Tinlection de Tair à la suite d'une épizootie, dans laquelle les cadavres d'un grand nombre d'animaux restés sans séjnilture avaient inrecté l'atmosphère. 11 se dégage aussi des matières animales , et particulièrement des texcrémens en putréfaction , des gaz (jui produisent subitement ras|)ljyxic; cet accident , auquel sont ex|)osés les ouvriers employés au travail des fosses d'aisances, est dû i\ un gaz longtemps désigné sous le nom de ploml? , et qui paraît èlre le ])lus souvent un liydro-sulfure d'ammoniaque.
Les émanations végétales sont f[UeI(piefois des causes spécifiques de maladies. Un air ( liargé du principe odorant de la jacinthe , du lis, de l'oranger, du narcisse, produit la céj)lialalgi(.' , les nausées , les vertiges, et quelcpiefois même les syncopes , surtout dans des appartemens étroits et chauds- Les matières végétales en putiéfaction fournissent rarement des gaz propres à déterminer l'asphyxie; les miasmes qu'elles répandent paraissent être la principale cause des fièvres intermittentes. L'action de ces miasmes, dans la jjroduction des fièvres d'accès , n'est pas, il est vrai, aussi bien constatée c[ue celle de la ])lupart des autres causes spécifiques dont il vient d^ètrc question ; il est néanmoins de toute probabilité que c'est à cette cause qu'il faut attribuer les fièvres ])criodiques qu'on observe dans
les endroits iiiaiéc;i-eux. En cllet , si l'on considère c]ue ces fièvres régnent endciniquement dans le voisinage de tous les marais, ([irellcs paraissent surtout vers la lin de Tètè , à rcpociue oii la baisse des eaux met à découvert la vase formée principalement par les débris des plantes ; si Ton se rappelle (ju'ellcs ont constamment di.^j)aru après le dessèchement ik'^ marais, cprelles se sont montrées momentanémenl (l.ni> la plupart des lieux où il s^est forme des étangs accidentels ; si Ton fait attention que ces fièvres , (k s-jre(pientes et tiès-gravcs
dans les lieux les plus voisiiîs des eaux stagnantes, deviennent |)ronressivemcnt plus rares et jdus Ictères à mesure qu'on s'en éloigne davantage; s. l'on a égard
enfin à l'iniluence qu'exerce sm In II ,i,N(.loppement, danstclou tel lieu , ladiredim, d. ^ ^( nts(i)^ iiscra
diilicilede ne point a.liN,((,r, an moins comme trèsprobables, fevistenee de ((-s nnasmes et leur jji-
lluence spécifique dans le des (l.»ppement des fièvres. Les vapeui-i nHt.dl, (pics répandues dans lair de-
viennent, dans (pn Icpies cas, des causes spécifiques de maladies. On j)ense général, i.m ut que la eolnpie des ouvriers (|iii li .naiil.nt Ir pin,,,!, ,,,1 l,- ( iiinto,
cl (\UV \r tlriuMenn ni <le ceUX (pu emploient lé
mercurepeuv.nl ehedusà ces métaux volatilisés dans l'air fju lU rc.spncnf.
La température tres-eliaude ou très-froide de l'atmosphère est aussi la cause déterminante d. pj,,- Mcursalfections : lesexemples d'asphyxie par le froid sont assez communs, et la congélation de quelque
(0 Cousuhcz jLinasi , Svnac j Aliùcrt.
5o t)E L*ÉTI0L0GIE.
])artle est plus fréquente encore. Quanta Taspliyxie produite par la chaleur atmosphérique, elle est plus rare : M. le professeur Portai parait l'avoir quelquefois observée (i).
Une lumière très-vive qui frappe subitement la vue, un bruit très-violent^ peuvent produire la cécité ou la surdité.
L'électricité répandue dans l'atmosphère , ou ac-
ulce par nos aj^pareils , a produit chez quelques
ujets la mort subite , et chez d'autres un tremble-
ent incurable, .1 i^. On trouve, parmi les npjflicata, un grand nombre de causes spécifiques. Les corps contondans, i(/s instrumcns j)iquans ou tranchans produisent im* niédiatement , sur l'économie, des efléts connus. Il enestde même des liens fortement serrés , qui , dans tous les cas, gênent la circulation , peuvent pénétrer dans les parties lorsqu'ils sont étroits, et ])roduirc rasj)hyxie quand ils sont placés sur le trajet du conduit aérien. L'immersion dans un liquide détermine, en mettant obstacle à l'entrée de l'air, un effet sembhible. Les caustiques , tels que les acides, les alcalis concentrés et certains sels métalliques, mis en contact avec nos parties, y détruisent complètement la vie dans une étendue variable; quelques-unes de ces substances , (jpmme le sublimé corrosif, les préparations arsenicales , peuvent être absorbées h la surface du corps , portées dans les parties intérieures , et y produire les phénomènes de l'empoisonnement. Les corps incandescens, les
(i) Obsen>. sur le traUcmciU des asphyxiés , pag. G2.
DE l'ÉTIOLOGIE. ' 5l
liquides en ëbuliltioii sont aussi des causes spécifiques de maladie. Il faut encore placer dans la même série les topiques acres , ruLétlans ou vésicans , coniQie la farine de moutarde, la poudre de cantharides, les feuilles de l'ortie piquante, etc.
On doit éi^alement ranimer parmi les causes spécifiques des maladies lesdillérens i^enins. Ces venins paraissent être le résultat d'une sécrétion propre à certaines espèces d'animaux, et sont pour eux uii moyen naturel d'attaque et de défense : déposés, par faninial qui les sécrète , dans les l)lessures qu'il fait aux téi;umens, ils produisent constamment des elfets seml)la])l('s. Les veUiiis diilèrent des i'/r/M" sous plusieurs 1 npporis. Ceux-ci ne sont en^^endrés qu'accidentellement par des êtres malades ; la formation des xcniiis, au contraire , r^t continuelle, et n'est liée à aucun trouble des fonctions : les virus n'agissent qu'avec lenteur , et se reproduisent dans les alfeclions qu'ils déterminent; les elfets des venins sont prompts, et ne sont pas transmis de celui qui les C])rouveà d'autres individus.
C/z/g^e^Yr/. Les substances portées dans l'intérieur du corps deviennent fic'qiicrnment des causes déterminantes de maladies. Les poisons appartiennent pres([ue tous à cette classe. On entend par poison , s\\\\i\\\i Mriuî , toutes les substancesqui^ i petitedose, peuvent produire de grands changemens dans les corps vivans. Ma/ion ne comprend sous ce titre que celles qui sont capables d'éteindre la ^ic.
On avait autrefois divisé les poisons en poisons mméraux, végétaux et animaux. On a pensé, avec raison , qu'il était plus convenable de les classe r
5'2 DE LLTIOLOGIE.
craprès leur manière d'agir sur réconomie que d après le règne de la nature auquel ilsoppartiennenl. En conséquence, on les a distribues en six classes, à raison de leur propriété corrosive, astringente, acre, narcotique, narcotico-àcre , ou septique. Les poisons corrosifs produisent, sur les voies digestives , les méaies eHets que les caustiques sur la peau ; mais ces eflets sont beaucoup plus graves à raison de l'importance des parties sur lesquelles agit la cause morbi(ique. Les poisons astringcjis , ainsi nommés parce qu'ds déterminent le rétrécissefueiit des £;ros intestins, ou du moins une constipation opiniâtre , aj)particnnent tous aux préparations saturnines : les vins falsifiés sont ordinairement de cette classe. Les poisons acres , tels que la coloquinte, l'aconit, Tcupliorbe, oht des eilets analogues a ceux des poisons corrosifs, avec cette dillérence qu'ils enllamment les tissus sans en déterminer directement la gangrène. Les poisons narcotiques , tels ([ue l'opium, les solanées , etc., causent des alfections toutes ditlérentes : ils agissent particulièrement sur le cerveau, dont ils troublent ou suspendent les fonctions, et produisent peu d'effet sur les organes avec lesquels ils sont immédiatement en contact. Les poisons iiarcotico-âcres , tels que les champignons vénéneux , offrent réunis ces deux modes d'action. Enfui, Xe^^ \)o\sovï% sepliqiies , comme le seicle ergoté et la chair d'animaux morts de certaines maladies pestilentielles, déterminent la gangrène de diverses parties, ou des fièvres adynamiques ordinairement mortelles.
D, On trouve peu de causes spécifiques parmi les
DE L KTIOT.OGir: 6j
excréta y les gcsia et les pcrrepia. La rcientioii d'urine a qiielc[iierois produit la rupture de la vessie, celle des règles la distension douloureuse de l'utel'us , et l'apparence de la grossesse. La violente contraction des muscles peut déterminer la rupture d'un tendon ^ la fracture d'un os : elle est souvent la Cause déterminante des luxations et des hernies. Kniin , les allections morales vives , comme l'amour , le désir de revoir sa j)atrie, etc., produisent une espèce |.artu!ulière de lièvre hectique. L'envie est (jucl({ueIois, chez les enfans, lacausedèterminante d'un dépéi'issemcnt raj)ide dont on ne découvre que dillicilenu'iit l'origine. Lajiiélancolie reconnaît presque toujours acissi pour cause sjx'cinnue une passion profonde. Ledcsespoir , la terreur, la joie innuodéi<'*e, ont, dans fjuehpies cas , j)roduitla mortsuhite.
(x'rtaines maladies |)cuvrnt rire a :ssi la cause délej ininanle de f|ucl(|ues aulius. Ainsi Tinllaunuatinn considérabU' des parotides a (juchpiefois produit l'asphyxie; une fracture , une luxation déterminent la formation de vastes abcès dans le tissu cellulaire; la pirloialiun t\c. lestomac , la rupture de la vésicule du licl , de la vessie ou ch' l'utérus , l'érosion des intestins par mi ulcère , sont autant de causes de 1 inllaniniation du péritoine.
Enlin on jxnt jomdie à ces causes spécifH|ucs la présence de certains animaux parasites dans le corps humain, comme le taenia , les ascarides \ulgaires et louibricoïdes, les hydatides, etc. Leur jirésence ne produit pas constamment de phénomènes morbides ; mais les maladies (pii en résultent sont toujours les mêmes dajis leur essence ;
54 T>E l'étiologie.
quelque variées qu'elles soient dans leurs formes. Il en est de même des corps étrangers inanimés , portés dans nos organes par les conduits naturels ou introduits par une plaie : bien que leur présence ne détermine quelquefois aucun phénomène morbide, on doit cependant les ranger au nombre des causes spécifiques , parce qu'ils agissent d'une manière uniforme ; la pointe d'un instrument ou une balle qui reste dans une plaie , un corps étranger qui a pénétré dans la trachée -artère, ay)partienncnt évidemment à cet ordre de causes.
