‹ Élémens de pathologie médicale (volume 2)Chapitre 15 sur 54 · LA PEAU DE L'HOMME ET Y PRODUIT DE GRANDES DÉMANGEAI' » SONS · texte numérisé non relu

LA PEAU DE L'HOMME ET Y PRODUIT DE GRANDES DÉMANGEAI' » SONS

AVillis. — (Pharmaceutice rutiunulis). Secl. m, cap. 6, Depsorâ, sine scabie cum, pruritu. — Sans séparer assez nettement la vraie gale d'avec les autres exanthèmes prurigineux d'apparence semblable, sans avoir la moindre idée de l'existence des cirons de la peau, Willis me paraît être le premier qui ait à la fois proclamé hautement : 1° le rôle important et pour ainsi dire indispensable de la contagion dans la production de celte m;iladie-là ; 2" l'absolue nécessité cl la suffisante puissance d'un traitement externe par le soufre ou le mercure.

BONOMI. Epistolache contiene osservazioni intoraoci pellicelli chl corpo umano. Florence, 1687, in-4°. — Lettre écrite à l'illustre Redi sur le ciron de la gale. — Réimprimée dans le tome II des Opère di Redi ^Venise, 1712, trois vol. in-8"). GOULARD. — ( Traité sur les effets des préparations de plomb. Pezenas, 1760, in-12.) Chap. VIII, De la gale. - Traitement par l'eau végéto- minérale. Son efficacité prouvée par des milliers de cures authentiquement certifiées.

SAUVAGES. — {Nosol. mcth.). — Class. X, gen. xxvili, Scabies. MORGAGNI. — {De sed. et cents, morbor.) Epist. LV, n. /i-9, — Cite Avenzoar comme le premier auteur qui ait signalé l'existence des cirons de la peau. Déclare avoir lui-même vu ces insectes dans un cas de gale survenue à une grande dame. Et n'en continue pas moins , ainsi que les anciens, à confondre, sous le nom de Scabies, ces cas-là et bien d'autres exanthèmes prurigineux auxquels , comme il le veut lui-même, une telle vermine est étrangère.

J.-P. Frank. — [De curandis honmium morbis epitome). LiD. IV, De impetiginibus, ord. II, Jmpetiginesdepascentes, gen.iv, Psora.

— Là, dès la fin même du siècle dernier, Jean-Pierre Frank traçait une bonne et judicieuse histoire de la vraie gale, bien et dûment envisagée comme étant produite parla présence d'une espèce particulière de ciron.

FOURNIER. — (Dans le Dict. des se méd. , — t. XVIII, p. 177-253.)

— Art. Gale.

Joseph Frank. — {Prax.med. universœ prœcepta. — T. VI , De morbis cutis chronicis). Cap. XV, De psora.

ALRIN GRAS. Becherches sur l'acarus , ou sarcopte de la gale de l'homme. Paris, 1834, in-8".

AimÉ. Considérations générales sur la gale et V insecte qui la produit. Th. inaug. Paris, 1836, n" 00.

Biett. — (Dans le Répert., ~ t. XIII, p. 535-67). — Art. Gale. — Avec un très intéressant appendice historique et bibliographique (p. 567-84), par M. Dezeimeris.

Ach. Riciiabd. — [Élêm. d'hist. nat. méd. Zoologie). Classe des Arachnides, 2" ordre, A. trachéennes. — Sarcopte de la gale (Sarcoptes scabiei Latreille).

Gibert. Considérations théoriques et pratiques sur la gale. (Dans le Journ. desconn. méd.-chù\, juillet 1845).

Bourguignon. Recherches entomologiques et pathologiques sur la gale de ï homme. (Dans la Rev. méd., décembre 1846 et janvier 1847). — Avec un Rapport de M. Léveillé à la Société M médecine de Paris, sur ce mémoire de M. Bourguignon.

1375. Définition. — Exanthème de forme essentiellement vésiculeuse (45. D. c. 3"), de nature éminemment contagieuse, et qui est produit par la présence de cirons d'une espèce particulière.

1376. Êtymologie.—A. Ga.Ua, en bonne latinité, désignait la noix de galle et peut-être aussi toutes les autres excroissances semblables que tant de végétaux, outre le Quercus infectoria , peuvent présenter par suite de la piqûre de quelque insecte. De là , disent quelques-uns, le moyen âge a pu fort naturellement détourner le mot pour la désignalion d'élevures cutanées, et surtout d'élevures causées par de petits°aniinaas, par des cirons, dont, assurément, dès ce temps-là, plusieurs médecins eurent la connaissance, depuis oubliée et perdue.

B. Mais, selon d'autres étyinologistes, Callus est le mot latin d'où notre terme de gale a tiré réellement origine. Calla et puis Galla dans la Iammé barbare, puis enfin Galle dans le vieux français, voilà , à ce qu'ils prétendent, les phases successives et évidentes de cette filiation Et, quant au point de vue sous lequel l'acception du terme se trouve ainsi naturelle et légitime, il est clair qu'une peau galeuse est une peau rude, apre, souvent couverte de squames et de croûtes et , pour ainsi dire, calleuse, surioilt dans les gales invétérées.

