NOTIONS GÉNÉRALES
1316. Bibliographie. — Schurig. Litholor/ia. Dresde, 176 i\, in-u°. Van Swieten. — (tVnïmeniana). — In aphor. \h\h.
PAXHOLUGJJi MliUJCALE.
Jolly. — ( Dans le Dict. de méd. et de ckir. pral., — t. IV ). — Pag. 373-89, Calculs en général; — ^. 389-^02 , Calculs en particulier.
1315. Définition. — Les maladies calculeuses sont des maladies déterminées et entretenues par la présence de certains corps étrangers, ou. plutôt produits anomaux , qui peuvent, à plus ou moins de litre, être tous désignés et, pour ainsi dire, génériquemcnt embrassés sous le nom de calculs.
Mais, hâtons-nous de le dire, celte définition n'en serait pas une véritablement, et nous laisserait dans un vague bien peu scientifique, si nous ne fixions en même temps avec précision ce que c'est qu'un calcul dans notre vocabulaire nosographique, et jusqu'où nous devons restreindre, jusqu'où nous devons étendre la portée de ce terme.
Qu'est-ce donc qu'un calcul, médicalement parlant? — (Calculusde Celse. — Mot qui veut dire naturellement, étymologiquement une petite pierre : car il est le diminutif de Calx, gén. Calcis, pierre à chaux, et même, en général, pierre quelconque.)
Celse et tous les autres médecins de l'antiquité n'ont, à ce qu'il paraît, guère connu, n'ont guère signalé d'autres calculs que les calculs urinaires. Mais, depuis les découvertes dont l'ère moderne fut redevable à une culture assidue de l'anatomie pathologique , on a communément confondu , et encore aujourd'hui confond-on assez volontiers, sous le nom de calcul, loutes les|concrétions pathologiques d'apparence pierreuse, quelque différentes qu'elles soient sous d'autres rapports. Delà, par exemple, les calculs du cœur, les calculs de la glande pinéale, etc., qui sont, tout bonnement, de simples ossifications. De là, aussi, la phthisie calculeuse , la cinquième des espèces admises par Bayle , ouvrage cité (771) , chap. III , et chap. IX , sect. IV : espèce fort rare , liée à ce que nous avons nommé la pétrification tuberculeuse (765. K.
776. C.a.), cette transformation maintes fois si salutaire, maintes
fois mais non pas toujours compatible avec le retour et le maintien d'une excellente santé. Ce qui, après tout, est un point unanimement convenu, c'est que les calculs urinaires et les calculs biliaires sont le type suprême, le véritable archétype des concrétions calculeuses. Or, ce me semble, il importe beaucoup, en fait de nosographie , de distinguer expressément : — d'une part, les concrétions pierreuses interstitielles, c'està-dire formées au sein même des tissus et à leurs dépens, produites, en un mot, par un vice dénutrition, par une hétérotrophie (690. K.) ; — et , d'autre part, les concrétions telles que les calculs urinaires, biliaires, intestinaux , etc. , qui se forment au dedans des organes creux , et s'y forment à titre de corps étrangers bien distincts et bien indépendans , soit par un vice de sécrétion, soit par quelque autre mode. C'est aux concrétions de ce dernier genre que nous jugerions couve-
MALADIES CALCULliUSliS. 1 -> /
nablc de réserver précisément, exclusivement, classiquement le nom de calculs.
Encore une remarque. Quoique, dans l'usage, et non pas cel les sans raison, les concrétions urinaires ne soient qualifiées du titre de calculs qu'autant qu'elles ont déjà une certaine grosseur, cependant entre les calculs urinaires proprement dits et la gravelle , ce sable fin ou grossier charrié avec les urines, il existe une telle communauté de nature, une analogie tellement étroite, que force nous est bien, en vérité, d'inscrire aussi la gravelle dans la famille des maladies calculeuses.
Ainsi donc, en dernière analyse, la famille des maladies calculeuses, telle que nous la reconnaissons , peut être parfaitement définie , complètement résumée, en une seule phrase que voici : — Maladies causées par la présence de concrétions plus ou moins volumineuses qui, en manière de corps étrangers, se forment dans la cavité des organes creux.
1316. Synonymie. — Lithiase (AiGiacrtç Hipp. — De At'Ooç, pierre, calcul) est un mot bien fait, assurément, pour s'appliquer à la désignation de toute maladie calculeuse. Adoptons donc ce terme. Car, combien de fois l'intérêt de la concision et de la netteté du discours ne réclamet-il pas comme une ressource commode et même nécessaire l'emploi d'un seul mot, au lieu d'une locution composée?
1317. Symptômes. — Ils sont dus à l'irritation nerveuse, hypérémique, ou décidément inflammatoire des organes dans lesquels les concrétions calculeuses séjournent ou cheminent, et quelquefois aussi, mais rarement , à l'obstruction plus ou moins complète de la cavité de ces mêmes organes.
1318. Quelques mots sous le point de vue nosographique. — Que les maladies calculeuses fassent un groupe éminemment naturel , c'est là un principe à l'abri de toute contestation sérieuse. Que ce groupe appartienne à la nosographie étiologique, c'est, à ce qu'il me semble, un point non moins vrai , non moins clair. Quoique les calculs prennent naissance à l'intérieur même de l'économie, ils n'en doivent pas moins, — telle est l'opinion de l'immense majorité des auteurs, — être considérés comme de véritables corps étrangers, tout aussi bien que les corps extérieurs qui s'introduisent contre nature dans les voies digeslives, respiratoires, ou autres. Et, certes, les accidens auxquels ces corps venus du dehorsdonnentlieu, et que la Pathologie chirurgicale deM. Nélaton a le devoir d'étudier, sont bien un des types les plus évidenset les plus positifs de la nosographie étiologique (67. Ji. e.). Pareillement à ces corps venus du dehors, les calculs sont non seulement la cause déterminante , mais encore la cause toujours présente, toujours agissante, de l'état morbide. Après cela , d'ailleurs , il faut bien reconnaître que, sous le rapport du faitmèmede formation et de développement des concrétions, — fait tout intérieur et dépendant, eu général, d'un vice de sécrétion, — la famille
des maladies calculeuses établit la transition enire la nosographie organique et la nosographie étiolpgique.
1319. Thérapeutique. — Dissoudre, expulser ou extraire les concrétions calculeuses : voilà les indications de la cure radicale. Mais, par malheur, trop souvent la nature des choses fait de ces trois indicationslà autant d'impossibilités.
Amender les effets névropathiques, hypérémiques et inflammatoires; provoquer à tout prix le déplacement du calcul, lorsqu'on reconnaît ou qu'on présume que l'obstruction d'une voie importante est due à une semblable cause : voilà les indications de la cure palliative, à laquelle nombre de fois , faute de mieux , force nous est bien de borner l'intervention de l'art.
1320. Genres qui doivent être étudiés dans le présent chapitre. — Ce sont seulement les trois genres que voici : 1° la lithiase du canal digestif, 2° la lithiase biliaire, 3° la gravelle. En effet, c'est à la Pathologie chirurgicale que revient de droit, et incontestablement, l'histoire d'un fort grand, nombre de calculs (calculs urinaires proprement dits , tant ceux du rein que ceux de la vessie ; calculs salivaires, lacrymaux, prostatiques, utérins, etc.). D'autres calculs, tels que, par exemple, les calculs pancréatiques , ceux de la citerne du chyle, etc., sont, eu vérité , des cas trop rares et encore trop peu connus pour que nous jugions à propos de leur consacrer des articles à part.
ARTICLE ZI