§ II. Des Principes contagieux. Il existe un certain nombre de maladies «susceptibles de se transmettre d'un individu malade aux personnes saines qui ont avec lui quelque rapj)ort. Cette transmission de la maladie, ayant ordinairement lieu par le moyen d'un contact direct ou indirect^ a été nommée coîitagioji; on a donné aux maladies qui se transmettent par cette voie l'épithètc de contagieuses (i).
La manière dont s'opère la contagion nous est inconnue ; néanmoins il est de toute probabilité qu'elle a lieu par le moyen d'un agent matériel dont l'existence ne peut guère être révoquée en
(i) ÎNÎ. Hufeland q dcfmi la contagion ou le principe coiUagieiix^ une nialière suliLile qui sinsinue dans le corps vivnnt, et qui pout y exciter une c^pice dt terminée de m;iladic. Les miasmes des marais sonl^ suivant cet auteur et d'après sa définition , des principes contagieux; aussi-bien que le virus variolique ou syphilitique.
Il admet deux espèces de contagions , Tune vive et l'aulre niorlc. (f La contagion vive est produite par un corps vivant ; » elle peut avoir lieu dans toutes les maladies où les humeurs » sonl parvenues à un haut degré de corruption putride, et
• DE l/LTJOT.r;GlE. 55
doute, bien qu'il échappe à nos sens : on nomme cet agent principe contagieux oiwirus.
Bien qu'ina])préciables a nos sens, les principes contagieux ont été, pour quelques médecins, Tobjet de reclierches spéciales. Voici quelle est sur ce point de pathologie ro|)inion du plus grand nombre.
Le princij.c invisiljlc c[ui jnoduit la contagion est ordinairement env('l(>j)pé dans mie substance visible, comme le mucus, le pus , la matière de la transpiration cutanée. Ces diverses substances n'élant ])oint par elles-mêmes contagieuses, on supjiose qu'elles ne le deviennent, dans cjuelques cas , (jue par leur nn'lange avec une matière subtile qui est l'agent de la conlaginn. Tontcfois il ne serait pas impossdjle (jue le j)n^ , (jue le mut us devinssent eux-mêmes contagieux, p;n' Trllrt iVun changement survenu dans leur propre nature.
(Juoi (|u il (Ml soit, h ce sujet, voici les principales propriétés des principes contagieux :
Ils déterminent tous, au moyen d'une série constante de phénomèius morbides, la reprodu(lion de princij)es semblables à eux-mêmes et capables d'exciter les mêmes elléls. IN jxMivent se muhij)lier
» lorsqu'il y a oliaiigeineiil .sjrciflqiie dnni 1 ctal des organes ■ «ecrcloires , comme dans celui d^s liuineurs cjuils sécrclenl , » comme dans la rougeole , la >carlaline, la dysenlerio; elc. • La contagion morle est celle dont la nialicrc sexhaie des 1' corps inanimes : lels sonl les miasmes des marais, 1 air corn roni[»u (|ui produit les rièvre> calarrliales , etc. »
Cette disiinclioii cl celte théorie sont trop loin de la dcjc- Irine actuelle pour pouvoir e'ire ntlmise», ou même pour exiger une discu&^ion.
56 DE l'iîtjologie. •
à rinfiiii, en vertu de ce développement secondaire, aussi long - temps qu'ils rencontrent des corps propres à les recevoir.
Parmi ces principes contagieux , les uns détruisent pour un temps, les autres pour toujours , dans l'individu qui en a ressenti les elFets, la susceptibilité à en être aiiectë : le tvphus et la fièvre jaune paraissent être dans le premier cas; la variole, la scarlatine et la rougeole dans le second : d'autres semblent augmenter plutôt que diminuer cette susceptibilité, telle est la sypliilis ; c'est-à-dire;, en d'autres termes^ que quelques maladies contagieuses n'attaquent qu'une fois la même personne pendant tout le cours de sa vie; que plusieurs d'cntr'cllcs peuvent reparaître au bout de quelques années ; que d'autres enfin se reproduisent j)lus facilement encore qu'elles n'ont paru la premièjc fois.
On croit que, j>armi les principes contagieux , il en est quelques-uns qui sont engendrés sans interruption pendant tout le cours de la maladie, tanilis que d'autres ne le sont ([ue |)endant une partie de sa durée; mais cette opinion n'est pas encore suffisamment démontrée.
Les dillérens modes de contagion ont été aussi l'objet de recherches particulières; elle peut être immédiate ou avoir lieu par un corps intermédiaire.
La contagion est immédiate lorsque le principe contagieux est transmis directement de l'individu qui le donne à celui qui le reçoit; cette transmission immédiate peut avoir lieu de plusieurs manières : \'', parle séjour dans la chambre du malade, lorsque l'air y est chargé de principes contagieux, comme
DE LLTIOLOGIE. 5j
cola paraît avoir lieu dans la transmission du typhus , et peut-être de la variole ; 2"*. de la main à la main , c'est-à-dire par un véritable contact , comme on lobserve dans la plupart des maladies de cegenre; 5". par un contact plus intime encore , comme dans la transmission des virus de la rage et de la syphilis , cjui sontsansaction sur la peau intacte, et cpii ne peuvent être communiques qu'autant que l'épiderme a elê enlevé , ou qu'il est d'une grande ténuité; 4°* ^^ communication immédiate j)cut aussi avoir lieu par les dépouilles des animaux morts delà maladie qui engendre hi contagion ; c'est ainsi (pie la pustule maligne est souv( ni transmise aux gens cpii ;ipj)rrtrnt les |)eaux , à ceux qui numient hs laines, etc.
Ij«'i contagion médiate a lieu au moyen des ^wX^stances cjui nul été en contact avec le corj>s du malade, comme ses vétemens et tons les objets dont il fait usage. On a remar(jué (pie j)armi les matières (jui reçoivent et transmettent U* plus facilement la contagion , les étoiles de Lnne, de soie, de coton , de (ihnni-e, tieinienl le jut nner rang; on a dit (pie l(\s |>i MK qies contagieux avanni une grande alîinité pour ces étoiles , (jui peuvent les conserver pendant un l( mj-s loi t long, suitoiit (piand elles sont à l'ahri «lu contact de l'an-. Les persompes (|ui ont des rap|)oi ts avec les malades peuvent transmettre la contagion sans en être elles-mêmes atteintes; et les insectes (pii \oltigent dans l'air et se posent alternativement sur les corps malades et sur les individus sains ont été accusés th; transporter à ceux-ci les virus ({u'ilsauraient puisés sur ceux-là.
Les circonstances favorables à la contagion ou à
5S DE l'ÉTIOLOGIE.
l'action des principes contagieux ont été examinées avec soin. On a reconnu qu'il importait beaucoup que le principe contagieux ne fût pas très-ancien : sa force diminue par degrés avec ie temps; des expériences nombreuses ont prouvé, par exemple , que le pus variolique perd , au bout d'un an , luie partie de son énergie , et qu'au bout de trois il cesse d'être contagieux. M. Hildenbrand pense que le principe contagieux du typhus ne se conserve pas au-delà de trois mois, parce que, selon lui , aucune épidémie de typhus ne s'est reproduite après ce Ijips de temps sans le concours de nouvelles causes.
La température a aussi une grande influence sur la facilité avec laquelle se transmettent les maladies contagieuses : le degré de chaleur du corps humain paraît le plus favorable à la contagion , et plus la température atmosphérique s'en rapproche, plus les maladies contagieuses se propagent avec facilité. La disparition subite des maladies pestilentielles, quand le thermomètre descend à quelques degrés au-dessous de glace, a conduit à penser que les principes contagieux étaient susceptibles de congélation. On a de même été porté à croire que ces principes pouvaient être détruits et en quelque sorte brûlés par l'extrême élévation de la température , en voyant la fièvre jaune cesser tout-à-coup sous la zone torride ^ lorsque la chaleur atmosphérique parvient à un degré extraordinaire. L'apparition fréquente du typhus pendant l'hiver, sa violence plus considérable pendant cette saison , semblent infirmer l'assertion que nous venons d'émettre. Mais si l'on considère que le nombre des sol-
TE l'étiolocie. Sg
dais malades, dans les campagnes d'hiver, est beaucoup plus considérable, et que le froid oblige de les placer dans des lieux plus ou moins exactement fermés, où l'encombrement ne tarde pas à avoir lieu, on concevra que si les épidémies de typhus sont plus fréquentes et plus meurtrières dans les saisons froides et humides, ce n'est point au froid qu'il faut l'attribuer, mais au concours des circonstances fâcheuses qui viennent d'être indiquées. On a encore remarqué que l'humidité, l'absence de lumière , et la présence d'émanations animales étaient autant de conditions favorables à la transmission de plusieurs maladies contagieuses.
Outre ces circonstances iiénéralcs qui favorisent l'action des jnincipes contagieux, il est un certain nombre de circonstances individuelles qui exercent la même inlluence : tels sont la jeunesse et l'âge adulte, une constitution molle etdélicate, la privation d'allmcns, l'abstinence de liqueurs alcooliques chez les personnes qui en ont fait un usage habituel , la liiiblesse qui accompagne la convalescence, la crainte, le découragement, la terreur, les écarts de régime , hs évacuations excessives , l'état de sommeil.
Parmi les maladies contagieuses, il en est quelques-unes qui sont originaires de notre continent, le typhus et la gale , par exemple ; il en est d'autres qui y ont été importées : la variole , la scarlatine et la rougeole paraissent être originaires d'Asie ; la peste nous est venue d'Asie ou d'Afrique ; la syj)hllis et la fièvre-jaune sont des présens funestes du Nouveau-Monde*
6o DE l'ÈTIOLOGIE.'
La formation primitive des principes contagieux est enveloppée d'une grande obscurité. Quelques médecins supposent que ces principes n'ont été engendrés qu'une seule fois, et que depuis lors ils îie se sont plus reproduits que par transmission. Mais il est difficile de partager leur opinion. On ignore , il est vrai , les conditions dans lesquelles plusieurs de ces principes se sont développés; mais encore faut-il admettre qu'ils n'ont pas été formés sans causes, et que sous un concours de causes semblable à celui qui les a produites une première fois , ils peuvent et doivent être produits encore. L'histoire du typhus d Europe et sa reproduction dans des circonstances bien qpnnues fortifient cette opinion, et portent à croire qu'il doit y avoir quelque chose d'analogue dans le déveloj)pement des virus exotiques , tels que ceux de la peste, de la variole, delà syphilis.
