NOMENCLATURE, SYNONYMIE , ETYMOLOGIE
l'incohérence de la nomenclature actuelle, on est entraîné à désirer quelle soit remplacée par une nomenclature méthodique , propre également à faire connaître les traits caractéristiques de chaque affection, et à établir ses rapports avec les autres. Mais si l'on envisage combien cette multiplicité de noms ajoute d entraves à l'étude de la science, si l'on considère que dans l’état actuel de nos connaissances il est impossible de présenter une nomenclature qui satisfasse toutes les opinions, et les essais tentes par M. Piorry le prouvent suffisamment -, si l'on a égard enhn aux contradictions apparentes auxquelles donnent heu les dénominations nouvelles, aux conclusions défavorables que le public se plaît a en déduire contre la certitude de la médecine, on sera conduit a reconnaître que les avantages que pourrait offrir une autre nomenclature seraient plus que compensés par les niconveniens qui en seraient inséparables. Si nunc imponencla essent nomina, dit Moigagni (1), non dubito quin plura excogitari possint meliora et cum vero magis congrueniia; setlprœstat, opinor, verumposlea animachersum clocere , vetera autem et usilata nomina retinere.
11 est quelques circonstances toutefois dans lesquelles il est indispensable d’ajouter à la nomenclature pathologique : c'est lorsqu'on découvre une affection qui n a point été décrite ; c est encore lorsque des affections différentes entre elles ont été confondues sous un même nom. Dans ces deux cas, il est d une nécessité indispensable , aux yeux même des ennemis du néologisme, de donner un nom nouveau à la maladie qu'on découvre ou
qu’on signale. .
§ II. Synonymie. La même maladie ayant reçu plusieurs
noms, et le même nom ayant été donné à plusieurs maladies par différents auteurs , il est devenu nécessaire d’ajouter a 1 éludé des maladies l’étude de leurs noms variés et des acceptions diverses données à chacun de ces noms. C'est, pour ainsi dire, une branche artificielle que l’homme a ajoutée à la pathologie , sans aucun profit réel, mais non pas sans nécessité. En conséquence, kxSynony-
(1) Moroagni, Epis f. EXEI, U.
mie des maladies est devenu un point assez important dans leur histoire. A 1 aide de la synonymie, la confusion cesse au moins en grande partie , mais! étude est plus compliquée. Cet inconvénient est moins grave sans doute, mais il est sans remède.
§ 111. \l Etymologie des maladies est un des points les moins intéressans de la pathologie. Toutefois il en est de cela comme de plusieurs autres choses dont la connaissance est peu utile, mais qu’on ne peut ignorer sans inconvénient. Nul doute qu’un médecin ne puisse traiter parfaitement une maladie sans connaître 1 origine du nom par lequel on la désigne; mais il est également certain qu il serait pénible, et même nuisible pour lui, vis-à-vis de certaines personnes , d’ignorer le sens étymologique d’un mot qu’il emploie chaque jour. Il est d’ailleurs convenable que le médecin connaisse la valeur exacte des termes qu'il emploie : autrement le langage medical serait pour lui, en quelque sorte, un langage etranger. Au reste , la plupart des dénominations données aux maladies sont tirées des langues latine ou grecque, et comme l'étude de ces deux langues doit toujours précéder celle de la médecine, le médecin n'aura le plus souvent besoin de faire aucune recherche pour connaître l’étymologie des mots qu’il emploie.
L étymologie des différons termes usités en pathologie n’indique qu’imparfaitement le sens qu'on y doit attacher. Presque jamais elle ne donne une idée exacte de la chose, et quelquefois elle en donne une idée entièrement fausse. Par exemple , les mots phlegmon, phleymasies , de je brûle, présentent seulement l’idée de la chaleur, qui n'est qu’un des symptômes de la maladie; le mot péripneumonie, de -lot, autour, et de ttv£W„ poumon, indique une affection qui a son siège autour du poumon, bien que la péripneumonie consiste dans l’inflammation de ce viscere lui-même et non des parties qui l’entourent. Ainsi l’étymologic fournit, dans le premier cas, une image imparfaite de la chose : dans le second , une idée fausse (1).
(1) Quoique 1 étymologie des maladies soit en général de fort peu lmporlance’ clle °m-c néanmoins, clans plusieurs cas, un certain intérêt.