1377. Synonymie. - A. YÛP« des Grecs. -1 Scabies des Latins - \o.la les noms sous lesquels l'antiquité connut et désigna, nous ne voulons pas le nier, la gale, la vraie gale, la gale contagieuse , mais sans la distinguer suffisamment , formellement, spécifiquement d'avec d'autres exanthèmes prurigineux d'une tout autre nature.

B- Rogne : trhialement, pour signaler avec un sentiment de mépris et d horreur la gale invétérée. ' '

1378. Aperçu historique. - A. Que la gale soit une maladie des plus anciennes dans le monde , et que notre espèce y ait été sujette do emps immémorial; c'est ce que nous sommes des premiers à reconnaî'ire et a profer b.en haut. Mais, encore un coup, l'antiquité ne sut pas la d,sl,nguer clairement et complètement. Tout en ayant très hier

ni' 12

178 PATfior.oGiii Mhwr.Aî.r.

vu la contagion de h gale, tout en l'ayant très bien proclamée, notamment par la voix d'Arislote et de Galien , l'antiquité toutefois ne se fit pas une idée nette et précise de cette maladie , qui restait alors confondue avec divers exanthèmes non contagieux. Celse prétend bien , il est vrai, poser et décrire, sous le nom de Scabies ( Lib. V, c. il , sect. lû , — 16°) , une maladie cutanée entièrement à part. Mais, quoi qu'en dise mon savant ami M. Dezeimeris, nous ne saurions, dans celte description, où, par parenthèse, il n'est pas fait mention de la contagion, reconnaître une esquisse dermatographique et symptomatologique de la gale; nous y reconnaîtrions plutôt, avec certains dermatologues d'une grande autorité, le lichen agrius (378.). Toujours est-il , surtout, que l'idée de n'y voir que la gale, rien que la gale, ni plus ni moins, me paraît une thèse insoutenable. Mais, dira-t-on, Celse recommande contre celte maladie le soufre, le natron (nitram des anciens, carbonate de soude), le goudron, etc., etc. ; toutes substances assurément acaro-toxiques et bien faites pour guérir les galeux. Oui, sans aucun doute. Mais, en vérité, est-ce bien connaître la gale que de prescrire indistinctement une médicamentalion antipsorique aux galeux et aux sujets affectés de quelque autre exanthème prurigineux? De cette façon, les galeux guériront infailliblement et en peu de temps; les autres, s'il plaît à Dieu et quand il lui plaira. Eh bien , la médecine de Celse ne me paraît pas avoir été plus savante que cela. Et , après tout, quoi de moins surprenant ? quoi de plus naturel , puisque la confusion nosographique et thérapeutique dont il s'agit régna si longtemps encore dans la science, et qu'encore au XVIIe et au xvmc siècle elle entacha les écrits, et , par conséquent aussi, la pratique des pathologistes les plus éminens? Ainsi Whïis, Morgagni, Sauvages, Lorry, etc., etc., ont-ils mêlé à l'histoire de la vraie gale la considération de prétendues gales épidémiques, de prétendues gales critiques, de prétendues gales rentrées, etc., surcharge illégitime du sujet en question, et source d'idées fausses. A vrai dire, c'est aux auteurs du xix« siècle qu'il faut que nous arrivions pour voir enfin la gale, la vraie gale bien et dûment distinguée, fidèlement décrite, envisagée philosophiquement et sans l'impur alliage de préjugés erronés et chimériques. Alibert, par exemple, et c'est là un de ses plus solides mérites, a mieux apprécié, mieux signalé qu'aucun de ses devanciers, les traits caractéristiques qui différencient la gale d'avec ce qu'il appelle leprungo, notre hypertrophie papulo-prurigineuse de la peau (711.) , espèce nosographique dès lors reconnue par tout le monde pour être une espèce a par , et dès lors irrévocablement acquise à la science. Biett, dans un article du Dict. de méd. en vingt et un vol. , article depuis reproduit a fort peu de changement près par le ftépemiïe, a tracé, et H fut, je croîs le premier, une description parfaite de la gale , une description au exacte et aussi complète que possible , en ce qui concerne du moins les apparences purement dermatographiques, et indépendamment de la

\IAl.\lHi:s CUTANâflfi l'Ail l'Ui:siù\cr. bJetres PARASITES. I0D connaissance du ciron auquel est due l'existence de cette maladie.