Parmi ces derniers, j^lusieurs se sont acclimates dans notre continent; ils s'y montrent sans interruption , ou produisent par intervalles des épidémies plus ou moins graves : tels sont les virus variolique et morbilleux; tel est encore le virus syphilitique, qui attaque un très-grand nombre d'uidividus , sans que l'affection qu'il produit puisse être considérée comme épidémique. D'autres maladies contagieuses, comme la peste et la fièvre jaune, ne se montrent que momentanément : ordinairement elles disparaissent après avoir exercé leurs ravages pendant quelques saisons.
Linnée a publié, dans les Aménités académiques ^ une dissertation dans laquelle il cherche à établir
Bîr L ÉTIOLOGIE. gj
que toutes les maladies contagieuses sont dues a des animalcules qui , en se transportant de l'individu malade aux personnes saines^ leur transmettent la maladie , qui n'est que l'efFet de leur présence* Cette opinion est encore aujourd'hui assez généralement admise relativement à la gale; mais personne ne l'admet pour la variole , la rougeole , la ])este, etc., etc. On peut voir, dans l'ouvrage in- <iiquë, lesfondemens de cette théorie; on y trouvera en particulier, sur \a forme et les mœurs de Yacarus dysejiteriœ , des détails fort curieux, mais qui sont étrangers a notre objet.
Telles sont les principales causes raorhifiques cjui , mises en rapjiort avec l'économie, y déterminent des elfets constans. Nous reviendrons plus tard sur leur manière d'agir.
ARTICLE II
Des Causes prédisposantes.
D'après la marche qu'on est convenu de suivre dans l'étude métliodique de toutes les sciences , nous avons di\ parler d'abord des causes les plus e\'i dentés das maladies : nous allons maintenant nous occuper de celles qui le sont moins.
Parmi les causes prédisposantes, les unes étendent à la fois leur action sur un grand nombre d'individus , sur tous les habitans d'une ville , d'une provnice, d'un empire^ par exemple; quelquefois sur les grands rassemblemens d'hommes , dans les camps , dans les armées navales, dans les hôpitaux, dans les prisons; elles préparent le dévelo])peraerjt
63 I>r. L ÉTIOLOGIE.
d'affections semblables ou analogues cliez tous ceux qui sont soumis à leur influence : nous les nommons causes prédisposantes générales. Les autres n'agissent que sur des individus isoles : nous les nommons causes prédisposantes individuelles. Nous allons exposer succinctement les principales causes morbiliques qui appartiennent à ces deux séries.
SECTION PREMIÈKE.
Des Causes prédisposantes générales,
La plupart des causes pre'disposantes générales se trouvent répandues dans l'atmosphère , ou dépendent du lieu qu on habite.
A. Circumjusa. L'air a une influence très-marquée sur le corps humain : cette influence a toutefois des bornes^ et il s'en faut bien que la disposition de l'économie soit entièrement subordonnée ù l'état de l'atmosphère , comme l'avaient prétendu quelques médecins (i).
Les variations fréquentes de l'air sont des causes occasionelles des maladies plutôt que des causes prédisposantes. C'est surtout lorsqu'il offre longtemps les mêmes conditions que l'air imprime au corps humain des modifications d'oii résultent diverses prédispositions aux m.aladies. L'air froid et sec prédispose aux phlegmasies profondes^ aux hémorrhagies actives , et imprime à la plupart des affec-
( i) Talis est sanguinis dispositio , qualis est a'ër quem inspiramus . RajiâzzinI; de Constitutionc aiini 1G91,
CE L ÉTÎOLOGIE. 63
lions aiguës qui se développent le caractère , ou ce qu'on a nommé le génie i?iJlammatoire, Un air chaud et sec prépare le développement des phlegmasies superficielles, de rérysipèle, des exanthèmes, et donne un caractère bilieux à presque toutes les maladies aiguës. Sous l'influence d'un air chaud et humide, on voit régner les alFections muqueuses et adynamiques : les catarrhes , le scorbut , le rhumatisme sont très-communs lorsque l'air est resté long-temps humide et froid.
Les vents du nord et de Test coïncident presque toujours^ dans notre climat, avec un air sec et iVoid; )e vent sud-est , avec un air sec et chaud ; le sud-ouest, avec une température chaude cl humide; le nord-ouest, avec le froid et Thumidité. L'influence de ces vents , dans la production des maladies, est la même que celle des diverses qualités de Tair qui leur corresj)ondent.
Les vents , qu'on a fort ingthileusement appelés \es flots de V air , lui communiquent sans cesse un mouvement favorable. Lors([uece mouvement vient a être suspendu , l'air ne tarde point à se corroratpre , comme on le remarque dans les endroits fermes, etsurtoutdansles cachots, dans les souterrains. L'iiojnme ne j)eut y demeurer impunément : il éprouve biciitùt les funestes effets de l'iriSMlubrité de l'air qu'il respire. La stagnation de ce fluide parait être aussi , d'après les recherches de M. Fodéré y la cause principale qui rend les goitres si fréquens dans les gorges du Valais.
La privation de lumière dispose à l'iiydropisic , au scorbut, aux scrophules, et donne lieu dans tous
64 DE l'étiologie
les cas à une sarte d'étlolement comparable à celui
que la même cause produit sur les végétaux.
Le fluide électrique répandu dans l'atmosphère concourt-il à préparer le développement des maladies , ainsi que Font prétendu quelques physiologistes modernes ? Peut-on admettre un fluide nerveux dont la manière d'être serait analogue à celle du fluide galvanique? S'ensuivrait-il que la force vitale serait augmentée lorsque l'électricité positive est en excès; qu elle serait diminuée quand l'électricité négative est plus abondante , dans les lieux bas et humides , avant les tempêtes , dans les saisons chaudes, et quand le vent souffle de l'ouest ? Ces opinions , étant purement hypothétiques , ne doivent pas être discutées ici.
Toutes les maladies , comme l'a remarqué Hippo" craie, peuvent se montrer dans tous les temps de l'année : néanmoins les changemens naturels qui surviennent dans l'atmosphère , par la succession des saisons,, ont une grande influence sur le développement de beaucoup d'entr'elles. Cette influence, reconnue dès l'origine de l'art, a été confirmée par les médecins de tous les siècles. ^//>/?ocra^e avait remarqué entre toutes les maldies de l'été un caractère uniforme; il avait également observé quelque chose d'analogue entre celles de l'hiver (i) , et il avait réuni aux premières celles de la dernière moitié du printemps et de la première moitié de l'automne , et aux secondes celles de la fin de l'automne et du commencement du printemps. Dans notre climat, on a trouvé
(î) Aphor. 7 lib. III.
DE L^ÉTTOLOGÎE. 65
plus da ressemLlance entre les niaîadies du printemps et celles des mois qui précèdent et suivent cette saison qu'entre celles de l'été et des mois voisins ; la même observation a été faite pour les maladies de l'automne et de l'hiver, et l'on a réuni ensemble les maladies du printemps d'une part , et celles de l'automne de l'autre. Les premières ont une marche plus rapide, une terminaison plus franche , une durée beaucoup moins longue ; elles sont moins sujettes a récidiver , et cèdent plus facilement aux remèdes. Les autres se développent avec plus de lenteur, ont une durée beaucoup plus longue, laissent souvent a leur suite des phénomènes fâcheux ou opiniâtres ; elles résistent aux moyens thérapeutiques , et se reproduisent facilement après une suspension momentanée. Les premières sont souvent acconij^agnées des phénomènes de la fièvre inilammatoire; les secondes de ceux de la fièvre bilieuse.
Outre ces grandes différences que produisent dans les maladies ces deux époques opposées , on a observé encore que chaque saison a, sous le même rapport, une influence moins prononcée;, il est vrai , mais pourtant incontestable.
Avant d'indiquer les maladies auxquelles dispose chaque saison , il n'est ])as inutile de faire remarquer que l'année médicale n'est pas distribuée delam^nie manière que l'année vulgaire. Le printemps commence le 12 février, l'été en mai, l'automne vers le milieu d'août , et l'hiver le 12 novembre. C'est sans doute à raison des changemens qu'ils ont vu survenir à ces quatre époques dans les maladies
G6 DE L hiTIOLOGIE.
régnantes que quelques médecins ont été conduits à proposer ou à adopter cette division.
L'hiver prédispose, en général, aux maladies inflammatoires, aux hémorrliagies actives, lorsqu'il est sec ; aux alfections muqueuses , aux écoulemcns chroniques lorsqu'il est humide. Dans Tété , on voit régner les maladies bilieuses, les exanthèmes cutanés, le choiera morhiLS y les vésanies et plusieurs autres névroses. L'automne parait concourir au développement des aflections muqueuses, rhumatismales et vermineuses, des dysenteries , des fièvres intermittentes, qui sont ))lus fréquentes dans celte saison que dans toutes les autres. Le printemps est prcscpic toujours fécond en phlegmasles de la goige , de la poitrine , en fièvres inflammatoires , en hémorrhagies , etc.
L'influence de la lune et des étoiles fixes sur le développement des maladies a été j)our les médecins un fréquent sujet de discussions. Si ces astres n'ont aucune action sur la tcmj^éi ature et l'humidité de l'air, il est très-vraisemblable qu'ils n'en exercent aucune sur l'économie animale. Mais si, comme l'ont prétendu beaucoup de physiciens , le flux et le reflux de la mer , les tempêtes , la direction des vents , étaient soumis aux phases lunaires , il serait possible que cet astre eût une influence directe sur l'économie; il serait démontré qu'il pourrait agir indirectement sur elle.
Il n'est aucun endroit de la terre où l'homme ne puisse habiter. Mais s'il peut habiter tous les lieux , il n'est pas à fabri de rinfluence qu'ils exercent sur sa constitution et de certaines modifications
DE L ÉTIOLOGIE. QiJ
qu*ils lu! impriment. Dans les climats méridionaux , on voit régner le tétanos , la fièvre jaune , et plusieurs maladies entièrement inconnues aux climats septentrionaux; dans ces derniers, les aircctions inflammatoires sont très- fréquentes; dans les climats tempérés , on observe luic plus grande variété dans les maladies. Dans les pays secs et élevés, les hommes sont très-sujets à toutes les affections aiguës; les affections chroniques, au contraire , régnent dans les ])ays bas et humides. Il est facile de vérifier cette inllucnce de l'élévation du sol dans certaines villes disj)osécs en parties haute et basse. Dans la |>artie élevée, les maladies sont rares et ont une marche très-aigué; dans la j>artie basse , au contraire, les maladies sont fréquentes et ont le j)lus souvent une marche rlironi(|ue.
L'exposition au nord et à l'est , nu sud et à l'ouest, exerce une influence notable dans le dé>''elopj)ement des maladies. Cette remarque a été faite par Hippo^ cratc , dans son Traité de i Àir ^ des Eaux et des Lieux ; une longue c\j)érience en a confirmé la justesse. Cette influence est la même (jue celle des vents qui soufllent dans chacune de ces directions.
