ANÊANTISSEMENS DE LA VIE PAR CAUSES NÉGATIVES. 231 ARTICLE XI
ASPHYXIE ÀPNBIQUE (1420. B. — 1421.).
1427. Bibliographie. — MORGAGNI. — (De sed. et caus. morbor. )
— Epist. XIX, Art. 2-44. — Observations et considérations concernant l'asphyxie par strangulation et celle par submersion. Elles sont fort intéressantes et méritent bien d'être consultées, encore bien que Morgagni ait ignoré, comme de juste, le véritable rôle, le rôle essentiel et chimique de la respiration , rôle encore inconnu jusqu'alors et qui ne fut découvert que sur la fin du xvnr siècle.
Sauvages. — [Nosol. meth.) Class. VI, gen. xxm, Asphyxia, sp. 1,
A. imme?*sorum ; — sp. 4, A. suspensorum. . Goodwyn. Life' s connexion with respiration. Londres, 1789,in-8°.
— Traduit en français par Hallé. (Dans le Magasin encyclopédique, t. IV, p. 355 et suiv.) — Recherches expérimentales, qui furent dans leur temps une révélation lumineuse et sont encore aujourd'hui un vrai chef-d'œuvre, concernant les effets de la submersion, de la strangulation et des divers gaz non respirables.
Bichat. — (Recherch. physiol. sur la vie et la mort.) — IIe partie, art. vi. De l'influence que la mort du poumon exerce sur celle du cœur; — • art. vu. De l'influence que la mort du poumon exerce sur celle du cerveau; — art. vin. De l'infl. que la mort du poum. exerce sur celle de tous les organes; — art. ix. De l'infl. que la mort du poum. exerce sur la mort générale.
Bourgeois. Observations et considérations pratiques qui établissent la possibilité du retour à la vie dans plusieurs cas [d'asphyxie et de submersion prolongée, avec apparence de mort. (Dans les Archives, t. XX et XXI.)
PiORRY. Mémoires sur la Respiration. Imprimés à la suite du Traité intitulé : Du procédé opératoire à suivre dans l 'exploration des organes par la percussion médiate. Paris, 1835,in-8°. — Voir, surtout, le Ier. M ém. : Résumé de quelques expériences sur la submersion, la strangulation, l'asphyxie par la vapeur du chaînon; etc.
Bérard (aîné). — (Dans le Répert., — t. IV, p. 214-42.) — Article Asphyxie.
Orfila. — ( Tr. deméd.lég.) T. II, p. 366-462, [De l'Asphyxie.) Devergie. — (Dans le Dict. de méd. et de chir. prat., — t. III,
pag. 542-79.) — ■ Art. Asphyxie.
— Et dans son Traité de Médecine légale. 3e édition, 1851. T. II,
pag. 649 et suiv.
Duchesne (Adolphe-Edouard). Observations médico-légales sur la strangulation, ou Recueil d'observations nouvelles de suspension incompléte. (Dans les Ann. d'hyg. publiq. et de méd. lég. , t. XXXIV. )
Depaul. Mémoire sur V insufflation de l'air dans les voies aériennes chez les enfans qui naissent dans un état de mort apparente. (Dans le Journ. dechir. de M. Malgaigne, mai et juin 1845.)
Jacquemier. — (Manuel des accouchemens. Paris, 1846, 2 vol. in-12.) — T. II, p. 749-68 (Secours à donner à l'enfant né dans un état de mort apparente) ; — p. 787-94 (Faiblesse congénialc et établissement incomplet de la respiration.)
Cazeaux. Mémoire sur la mort apparente des nouveau- nés. (Dans Gaz. mèd.y année 1850, n° 17.)
1428. Synonymie. — A. Melanœma (De MtXaç, noir, et Aîf*a, sang): mot proposé par Goodwyn comme dénomination générique , et, en vérité, bien fait pour exprimer, sous le point de vue organique, le fond même du mal, le défaut d'hématose, le passage du sang noir dans le système vasculaire aorlique. A ce compte, nous dirions aujourd'hui : Wélanémie.
B. Apnée, d'Alibert, Nosol. nat.t class. V, Pneumonoses, genr. in: — esp. 6, Apnée strangulatoire (Asphyxie par strangulation , — à laquelle l'auteur rapporte l'asphyxie des nouveau-nés) ; — esp. 7, Apnée aqueuse (Asphyxie par submersion).
1429. Idée générale de l'asphyxie apnéique. — A. Voici, en général, comment s'opère une telle agonie. D'abord , le besoin de respirer n'étant plus satisfait , la poitrine se sent dévorée d'inexprimables angoisses ; une oppression de plus en plus croissante accuse l'effroyable imminence de la défaillance et de la mort. Bientôt, dès l'afflux du sang noir à l'encéphale, ce viscère suprême manifeste sa souffrance, son profond trouble. Si tant est même que la perte de connaissance ne soit pas immédiate, la tête s'alourdit, de vives douleurs s'y déclarent, puis viennent les éblouissemens et les vertiges. La présence du sang noir dans toutes les ramifications de l'arbre aortique se décèle même au dehors par le bleu noirâtre des joues et des lèvres. Tous les sens s'obscurcissent et s'éteignent ; le corps chancelle et tombe ; les membres se débattent quelque temps encore, mais à ces faibles et irréguliers mouvemens succède promptement une entière paralysie de la sensibilité et de la locomotivité. La vie animale ainsi suspendue , on voit durer encore la vie végétative : la circulation continue pendant quelques momens, car le cœur et les artères battent, car de l'ouverture d'une artère ou d'une veine le sang jaillit comme de coutume. Toutefois, l'action du cœur ne survit que très peu à celle de l'encéphale; le défaut de pouls ne larde pas à survenir après la perte du sentiment et des mouvemens volontaires, et à parfaire ou, si l'on veut , à constituer ainsi l'asphyxie. Tels sont bien les symptômes , telle est bien la marche de l'asphyxie apnéique, dans toute sa simplicité, ou mieux, dans sa pureté typique, c'està-dire sans syncope tout a coup produite par la frayeur dès le premier instant du péril, ni lipothymie apoplectique telle que la fait naître bien