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I abcès, que dans les cas où celui-ci existe à la surface de la peau ou dans le voisinage des organes qui contiennent de I air. Il peut l'acquérir quand l'abcès est ouvert, toutes les lois que 1 air s'introduit dans la cavité. — La saveur du pus, au rapport de Schwilguè , est fade et quelquefois âcre; sa pesanteur est supérieure à celle de l’eau distillée. Les mêmes causes qui influent sur sa quantité modifient ordinairement ses autres qualités physiques, et particulièrement sa consistance et sa couleur. Quant aux propriétés chimiques du pus, nous n’en parlerons point ici, comme n’ayant encore aucune application pratique.
L’action du pus sur l’économie mérite une attention particulière : clic varie selon les tissus. Sur la peau , le pus détermine seulement de la rougeur et des excoriations ; dans le tissu cellulaire , où il fuse, il provoque la formation d’un nouveau pus -, dans le voisinage d un os, il en détermine 1 usure en excitant dans son tissu l’absorption interstitielle. S'il est dans un foyer, et s'il s’y trouve en contact avec l’air , il ne tarde pas à acquérir une odeur très-forte, à perdre son homogénéité, et dès-lors il produit le trouble général des fonctions et le dépérissement. Le même phénomène a lieu toutes les fois que le pus , même sans être altéré, est accumulé dans une des cavités splanchniques ou dans un des viscères importans à la vie. Nous avons vu précédemment les phénomènes métastatiques qui peuvent résulter de sa résorption. Enfin ce liquide devient, dans quelques maladies, le véhicule de la contagion , comme on le voit dans la variole , dans la
syphilis , dans la morve.
La distinction du mucus et du pus est un des points qui ont le plus occupé l’attention des médecins du dernier siècle. Ils croyaient <[ue le [tus était constamment le résultat d une solution de continuité , et que jamais il n’était dû à une simple exhalation : aussi , pour conserver le nom de [tus à certains liquides qui leur en olfraient tous les caractères , étaient-ils obligés de supposer des ulcérations là où d n y en avait [tas [ ils en voyaient dans 1 uiètie, dans l’utérus affectés île catarrhe. Les expériences chimiques qu’on a tentées dans le but de déterminer les véritables caractè-
]>i;S SYMPTOMES.
rcs du pus n'ont eu aucun résultat satisfaisant. Les recherches microscopiques n'ont pu servir également à éclairer la question. On a cru pendant long-temps que lorsque des globules assez semblables à ceux qu’on remarque dans le sang s'observaient dans le produit de sécrétion d'une membrane muqueuse , ils indiquaient la présence du pus. Mais il est prouvé aujourd’hui que le mucus varie beaucoup dans sa composition physique et chimique, et que souvent il contient des globules qui, par leur forme et leur volume ressemblent à ceux du pus lui-môme. Les réactifs de la chimie et le microscope sont inutiles quand le mucus et le pus n’offrent pas le même aspect ; ils sont insullisans lorsqu'ils se ressemblent.
3° Il est encore quelques autres exhalations essentiellement morbides que nous ne ferons qu’énumérer : telles sont celles qui ont lieu entre le tissu réticulaire de la peau et l'épiderme , dans le pemphygus et dans toutes les éruptions vésiculeuses et pustuleuses. Ces fluides , en se coagulant et en durcissant à l’air, forment, à la surface de la peau , des concrétions particulières auxquelles on a donné le nom de croûtes. Leur étude n’est pas sans importance dans la pathologie cutanée ; car, en considérant leur forme, leur surface, leur saillie ou leur dépression , leur coloration, leur dureté, leur degré d’adhérence, etc., on peut déterminer le genre d’une maladie cutanée qu’on n’a pas vue dans sa lorme élémentaire. C’est ainsi qu’on peut reconnaître le porrigo favosa à ses croûtes jaunâtres et déprimées en godet ; ces croûtes sont jaunes , épaisses et friables dans l’impétigo ; elles sont trèsadhérentes , épaisses, noirâtres et plus élevées au centre dans l’ectyma, tandis que dans les affections vésiculeuses et bulbeuses elles sont minces, faciles à détacher, d’une couleur jaunâtre ou brunâtre.
La peau peut être encore le siège d'une autre exhalation morbide à laquelle on a donné le nom de squammes , et qui est caractérisée par la formation , à la surface malade , d’une substance inorganique, lamelleuse, d’un blanc grisâtre, sèche, friable, plus ou moins épaisse et adhérente , et qu’on regarde comme une séciétion morbide de l’épiderme. On observe les squammes dans la lèpre , le psoriasis , le pityriasis et l’iclhyose.