L'habitation dans les villes et dans les campagnes dispose à des affections très-différentes. Les aflértions nerveuses, les scrophulcs, le rachitis , la phthisie pulmonaire, sont J»eau(Oupplus fréqucns chez les habilans des villes cjue chez ceux des campagnes : ces drrniei^ sont plus exposés aux mala<lies aiguës, i\ plus rarement atteints de maladies chroniques. Enfin le séjour dans lc*5 hôpitiux , les prisons , les vaisseaux, les casernes ,
6S DE l'ÉTIOLOCIE.
paraît prédisposer à la dysenterie , au scorbut, à riiydropisie.
Le changement d'haLitation devient aussi une cause prédisposante générale pour les matelots et les soldats transportés loin de leur patrie. Lind a comparé les hommes c[ui s'éloignent du lieu de leur naissance à des végétaux transplantés dans un sol étranger : ils ne peuvent s'accoutumer aux nouvelles conditions dans lesquelles ils sont placés sans C[ue leur santé ou leur vigueur en soient altérées, au moins m^omentanément. Les changemens artificiels opérés dans certains lieux par la destruction des forêts , par la formation de canaux , y deviennent quelquefois aussi des causes raorbifiques.
Il est encore quelques causes prédisposantes de maladies qui peuvent agir à la fois sur un grand nombre d'individus ; mais comme elles n'agissent le plus souvent que sur des individus isolés, il convient mieux d'en parler en traitant des causes prédisposantes individuelles. Nous nous bornerons à les indiquer ici, sans entrer dans aucun détail.
Les vêtemens humides , conservés sur le corps , sont une des principales causes du scorbut dans les vaisseaux, du rhumatisme et delà dysenterie dans les armées. Les alimens putréfiés , lés viandes salées, le manque de farine , de végétaux frais , les eaux corrompues , sont pour les habitans d'une ville , pour les hommes rassemblés dans une flotte , dans un canip , des causes générales de maladies.
Les affections morales , qui sont les mêmes pour toute une armée et quelquefois pour tous les habi-
DE L ÉTIOLOGIE. 69
tans d^ Il lie ville ^ d'un empire^ peuvent être considérées , dans quelques cas ^ comme causes prédisposantes générales. L'intluence des affections morales sur la santé des soldats a été bien démontrée dans les désastreuses campagnes de i8i5^ et i8i4 • le nombre des maladies a augmenté dans une proportion eifrayante à mesure que la fortune s'est éloignée de nos drapeaux.
SECTION lî.
Des Causes prédisposantes individuelles^
Les causes prédisposantes individuelles sont bien plus nombreuses que les causes prédisposantes générales^, parce qu'il est une multitude de circonstances qui peuvent agir sur des individus isolés , et qui ne peuvent point être communes à un grand nombre; tandis que toutes les causes prédisposantes générales^ comme le site', i'iiabitation , etc., peuvent devenir causes prédisposantes individuelles.
Ces causes étant très-nombreuses, nous les distribuerons eu deux séries. Dans la première^ nous placerons les diverses conditions propres à chaque individu , comme l'origine , l'âge, le sexe, le tempérament , la constitution , les habitudes , la profession , la fortune, l'état de santé parfaite , de convalescence et de maladie. Nous rangerons dans la seconde série , seloji l'ardre adopté , les autres causes prédisposantes individuelles.
§ P\ A. L'origine de parens atteints de certaines maladies est une condition qui prédispose émineiix-
70 DE LÉTIOLOGIE,
ment à être atteint d'une affection semblable, u Ou }) hérite, a dit Bâillon ^ des maux de ses parens v comm.e on hérite de leurs biens, et ce funeste ;j héritage se transmet d\ine manière plus sûre » encore que l'autre. » On nomme héréditaires: les maladies qui passent ainsi des pères aux enfans. Quelquefois elles sautent , comme on dit , une génération y et passent aux petits-fils. Elles peuvent se présenter chez tous les enfans ; mais le plus ordinairement elles ne se montrent que chez quelquesuns. Elles peuvent égalera.ent être transmises par le père et la mère. Cullen a plusieurs fois observé que les enfans sont plus exposés aux maladies de celui de leurs parens auquel ils ressemblent davan-^ îage.
Les affections héréditaires sont en très-grand nombre. Quelques-unes consistent en mi vice ma-* nifeste de conformation , comme' une diminution ou une augmentation dans le nombre des organes; d'autres en un simple trouble des fonctions sans lésion appréciable de tissu, comme la cécité ou la surdité. Les unes existent au moment de la nais-^ sance, comme on l'a vu quelquefois pour la syphilis et les dartres, etc. > les autres , et c'est le plus grand nombre , ne se montrent que plus ou moins long-temps après cette époque ; le rachi^» tis , vers Tàge de deux à trois ans ; la phthisie pulmonaire, à la puberté; la goutte, dans l'âge adulte; l'apoplexie^ plus tard encore. Dans quelques familles , c'est constamment au même âge que se développent et quelquefois même que se termilient les maladies héréditaires. Montaigne j, dont
DE LLTÎOLOGïE. ^î
les ancêtres avaient été affectes de gravelle ; en fut atteint au même âge que son père.
Toutes les maladies ne sont pas également susceptibles d'être transmises des pères aux enfans. Quelques m.êdecins ont pensé que les affections chroniques étaient seules dans ce cas. Néanm.oins la goutte et le rhumatisme sont ordinairement des maladies aiguës , au moins dans leurs premières attaques ; et tout le monde reconnaît qu'ils sont héréditaires. On a observé aussi, dans quelques fa* milles, une disposition à la pléthore, à certaines inflammations. Ainsi l'on ne peut pas refuser d'admettre que les pères transmettent quelquefois à leurs enfans une disposition à telle ou telle espèce de m.aladie aiguë.
Il est quelques maladies dont la transmission héréditaire est incertaine ; le cancer est dans ce cas : au jugement des hommes qui n'adoptent pas légèrement une opinion, les faits ne sont pas encore assez nombreux pour que la question puisse être décidée.
Les maladies que les enfans apportent en naissant ne sont pas toujours héréditaires; ceux qui sont affectés d'hydrocéphale ou d'hydrorachis succombeilt presque toujours en peu de temps; ils ne peuvent pas , par conséquent , transmettre cette maladie, et parle même motif ils ne peuvent pas l'avoir reçue. On a encore remarqué que , dans quelques cas, tous les enfans ou la plupart d'entre eux ont été atteints d'une maladie dont leurs parens n'ont jamais été ni pu être attaqués : telle a été, entre autres, la stérilité observée chez toutes les
7 2 BE l'^ÉTIOLOGIE.
filies nées des mêmes parens. Les dartres^ les scroplmles se mani Pestent quelcn.iefois aussi chez tous les eiifans nës d'un même père et d'une même m.ère, bien que ceux-ci n'aient point été alFectês de ces maladies. On doit donc admettre , comme l'a fait le professeur Portai ^ des maladies de famille ^ qui^ sans doute, dépendent de la constitution des parens, m.ais qui, ne s'étant pas montrées chez eux , ne sont pas des maladies héréditaires.
Nous n'entrerons dans aucun détail sur les diverses opinions qui ont été émises relativement à la transmission des maladies des pères aux enfans. Cette transmission est , comme celle de l'habitude extérieure , un phénomène bien constaté , mais tout aussi inexplicable. On peut voir, dans le petit ouvrage de Méara, les diverses hypothèses proposées à ce sujet (i). Ceux qui préféreront les faits aux explications liront avec beaucoup plus d'intérêt les Considérations de M. Portai sur les maladies héréditaires et de famille, oii ce savant m.édecin a^ réuni tout ce qu'il y a de plus utile et de plus curieux sur ce point de pathologie (2).
B. Ages, Beaucoup d'affections peuvent se développera toutes les époques de la vie , depuis celle oii le foetus est encore contenu dans ta matrice
(î) Piilhologîa hereditaria gêner alis sive de morbis hœre" diiarlis iractatus spagjrico-dogmadcus. {Authore^. Derm,, Mëara 3 D u }3li n ^ 1619.)
(2) Considérations sur la nature et le traitement des Mala-^ dits de famille et des Maladies héréditaires ^/^q^ï Ara, PortaU ï8i4- Paris»
DE L^ÉTIOLOGIE. y 5
jusqu'à la vieillesse la plus avancée. On a vu des enfaus naître avec une fièvre intermittente , avec une éruption vai^ioîeuse, afFections qui ont été observées dans tous les autres âges. Néanmoins chaque âge a des maladies qui lui sont propres , ou du moins qui se montrent plus fréquemment pendant sa durée. L'hydrocéphale et l'hydrorachis se développent pendant que le fœtus est encore contenu dans Futérus. A l'époque de la naissafice , les maladies les plus fréquentes sont l'asphyxie dite des noiweau-nés , l'ictère et l'endurcissement du tissu cellulaire. De la première à la septième année, l'enfant est exposé surtout aux fièvres éruptives ^ aux douleurs de la dentition, aux feux volages, àléplstaxis, au croup , à la coqueluche , à la teigne , au rachitls , aux scrophulcs , aux convulsions et aux affections vei-mineuses. L'adolescence devient, pour les jeunes filies, une cause de diverses maladies, parmi lesquelles la première apparition des menstrues joue le principal rôle; dans les deux sexes , la rapidité tle l'accroissement prépare quelquefois l'économie à des aifections graves. Lajdéthore, les maladies inllammatoires , riiénioptysie, l'angine, la pneumonie, la phtliisie pulmonaire sont plus fréquentes dans la jeunesse qu'aux autres époques de la vie. C'est dans l'âge mûr que se montrent l'hypochondrie , le ilux héinorrhoïdal , le cancer et la plupart des maladies organiques , a l'exception des scrophules. Dans la vieillesse, le ramollissement etThémorriiagie du cerveau , la démence, la surdité, la cataracte, les affections des voies urinaires, etc., sont piuscoiiiiiiuues qu'aux autres âges.
