COQUELUCHE
(Terme moderne et vulgaire. — Voir ci-dessous, 11° 1558).
1556. Bibliographie. — Forestus. — {Observation.) Lib. III, observ. 1, 2 et 3. — Mention de l'épidémie catarrhale qui, en 1580, dans l'espace de sept semaines, parcourut toute l'Europe, et qui fut nommée en France Coqueluche. Était-ce la coqueluche d'aujourd'hui?
Willis. — {Pharmaceutice rationalis. Pars prior. Oxford, 1673, in.ft°. — Sect. I, c. yi. De phthisi proprie dicta) — Il y a dans ce chapiire une sorte de digression où la coqueluche {Tussis pucrorum convulsiva seu suffocatica et nostro idiomate chiucough vul go dicta) se trouve décrite et étudiée. IM-ce là la première description qui ail été donnée de celle maladie ?
Mé.vage. — {Dictionnaire étymologique de la langue française.) — Art. Coqueluche.
Joseph Frank. — (Praxeos medicœ universœ prœcepta. — T. VIII, Leipzig , 1823 , in-8°). — Cap. xv , De coqueluche. — « Vocem » vulgarem Coqueluche, quamvis sensu dcstitutam , omni alii etsi » docto nomini anteponimiis, proptereà quôd universè recepta est, » et niiHi ideae erroneae alligatur » (Ibid., n. 2).
Blache. Mémoire sur la coqueluche. (Dans les Archives , octobre et novembre 1833).
Rilliet et Barthez. — (Tr. cl. et prat. des malad. des enf.) — Ve classe, Névroses, chap. Ier , Coqueluche. — (T. II, pag. 207- 52).
Valleix. — [Guide du médecin.) — Livre Ier, Chap. vil (Maladies thoraciques sans siège déterminé) , art. II, Coqueluche.
Constant. Mémoire sur la coqueluche qui vient de régner à Paris. (Dans Gaz. méd., année 1836, n° 34.)
Blaud (de Beaucaire). Considérations sur la coqueluche. (Dans la Revue méd., mars 1831.)
Aberle. Tussis convidsiva, illustrata passim observationibus ex epidemiis Salisburgensibus annorum 1816-40 , ab auctoris pâtre instituas. Vienne (en Autriche), 1843, in-4°. — Excellente monographie. Description minutieuse de la maladie. Revue critique des divers moyens thérapeutiques tour à tour préconisés. Quant à l'opinion de l'auteur concernant la nature et le siège de la maladie, la voici résumée en peu de mots : Souffrance imprimée par un miasme contagieux aux filets sensitifs des ramifications bronchiques du nerf vague , et réaction réflexe des filets moteurs de ce même nerf.
Trousseau. Lettre à M. Bretonneau sur la coqueluche. ( Dans le Journ. de méd. de MM. Fouquier, Trousseau, Beau, etc., janvier 1843. ) — D'après ses propres observations , le savant professeur établit les dix propositions que voici : — « 1° La coqueluche » est précédée presque toujours par une toux qui n'a lien de spé- » cial. — 2° La toux initiale a quelquefois des caractères tout à fait » spéciaux. — 3» Quelquefois la coqueluche débute d'emblée et » sans catarrhe initial. — 4° La coqueluche atteint ordinairement » le summum d'intensité peu de jours après le début de la toux » convulsive. — 5° La période d'élat est fort courte ; la période de » décours fort longue. — 6" La maladie dure de quelques jours à •> plusieurs mois. ■ — 7° Les enfans qui meurent succombent à des » arcidens thoraciques aigus ou chroniques, quelquefois à des ma- » ladics étrangères à l'appareil de la respiration. — 8° Un étal fé- » brile intercurrent, une phlegmasie plus ou moins grave, diminue » toujours, surprend quelquefois , et guérit même la coqueluche. » —9° LA 'JHÉHAPEUTiQUE EST PRl^QUE IMPUISSANTE. — 10" La
roqueluche peut attaquer une seconde fois le même individu. »
396 PAÏH0L0G1E MÉDICALE.
1557. Définition: — La coqueluche est une maladie contagieuse ; — due à un virus miasmatique sut generis ; — consistant dans une irritation bronchique foncièrement nerveuse, et, du moins en règle ordinaire, accessoirement catarrhale; — présentant, pour symptôme caractéristique, des quintes de toux qui reviennent par accès , et qui ont cela de particulier que, après plusieurs expirations saccadées et se succédant précipitamment l'une à l'autre sans intervalles d'inspiration , chaque quinte se termine ensuite brusquement par une inspiration convulsive , large, et accompagnée d'un bruit ou sifflement laryngé vraiment palhognoraonique.