B. Quant à ce qui regarde l'historique de cet insectc-là, le plus ancien auteur où nous puissions retrouver quelque mention de ce parasite quasi imperceptible delà peau humaine, c'est l'Arabe Avenzoar, qui, au xuc siècle, comme' on sait, pratiqua si glorieusement la médecine' en Espagne et au Maroc. Mais, depuis lors et jusqu'à la fin du xvnc siècle, silence complet là-dessus chez tous les maîtres de l'art. Guy de Chauliac, Fernel. Ambroisc Paré, Bâillon, Sennerl, Willis n'en disent pas un mot, pas un seul mot. Et pourtant , à en juger du moins d'après deux passages de Rabelais, ce bouffon aussi merveilleusement savant que spirituel, et qui fut médecin avant d'être curé, il est à croire que la connaissance des cirons de la gale ne s'était pas complètement perdue. Si elle n'était pas devenue une vérité classique, si elle n'avait pas pris rang et acquis force de loi parmi les dogmes de la science officielle, elle avait du, sans aucun doute, se maintenir et se perpétuer par voie de tradition populaire dans les plus bas étages de l'ordre social, notamment parmi les grandes réunions de forçats, de truands , de gens malpropres et misérables. Au milieu d'un ramas de galeux , comment ne s'en serait-il pas toujours trouvé quelques-uns qui, avec de bons veux , aperçussent très bien et pour ainsi dire nécessairement les cirons des mains galeuses et devinssent très experts à les ôter , à les prendre sur la pointe d'une aiguille? Que nous semblera-t-il même de plus probable sur la question de savoir si Avenzoar avait lui-même découvert la chose , ou s'il n'en a parie et très peu , très brièvement parlé , que pour l'avoir apprise de pareilles gens ? G est par les galeux du bagne de Li vourne, que , vers la fin du xvir siècle , l'apothicaire Cestoni fut instruit à retrouver le ciron de Ja gale : de la, ses savantes observations publiées sous le nom du médec.n Bonom. et dans la forme d'une lettre à l'illustre Redi en voyant les femmes du bas peuple de la Corse opérer dexlrement ('"extraction de 1 insecte morbifique du fond de son sillon juxla-vésiculaire

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dresse . g ace a laquelle ensuite, il put, venu à Parisen 183/,, remplir e beau et utile rôle de démonstrateur d'une vérité parmi non tombée

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rait-on en effet? Quoique attestée par les écrits de Redi, de Morgagni

de Linne, de De Géer, etc., quoique constatée dans les première années de notre siècle , à l'hôpital Saint-Louis, ^fa^X-de

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enc française. Déjà posée en dogme, avec toute l'importance qu'elle

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de pathologie justement renommés et vraiment classiques , mais malheureusement peu lus et surtout peu étudiés en France elle é, ït ' , ipeme enviée a Pans comme une hypothèse digne d'aTten^l',

181) PATH0I.QGI1S MKMCAI.K.

l'impulsion une fois donnée par M. Renucci, combien Paris n'a-t-il pas vu d'observateurs se metlre à l'œuvre; qui pour la simple et modeste tâche d'apercevoir et d'enlever les cirons ; qui pour les examiner et les décrire minutieusement à l'aide de la loupe et du microscope; qui, enfin, comme mon ami M. Aubé, pour épier leurs allures et leurs mœurs! Aujourd'hui, donc, l'existence des rirons de la «aie est un fait hors de toute contestation, un fait passé à l'état de vérité classique. El, quoique certains esprits singuliers en méconnaissent encore l'importance , et fassent maintes objections sophistiques contre l'évidence du rôle essentiel de l'insecte dans le développement et la persistance de la maladie, il y a tout lieu de croire que ce point d'entomologie pathologique ne retombera plus dans l'oubli; qu'il ne pourra plus être obscurci et étouffé dans les ténèbres des vieilles erreurs de la médecine.

1379. Êtiologie. — A. Le ciron de la gale (Acanis scabiei de Linné et de De Géer) appartient à la classe des Arachnides, ordre des Arachnides trachéennes, famille des Holètres, tribu des Acaridcs, tribu que constitue tout entière le seul genre linnéen Acarus , aujourd'hui partagé en plusieurs genres. Et auquel de ces genres appartient-il? C'est au genre Sarcoptes (suivant la classification eniomologique de Latreille). Et hâtons-nous de le dire, le Sarcopte qui constitue la gale chez l'homme est une espèce entièrement à part (Sarcoptes hominis); ce sont d'autres espèces de Sarcopte, peu différentes de celle-la, il est vrai, mais enfin plus ou moins différentes sous le rapport du volume et de la structure , qui ont été trouvées chez les animaux , chez le chien, le chameau , le phascolome, etc. Il en est de cela comme à l'endroit des poux : les poux de l'homme ne sont-ils pas tout autres que ceux du bœuf, de l'âne, etc. ? Quoi qu'il en soit, le sarcopte de l'homme est la seule espèce qui ait été jusqu'ici soigneusement observée , minutieusement décrite. Je me bornerai à rappeler ici : \" que celle arachnide parasite, à peine grosse comme la tête du plus fin camion, et presque totalement blanche , j allais même dire incolore, échappe et doit échapper en général à la vue ; 2» que cependant elle est visible à l'œil nu, visible dans son terrier sousépidermique pour qui sait la chercher et la regarder où elle est, visible pour tout le monde une fois extraite et isolément exposée sur une lame de verre , sur l'ongle, etc. ; 3" que , vue à la loupe , elle offre dans sa configuration générale une sorte de ressemblance avec la tortue; /, .■■ qu'elle se montre douée d'une consistance assez coriace pour faire entendre, sous l'ongle qui l'écrase, un petit craquement; 5" qu elle habile non pas dans les vésicules où on ne la rencontre que très rarement et par exception, mais à côté, de ces vésicules, ei au bout d'une sorte de sillon sous-épidermique qui en pari et qu'elle s'est elle-même creuse comme en fuvant loin de là ; 6" qu'elle paraît être un animal nocturne, qui, comme l'a punaise, comme la smaridie des moineaux, etc. se : nuu , oi à la lumière du jour, et ne se mot guère en act.v.lé qu à la faveui

