CHAPITRE IV
Du siège des Maladies.
Ou polit (lire d’une manière générale qu’il n’est aucune des parties constituantes du corps humain qui ne puisse éprouver une altération quelconque, et par conséquent devenir le siège d’une maladie plus ou moins grave. Toutefois, l’aptitude a recevoir l’action des diverses causes morbifiques n’existe pas au même degre dans tous nos organes : la peau et les membranes muqueuses sont de tous les tissus ceux dans lesquels les maladies se montrent le plus fréquemment. Les organes situés profondément et sans communication directe avec les objets extérieurs sont plus iaicnuut que tous les autres le siège des maladies.
Le siège des maladies n’est pas toujours facile à déterminer, et l’histoire de la médecine montre à quel point les opinions ont offert de divergence à cet égard. Pendant le règne de flnimorisme, le siège primitif de la plupart des maladies était dans un des fluides qui entrent dans l’organisation du corps humain. Les solidisles, qui vinrent plus tard réduire les humeurs à un rôle purement passif
Les dénominations données aux maladies se lient souvent a 1 histoire de la médecine et des théories auxquelles elle a donné naissance : tels sont les mois filtre humorale, filtre nerveuse. L'étymologie peut aussi donner lieu à quelques conjectures sur certaines circonstances relatives à l'histoire particulière de la maladie, etc. Far exemple, la dénomination de morhilli , petite maladie, sous laquelle on a désigné la rougeole , porterait à croire qu'elle a paru en même temps qu'une autre all'ecLion qui avait quelque ressemblance avec elle , mais qui était plus grave , et qu'on désignait, par ce motif, sous le nom de murbus , la maladie, nom qu’on donne toujours aux maladies qui régnent épidémiquement. Cette circonstance peut ajouter quelque poids à l’opinion où l'on est généralement que la rougeole, qui est originaire des mêmes lieux que la \ariole , a paru à peu près vers la même époque.
du sieue des maladies.
dons les phénomènes de la \ie, placèrent dans les solides le siège île toutes les maladies. Le temps a fait justice de ces opinions erronées, et l’observation a démontré que les prétentions exclusives de ces divers systèmes étaient également inadmissibles.
il faut reconnaître aujourd'hui quc‘beaucoup d’affections ont un siège complexe , et que, bornées primitivement aux solides , elles envahissent plus tard nos fluides, et réciproquement. La première période d une phlébite nous représente en effet une maladie bornée d’abord à un seul tissu, mais bientôt l’organe souffrant sécrète du pus ; celui-ci , sans cesse entraîné par h; mouvement circulatoire, se mêle au sang, l’altère, et ce fluide va à son tour réagir sur plusieurs autres organes, cl déterminer des phlegmasies et des suppurations. Dans la variole, au contraire, et dans les autres fièvres éruptives contagieuses où le siège primitif du mal parait être dans le sang, on voit en peu de jours apparaître sur la peau et sur plusieurs muqueuses des éruptions consécutives à cette altération.
Parmi les maladies , il en est quelques-unes qui peuvent occuper presque tous les tissus de l’économie : tels sont 1 inflammation , le cancer , les tubercules, la syphilis. D’autres ne se montrent (pie dans un petit nombre de tissus : I hydropisie, par exemple, se forme particulièrement dans les membranes qui tapissent l’intérieur des cavités, et dans le tissu cellulaire; les hémorrhagies spontanées n’ont presque jamais lieu que par les membranes muqueuses. Toutefois les hémorrhagies peuvent se faire dans d’autres organes, et 1 hydropisie peut se former au moyen de kystes accidentels dans des parties qui en sont à l’abri par leur structure. Enfin, il y a des maladies qui paraissent avoir leur siège constant et exclusif dans le même élément anatomique, quelque part qu’il existe: c’est ainsi que, selon toute probabilité, l’affection rhumatismale ou goutteuse n’attaque jamais que les tissus musculaires et fibreux.
beaucoup de maladies ont un siège fixe, c’est-à-dire qu’elles naissent , se développent et se terminent dans le point qu’elles ont primitivement occupé. D’autres, au contraire, envahissent