PRÉSENCE DE LA MITE DES FAUCHEURS , OU MITE AUTOMNALE
1383. Bibliographie. — (292.) — LORRY. — Tractatus de morb. cutaneis.) Pars II, sect. I, c. 3, art. 3 (Dans les deux premiers alinéa). — Évidemment, il fait mention du rouget (Animalculum pusillum rubrum. — Pedicuius levis et rubens) , quoique d'une façon confuse et bien peu savante.
Latreille. — (Dans Le Règne animal de Cuvier. — T. IV, p. 290). Tribu des Acarides : — Le Lepte automnal.
138i Bref aperçu. — A. Le lepte automnal ( Leptus autumnalis de Latreille", Acarus autumnalis de Georges Shaw), - vulgairement Mite des faucheurs, ou Mite automnale , comme nous avons mieux aime le dire dans l'intitulé de notre article, ou bien Rouget, Bête d'août, — et
que sais-je encore? —est une acaride de la sous-tribu des Micropbthires de Latreille, loutes espèces parasites, — toutes espèces hexapodes, au lieu d'avoir huit pattes comme les autres arachnides, — et justifiant par conséquent, sous ce double rapport, la dénomination commune qui leur a été imposée (comme qui dirait de petits poux. — Mixpôç, petit; $Qeîp, pou.) L'espèce particulièrement ici en question est la seule qui soit connue, entre toutes celles-là, pour s'attaquer à l'homme. C'est en automne qu'on la voit fourmiller sur les graminées et sur d'autres plantes. Deux fois gros comme le sarcopte humain , ce qui n'est encore qu'une fort petite grosseur, le lepte automnal, muni visiblement d'un suçoir et de palpes, a un corps d'une forme ovoïde, d'une consistance très molle , et d'une couleur rouge.
B. Le lepte automnal vient , plus communément que ne se l'imaginent la plupart des médecins et surtout les médecins de la ville, se fixer sur la peau de l'homme. On est exposé à sesaitaques, lorsque, par exemple, on se livre aux travaux de fauchage, lorsqu'on se couche dans les blés , ou sur l'herbe des prairies, et, même aussi , lorsqu'on ne fait que se promener à travers champs. C'est particulièrement à la racine des poils qu'il s'établit et qu'il s'agriffe en quelque sorte. Souvent, ainsi que le sarcopte, il s'insinue sous l'épiderme. De là , des démangeaisons insupportables, des papules volumineuses, des érythèmes de différentes espèces, voire même des pustules, et maintes autres formes d'inflammation cutanée.
C. Rien de plus aisé que de détruire les petits animaux dont il vient d'être question. Pour cela, il ne faut que laver la peau avec de l'alcool pur, ou bien avec du vinaigre fort, avec une décoction de tabac, ou tout autre liquide acaro-loxique.
AR.TICI.E VI.
pnÉsENCF. df. la ciiique ( Pulex penelrans L. ).
1385. Bibliographie. — Lorry. — Article cité tout à l'heure (1383.): troisième et quatrième alinéa.
Latreille. — ( Dans Le Règne animal de Cuvier. T. IV
pag. 351-2). Classe des Insectes : IVe ordre, les Suceurs (ou Siphonaptères); un genre unique, les Puces; 2e espèce, La Puce pénétrante.
Rayer. — ( Traité théorique et prat. des maladies de la peau) §1315-16.
Achille Richard. — (L'iém. d'hist. nat. Zoologie. Insectes: IV ordre : les Suceurs.
1 386. Bref aperçu. ~~ A. La puce pénétrante, vulgairement la cinq
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est un insecte particulier à la faune américaine. C'est dans les iaïuuoV tropicales qu'elle se rencontre : par exemple, au Brésil, aux Antilles et notamment à la Jamaïque, et clans la partie méridionale des Étals-Unis. Comme la puce proprement dite, la chique n'a pas d'ailes, mais de longues et fortes pattes, et possède, au lieu de bouche, une sorte de bec ou de trompe , organe merveilleusement fait pour piquer et pour sucer. Toutefois, selon M. Latreille, peut-être la chique devrait-elle être posée en genre à part. Son bec est aussi long que le reste du corps : ce qui constitue déjà un caractère différentiel bien frappant, par où, au premier aspect, elle sa distingue de notre puce commune.