des ténèbres, ainsi que l'a ingénieusement démontré M. Aubé; 7" enfin, qu'on ne sait pas du tout s'il y a ou non deux sexes parmi celte espèce d'aniiuaux-là , mais que certains observateurs assurent en avoir aperçu quelques-uns en train de pondre. Pour de plus amples détails sur l'anatomie et la physiologie du sarcopte humain, je renvoie aux Traités d'entomologie et surtout aux Monographies.

B. Voici succinctement les preuves qui démontrent que le sarcopte est réellement la cause déterminante de la gale.

«. Premièrement, présence constante des sarcoptes chez les galeux; du moins, tant qu'une médicamentalion acaro-toxique n'a pas été commencée. Ces insectes ne manquent jamais d'être découverts par une personne experte. Et ce n'est pas seulement sur les mains qu'on peut les rencontrer, mais encore partout ailleurs. M. Aubé, entre autres, homme aussi véridique que profondément versé dans les observations entomologiques, nous rapporte qu'en examinant, par exemple, le ventre des malades, il a trouvé là des sarcoptes, tout aussi bien qu'entre les doigts.

g. Deuxièmement, contagion de la gale, mais à condition d'un mode visible de contact (96. A. «. 6.). Condition sine quâ non. Jamais la gale ne se transmet par voie de contagion invisible et à distance, si peu d'espace qu'il y ait de laissé entre un individu sain et un galeux. Pour gagner celte maladie , il faut, par exemple, loucher la main d'un galeux , ou, mieux encore, la tenir, l'étreindre, la caresser ; il faut, et c'est là le cas le plus commun de réalisation d'une telle contagion , coucher côle à côte d'un galeux ; il faut s'affubler des hardes qu'un galeux a portées ; bref, il faut cela, ou tout autre rapport analogue. A cet égard, je ne crois pas hors de propos de remarquer que, tout compte fait, selon une évaluation fort plausible de M. Aubé, la fréquence des cas dans lesquels on contracte la gale par suite d'une imprudente communauté de lit, relativement à ceux dans lesquels on la contracte pour avoir été en contact , de jour, avec les vêtemens ou même avec la peau d'un galeux, paraît devoir être approximativement formulée comme étant vingt fois plus forte : ce qui, d'ailleurs, s'explique très bien par les mœurs nocturnes du sarcopte. Notons, enfin, qu'il faut même, en général, pour la transmission de la gale, un contact d'une certaine durée ; il n'est pas impossible, mais il est rare qu'un contact de peu d'instans suffise à communiquer le mal.

y. Troisièmement, production expérimentale de la gale par l'application du sarcopte sur une peau saine. C'est ce que Galès autrefois , c'est ce que, de nos jours , M. Albin Gras et M. Aubé ont éprouvé et vu sur eux-mêmes. Pour cela , que faisaient-ils? Ils prenaient le sarcopte, rappliquaient vivant et grouillant à leur propre bras, l'emprisonnaient là sous un verre de montre fixé à l'aide de bandelelles agglulinatives; ils ressemaient tout aussitôt de la démangeaison , puis au bout de

quelques heures ils trouvaient la vésicule scabieuse bel et bien développée et l'animalcule établi dans le sillon juxta-vésiculaire. Ce n'était là, bien entendu, qu'un faible commencement de gale, mais un commencement très bien caractérisé et qui, certainement, n'eût pas manqué , sans l'intervention de la térébenthine ou de quelque autre substance acarotoxique, de s'étendre et de s'accroître progressivement et d'avoir, en un mot, son plein et entier effet.

S. Quatrièmement, impossibilité de communiquer la gale par l'inoculation de la sérosité des vésicules. Impossibilité déjà constatée autrefois par les expériences de M. Lugol et de son élève Mouronval , et, dans ces derniers temps encore, par celles de M. Albin Gras. Or, si les premiers expérimentateurs , dans leur ignorance ou leur incrédulité à l'égard du sarcopte, ont été conduits à regarder ta contagion de la gale comme un mystère inexplicable , et peut-être même sujet à la controverse et au doute, une pareille conclusion ne nous paraît, pas plus qu'à M. Albin Gras , avoir droit de se maintenir, aujourd'hui surtout qu'il n'est plus du tout permis de rejeter le sarcopte au nombre des animaux fabuleux.

