ANÉANT1SSEMENS DE LA VIE PAU CAUSES NÉGATIVES
Tantôt, par exemple, c'est une simple commolion électrique, qui ne laisse après soi aucune trace, aucune souffrance, aucun dérangement. — Tantôt , la personne se trouve jetée par terre , mais pour se relever sur-le-champ comme si de rien n'était , et quelquefois même sans s'apercevoir ni se douter du terrible météore qui vient de la frapper, ainsi qu'il arriva, il y a six ans (en 1845 ï, à une domestique chez un de mescliens. Cette fille, pendant que ses maîtres étaient à dîner, et au moment qu'ils virent le tonnerre tomber sur leur maison et passer en colonne de feu devant la fenêtre de la salle à manger, fut ainsi renversée dans l'antichambre, pièce contiguë à la salle à manger, et par où, en ce moment même, elle arrivait pour servir à table; elle crut avoir fait un faux pas et s'être laissée choir par maladresse; c'était bien là un des jeux de la foudre, et rien ne s'en suivit qu'un sentiment général de lassitude et de courbature durant deux à trois jours. — D'autres fois, au contraire, on n'en est quitte qu'au prix de brûlures plus ou moins profondes, et souvent des plus bizarres par leur situation et leurs formes; ou bien, encore, au prix d'un accès de délire, au prix de l'amaurose, au prix de maints phénomènes convulsifs ou paralytiques. — Il est aussi certains cas mortels, mais dans lesquels la mort n'arrive que comme dénoûment plus ou moins tardif d'un drame morbide qui révèle la profonde lésion des centres nerveux. — Voilà autant défaits bien avérés, et dont la diversité, nonobstant l'identité de la cause qui les détermine, s'explique fort bien en général par les mille et une variétés possibles tant du courant électrique que de la constitution individuelle. Mais, assurément, à l'égard de chaque cas pris en particulier, on ne saurait avoir la prétention, dans l'état actuel des connaissances humaines, de préciser d'une façon complète et rigoureuse toutes les conditions , toutes les influences qui ont part à la production de l'événement. Quant à ce qui est, après tout, de classer les divers cas que je viens de signaler, nul doute qu'ils ne rentrent fort naturellement dans les cadres de la Xosograpkie organique ou de la Nosographie symptomatique.
Mais enfin, quelquefois, l'individu foudroyé tombe roide mort àl'inslant même. Voilà qui appartient au présentehapitre. C'est bien là une asphyxie, dans le sens où les anciens l'entendaient ; mais non pas, certes, une asphyxie apnéique. Là, ainsi que dans l'asphyxie par le froid /c'est par l'interruption générale de l'innervation que s'opère l'extinction de la vie. La seule différence, c'est que l'innervation, au lieu de céder et de s'affaisser peu à peu avec plus ou moins de lenteur, est interrompue tout à coup. A peine le temps d'un clin d'œil, et déjà la victime gît sans sentiment, sans respiration ni pouls, comme si la moelle épinière venait d'être détruite au moyen, par exemple, d'un fer rouge. Tantôt, au surplus, la mort n'est qu'apparente, la résurrection est chose possible, comme dans l'observation du docteur Rermond (1436). Tantôt, c'en est
%kk PATHOLOGIE MÉDICALE.
fait irrévocablement, et, malgré tous les secours, la vie ne peut plus être ranimée.
Que faire en cas d'asphyxie par la foudre? Dans l'ignorance où nous sommes des conditions précises de l'électricité pour l'entretien de la vie, nous ne pouvons, lorsqu'il s'agit de faire revivre un corps foudroyé, nous ne pouvons, hélas! que recourir d'une façon banale aux diverses ressources de la médication stimulante (137-9) , et, en un mot, au traitement ordinaire et commun de l'asphyxie (1433.).