‹ Élémens de pathologie générale (volume 3)Chapitre 51 sur 62 · ao ouvErxTURE des cadavres · texte numérisé non relu

ao ouvErxTURE des cadavres

des os ( plaies^ ruptures par causes internes ou ex-terneS; fractures, décollement des cartilages et des épipliyses ); i"". les vices de conformation c[ue quelquefois on ne fait que soupçonner pendant la vie et qu'on connaît presque toujours mieux après la mort; 5"". les excroissances de toute espèce qui se développent sur la peau , sur les membranes muqueuses , les polypes vësiculeux ou durs , les brides, etc.; 4"' ^^s bosselures et autres inégalités que présentent souvent les viscères , comme le foie dans l'hydropisie ascite, les os dans les maladies vénériennes ; 5°. l'aplatissement de^ inégalités propres à quelques organes, au cerveau, par exemple.

B, Aux altérations de volume on peut rapporter : 1°. la distension des viscères creux et le rapprochement de leurs parois; 2°. la largeur ou le rétrécissement des conduits en général, et des orirfices en particulier; 5"^. l'augmentation et la diminution de grosseur de quelques organes pleins , comme le foie et les muscles.

C, Aux altérations de couleur se rapportent la rubéfaction livide de tous les tissus dans les ca^ davres des individus asphyxiés, leur coloration en jaune chez les ictériques, les plaques rouges ou noirâtres dans le scorbut et dans cjuelques empoisonnemens , la rougeur non inflammatoire des membranes muqueuses , celle de la membrane choroïde et c[uelquefois de l'iris , l^opacité de la cornée^ la couleur pâle ou foncée des muscles, la teinte noirâtre ou jaune-claire du foie^ l'aspect panaché de la rate ^ etc.

§ ïll. Les lésions de rapport comprennent les

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]uxatioiis , les hernies internes et externes, Tintus-susception des intestins , le renversement de l'utérus ou du rectum , les adhérences des surfaces libres des membranes séreuses et des extrémités articulaires des os ou ankyloses.

§ IV. Les altérations des liquides sont également très-nombreuses , abstraction faite de celles sur lesquelles on n'est point d'accord.

Le mucus offre , à l'ouverture des cadavres ^ des altérations remarqual^les et variées , relatives à sa consistance, a sa couleur, a son mélange avec d'aurtrcs liquides et a sa quantité : on le trouve quck[ucfois en grande abondance dans l'estomac, les bronches , la vessie , l'utérus, etc. Ces accumulations de liquides sont bien plus remarquables dans les membranes séreuses ; la sérosité qu'on y trouve peut être incolore ou aqueuse, transparente, louche outoutà-fait ojiaquc ,* entièrement liquide, ou mêlée de concrétions solides, disposées en flocons, en brides , en fausses membranes. qui se confondent quelquefois par une adhérence intime avec les membranes séreuses, de manière à faire croire a l'épaississement de ces dernières ; mais, par un examen plus attentif, on ])eut toujours, comme l'a particulièrement démontré M. Fouquicr , détacher ces concrétions et s'assurer que la membrane séreuse n'a que l'épaisseur qui lui est propre. Nous ajouterons que non-seulement elle n^est pas épaissie, mais encore ([u'elle conserve dans presque tous les cas sa transparence, et que la couhiur noire ou rouge qu'elle paraît oilVir (juclquefois n'appartient pas à cette membrane elle-même, mais au tissu cclUilairc de

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sa surface adhérente : il est facile de s'en convaincre en la disséquant avec quelque soin. Les fausses membranes dont nous venons de parler peuvent être simples ou multij)les, molles ou dures; elles peuvent olTrir les plus grandes variétés de couleur^ depuis le noir jusqu'au grls-blanchàtre. Elles prennent au bout d'un certain temps une apparence d'organisation , et l'on distingue quelquefois des vaisseaux sanguins qui s'y distribuent.

Le liquide des membranes synoviales olfre à-peuprès les mêmes altérations.