'74 BE h ETIOLOGIE,
C, Les anciens pensaient qu'il était clans la vîe certaines années fixes où les maladies se développaient plus fréquemment^ et où la mortalité était plus grande. Ils les avaient nommées années cliina'^ teriques , du mot yliux , inclinaison , ou de vliy-al > qui signifie échelle ou degrés. Ils comparaient ces années cliraatériques à des noeuds qui joindraient entr'elles les diverses périodes de la vie et donneraient à l'économie une diinsction nouvelle. Cettç doctrine , qui , dit-on , a été puisée par Pythagore dans les institutions des Chaldéens , a long-temps joui d'une grande faveur dans les écoles. La plupart de ceux qui ont admis des années climatériques les ont placées de sept en sept ans ; ils ont indiqué la quatorzième et la vingt-unièmeannées comme plei^ nés de danger. D'autres les ont séparées par des intervalles de neuf ans. Quelques-uns ont adopté un terme mixte , et la soixante-troisième année , for-* mée des nombres sept et neuf, leur a paru la plus féconde en maladies , et surtout en maladies mortelles 'y ils l'ont même désignée par un nom qui ex-» prime cette idée. D'autres enfin avaient préféré la révolution ternaire. Les mis et les autres pensaient que la période qu'ils avaient fixée était nécessaire pour l'entier renouvellement des parties dont le corps est composé : de sorte qu'au bout de trois , sept ou neuf ans ;, il ne devait plus rester dans l'économie aucune des parties qui la constituaient auparavant. Ce changement complet dans la constitution une fois admis , un changement analogue dans |a santé leur en paraissait la conséquence presque nécessaire. 11 est bien certain que ; dans uu
DE L ETIOLOGIE. 7
temps indéterminé , variable selon Vâge et plusieurs autres circonstances , le corps se renouvelle , et qu'il ne s'y retrouve presque aucune des parties qui le constituaient ; mais ce changement n'est pas subit : il a lieu sans interruption , et produit dans la composition des corps des modifications journalières. Il n'est pas plus sensible à la septième ou à la neuvième année que dans chacun des jours qui composent les périodes climatériques. C'est avec raison qu'on a rejeté ces vaines spéculations, qui ne sont propres qu'à tourmenter l'imagination des malades (i).
D, Les deux sexes sont à-peu-près également prédisposés à la plupart des maladies : les fièvres , les phlegmasies , les névroses et les affections organiques attaquent indistinctement les hommes et les femmes. S'il y a quelque diversité entre les maladies des uns et des autres, elles tiennent moins à la différence du sexe qu'à celle du genre de vie. Si l'homme est plus exposé aux plaies , aux contusions , aux fractures , aux affections rhumatismales , au typhus , c'est parce qu'il s'expose davantage aux causes propres à les produire. C'est par une raison semblable que dans les villes les femmes sont plus sou-
(i) Quelques auteurs ont aUaché au mot climatérique un sens différent : ils ont désigné sous ce nom les époques de la vie où il survient de grands changemens , indépendamment de Tordre numérique des années : telle est Tépoque de la puherlé dans les deux sexes , celle de la cessation des règles , ou temps critique, chez les femmes. Il n'est personne qui ne con^ vienne de l'influence de ces époques climatériques sur la con. âlilulion et la santé.
7^ DE l'étiologie^ ■
vent que îes hommes affectées de maladies lier— lieuses. Mais si l'on prend les exemples dans des Circonstances opposées ; si l'on compare la femme qui se livre aux travaux des champs à l'homme des villes qui mène une vie molle et inactive, on verra la première exposée aux mêmes maladies; ^{ue l'homme dont elle partage Us occiiuations, et le second sujet a toutes les alFections nerveuses qu'on a considérées comme propres aux femmes.
Il est toutefois un certain nombre de maladies qui sont à-peu-près exclusivement départies à chacun des sexes : sans parler de celles des organes génitaux et de leurs annexes, comme l'hydrocèle et le sarcocèie chez l'homme , le squirrhe et l'inllammation de l'utérus chez la femme , nous citerons le calcul delà vessie et la rétention d'urine, qui n'attaquent presque jamais que les hommes ; la lîcrnie crurale , l'hystérie , le cancer de la mamelle , qui n'orut connnunément lieu cjue chez la femme.
E. Le tempérament prédispose à diverses affections et imprime à celles qui se développent une couleur particulière. Dans le tempérament sanguin , il y a disposition à la pléthore , aux phlegîîiasies profondes , aux hémorrhagies , etc. , et la plupart des maladies aiguës qui se développent sont accompagnées des phénomènes propres à la fièvre iîiilammatoire. Le tempérament bilieux prédispose aux fièvres bilieuses, aux exanthèmes, aux phlegmasies membraneuses, aux m.aladies organiques^ et en particulier à la dégénérescence cancéreuse. Les individus d'mi tempérament lymphatique sont particulièrement cx])osés aux affections catarrha-?
DE L ETIOLOGIE, 77
les, aux ecouîemens chroniques, à Thydroplsie ^ aux scrophules, au scor]3ut , et la plupart des maladies aiguës dont ils sont atteints offrent une réaction faible et une marche lente. Le tempérament nerveux prédispose particulièrement à l'hystérie, àThypochondrie , aux convulsions, au trouble des sensations et des facultés intellectuelles, à la mélancolie, à la manie, etc.; une partie de ces phénomènes se joint aux maladies aiguës, les modifie d'une manière remarquable, en rend la marche îrrégLilière et la terminaison moins certaine. Les tempéramens mixtes disposent à la fois , mais en général avec moins d'énergie, aux aifections ]>ropres h chacun des tempéramens réunis chez le même individu.
F. Une constitution très-forte semble cti-e plutôt un préservatif pour toutes les maladies qu'uiie prédisposition à fjueîques-unes. Néanmoins on a observé que les individus qui en sont doués sont plus sujets que les autres aux maladies aiguës et aux inflammations A'iolentes en particulier. Ceux qui sont d'une constitution faible, au contraire , sont exposés à des maladies fréf[uentes et légères, à des indispositions habituelles , et la plupart d'entr'eux succombent à des maladies chroniques. On a encore fait cette remarque, qui n'est pas établie sur des données aussi précises , que h^i^, personnes très-grasses sont sujettes a rapo]>!exle, et quelles sont presque à l'abri des inflammations de poitrine (i).
(i) Ubcsa corpoiri minas plcuritidi et pcripneutnoniœ su/i(
^8 bÈ L ÉTIOLOGIÈi
La disposition de cliacjue partie du corps parait aussi favoriser le développement de telle ou telle maladie. Le volume considérable de la tête doit faire craindre l'hydrocéphale chez l'enfant , l'apoplexie chez le vieillard. La largeur remarquable de la poitrine porte à croire que les viscères qu'elle contient offrent un volume qui n'est pas en proportion avec celui des autres ; et cette disposition est comme le premier degré de l'anévrysme du cœur. Les homimes qui ont toutes les cavités larges , ou , pour nous servir de l'expression à' Hippocrate , ceux: qui ont de grands viscères, sont, au rapport de ce prince de la médecine, sujets à l'arthritis. La faiblesse des aponévroses qui répondent aux ouvertures naturelles de l'abdomen est la principale cause prédisposante des hernies. La structure des os, chez les enfluis^ facilite le décollement de leurs épiphyses et leur courbure vicieuse; dans l'adulte, les angles que for-* ment le col du fémur avec l'os qui le supporte ^ et la branche de la mâchoire inférieure avec le corps de cet os , favorisent la fracture de l'un et la luxation de l'autre.
G. Les habitudes qui naissent de la fréquente répétition des mêmes actes dans un temps donné sont généralement nuisibles à ceux qui s'y astreignent, et c'est avec raison qu'elles sont placées parmi les
ohnoxia , ut adnimadverlit œque dlligens ac eruditus medlcus Trillerus. Q^iiod cùm omnes peripneumonicos à me visos au.t curatos memoriâ repeto y verum esse intelligo ; et ipse poterîs , perlectis eorum qui à Yalsalva itemque à me dissectifuevunt historiis cimctis , duobus exceptis , facile cognoscere. ( Mono a- GNi ; de Sâd. et Caus^ morb. , Epist. XX ^ acl. lo. )
DE l'ÉTIOLOGIÈ;
causes qui prédisposent auxmaladies. La force de l'iia- Litude et, par conséquent, le danger delà suspendre sont proportionnés à son ancienneté et au nombre d'actes qui ont eu lieu dans un temps donné. Cette force est telle , comme l'a dit Cabanis , qu'on ne passerait pas sans danger du plus mauvais régime au régime le plus sage et le meilleur. Or, comme il n'est point d'habitude qu'on puisse être certain de satisfaire toute sa vie , il est prudent de ne s'astreindre à aucune sans une nécessité absolue. Beaucoup d'habitudes sont nuisibles à la santé dès qu'on les a contractées : toutes peuvent le devenir si on les interrompt.
H. Les professions peuvent prédisposer à di-verses maladies , par le concours de circonstances dans lesquelles se trouvent placés les individus qui les exercent. Les hommes de lettres sont sujets à la céphalalgie^ à l'insomnie ,auxhémorrhoïdes; l'apoplexie en fait périr un grand nombre. Les portefaix sont exposés aux hernies , les hommes de rivière aux ulcères des jambes, les cavaliers à l'hémoptysie, à riiématurie, au varicocèle.
/. Il est facile de constater, surtout dans les «randes villes, ou les extrêmes dans tous les genres se trouvent réunis^ quelles affections sont plus communes parmi \q?> pauifres et les riches, et par conséquent quelle est l'influence des diverses conditions sur le développement des maladies. Dans la classe indigente , on voit régner le scorbut, les scrophules, la teigne et quelques autres maladies exanthématiques; dans la classe riche, les maladies inflammatoires et nerveuses sont les pi us fréquentes. Il arrive
8o DE l'étiologie.
néanmoins quelquefois que ] es mêmes affections , telles que les catarrhes, l'éryslpèle régnent parmi les uns et les autres, sans leur être transmises par la contagion.
/. L'état de santé y de convalescence owAemala die , influe aussi sur la facilité avec laquelle se développe telle ou telle affection. 11 serait absurde de placer ,1a santé parfaite parmi les causes qui préparent le développement des maladies. Nous voulons seulement dire qu'il est quelques affections qui n'attaquent que lesgcns parfaitement sains : telle est la fièvre éphémère produite par une cause externe évidente. La même cause aurait provoqué , chez un autre sujet, le développement d'une maladie plus sérieuse, etc. On lit aussi quelques descriptions d'épidémies dans lesquelles la maladie régnante attaquait ]n^esque tous les individus sains, et n'épargnait que les personnes faibles et mal portantes. Mais on a presque toujours observé le contraire, et l'état de maladie doit être cons'déré comme une cause qui favorise le développement des maladies régnantes et prédispose a diverses affections. Die^ 7nerZ>roeA" rapporte qne, dans la peste de Nimègue, tous ceux qui étaient pris d'une maladie quelconque furent , presque aussitôt après , frappés par la contagion. Dans beaucoup d'épidémies on a fait la même remarque. Quant à l'état de convalescence , il est accompagné d'une faiblesse et d'une susceptibilité qui favorisent beaucoup l'action des causes morbifiqiies.