E. Cinquièmement , nature exclusivement cutanée et même super firiclle de la gale : maladie immonde , ignoble , honteuse , mais qui se concilie fort bien avec un état parfait de tout l'intérieur de l'économie; maladie qui peut durer des années, des lustres, voire même toute une vie d'homme, sans gravement compromettre la santé , comme cela se voit parmi certaines populations misérables , sales, et fort arriérées en civilisation.

Ç. Sixièmement, rapidité constante de la guérison par une médicamentation acaro-toxique. Voir ci-après le numéro thérapeutique.

n. Septièmement , enfin, possibilité de la guérison par lû simplr • rlraction de tous les sarcoptes. C'est ce que M. Renucci a déclaré avoir fait exécuter une fois sous ses yeux , chez un enfant , et avec un plein succès. Absolument de la même manière qu'il m'est arrivé , dans le cours de ma pratique , de délivrer quelques gens de phthiriase pubienne sans médicamentation parasiticide , mais en faisant extraire une

à une bêtes et lentes.

Méditez donc, lecteur, toutes les raisons qui précèdent , et tirez vousmême la conclusion, Ne voyez-vous pas là une analogie des plus frappantes et des plus complètes avec les cas où la peau est occupée par d'autres parasites . tc!s<|ue les poux ? -

C. Le développement de la gale par contagion : voilà re que nous voyons arriver journellement. Mais est-ce donc à dire que le développement ne s'en fasse jamais autrement et en dehors de celte condition-là ? Non pas, certes. Et quani à nous, qui croyons à la génération spontanée de maintes espèces des degrés inférieurs <lu règne organique, et qui ne répugnons pas absolument à admettre pour le compte des

MALADIES CUT AN EliS PAU PRÉSENCE D'ÊTRES PARASITES. 183

poux, par exemple , la réalité d'un semblable phénomène , à Dieu ne plaise que nous nous inscrivions en faux contre la possibilité delà génération spontanée des sarcoptes ! Mais toujours est-il, je dois le dire, qu'on ne saurait trouver dans les annales de l'art aucun fait authentique de cette sorte.

D. Il importe de remarquer que certaines professions font obstacle au développement de la gale, et constituent à cet égard une exemption plus ou moins complète. Les vidangeurs et les égoutiers, par exemple, jouissent d'une immunité absolue, à raison, évidemment, des exhalaisons ammoniacales et hydrosulfureuses au milieu desquelles ils travaillent, et qui ne peuvent qu'être mortelles à la frêle existence du sarcopte. Les teinturiers et autres ouvriers qui plongent sans cesse leurs mains dans l'eau très chaude et plus ou moins chargée de matières acides, alcalines, acres , ne les voient jamais atteintes par la gale; ils les ont tout à fait inaccessibles à ce mal , ce qui est une chance de moins pour le contracter sur le reste du corps.

E. Il paraît démontré que la gale peut fort bien se transmettre des animaux à l'homme, quoique les sarcoptes de ceux-là ne soient pas de la même espèce que le nôtre. On en a des exemples dans les écrits des médecins et surtout des naturalistes. Et, pour ma part, je ne doute pas que les quelques observations, ça et là publiées, de prétendue contagion des dartres d'un animal à l'homme n'appartiennent à la même catégorie , à la catégorie des gales qu'on pourrait nommer gales d'origine bestiale.

1380. Symptomatologie. — A. Ce sont, je le répète, des vésicules qui constituent la forme essentielle, caractéristique, j'allais dire pathognomonique, de l'exanthème galeux ; et ces vésicules sont petites, acumiuées, éparses, toutes exactement pareilles ou à peu près, et beaucoup d'entre elles avec un sillon annexe des plus distincts et des plus faciles à voir. Elles apparaissent d'abord sur la région qui a subi le contact immonde: aux mains, par exemple, chez celui qui a trop longtemps et trop imprudemment caressé une main galeuse ; aux fesses, chez les enfans à la mamelle , ordinairement du moins (car ordinairement c'est par là qu'une nourrice leur communique la maladie , assis qu'ils sont toute la journée sur ses bras) ; à l'abdomen ou aux cuisses , chez tel ou tel qui vient à contrarier la gale dans un rapprochement sexuel qu'il accomplit à la hàle et sans s'être entièrement déshabillé. Une fois apparues sur une tègion quelconque , je suppose le mal abandonné à lui-même, elles se propagent de proche en pioche et vont ainsi se mullipliant sur toute ou presque toute la surface du corps. A mesure qu'elles crèvent et disparaissent, il en revient do nouvelles; et c'est ainsi que la gale peut se perpétuer indéfiniment chez l'individu dont elle s'est emparée. C'est pWtÇOt aux endroits où la peau présenle le plus de délicatesse dans sa texture, où l'épidémie a le moins d'épaisseur , que se forment et qu'a-

