CHAPITRE PREMIER
jDe la Pathologie, de son impor^tance ^ de son étendue ci de ses divisions. -— De la Pathologie générale , de son étendue et de SCS limites ; des avantages et des daii* gers attachés à son étude / de Voidre à suivre dajis son exposition^
On a dcfini la pathologie , celte branche de la me'decine qui traite de la classification , des causes , des symptômes et des signes des maladies. Cette définition est loin d'être exacte. Tout ce fjui concerne l'homme malade appartient à la pathologie , de la m.(jme manière que tout ce qui a rapport à Thomme sain est du domaine de la physiologie. Le siège des maladies, les phénomènes qui les précèdent et les suivent, leurs retours, les lésions qu'elles apportent dans la texture des organes, leur traitement ]>réservatif et curatif, etc. , etc. , sont autant de points qui complètent leur histoire et aui sont essentielle-
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ment du /essort de la pathologre (i), c'est-à-dire de cette branche de la médecine qui a pour objet la connaissance des maladies.
De toutes les parties de notre art , aucune ne présente au médecin autant d'attraits que la patholog"e , parce qu'aucune ne lui offre une aussi grande importance. Elle est pour lui un centre autour duquel yiennent se ranger, à des distances inégales , les autres sciences naturelles. L'étude de l'anatomie et de la physiologie , de la chimie et de la physique , delà botanique et de la matière médicale, n'est pour lui qu'une introduction à celle de la pathologie; el lorsqu'une Ibis il s'est livré à cette dernière, il oublie insensiblement la plupart des choses qu'il avait apprises , et ne conserve de ses connaissances premières que celles qui ont ini rapport intime avec l'étude des maladies.
Loin de nous cependant l'idée d'élever la pathologie en cherchant à rabaisser les autres parties de l'histoire naturelle : quels que soient son degré d'importance et la noblesse de son but, nous ne prétendons lui donner aucune supériorité sur les autres sciences. Nul doute que la physiologie, la physique, la zoologie , etc. , ne méritent d'être placées sur le même rang : ces sciences sont toutes unies par des liens intimes ; elles se prêtent un appui mutuel et des lumières réciproques : elles ne doivent ni ambitionner ni reconnaître entr'elles de supériorité , quoique chacune d'elles ait
(i) lliBoçj maladie 5 lôyo; ^ discours, irailë.
Gl'ùNKRALE. S
pour celui qui l'embrasse une prééminence relative sur toutes les autres.
Comme toutes les sciences naturelles , la pathologie ne reconnaît, pour ainsi dire, pas de bornes; chaque jour la botanique, la zoologie, la ]>liysique, la chimie, la minéralogie étendent leur domaine; chaque jour aussi la science de l'homme malade scmble^'agrandir et s'agrandit en ciVct aux yeux de Tobservateur. Sans parler ici de ces variétés infinies et presque toujours nouvelles que présentent les afiections nombreuses auxquelles l'homme est exposé , ne voit-on pas la palhok)gie faire journellement des progrès , soit j)ar l'étude mieux dirigée des rauses , la description phis fidèle des symptômes, soit par l'examen j)lus sévère des circonstances qui iiitluent d'une manière favorable ou nuisible sur le cours des maladies , soit |iar la découverte de quelque affection ])récédemment inconnue ou incomj)lètement décrite? La pathologie offre à l'étude une telle masse de faits , qu'il est impossiljle à l'esprit de l'homme d'en embrasser tous les détails : aussi peut -on avancer qu'aucun homme ne ])ossède toutes les connaissances pathologiques rcnfeimées dans les fastes de l'art, en faisant même abstraction des théories et des systèmes.
Cette disproportion entre l'étendue de la science et celle de l'esprit humain a dû conduire à des résultats (|u on prévoit : ne pouvant pas agrandir l'esprit humain , il a fdlu partager en qucl([ue sorfcg la science en plusieurs parties, dont l'étendiKi lût à-peu-près en rapport avec notre capacité intellectuelle. Delà les nombreuses divisions de la pa-
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thologle : la plus importante de toutes est celle qui la distingue en interne ou médicale , et en chirurgicale ou externe* La plupart des autres ne sont que des divisions secondaires ; telles sont les distinctions de la médecine et de la chirurgie en cwile , militaire y légale. Les maladies des femmes, des enfans, des vieillards, celles qui sont propres à un pays, à un organe, etc., ont aussi été l'objet de subdivisions particulières; et des hommes d'un très-grand mérite n'ont pas dédaigné de se livrer à l'étude, à-peu-près exclusive, d'un seul de ces ordres d'aflections.
