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SECTION VI

Des Symptômes fournis par V absorption.

Nous venons d’exposer les principaux désordres que peuvent offrir les sécrétions et les excrétions ; il nous reste à parler de ceux que présentent les diverses espèces d’absorptions.

Nous ferons d’abord remarquer que dans un assez grand nombre de cas les troubles de l’absorption se confondent avec ceux de l’exhalation; le même phénomène, en effet, l’accumulation de sérosité, par exemple, dans la plèvre ou dans le péritoine , pouvant être également le résultat d’une diminution survenue dans l’absorption, ou d’une augmentation dans l’exhalation.

Mais il est d’autres circonstances dans lesquelles il est impossible de ne pas reconnaître l’effet de l’absorption : la disparition lente ou rapide du pus amassé dans un bubon , du sang extravasé sous la peau par suite d’une contusion , de la sérosité accumulée dans le tissu lamineux ou dans une membrane séreuse, sont évi- * demment des phénomènes que l’absorption seule peut produire.

L’ulcération primitive , celle qui n’est pas l’effet d’une perte de substance, de la séparation d’une eschare, est regardée par la plupart des médecins comme le résultat d’une absorption morbide qui agit sur les solides eux-mémes , et entraîne dans le torrent de la circulation les élémens qui les constituent.

Tout porte à croire qu’il existe entre les diverses absorptions quelque chose d’analogue à ce qu’on observe entre les diverses sécrétions : elles semblent se suppléer mutuellement. Ainsi, au moment où l’absorption est énergique dans le canal digestif, dans les heures qui suivent l’ingestion des alimens, par exemple, l’absorption extérieure, cutanée et pulmonaire, est vraisemblablement diminuée : elle devient certainement plus active le matin, avant le premier repas , puisqu’à cette époque de la journée le corps augmente de poids, comme l’ont démontré les expériences de ce célèbre Sanctorius , qui méritait d’avoir des disciples et des rivaux dans le genre de recherches auxquelles il s’est livré avec un zèle et une persévérance dignes d’admiration. Plusieurs praticiens pensent, non sans quelque apparence de raison , que les médicamens qui sont confiés à l’absorption cutanée , l’onguent mercuriel en friction , par exemple, doivent être préférablement administrés à ce moment du jour.

L’absorption de la graisse dans les vésicules qui la renferme , chez les sujets soumis à un régime sévère, vient encore à l’appui de cette opinion, que quand l’absorption ne s’exerce pas suffisamment dans une partie, elle augmente dans une autre. On peut en dire autant des effets avantageux qui résultent quelquefois d’une diète rigoureuse, dans le traitement de certains engorgemens : l’absorption qui, faute de matière, ne peut pas s’exercer dans le canal digestif, agit alors avec plus d’énergie sur les autres parties ; elle peut déterminer la diminution progressive d’un viscère hypertrophié, comme celle de tout le corps. La résolution^ dont il sera question plus loin, semble n’être autre chose qu’une absorption médicatrice.

Outre cette espèce de balancement qu’offrent entre elles , chez l’homme malade, les sécrétions d’une part et de l’autre les ab-

sorptions, il en est aussi qui lient ensemble les absorptions et les sécrétions. Dans le cours d’une phlegmasie aiguë, d’une pleurésie , par exemple , tant que la maladie fait des progrès et qu’un liquide séro-purulent est exhalé dans la plèvre, la peau est sèche et l’urine rare. Lorsque l’absorption commence à reprendre le liquide épanché, on voit souvent la peau s’humecter et l’urine couler en abondance. Des phénomènes analogues ont lieu et sont plus faciles encore à suivre dans la diminution progressive de l’anasarque et de l’ascite : souvent alors l’exhalation transmet au dehors par la peau , par les reins , par la membrane muqueuse des voies digestives, une quantité plus grande de liquide à mesure que l’absorption reprend dans les tissus séreux et cellulaire la sérosité qui y est épanchée. L’augmentation considérable de certaines sécrétions, de l’urine, par exemple, dans le diabètes, de la sérosité abdominale dans l’ascite , est nécessairement liée à une augmentation semblable dans l’absorption, et particulièrement dans l’absorption pulmonaire ou cutanée ; l’excrétion de vingt, de quarante livres d’urine chaque jour pendant plusieurs mois chez les diabétiques , une augmentation journalière de dix à douze livres dans le poids du corps chez quelques ascitiques , qui prennent à peine quelques livres de boissons ou d’alimens, ne laissent aucun doute à cet égard. En règle générale, quand l’absorption devient très-active dans quelques tissus ou dans quelques organes, les exhalations ou les sécrétions le deviennent dans d’autres, et réciproquement. C’est par l’application de cette loi au traitement des maladies que le médecin cherche à favoriser l’absorption des liquides amassés dans les membranes séreuses , en augmentant les sécrétions intestinale , urinaire ou cutanée, et qu’il parvient quelquefois à diminuer la sécrétion urinaire des diabétiques en provoquant une transpiration abondante.

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