18a PATHOLOGIE MÉDICALE.

boudent les vésicules scabieuses. Quoi qu'il en soit , au surplus , à ce vice matériel de la surface cutanée se joignent des démangeaisons plus ou moins vives, parfois atroces et tout à fait insupportables; elles ont en général leurs exacerbations durant la nuit , évidemment à cause des mœurs nocturnes du sarcopte, qui, surtout alors, se met en mouvement, se promène deçà et delà, fait ses fouilles sous-épideruiiques. Un semblable état de souffrance varie d'intensité, non seulement selon le degré d'étendue et de confluence de l'exanthème , mais aussi selon la sensibilité plus ou moins exquise, plus ou moins irritable, de l'individu. Ne sait-on pas, par exemple, que maints paysans de la basse Bretagne ou des Asturies , tout couverts d'une gale qui leur dure toute la vie , se sentent à peine incommodés , et ne se plaignent pas plus qu'ils ne rougissent d'un mal si honteux ? Telle femme nerveuse, au contraire, pour un petit nombre de vésicules scabieuses , s'écrie déjà qu'elle est au supplice , qu'elle souffre le martyre. En général, toutefois, les rares vésicules par lesquelles le mal débute passent souvent inaperçues, n'entraînant avec elles que très peu de prurit, si peu que rien , ou même point du tout à la lettre. De là, la doctrine 'des anciens auteurs sur une période d'incubation de la gale , dont l'invasion n'était censée avoir lieu qu'un certain nombre de jours après les rapports contagieux , tandis que, dans la réalité , il n'y a là rien de comparable à l'incubation de la variole, de la syphilis et autres maladies virulentes. De fait, comme on s'en est assuré par expérience et comme nous l'avons déjà noté, aussitôt qu'un sarcopte a pris pied sur la peau, il ne tarde que peu d'instans à y faire naître des vésicules; bref, la gale succède tout de suite à la contagion.

B. Outre l'exanthème vésiculeux et caractéristique dont je viens de tracer une esquisse, la peau , irritée par la présence des sarcoptes , irritée par les coups d'ongle dont on la laboure en se grattant, peut aussi, comme en cas de phlhiriase, comme après les piqûres de puces et de punaises, devenir et devient en effet bien des fois le théâtre de divers autres phénomènes éruplifs, papules, pustules psydraciées ou phlyzaciées, etc. Bref, en d'autres termes, la gale se complique bien des fois d'hypertrophie papulo-prurigineuse, d'éry thème, d'impétigo, d'eczéma, d'ecthyma, etc. D'où, chez les anciens, la confusion, même théorique et nosographique, de la gale avec des éruptions qui ne s'y trouvent surajoutées que deutéropathiquement et accidentellement. D'où aussi, de nos jours encore et pour les médecins les plus expérimentés, la difficulté pratique, clans certains cas du moins , de ne pas méconnaître la gale surchargée et comme masquée d'un attirail hétérogène.

C. La durée indéfinie, perpétuelle, de la gale abandonnée à ellemême, voilà la règle , sans doute. Mais il n'est pourtant pas impossible que la guérison spontanée d'un tel mal advienne en certains cas. Quoique, à vrai dire, je n'en connaisse pas d'exemple authenliquement cou-

slaté, cependant, pour ma part, cela ne me paraît pas susceptible de doute. La plupart des auteurs s'accordent à répéter par une sorte de tradition qu'on a vu maintes fois la gale , sous l'influence des maladies fébriles et graves , s'amender momentanément , voire même disparaître sans retour. Il doit y avoir là un fondement de vérité. On conçoit sans peine, en effet . que certaines modifications morbides de la sueur , ou de la transpiration insensible, puissent nuire au sarcopte, et lui être meurtrières.

1381. Un mot touchant le diagnostic. — Vu les bornes où il faut que je me renferme, je ne puis entrer dans les nombreux détails qu'exigerait , même sous forme de simple essai, un diagnostic comparatif entre la gale et tous les différens cas qui sont de nature à la simuler ou à la masquer. Après tout, sachons-le bien, mieux vaut ici, cent fois mieux vaut un œil habitué à voir les galeux qu'une mémoire bourrée de phrases différentielles, et, s'il est permis d'ainsi dire, d'antithèses séméiologiques. En général, et sans compter même les renseignemens qui ont trait à la contagion et au prurit , un coup d'œil expérimenté sait fort bien, au premier aspect, reconnaître la gale d'après la forme, la situation, le mode de dispersion générale des vésicules , et, à la rigueur, il n'est pas besoin alors de constater la présence des sarcoptes, constatation qui toutefois, dans les cas de douteuse apparence , est seule décisive, seule pathognomonique. Après tout, il n'y a qu'une seule maladie qui puisse véritablement, je dirais presque légitimement, en imposer pour la gale : c'est l'eczéma simple (357. B. «.), qui n'a d'ailleurs ni la qualité contagieuse , ni ordinairement non plus la chronicité, ni les fureurs prurigineuses de celle-là. Mais , d'un autre côté, dans les gales invétérées, les exanthèmes deuléropathiques , papuleux , pustuleux, croûteux , etc. , peuvent avoir acquis un degré excessif d'importance et de développement, de telle sorte qu'ils fassent méconnaître l'exanthème primitif, la cause première de l'horrible état de la peau. Quoi qu'il en soit, toutes et quanies fois nous n'avons pas à première vue une certitude complète, ne parlons qu'avec circonspection et réserve, ou même ne parlons pas du tout ; car il est également fâcheux, en fait de contagion , de sonner mal à propos l'alarme ou d'autoriser une fausse sécurité. Procédons alors à la recherche du sarcopte , ou du moins prescrivons , sans mol dire , un traitement antipsorique à litre de médecine exploratrice.