Il est une autre division de la pathologie qui diffère de toutes celles qui viennent d'être énumérées ; c'est la division de la pathologie en générale et spéciale. Cette division en effet n'a pas pour but de partager les maladies en plusieurs classes , ou de séparer une série d'affections de toutes les autres. La pathologie spéciale et la pathologie générale s'appliquent au contraire l'une et l'autre à toutes les maladies. La pathologie générale, qui a pour objet les maladies considérées d'une manière abstraite et dans ce qu'elles offrent de commun, les embrasse toutes dans un même cadre, où l'on voit les points de contact qu'elles ont enti^'elles et les liens qui les unissent. La pathologie spéciale les comprend toutes également, mais elle les présente dans une série de cadres particuliers , oii chaque affection est dessinée avec la physionomie qui lui est propre , et qui sert à la distinguer de toutes les autres. On voit , d'après cela , qu'il n'existe aucune analogie entre cette division de la pathologie et les
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premicies tlont nous avons j)arlé. Celles-ci n'abrègent rëtiide qu'en diminuant le nombre des choses à apprendre : la dernière conduit au même résultat sans rétrécir le domaine de la science ; et nonseulement elle en conserve l'ensemble, mais encore elle présente sous deux aspects dilîerens chacun des objets sur lesquels l'étude doit être successivement dirigée.
Cette division diffère encore des premières sous un autre rapport : on peut se livrer à la pathologie interne et néghger, jusqu'à un certain point, la pathologie externe : lorsqu'on fait une étude particulière des maladies des enfans ou des vieillards , on peut, jusqu'à un certain point aussi , iK'gligcr celles des autres Ages; tandis que la pathologie générale et la pathologie spéciale ne peuvent être l'objet d'une étude exclusive; l'une sert d'introduction à l'autre; elles sont toutes deux également indispensables à l'homme de l'art.
Cette division de la pathologie est celle dont les limites sont le mieux marquées. Toute considération sur les phénomènes communs aux maladies appartient à la pathologie générale ; toute description particulière de maladie appartient à la pathologie spéciale. Il existe néanmoins entre ces deux branches de la pathologie de nombreux points de contact; mais on a droit de s'étoinier que la pluj)ait des auteurs qui ont traité de la patholo-ie générale aient souvent présenté l'histoire de maladies particulières, au milieu des considérations qui aj)j)artenaient seules à leur sujet. La description de la pléthore se trouve dans presque tous Içs traités de pu-
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thologie générale : Spreiigel^ qui a publié dernièrement un -ouvrage fort estimé sur cette matière (i) , va plus loin encore, il expose successivement (à l'article Etiologie) les signes de toutes les fractures , des luxations, des hernies, et décrit tous les vers qui peuvent exister dans le corps de l'homme avec les signes qui annoncent leur présence.
En même temps qu'on ajoute ainsi à la pathologie générale des objets qui ne sont pas de son ressort, on en néglige d'autres qui lui appartieunent évidemment. La nomenclature des maladies, les circonstances qui influent sur leur marche, letrai-. tement, la convalescence, les lésions qu'on trouve à l'ouverture des cadavres, la manière d'observer et d'interroger les malades , sont autant de points importans de l'histoire générale des maladies, dont jusqu'ici les auteurs n'ont pas fait mention , bien qu'ils appartiennent aussi essentiellement à cette science que la classification, les causes, les symptômes et les signes.
Si la division de la pathologie en pathologie générale et en pathologie spéciale semlDlait , à quelques personnes , plus propre à prolonger fétude des maladies qu'à' l'abréger, il serait facile de les ramener à une opinion plus juste. Nous conviendrions avec elles que la connaissance des maladies en particulier est d'une plus grande importance, et que l'étude delà pathologie générale n'offre au médecin praticien qu'une utilité médiocre. Mais en même temps nous ferions remarquer que ce me-
(i) Pathologia generalls. kxns\.e[oàdLm\ j i8i3.
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dccin n^a pas accuis riiistructlon qu'il possède sans le secours de la pathologie générale, à laquelle il ne saurait être étranger ; et si l'on supposait , contre toute raison , que cette seconde devint entièrement inutile à celui qui sait, on ne pourrait pas encore en conclure qu elle ne soit pas nécessaire à celui qui apprend. En effet ^ sans parler même du besoin urgent oii il se trouve de se familiariser avant tout avec un langage nouveau , l'étude de la pathologie gc'nérale est pour lui , à d'autres égards encore , d'uneutillté ])lus qu'évidente. Il Ignore tout, il doit tout apprendre. Les maladies ont des formes qui leur sont communes, elles ont des traits qui leur sont particuliers : or , nous le demandons , vaut-il mieux présenter une seule fois et à fond, a celui (pii commence, les dlllérens points de doctrine, et les phénomènes communs à la plupart des maladies, pour n'avoir plus ensuite (\u-d lui monlrei' les phénoaiènes propres à chacune d'elles; ouhicn fautil le fatiguer par ces répétitions inutiles et fastidieuses (ju'entraîneralt nécessairement la description isolée dechacpic maladie? Kn un mot, vaut-il mieux lui exposer une seule fois ce qui est commun à loutes les maladies, ou le reproduire autant de fois à ses yeux qu'il y a de maladies particulières? (>Cst ce qui ne peut être mis en question.
L'élude de la pathologie générale offre encore plusieurs autres avantages. Elle donne lieu à des considérations qui sont très-propres à développer 1 intelligence, à étendre les vues de celui ([ui s'y livre. Elle lui montjr, dès son début dans la carrière el dans un cadre resseirti, la route qu'il >.\