‹ Élémens de pathologie généraleChapitre 24 sur 52 · DES S\M1»T031ES · texte numérisé non relu

DES S\M1»T031ES

point des tégumens peu éloigné : c'est ainsi que les lymphatiques sous-maxillaires ou cervicaux se gonflent et deviennent douloureux si l’érysipèle doit se manifester à la tète -, ceux de l’aisselle et de l’aine s’enflamment lorsque l’érysipèle doit occuper le membre inférieur ou supérieur. Dans ces cas où un engorgement ganglionnaire précède l’inflammation à laquelle il vient ordinairement s'ajouter comme phénomène secondaire, on doit croire que là où l’œil ne voit rien encore , là où le malade n’éprouve aucune douleur, il existe déjà dans les capillaires lymphatiques ou sanguins une modification inaperçue dont rinllammation des ganglions est le premier effet.

Lorsque le gonflement des ganglions lymphatiques sous-cutanés et sous-aponévrotiques est porté à un degré plus considérable , qu’il en occupe plusieurs à la fois, et que l’inflammation dont ils sont le siège s’étend au tissu cellulaire voisin , on donne à ces tumeurs inflammatoires le nom de bubon y mot qui s’applique surtout aux engorgemens des régions axillaires et inguinales , et quelquefois aussi à ceux du cou et du jarret. On les nomme simples s’ils sont primitifs, chose qui est très-rare, ou s’ils succèdent à une irritation non spécifique plus ou moins éloignée. On les nomme syphilitiques et pestilentiels quand ils sont dus aux virus qui constituent ces deux affections : les premiers siègent ordinairement aux aines et se lient à la présence de chancres sur les parties extérieures de la génération; les seconds, qui appartiennent spécialement à la peste d’Orient, se montrent partout où les glandes lymphatiques sont groupées en certain nombre, dans les aines et les aisselles en particulier, quelquefois au jarret, à la région cervicale , et plus rarement aux joues ; et l’examen des cadavres a fait connaître que les ganglions lymphatiques situés profondément au-devant de la colonne vertébrale, participent souvent à l’engorgement inflammatoire des ganglions extérieurs (l). Les bubons syphilitiques et pestilentiels se terminent fréquemment par suppuration. Cette terminaison est rare, au contraire, dans les

(1) Be la Peste orientale^ etc. ^ par Bu lard. Paris, 1859,

DES SïMPTOMES.

bubons que les auteurs ont nommés simples. Lorsque l’engorgement occupe un grand nombre de ganglions à la fois , dans des régions différentes, et qu’il se présente sous forme chronique, il dénote l’existence d’un vice dans la constitution , et spécialement du xice scrofuleux.

Un symptôme particulier que présentent les glandes et vaisseaux lymphatiques à la suite de la suppuration ou des blessures de leur tissu est un écoulement de lymphe incolore, qui persiste quelquefois pendant un temps fort long, comme on l’a observé à la suite de quelques inflammations syphilitiques des glandes inguinales.

Quant aux altérations de la lymphe , son épaississement , son acrimonie, etc., ils n’ont jamais été constatés d’une manière précise : le raisonnement nous porte à croire que ce fluide, comme tous ceux qui entrent dans la composition du corps humain, est susceptible, dans l’état de maladie, de subir diverses modifications ; mais jusqu’ici ces modifications n’ont pas été l’objet de travaux sérieux; c’est un sujet d’études entièrement neuf, et entouré de difficultés si grandes qu’on n’entrevoit guère de moyen de l’éclairer, que les expériences et les recherches sur les animaux sains et malades.

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