K. L'état de grossesse est aussi une cause prédisposante de maladie. La plupart des femmes éprou--
DE l'eTIOLOGIE; ' 8i'
vent ', pendant ce laps de temps, quelque affection nerveuse , comme des vomissemens , la dépravation de l'appétit , des mouvemens convulsifs , ou quelques accidens pléthoriques, tels que la céphalalgie , les étourdissemens , qui cèdent à la saignée, etc. Après l'accouchement , elles sont bien plus susceptibles encore d'être atteintes par les causes morbifiques les plus légères : elles sont particulièrement exposées alors à l'inflammation du péritoine. Pendant le temps qu'elles allaitent et après avoir sevré, elles sont très-sensibles à l'action des causes qui produisent le rhumatisme : elles en sont assez fréquemment atteintes, et le désignent vulgairement sous le nom de douleurs laiteuses.
§ II. Après avoir indiqué les diverses conditions qui peuvent prédisposer à la maladie , nous allons examiner succinctement les causes prédisposantes individuelles qui appartiennent à la seconde série./
^. Parmi les circuinfusa , on ne trouve guère que des causes générales ; toutefois il en est quelquesunes qui agissent sur des individus isolés : telles sont la fréquentation des amphithéâtres de dissection, qui dispose aux maladies adynamiques ; des visites fréquentes et assidues dans les hôpitaux, qui préparent aussi le développement des mêmes affections; l'habitation dans un lieu étroit, bien clos et bien chaulfé , qui rend le corps plus sensible au froid extérieur et plus susceptible d'être affecté par cette dernière cause.
Le changement d'habitation, qui est une cause prédisposante générale pour les soldats transportés dans les colonies ; est plus fréquemment cause pré-
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disposante intlividuelle. L*liabitaiit de h. campagne , transporte' dans les villes , y éprouve presque toujours quelque maladie, telle que la diarrhée dans les premiers jours , ou une fièvre grave après un séjour de plusieurs mois. La plupart des hommes qui se retirent à la campagne , après avoir passé dans les villes la première partie de leur vie, ne tardent guère à y être atteints de quelque affection h laquelle ils succombent le plus souvent. Mais il faut observer que dans tous ces cas , bien d'autres changemens concourent avec ce changement d'habitation au résultat qu'on observe.
B. On trouve, dans la classe des applicatUy un certain nombre de causes prédisposantes individuelles. L'usage de vêtemens trop légers favorise l'action des causes qui produisent les affections catarrhales et rhumatismales. Des vêtemens trop chauds détermiîvent indirectement un effet à-peu-près semblable, ew augmentant la susceptibilité de l'individu. La for.ine des vêtemens , qui varie selon la mode et les goûts , dans les diverses classes de la société , n'est pas indifférente sous le rapport de la santé. Plusieurs médecins pensent que le costume adopté depuis la révolution française a beaucoup contribué à rendre plus communs laphthisie pulmonaire parmi les femmes , et le croup parmi les enfans : la nudité du coii , des bras et de la partie supérieure de la poitrine a paru rendre compte de la fréquence de ces maladies. On assure aussi que les Grecs et les Romains, qui avaient les jambes habituellement découvertes , étaient beaucoup plus sujets que nous à rérysipèle sur ces parties.
DE l'étiologie. 85
Parmi les agens morblfiques qui appartiennent à la série des appUcatcii, ceux qui agissent par compression sont peut-être ceux qui produisent les effets les plus remarquables.
L'effet immédiat de toute compression est de diminuer le volume des parties comprimées, et presque toujours de gêner l'action des organes, de retarder le cours des liquides , et particulièrement du sang dans les veines et même dans les artères. Dans ce cas la compression peut agir d'une manière rapide et très-manifeste, comme les causes spécifiques: la gangrène d'une tumeur, entourée à sa base d'un lien circulaire, l'asphyxie produite par la compression de la trachée-artère en sont des exemples; mais dans le plus grand nombre des cas, les effets produits par la compression ne surviennent qu'avec lenteur , comme ceux qui résultent de l'action des causes prédisposantes.
Ces effets, qui sont extrêmement variés, dépendent à la fois de la nature des agens qui compriment, de la structure des parties qui sont comprimées, du temps pendant lequel la compression est soutenue , de l'étendue sur laquelle elle a lieu et de la force avec laquelle elle est exercée.
i"*. Les agens susceptibles d'exercer la compression sont très-nombreux : les uns s'appliquent à la surface du corps, comme les vêtemens et particulièrement les corsets, les jarretières , les bandes; les autres, qui agissent à l'intérieur, sont ou des corps étrangers ou des productions morbides , telles que les tumeurs , les épanchemens de fluides liquides et gazeux, qui, par la compression (p.i'ils exercent sur
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les parties voisines , deviennent la véritable cause de divers désordres secondaires.
L'usage des corsets élastiques , dont se servent la plupart des femmes , est certainement une des causes qui contribuent le plus puissamment au développement des maladies organiques des poumons et du cœur , surtout à l'époque où l'accroissement n'est pas achevé , et pendant la gestation , temps auquel la poitrine doit encore s'agi^andir. Dans cette dernière circonstance , ils ont bien d'autres inconvéniens encore : la compression qu'ils exercent sur l'abdomen gêne le développement de l'utérus, tend à lui faire prendre une inclinaison vicieuse , et peut enfin contribuer à provoquer l'avortement. Son action sur les mamelles n'est pas non plus indifférente : elle nuit à l'augmentation de volume que ces organes doivent acquérir, détermine l'aplatissement du [mamelan et rend l'allaitement difficile ou impossible. L'estomac et les intestins^ comprimés par ces vêtemens, prennent quelquefois une position vicieuse; dans tous les cas, ils sont gênés dans rexercice de leurs fonctions.
La compression , même légère , mais long-temps continuée , produite par un appareil ou par la simple bande destinée au pansement d'un exutoire, détermine une diminution considérable dans le volume de la partie comprimée. Celle qui est exercée sur les membres inférieurs par des jarretières très-serrées donne lieu à des accidens d'un autre genre, à la dilatation variqueuse des veines et à l'œdème des pieds. Des chaussures très - étroites produisent dans l'enfance et la jeunesse la diffor-
DE l'étiologi^, 85
mité des orteils , et, à tous les âges, l'ëpaississement de la peau et la formation de tumeurs dures et douloureuses , connues sous le nom. de cors ; mais ici le frottement agit avec la compression.
La compression exerce'e à l'intérieur de nos organes par une tumeur a des effets variés. Ces effets sont peu remarquables quand la tumeur est placée sous la peau , ou entre les muscles , parce que là il y a peu de résistance et par conséquent peu de compres» sion. Il en est encore à-peu-près de même quand la tumeur occupe le ventre , dont la paroi antérieure est facilement susceptible d'une extension considérable. Mais il en est autrement dans le crâne et dans le thorax , dans les sinus des fosses nasales , et même dans la paroi inférieure de la bouche.
Les tumeurs développées dans l'intérieur du crâne ont pour premier effet de comprimer l'hé^ misphère cérébral qui leur correspond , et d'entraîner la paralysie plus ou moins complète des muscles du côté opposé. Si la tumeur est voisine de la voûte osseuse du crâne , il arrive souvent qu'elle en diminue peu à peu lépaisseur , et quelquefois qu'elle finit par la percer entièrement et se faire jour au dehors : les tumeurs appelées fongueuses de la dure-mère ont souvent présenté cette série de phénomènes. Dans la poitrine , des effets analogues ont lieu : trouble dans les fonctions des organes, usure des parois de cette cavité.
Si l'agent de la compression est fluide, il n'a d'au Ire effet que de gêner l'action des organes et de distendre leurs enveloppes, comme on l'observe constamment dans le ventre, souvent dans le tho-
S6 DE î/étiologie.
rax, et quekjuefois dans la tête des sujets dont rosslfication n'est pas encore achevée; mais jamais on n'observe l'usure des parois osseuses que produisent fréquemment les tumeurs solides.
2°. La structure des parties comprimées a une influence très-remarquaJile dans les phénomènes delà compression. Cette influence est facile à apprécier dans la poitrine, où se trouvent contenus des organes très-différens les uns des autres par leur texture, et dont les parois elles-mêmes sont formées départies dures et de parties molles. Or, voici ce qu'on observe : plus les parties sont molles et flexibles , moins elles sont altérées dans leur texture par les tumeurs qui les compriment; plus elles sont dures au contraire , plus elles ressentent les effets de la compression. Ainsi une tumeur anévrysmale du commencement de F aorte use en avant le sternum , les cartilages des côtes ; en arrière, les vertèbres, et ne fait pe.ndant long-temps que déplacer le cœur et diminuer le volume des poumons. Si la compression porte sur la trachée , les anneaux cartilagineux sont les premiers détruits ; la membrane qui les unitrésiste long-temps encore, comme les muscles intercostaux lorsque les côtes ouleurs cartilages sont déjà usés. Dans les cas où. la tumeur s'ouvre dans les bronches, dans l'œsonhage, dans la plèvre ou dans le péricarde, l'examen comparatif des diverses parties prouve que la lésion des parties dures est beaucoup plus grande , et sans doute aussi qu'elle a précédé celle des parties molles. Il est seulement à observer qu'ici la compression a quelque chose de spécial à raison des battemens di^ont les tumeurs anévrys-
m; t'ÉTlOLOGiE. 87
malcs sont le siège : il y a à la fois percussion et compression. On trouve, du reste, Tapplication de ce principe et la preuve de sa justesse dans les tumeurs connues sous le nom de grenoidllettes , qui usent ou déforment l'os maxillaire inférieur et les dents qui y sont implantées et ne causent qu'un simple déplacement aux parties molles. On la retrouve même dans la ligature d'une artère , qui n'est autre chose qu'une compression circulaire exercée avec force autour d'un vaisseau : dans la plupart des cas, la tunique moyenne, qui est laplusdure, est la seule qui soit divisée ; les autres ont cédé sans se rompre* 5". L'cifet de la compression est subordonné en grande partie au temps pendant lequel elle a été exercée. Après une compression courte , fut-elle très-forte , pourvu qu'elle n'ait pas été portée au point d'altérer le tissu des organes, ils reprennent immédiatement leur volume et le plein exercice de leurs fonctions. Après une compression médiocrement longue , de plusieurs jours, par exemple, ou de quelques semaines , le retour à l'état naturel est lent ^ mais il peut encore s'opérer complètement. Il n'en est j)lus de même lorsque la compressioii a été continuée pendant un temps très-considérable, des mois, des années, par exemple; le plus souvent alors l'organe com{)rimé ne revient plus à son volume primillf : c'est ce que présentent en particulier les poumons à la suite des épancliemens dans la plèvre. 11 y a encore, entre une compression courte et une compression longue , cette différence, que dan la première la diminution de volume parait tenir seulciTicii4; .\ \ expression des liquides et au rap-
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prochement des parties solides ^ tandis que dans la seconde il y a diminution réelle des solides ^ aniai^ grissement partiel.
