ANÉANT1SSEMENS DE LA VIK PAU CAUSES NÉGATIVES
des fois, par exemple , la strangulation sans une absence complète de respiration ou avant que l'apnée ait eu le temps d'avoir son plein et entier effet. Notons encore, en dernier lieu, que chez les victimes de l'asphyxie apnéique, hormis le cas de submersion, dans lequel l'eau enlève, par nécessité physique, tant de calorique à l'économie animale, la chaleur naturelle du corps met beaucoup de temps à se dissiper.
B. L'autopsie accuse bien, en général, tant par l'aspect des tégumens que par la dissection des organes internes, l'invasion universelle du sang noir. La totalité delà peau offre une teinte sombre et livide; ça et là sont des taches semblables à des meurtrissures ; le visage surtout est gonflé et bleuâtre; les lèvres sont violettes, la langue aussi , comme l'est d'ailleurs dans la profondeur de l'économie toute l'étendue des membranes muqueuses. Les muscles et les viscères sont gorgés de sang noir; les poumons, surtout, en sont imprégnés, jusqu'à offrir, ou peu s'en faut, la densité de l'hépatisation ; l'artère pulmonaire, les cavités droites du cœur , les veines caves et leurs ramifications en sont toutes remplies ; mais, dans les cavités elles vaisseaux aortiques, au contraire, il yen a beaucoup moins, quelquefois même si peu que rien. Au reste , remarquons-le bien, ce tableau nécroscopique n'est parfaitement vrai et ressemblant qu'autant que l'asphyxie a surpris un individu dans la force de la santé. Produite à la suite d'un épuisement maladif, d'un état anémique, l'asphyxie ne laissera pointdesifrappanscaractèresdecongestionsanguine.
1430. Aperçu des diverses espèces du genre. — Ce n'est pas assez que d'avoir tracé les notions générales qui précèdent (1429.). Procédons maintenant , sinon à un examen détaillé, du moins à une revue sommaire des diverses espèces d'asphyxie apnéique que , suivant nos principes de nosographie, nous avons à distinguer d'après la considération des conditions spéciales par le fait desquelles le mal se trouve déterminé. El d'abord il y a une grande, une fondamentale distinction à faire, selon que ces conditions-là consistent dans un changement du milieu environnant, ou qu'elles sont constituées par quelque empêchement, sur la personne du sujet lui-même, au libre accomplissement de la respiration. Dans le premier cas, l'agent ou , si l'on aime mieux , l'aliment de L'artérialisalion n'est plus fourni à l'économie animale : dans le second cas, il ne peut plus être introduit dans les poumons. De là, deux catégories principales, savoir: lMes asphyxies par défaut d'air respirable ; 2° les asphyxies par entrave du mécanisme respiratoire.
A. Asphyxies par défaut d'air respirable : soit que l'animal ait été plongé dans le vide (« .) ,soi t qu'il ait été transporté de son milieu naturel dans un milieu étranger où le gaz oxygène existe, mais non sous la forme voulue (&), soit enfin qu'il se trouve environné de gaz non respirables (y.).
«. Vasplvyxiepar le vida n'a jamais lieu qu'expérimentalement sur les petits animaux qu'on place sous la cloche de la machine pneumatique. Dans l'ordre actuel de la nature, l'homme n'est jamais soumis à
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périr d'une telle façon. 11 peut, tout au plus, éprouver le9 préludes de cette asphyxie , quand, aéronaute intrépide, ou non moins hardi voyageur, il affronte, comme Gay-Lussac en ballon, ou comme Humboldt sur le Chimboraço, les hautes régions de l'atmosphère ; car, en de telles circonstances, la raréfaction de plus en plus croissante de l'air atmosphérique est en quelque sorte un acheminement vers le vide. Serait-il donc vrai, comme quelques-uns l'ont pensé, que par un effet semblable l'excès de chaleur engendrât l'asphyxie? A mon avis, dans ces pertes subites de connaissance auxquelles on voit, par exemple, les boulangers et surtout les fondeurs de métaux ou les verriers, se montrer quelquefois sujets , ce n'est pas que l'air soit alors raréfié au point de ne plus suffire aux besoins de l'artérialisation ; mais c'est que la résistance de l'économie animale contre les températures extrêmes n'est pas absolue, tant s'en faut : or, dans l'épuisement de cette lutte, c'est sans aucun doute l'innervation, et non la respiration , qui ouvre la scène de la défaillance : les morts apparentes ou réelles par excès de chaleur, pas plus que celles par excès de froid, ne rentrent donc aucunement dans le ressort du présent article. Mais , ce qui est bien une véritable variété d'asphyxie apnéique, un cas tout à fait comparable à l'asphyxie par le vide, et qu'il n'est pas hors de propos, conséquemment, de mentionner ici, c'est l'état des poissons , ou autres animaux à respiration aquatique , dans une eau qui ne contienne que peu ou point d'oxygène en dissolution. Car , en ce cas, tout en restant dans leur milieu accoutumé, ces êtres sont privés de l'aliment nécessaire à l'hématose, comme en sont privés dans le vide les animaux à respiration aérienne. On peut les soumettre à cette épreuve mortelle dans un vase d'eau d'où l'on dégage par une chaleur suffisante tout l'air qui s'y trouvait dissous. Quelquefois même, ils subissent naturellement un semblable sort, lorsque l'air ne se renouvelle pas dans la masse d'eau où ils vivent, et qu'ainsi de nouvelles quantités d'oxvgène ne viennent pas remplacer sans cesse celles qui sont sans cesse'consommées. Et, soit dit en passant, c'est pour obvier à un tel inconvénient qu'on pratique, en hiver, un grand nombre de trous à la surface glacée des étangs: par là, on assure l'aérage des eaux, et l'on prévient la mort des poissons.
6. Vusphyxie par changement de milieu offre deux cas. Ou un animal à respiration aquatique se trouve transporté de l'eau dans l'air, ou, réciproquement , un animal à respiration aérienne passé de l'air dans l'eau. Pour l'un comme pour l'autre, il y a sur-le-champ interruption de l'artérialisation. Qu'importe que le gaz oxygène existe encore autour d'eux? En réalité, il leur manque, absolument comme dans le vide, puisque leurs organes respiratoires ne peuvent plus en faire usage. Ainsi donc de même que les poissons , une fois hors de l'eau , souffrent et meurent de même tout animal à poumons est asphyxié par la submersion avec plus ou moins de rapidité selon l'espèce. L'homme, en parti-