B. C'est la femelle, et jamais le mille, qui s'introduit dans la peau, le plus ordinairement sous les ongles des orteils ou bien au talon. C'est après avoir été fécondée qu'elle s'établit là pour se nourrir et pour faire sa ponte. En général, c'est aux personnes malpropres que s'attaque cet insecte, qui se plaît particulièrement dans les localités sales et mal aérées. Les nègres et tous les autres gens qui marchent nu-pieds, voilà surtout ceux qui se montrent ses tributaires.
C. La chique, une fois entrée dans la peau , ne détermine d'abord qu'une légère démangeaison ; et, si l'on regarde sur-le-champ l'endroit où elle vient de se loger, on n'aperçoit encore qu'un point noirâtre. Mais, peu à peu, à cet endroit même, se forme une petite tumeur, une sorte de tubérosité cutanée (45. D. t.) , pas plus grosse qu'un pois, et qui , si l'insecte s'est situé peu profondément , se montre érythémaleuse, mais, s'il a pénétré fort avant, existe sans changement de couleur à la peau. Elle contient, outre l'insecte , un grand nombre de corpuscules blanchâtres, ovales, oblongs, qui en sont les œufs. Abandonnée à elle-même, elle abcède , s'ouvre spontanément, rend un pus sanieux, et donne lieu à un ulcère sur lequel ces œufs se répandent. De nou veaux insectes , alors , ne tardent pas à éclore , à se creuser des gîtes tout alentour, et à déterminer ainsi d'autres ulcères, dont la guérison est très difficile ou même impossible. On a vu, par suite de semblables ulcères , la gangrène survenir, les os être frappés de carie , les orteils tomber tout d'une pièce. La mort même, assure-t-on , peut avoir lieu par l'effet de la présence trop longtemps prolongée de ces insectes parasites.
D. Il y a, contre les chiques, une prophylactique très simple et a peu près infaillible. On est peu exposé à en être piqué et à leur fournir asile, si l'on a soin de se laver assez souvent pour entretenir la propreté de la peau, et surtout si l'on se frotte les pieds, cela ne concerne que ceux qui vont pieds nus, avec des feuilles de tabac, avec le roucou , avec n'importe quelles plantes amères et acres.
E Le mal est-il fait : le traitement consiste à déloger l'insecte le plus tôt possible. Pour cela , il faut ouvrir la peau à l'aide d'une épingle ou d'une aiguille, et mettre ainsi à découvert le sac sous-abdominal dans
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lequel l'insecte porte ses œufs, et qui, en grossissant par su ile du prompt développement de ces mêmes œufs, constitue l'élément principal de la petite tumeur de la peau ; puis, il faut cerner soigneusement le sac, prendre bien garde de le percer, et l'enlever tout entier. C'est là le secret de la cure radicale. La présence seule du sac ou de ses débris suffit pour maintenir un interminable ulcère. Les nègres sont très adroits à faire la petite opération dont je viens de parler; aussi est-il rare qu'on ait recours aux hommes de l'art pour un semblable service. Après l'extraction de la chique et de son sac, on panse la petite plaie avec du tabac en poudre, ou bien avec la décoction de certaines plantes acres du pays, avec l'onguent mercuriel , avec la solution d'azotate de mercure, etc., etc.
F. Le père Labat, dominicain célèbre par ses voyages, rapporte, dans son Nouveau voyage aux îles de l'Amérique, qu'un capucin , désireux de transporter en Europe une colonie de chiques, donna lui-même ses pieds pour asile à quelques-uns de ces insectes, dans l'espoir qu'il arriverait en France assez tôt pour faire voir aux médecins français cette nouvelle espèce de mal. Mais le pauvre diable, bien loin d'atteindre le but de ce bizarre dévouement scientifique, fut réduit à se faire pratiquer l'amputation de la jambe pendant la traversée. Dure extrémité, qu'il ne faut pas, je pense, imputer uniquement à l'imprudence de cet homme, mais aussi, sans doute, à l'impéritie du chirurgien qui le traita!