4°. L'étendue sur laquelle la compression est exercée en modifie aussi les effets. Un lien très-étroit peut pénétrer dans le tissu des organes ; un lien plus large ne le ferait pas. La compression exercée sur un seul point de la longueur d'un membre détermine la stase du sang dans la partie située audessous de l'endroit comprimé. Cet elTet n'a plus lieu si la compression s'étend jusqu'à l'extrémité du membre.
Tels sont , dans le développement primitif ou secondaire des maladies , les principaux effets de la compression , quels que soient l'agent qui l'exerce et l'organe qui en reçoit l'impression.
Les lits méritent aussi quelque attention. L'habitude de coucher sur la plume favorise la formation des calculs urinaires et dispose à la néphrite , qui ne reconnaît guère d'autre cause que la présence de ces calculs. Un lit dur ne parait être la cause prédisposante d'aucune maladie. Quant aux sièges , ceux qui sont très-mous , et en particulier ceux qui sont garnis de coussins de plumes {bergères), disposent aux congestions sanguines dans les vaisseaux utérins et hémorrhoïdaux.
L'usage journalier des bains froids est considéré comme pouvant prédisposer aux maladies inflammatoires par leur action tonique sur la plupart des organes. Les bains tièdes^ répétés très-fréquemment, produisent un effet opposé : ils affaiblissent la constitution , et prédisposent aux écoulemens chro-??.
DE L ÉTIOLOGIE. 89
niques et aux maladies de langueur. La malpropreté favorise, en général, le développement de toutes les affections contagieuses et cutanées. L'excès opposé, joint à l'usage des parfums et à toutes les recherches du luxe , semble concourir à la production des maladies nerveuses.
C. Ingesta, Les alimens , les boissons et les remèdes peuvent disposer à différentes maladies lorsqu'on n'en fait pas l'usage convenable.
Dans l'état de santé , l'homme doit prendre une quantité d'alimens et de boissons variable selon fàge, la stature, le genre d'occupations auquel il se livre, l'habitude, etc> Une diminution ou une augmentation médiocre et passagère n'apporte communément aucun trouble dans les fonctions ; mais au-delà de certaines limites , la santé se dérange.
Une diminution notable et prolongée dans la quantité ordinaire des alimens entraîne une dimiluition analogue dans les forces et dans l'embonpoint ; une augmentation sensible produit la pléthore. Des excès habituels dans les alimens paraissent disposer aux maladies organiques del' estomac et des intestins; affections dont une extrême sobriété ne met pas toujours à l'abri. L'abus journalier des boissons fcrmentées , du vin , des liqueurs alcooliques, imprime à la plupart des maladies aiguës qui viennent à se développer un caractère si fâcheux , qu'elles sont le plus souvent mortelles.
Le vin et les liqueurs alcooliques ont des effets plus pernicieux quand ils sont pris dans l'intervalle des repas que quand ils sont portés dans l'estomac mêles aux alimens solides. La mort subite
go i^ h'Ê^iou)CiE,
n'est point rare chez ceux qui prennent habituellement une grande quantité d'alcool. L'usage immodéré du café dispose aux congestions cérébrales et à l'inflammation de l'estomac ; le thé , au contraire, produit peu à peu l'afFaiblissement de ce viscère, et paraît disposer aux écouiemens chroniques : quelques auteurs ont attribué à cette cause la fréquence des flueurs blanches chez les femmes des villes. On a avancé que l'usage du cidre et de la bière , en AngleteiTe et en Normandie , était la principale cause des rhumatismes , qui y sont tixscommuns; mais n'est-ce pas plutôt aux conditions qui empêchent d'y cultiver la vigne, à l'humidité du sol, qu'il faut remonter pour découvrir la véritable cause de ce phénomène ?
La mauvaise qualité des alim.ens, peu nutritifs en eux-mêmes, ou altérés par la putréfaction, la fermentation ou la moisissure , dispose aussi à des maladies plus ou moins graves , à des inflammations du conduit digestif, à des fièvres adynamiques , au scorbut, etc. L'usage de boissons corrompues, d'eau altérée, comme celle dont les marins font usage dans les voyages de long cours, de vins acerbes, de cidres mal préparés, produit des effets analogues.
Il est nécessaire pour l'homme de varier ses alimens. Le dégoût qu'il éprouve lorsqu'il fait longtemps usage des mêmes substances , et le plaisir qu'il trouve aux aliraens nouveaux lui en font connaître le besoin. L'usage exclusif des alimens les meilleurs finirait presque toujours par produire queirpie maladie : les farineux disposent à la plé-
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thore , les alimens gras et huileux aux: écoulemens chroniques, et les substances animales aux maladies inflammatoires de toute espèce; les viandes salées paraissent concourir au développement du scorbut ; la privation d'alimiens végétaux , de fruits de la saison , est une des principales causes des fièvres bilieuses ; l'abstinence de substances animales amène la constipation et divers troubles de la digestion.
L'usage des aromates et des assaisonnemens de haut goût , comme le poivre , la moutarde , le piment , etc. y augmente d'abord l'énergie de l'estomac ; mais ce viscère s'accoutum.e à l'action de ces excitans , qui bientôt cessent de le stimuler , et l'inertie succède fréquemment à cette excitation passagère.
Les médicamens , qui sont uniquement considérés par la plupart des hommes comme des moyens de conserver et de rétablir la santé , peuvent devenir causes de maladie. Les remèdes qu'on nomme de précautiGny loin d'affermir la santé, ont trèsfréquemment un effet contraire. Les vomitifs répétés ont souvent fini par produire la débilité ou même l'inflammation de l'estomac ; les purgatifs , celle des intestins t ces derniers, loin de prévenir l'embarras intestinal , sont très-propres à le faire naître. L'usage des médicamens intempestifs dans le cours des maladies peut aussi donner immédiatement lieu à des affections nouvelles, ou préparer le développemient de diverses maladies secondaires.
D. Eœcreta, Les évacuations peuvent offrir àes variétés assez nombreuses sans que la santé en soit troublée; ordinairement quand l'une augm.ente;
QH ♦ DE I. ÉTIOLOGIE.^
l'autre diminue, en sorte que Téquilibre général n'est point dérangé. De légers changemens , soit en plus ; soit en moins , dans la quantité des matières évacuées , ne suffisent pas pour produire une maladie ; mais lorsque la disproportion entre les matières excrétées et les moyens réparateurs devient très-considérable, elle agit sur la constitution , et la modifie de manière à la prédisposer à diverses affections. Si la quantité des matières assimilées est chaque jour plus grande que celle des matières excrétées , il en résulte une tendance à la pléthore et aux inflammations de toute espèce ; si , au contraire , Tab^ sorption ne suffit pas pour réparer les pertes journalières , il en résulte une diminution progressive dans le volume du corps , et une disposition aux affections adynamiques et aux maladies de langueur. Des sueurs excessives , un flux copieux de salive , l'excrétion trop abondante du lait chez les nourrices , etc. , produisent ce dernier effet. Le coït immodéré et la masturbation agissent de la même manière, avec cela de particulier, que des phénomènes nerveux se joignent presque toujours a la faiblesse qui résulte de l'évacuation répétée du sperme. Cette faiblesse , qu'entraînent les évacuations excessives, favorise l'action des causes qui occasionent ou déterminent les maladies. Tel homm.e qui s'exposait habituellement à l'intempérie de l'air sans en ressentir les effets ; est pris de rhumatisme lorsqu'il s'y expose après s'être livré à des excès dans les plaisirs de l'amour (ij. La même
(ï) Essai sur le Rhumaùsme ^ chez Cvochard ^ libraire^ cloîlre ëainl-Benoît; n" i6. '
Dî: l'étiolôgie^ 9?
Circonstance disposait également à contracter la fièvre jaune à Saint-Domingue (i) ; et Diemerbroeck (2) a observé à Nimègue que tous les gens qui se miarièrent pendant la durée de la peste furent atteints par la contagion peu de jours après leurs noces. Les hémorrhagies , les saignées, les purgatifs, ont produit les mêmes effets dans plusieurs autres maladies contagieuses.
Les évacuations naturelles ou artificielles , qui se répètent à des intervalles à-peu-près égaux, produisent un effet très-différent, surtout quand elles sont renfermées dans certaines limites : l'économie s'accoutume à réparer comme à supporter ces pertes, soit en diminuant les autres évacuations, soit en assimilant à sa propre substance une plus grande proportion des matières introduites dans le corps : la pléthore en est le résultat. L'évacuation périodique, naturelle ou artificielle, la fait cesser, mais en même temps elle augmente encore la disposition qui la reproduit; en sorte que rien n'est plus propre à prédisposer à la pléthore , ou tout au moins à augmenter cette prédisposition lorsqu'elle existe , que ces évacuations elles - mêmes. Le flux menstruel chez les femmes , les hémorrhoïdes périodiques chez les hommes , les saignées habituelles dans ^ les deux sexes , sont autant de causes qui produisent très-fréquemment cet effet.
La suppression des évacuations habituelles , Fo-
(i) Traité de la Fièvre jaune ^ par Bally. (2) DiEMERBROECK , de la Peste de Nimègue,
94 Ï>E l'étiologïe.
mission des saignéeâ et des purgatifs accoutumes J peuvent disposer à diverses maladies; mais elles agissent plus gëiiëralement comme causes occasionelles que commie causes prédisposantes.
E. Gesta. Il n'est pas une mesure exacte de mouvement et de repos , de sommeil et de veille , à laquelle l'homme soit oblige de s'astreindre pour conserver sa santé ^ mais il est aussi certaines limites qu'il dépasse rarement sans altérer l'harmonie de ses fonctions.
Une disproportion considérable entre l'exercice et le repos est toujours nuisible à la santé ; une fatigue trop grande entraîne une sorte d'épuisement , et imprime un caractère fâcheux à presque toutes les affections aiguës. On a dit des gens de la campagne qu'ils n'ont ordinairement, pendant le cours de leur vie, qu'une seule maladie, qui les tue. L'exercice partiel peut aussi prédisposer à certaines affections : les mouvemens continuels et répétés des bras , par exemple , paraissent disposer à l'hémoptysie et à l'anévrysme du cœur.
he défaut d'exercice a des inconvéniens plus graves encore que l'excès opposé : ces inconvéniens sont d'autant plus prononcés que l'individu a un besoin plus grand de mouvement, à raison de son âge, de ses habitudes , de sa force. Il est plus nuisible aux enfans, aux individus robustes, à ceux qui ont toujours mené un genre de vie très-actif. Il est d'observation que la vie sédentaire est plus nuisible à l'homme qu'à la femme , soit parce cjue dès l'adolescence l'habitude en a diminué pour elle les inconvéniens , soit parce qu'elle est plus conforme
DE L^KTIOIOCÎE. g5
à sa pi'indpale destination et par conséc|uent aussi à sa constitution. Le repos produit d'abord la faiblesse des organes locomoteurs, puis le dérangement de la nutrition ; le corps augmente en volume et perd de sa force ; la polysarcie adipeuse , les écoulemens muqueux, les scrophules, Toedèrae , peuvent être le résultat de cette inaction portée au plus haut degré. La même cause, dans son degré le plus faible , c'est-à-dire lorsque Texercice n'est pas tout-à-fait proportionné au besoin , dispose à la pléthore, surtout chez les individus qui font bonne chère. L'inaction d'un seul membre en particulier ne produit ordinairement que des effets locaux , la faiblesse , la diminution de volume, l'atrophie de la partie maintenue immobile.