1382. Thérapeutique. — (132. A. 6.). — A. Exterminer les sarcoptes par l'application méthodique de l'un quelconque de ces agens si nombreux , si divers, qui possèdent une vertu acaro-toxique : voilà la partie essentielle du traitement de la gale ; voilà ce qui suffît rigoureusement dans l'immense majorité des cas du moins, sans que nous ayons le moins du monde à redouter l'éventualité des accidens de répercussion , celle vieille fantasmagorie de la pathologie psorique. Atteindre le but de la façon ta plus prompte , la moins coûteuse et la moins incoin-

mode que possible : voilà où gît la perfection , en quoi d'ailleurs les moyens à préférer ne seront pas toujours les mêmes , mais, comme de juste, variables selon les temps , les lieux et les personnes.

«. Les médicamens sulfureux ont, de tout temps , passé pour être d'excellens spécifiques contre la gale ; aujourd'hui encore ils jouissent d'une très grande vogue ; assurément, ils ne laissent pas que de la mériter. — Fleurs de soufre , incorporées au cérat , au beurre , à l'axonge, etc.: par onctions à pratiquer deux ou trois fois par jour.— Foie de soufre (polysulfurede potassium), en solution dans l'eau, avec ou sans addition d'un acide , tel que l'acide chlorhydrique , qui fasse naître un abondant dégagement d'hydrogène sulfuré : pour bains ou, plus simplement, pour lotions.— Linimentsavonneux hydrosulfuré (Codes, u° 627), ou pommade de Jadelot ( y Savon blanc, 500 grammes ; Huile d'oeillette, 1 kilogr.; Foie de soufre, 96 gramm.).— Pommade d'Helmerich, dans laquelle on adjoint au soufre le carbonate potassique pour adjuvant (y Axonge, 72 gramm. ; Fleurs de soufre, 8 gramm. ; Carbonate potassique, U gramm. — Dose quotidienne, pour deux frictions, pour la friction du malin et celle du soir).— Poudre à canon, humectée d'eau, et, encore mieux, d'alcool : recette militaire et maintes fois mise à l'épreuve avec un plein succès, du temps des grandes armées et des grandes guerres de l'Empire, comme nous l'assure l'auteur de l'article Gcdeàu Dict. des sciences média. , p. 209.— Pommade anlipsorique du Codex, ni 558 ( ¥ Axonge, 1 kilog. ; Fleurs de soufre , 250 grammes ; Chlorhydrate d'ammoniaque, 16 gramm ; Alun pulvérisé, 15 gramm.). — Sulfure de chaux (foie de soufre calcaire, poudre de Pyhorel) : sous forme de Uniment ou de pommade.— Voilà autant de remèdes qui ont fait leurs preuves; et nombre d'observateurs, et des meilleurs, en attestent la prompte efficacité ; ils ont vu la gale y céder ordinairement en l'espace de sept ou huit jours, et quelquefois même dès le troisième ou deuxième jour du traitement ( témoignage que, par exemple , M. Burdin a rendu en faveur de la pommade d'Helmerich). - Bien plus, il parait, d après le témoignage de certains auteurs, que le soufre, même pris à l'intérieur, exerce encore, de celle façon-là, son pouvoir anlipsorique. W illis, par exemple, nous apprend que, de son temps, on en prenait dans du lait pour se guérir de la gale, que c'était, là une médecine populaire et a l'usage des pauvres gens. On comprend sans peine, en effet, que Je soufre , une fois absorbé intérieurement , puisse communiquer a la transpiration une propriété acaro- toxique. Qui sait s'il ne s opère pas alors une élimination d'hydrogène sulfuré par les pores de la peau Mais toujours est-il , après tout , que l'usage externe du soulre et de ses préparations constitue une méthode bien meilleure et bien plus

SU 7. Mais combien n'v a-t-il pas encore àW<m>mH<mmtipW1** dont la venu a été pareillement éprouvée !- Pommades mercurielles. K s

quelles n'ont même pas besoin, au dire de quelques auteurs, d'être appliquées à tontes les parties scabieuses, mais seulement à une région quelconque du corps pendant un certain temps, pour opérer une cure complète de la gale , et ne peuvent, assurément, entraîner des accidens de mercurialisme , salivation , vertige ténébreux , coma , etc. , qu'autant qu'elles seraient employées avec une imprudence inconcevable, avec une persistance insensée. — Lotion alcaline du Codex, n° 615 ( if Carbonat. potass , 64gramm. ; Eau commune, 1 kilogr.). — Liniment ammoniacal (Codex, n° 623), et autres linimens préparés avec la même base. — Hydrochlore, reconnu pour efficace par notre illustre chimiste M. Thénard.