Quant au fluide conienu dans le tissu cellulaire infiltré, il est quelquefois incolore ou jaunâtre, quelquefois louche ou même purulent, mêlé de sang dans quelques circonstances. A l'ouverture des cadavres, on constate la présence de la sérosité dans le tissu sous-cutané ; on la volt dans celui qui s'étend entre les muscles; on la découvre dans quelques organes intérieurs, par exemple, dans le tissu cellulaire du péritoine, et dans les appendices celluleuses des gros intestins; cette infiltration existe quelquefois aussi dans le tissu cellulaire de la plèvre , dans celui qui unit le péricarde au cœur.

L'accumulation de sérosité a été encore constatée dans le tissu cellulaire qui unit les membranes muqueuses aux parties sous-jacentes : on a souvent observé celle de la membrane muqueuse de Toeil et de la luette, de l'ouverture supérieure du larynx , des intestins, de la vulve et de l'anus.

Les liquides sécrétés par les glandes offrent aussi quelques altérations ; mais la plupart sont appré-

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clables peiulaiit lu vie , excepte dans le cas de rétention de ces liquides dans leurs conduits ou dans leurs réservoirs.

Il n'est presque aucun organe, aucune cavité, oii Ton n'ait trouvé après la mort quelque épanchement , borné ou non circonscrit, avec ou sans enveloppe mcmbranifornic, de sang liquide ou caillé, de pus séreux ou épais.

On trouve aussi , à l'ouverture des cadavres , des Tupiides renfermés dans des membranes accidentelles ou kystes. Ces liquides sont quelquefois afpicux , et la iiHMubrane qui les contient est analogue aux membranes séreuses ( kystes liydati formes ); d'autres fois le litpiide est épais, semblable à du miel , à de la g«liitine, à du pus, à du suif, aune bouillie crétacée; le kyste , dans ces derniers cas, a communément une certaine épaisseur; il est fibreux , queUjuefois cartilagineux ou osseux. Quelques kystes offrent une textui^ différen te dans les divei'S points de leur étendue. Dans ce cas, leur cavité est ordinairement parlagé(*, j^ar des cloisons irrégulières , en un certain nombre de loges , dans chacune descjuelles est contenu un liquide de couleur et de consistance diverses.

On rencontre enfin , à l'ouverture des corps , des éj^anchemens de fluides élasti(pies ou de gaz dans certaines parties. Sans j)arler ici de la distension du conduit disgestif, on a plusieurs fois trouvé de l'air dans des cavités où il n'y en a point naturellement, dans la plèvre, dans le péritoine, par exemple , et même dans le tissu cellulaire souscutané. L'air contenu dans ces cavités peut ve-

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jiir des intestins ou des poumons blesses ou ulce'rés; il peut être le produit d'une exhalation morbide ou de la putréfaction après la mort (i).

§ y. Les corps étrangers qu'on trouve a Fou- A^erture des cadavres sont de diverses espèces : les uns sont inanimés , les autres ont joui ou même jouissent encore de la vie. Parmi ceux qui sont inanimés, les uns ont été formés au-dedans du corps : tels sont les calculs biliaires, luinaircs^ et ceux qu'on rencontre dans les articulations, dans les voies salivaires, les poumons, l'utérus, etc. Parmi ceux qui sont venus du dehors, les uns ont été introduits par des ])laies, et notamment par celles d'armes à feu; les autres, par les voies naturelles, comme la bouche, l'anus, l'urètre ou le vagin chez les femmes.

Les corps étrangers vivans qui existent dans Phomme sont les vers ascarides vulgaires, les ascarides lombricoïdes , les tricocéphales ou trichurides

(i) Nous avons assisté h Fouverlure du corps d'un hoiniiic replet ;, mort suhitenienl ironie -deux lieures auparavant. Lenipliysème survenu après la mort élait déjà si considéral)le^ que le volume du Ironc et des membres' était presque doublé. A rinstanl où le scalpel pénétra dans le ventre, qui était aussi dur qu'une planclie, Tair s'en échappa eu produisai\t une détonation aussi violente que celle d'un fusil à vent fortement chargé. Les viscères abdominaux n'avaient point été intéressés 3 ils restèrent tli^^tendus 3 les gaz qui avaient produit Texplosion étaient, par conséquent, accumulés dans la cavité périlonéale cUe-incjne. L'emphvsème élait si général que l'air s'écliappail atcc le sang, sous ferme d'une écume rougeatro , de tous les vaisseaux ; cl même de ceux du foie.

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