La variété qui convient dans tous les actes de la vie est spécialement utile dans la position du corps. La gêne qui résulte de la même situation gardée long-temps , le besoin d'en changer par intervalles , même pendant le sommeil , indiquaient cette vérité avant que l'hygiène en eût fait un précepte. La station habituelle dispose aux varices, à l'œdème des jambes dans les deux sexes , au varicocèle chez l'homme , à la descente de l'utérus chez la femme ; la situation assise, aux hémorrhoïdes et à l'engorgement des viscères abdominaux ; la situation à genoux , au lumbago , à la sciatlque , à la courbure précoce de l'épine ; la situation horizontale favorise les congestions cérébrales, l'épistaxis, l'apoplexie. Cette position conservée pendant plusieurs m.ois à F occasion d'une fracture des membres inférieurs, a paru être la cause principale de la formation d'un calcul vé-
g6 t)E L ÉTIOLOGTE?
sical chez des sujets qui en ont ressenti al les premières atteintes.
Une distribution convenable des heures de veille et de sommeil est utile à l'entretien de la santé. Six à huit heures de soçameil sont nécessaires aux adultes ; il en faut moins aux vieillards , et davantage aux enfans. Il est ensuite des variétés propres aux individus^ auxquelles il faut avoir égard : quelques personnes ont besoin de dormir neuf à dix heures; quatre à cinq heures suffisent à d'autres. Le sommeil prolongé amène l'engourdissement général , et prédispose à la pléthore et aux affections cérébrales : on ne voit presque jamais les individus qui se lèvent tard et dorment beaucoup parvenir à un âge avancé. A la suite de longues veilles , il se développe souvent des fièvres ataxiques et diverses affections nerveuses.
F. Percepta, Les sensations, les passions , les tra»^ vaux de l'esprit , deviennent, au-delà de certaines bornes, des causes prédisposantes de maladies.
Des sensations habituellem.ent très-faibles déterminent peu à peu dans les organes qui en sont le siège une augmentation de sensibilité qui les rend impropres à soutenir des sensations médiocrement fortes : c'est ce qu'on observe chez les individus qui restent long-temps dans un endroit obscur ^ chez ceux qui ne font usage que d'alimens fort doux. Des sensations habituellement très-vives, au contraire, émoussent la sensibilité des organes, et les rendent par degrés inha:biles à remplir leurs fonctions.
h^s passions influent d'une manière bien remar-
DE T<'ÉTiOLOGIE« g'J
quable sur le dëveloppement des maladies. Autaot les passions douces et variées sont favorables à riiarmonie d^s fonctions , autant les passions fortes et exclusives lui sont nuisibles. Elles peuvent non-seulement produire des effets prompts et ëvidens sur l'économie ^ comme la mort subite , les fièvres hectiques morales , ainsi que nous l'avons vu dans l'ënume'ration des causes spécifiques ; mais elles produisent encore, et bien plus souvent^ nuQ sorte d'irritabilité générale qui prédispose singulièrement aux affections nerveuses. Les passions tristes donnent souvent naissance aux fièvres ataxi^ ques , à l'hypochondrie, aux hémorrliagics passives et aux maladies cancéreuses.
Les travaux de l'esprit prédisposent aussi aux affections nerveuses , quand on s'y livre avec excès ; mais il s'en faut bien , comme on l'a prétendu , que l'étude soit une occupation contre nature. Il est dans l'ordre des choses que l'homme atteigne le ])lus grand développement possible de ses moyens physiques et intellectuels. L'exercice de l'esprit, la méditation, l'étude, sont nécessaires au développement de l'intelligence , comme le mouvement à celui du corps. Lorsque l'étude est conforme au goût de celui qui s'y livre, lorsqu'elle alterne avec quelq^ occupation physique, elle est plutôt favorable que nuisible à la santé. Beaucoup d'hommes de lettres, de médecins, de mathématiciens, sont parvenus à un âge très -avancé ; et s'il en est quelques-uns qui soient morts par les seuls excès du travail , le nombre en est bien petit. Toutefois ^ lorsque l'étude est prolongée
g8 DE l'étiologie.
chacfue jour pendant un temps trop consklërable/ et qu'elle porte sur des objets arides par eux-mêmes et sans attraits pour celui qui s'en occupe, lorsqu'elle n'est point variée et interrompue de temps à autre par l'exercice, elle nuit au développement du corps ; elle peut même émousser l'énergie des facultés mentales, et étouffer, surtout dans la première jeunesse, le germe des plus brillantes dispositions.
A ces diverses causes prédisposantes individuelles , on peut joindre les maladies antérieures, qui favo- ^^isent beaucoup l'action des causes spécifiques ou occasionelles propres à en provoquer de nouveau le développement. Une première attaque d'hystérie ou de rhumatisme prédispose singulièrement à une seconde. A mesure que les attaques ont été plus nombreuses , des causes occasionelles plus légères suffisent pour en susciter de nouvelles.
ARTICLE III
Des Causes occasionelles ou excitantes.
Les causes occasionelles , avons-noûs dit , sont pelles qui provoquent l'apparition des maladies sans en déterminer la nature et le siège.
Ces causes méritent beaucdlip moins d'attention que les précédentes ; mais par cela même qu'elles n'appartiennent à l'histoire spéciale d'aucune maladie , elles sont , plus que les autres encore , du domaine de la pathologie générale : nous ne pouvons donc pas nous dispenser de les énumérer.
L'impression d'un air très-froid ou très-diaud,
DE l'ÉTIOLOGTE.
clu vent du nord ou du sud ; l'action d'un courant d'air sur tout le corps , ou d'une petite colonne d'air ( vent coulis) sur une même partie ; le passage subit d'un lieu très-chaud dans un autre très-froid, et vice versa; l'habitation momentanée dans une maison humide , nouvellement construite ; un changement passager dans l'épaisseur ou la forme des vetemens , l'immersion dans un bain très-chaud ou très-froid, l'exposition à la pluie ; des vetemens humides conservés sur le corps ; un écart dans le régime, des alimens malsains ou mal préparés , de digestion difiicile, pris à une heure insolite ou mangés avec précipitation ; des boissons de mauvaise nature , très-chaudes ou très-froides ; la suppression de quelque évacuation naturelle , comme la sueur , les lochies , le lait , les menstrues; d'un écoulement morbide ou artificiel , comme les ilueurs blanches , un ulcère ancien , un fonticule ou un vésicatoire établi depuis long -temps; une évacuation considérablement augmentée; une saignée intempestive; un vomitif, un purgatif pris mal-à-propos; une fîitigue excessive, un repos inaccoutumé, des cris, des chants, des éclats de rire ; la course contre le vent; des veilles prolongées; une secousse physique ou morale, une émotion vive, comme la joie, la terreur; une contention forcée de l'esprit; la rétrocession de la goutte, la répercussion d'un exanthème, la cessation subite de quelqu'autre affection : telles sont les principales causes occasionellcs des maladies.
Elles diffèrent des causes spécifiques et prédisposantes en ce qu'elles ne se rattachent à l'histoire
ÎOO DE L'ÉTiOLOGIE*
d'aucune alfection en particulier. La même cause occasionelle peut provoquer l'invasion de toutes les maladies , et la même maladie peut être suscitée par toute espèce de cause occasionelle. Maigre cette grande différence entre les unes et les autres, il existe entre elles plusieurs points de contact, dans lesquels les causes occasionelles se confondent en quelque sorte avec les causes spécifiques et prédisposantes. Le froid, par exemple, est-il une cause spécifique de rhum atismie , ou bien n'est-il qu'une cause occasionelle ? C'est ce qu'il est fort difficile de décider , comme le prouve le dissentiment des médecins à ce sujet. D'un autre côté , si l'on compare k's causes occasionelles et les causes prédisposantes, on voit que les mêmes circonstances peuvent appartenir aux unes et aux autres. A la vérité , il y a cette différence que, dans un cas la cause n'a agi que momentanément ; tandis que dans l'autre , elle a agi pendant un temps fort long : un écart de régime, par exemple, est cause occasionelle; l'ivrognerie habituelle est , au contraire , cause prédisposante : la distinction est bien tranchée quand on prend ainsi les extrêmes ; mais elle devient plus obscure à mesure qu'on s'en éloigne: des excès qui se prolongent pendant plusieurs jours , pendant une ou plusieurs semaines , n'appartiennent bien évidemment ni à l'une ni à l'autre série.
Cette division des causes morbifiques jTi^ésente donc quelques défectuosités; la nature, ici comme ailleurs , ne se plie point à nos divisions ; on ne peut l'astreindre rigoureusement à aucune. Celle que nous avons proposée nous a paru plus méthodique .
DE L ETIOLOGIE. 10 l
que les autres; elle est d'ailleurs plus propre a conduire dans les recherches relatives à la manière d'agir des causes morbifîques.
ARTICLE IV
De V Action des Causes morbifîques.
Les divers organes du corps humain ne sont pas tous également exposes a l'action des causes morbifîques ; quelques-uns , tels que le canal intestinal, les poumons et la peau, ayant avec les objets extérieurs des rapports beaucoup ])lus nombreux que les autres, sont plus sujets à en recevoir l'impression nuisible. Ilufeland , dans sa Pathogcnie (i), les a, par ce motif, désignes sous le nom ^atria yiorboruin , portes des maladies. On doit leur adjoindre le cerveau et les nerfs, qui, chez l'homme civilisé surtout , sont immédiatement exposés à l'action d'un ordre très-nombreux de causes morbifîques.
Parmi les agens qui troublenf la santé;, les un 3 pénètrent dans le tissu même des organes, a l'aide d'une impulsion plus ou moins forte , qui leur est communiquée , ou en vertu de leurs qualités chimiques : ils ont une action purement physique ou chimique ,* ils produiraient le raiéme effet sur le cadavre. D'autres, au contraire , n'ont d'influence que sur les tissus vivans, et ce n'est qu'en vertu des lois de la vie qu'ils peuvent agir : tels sont les végétaux
(i) riscOo?; n)ahu]ie3 ^bor/ct, je nais.