— Camphre en liniment, ou sous toute autre forme de médication externe.

— Décoction de tabac. — Poudre de staphisaigre. — Frictions avec l'herbe aux gueux (Clematis vitalba). — Décoction desfeuilles etde la racine de dentelaire (Plumbago europœa), en mélange avec l'huile d'olive : remède fort usité en Provence. — Infusion de menthe poivrée, surtout quand cette infusion est très chargée. — En un mot, on peut dire que les substances caustiques, acides, alcalines, acres, narcotiques, ou fortement aromatiques méritent, pour la plupart du moins, d'être rangées dans la catégorie des antipsoriques.

y. Entre tant de moyens divers, la térébenthine me paraît être un de ceux qui méritent le mieux notre préférence ; et, pour ma part, depuis plus de douze ans , je ne prescris guère d'autre remède aux galeux qui viennent me consulter. Tant ce remède est simple, peu coûteux, d'un emploi commode, et d'une efficacité aussi prompte que certaine ! Employée pure, et appliquée à l'aide d'une éponge, d'un pinceau, d'un chiffon, sur toutes les parties scabieuses; appliquée une seule fois, mais avec soin, et de façon, notamment, à bien imprégner les aisselles , les jarrets et autres régions creuses et sinueuses; appliquée une seule fois , oui une seule fois, elle procure une complète guérison de la gale. C'est là un traitement de quelques minutes. 11 extermine immédiatement tous les sarcoptes; et dès lors la peau revient d'elle-même à l'état naturel, ce qui ne tarde guère plus de huit à dix jours. Combien de personnes aije guéries ainsi dans une courte séance, en opérant ou en surveillant moi-même l'exacte application du remède ! Quand le médecin ne peut lui-même ni opérer ni surveiller la chose, il doit supposer une certaine négligence d'exécution ; et, afin de prévenir les insuccès qui pourraient avoir lieu parle fait d'une semblable négligence, mieux vaut donc qu'il prescrive au patient de réitérer l'emploi de la térébenthine matin et soir pendant deux jours de suite. Telle est du moins la règle que j'ai cru à propos de m'imposcr dans ma pratique. Aussi n'ai-je jamais vu échouer la médicamenlali<>n dont je me fais ici le garant et le prôneur. Pour atténuer l'impression à ne et cuisante que la térébenthine pure produit sur la peau, et qui ne laisse pas que d'être malaisément endurée, surtout chez des femmes nei*vetwe«, douillettes et par trop irritables, on n'a qu'à

mélanger la térébenthine avec une quantité égale, double, triple ou quadruple, d'huile d'olive ou d'amande douce. Mais, en revanche, avec la térébenthine pure, le patient échappe, et c'est bien quelque chose, à l'inconvénient d'avoir sa peau toute graissée, son linge de corps tout sali, et, souvent, ses vêtemens de dessus atteints eux-mêmes de maculature. Vu l'extrême évidence avec laquelle se manifeste la propriété antipsorique de la térébenthine, nous étonnerions-nous d'apprendre que , dans certains ateliers où l'industrie fait grand usage de cette matière, les ouvriers aient connaissance de la propriété dont il s'agit, et qu'ils sachent ainsi se guérir eux-mêmes de la gale? Pas le moins du monde, assurément. Et, par exemple, en effet, c'est là un remède bien connu dans les fabriques de papiers peints, au faubourg Saint-Antoine, et qu'on y emploie non seulement pour la gale , mais encore, à tort et à travers, pour maintes autres éruptions d'apparence plus ou moins semblable.

B. Il n'est pas indispensable, mais il est bon, avant, pendant et après l'emploi des médicamens antipsoriques , de prescrire des bains. De là , en effet, le triple avantage de pourvoir à la propreté de la peau, d'atténuer l'impression irritante de la médicamentation parasiticide , et de porter remède aux phénomènes éruptifs qui sont, une suite ordinaire d'une semblable médicamentation.

C. A-t-on affaire à une gale invétérée , à une gale par l'effet de laquelle la peau est depuis longtemps le siège d'une production continuelle de pustules et de croûtes : il est clair que c'est là une sorte de vaste exutoire, une habitude excrétoire, dont la suppression exige rationnellement certaines précautions, et notamment l'administration méthodique de quelques purgatifs.

ARTICLE V

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