1558. Etymolotjie et un peu d'historique. — En vieux français, on nommait coqueluche ou coqueluchon , par corruption du mot latin cucullus , une pièce d'habillement faite pour envelopper la tête et le cou , et que l'usage , ensuite , a préféré appeler du nom de capuce ou de capuchon. C'était déjà par archaïsme, dans une espèce de moquerie, que Rabelais disait : Le coqueluchon des moines (comme titre d'un livre dans le catalogue pantagruélique de la bibliothèque de l'abbaye Saint- Victor ).
Or Étienne Pasquier, le président de Thou et Mézeray nous apprennent qu'au xv8 et au xvtc siècle , le nom de coqueluche servit Ggurément à désigner certaine maladie catarrhale , nouvelle ou censée (elle , qui vint, à divers intervalles, ravager épidémiquement l'Europe. Pourquoi ce nom? Ce fut là tout simplement une métonymie populaire, due à ce que les malades se tenaient encapuchonnés , par grande crainte de prendre froid à la tète; et peut-être même bien des gens, sans être malades, avaient-ils soin de s'emmitoufler ainsi par pure précaution, et dans l'espoir de se préserver du fléau épidémique.
Quoi qu'il en soit, c'est en ih\h, sous le règne de Charles VI, l'année même de l'ouverture du célèbre concile de Constance , que le nom de coqueluche prit pour la première fois , à ce qu'il paraît , une acception pathologique. Voici ce qu'on lit dans Mézeray à cet égard : « Un étrange >> rhume, qu'on nomma la coqueluche, tourmenta toutes sortes de per- » sonnes durant les mois de février et de mars , et leur rendit la voix » si enrouée, que le barreau, les chaires et les collèges en furent muets. » Jl causa la mort presque à tous les vieillards qui en furent atteints. » De Thou, dans le livre LXX1I de son histoire , rapporte une épidémie pareille qu'il vit régner en 1580, et dont le pape Grégoire XIII fut dangereusement malade; et il rappelle aussi celle qui avait régué sous Louis XII.
Est-ce à dire que ces épidémies -là fussent la vraie coqueluche d'aujourd'hui , la coqueluche telle que nous l'avons définie tout à l'heure (1557), et que nous allons la décrire ci-après (1560-1) ? l'eut-être que oui. Mais , faute de descriptions exactes , les historiens n'ayant tracé qu'une image trop raccourcie et trop vague du mal , il est impossible
de rien affirmer. Devons-nous ne voir là , comme on le présume communément , pas autre chose qu'une de ces épidémies catarrhales qui , depuis le siècle dernier et aujourd'hui encore,' sont baptisées du nom de grippe? Ou bien , si la coqueluche alors , comme la grippe aujourd'hui, attaquait indifféremment les enfans et les adultes, si elle se montrait infiniment plus meurtrière que nous ne la connaissons, si elle moissonnait surtout les vieillards, ne serait-ce pas précisément parce qu'elle était toute nouvelle dans le monde, et parce qu'elle venait fondre sur des populations où personne n'avait l'immunité , dont , en général , après avoir été atteint une fois, on se trouve investi pour toute la vie ? Il est, certes, assez naturel de croire que la coqueluche, en s'établissant au nombre des maladies ordinaires de notre espèce, en se reproduisant par épidémies annuelles ou à peu près , se soit trouvée enfin réduite à n'avoir, à chaque fois, guère d'autres tributaires que les enfans. Et qui sait même si , depuis quatre siècles , la violence primitive du mal ne s'est pas amendée et adoucie ? Là-dessus , controverses aussi vaines qu'interminables; pas de solution péremptoire.
Mais toujours est-il que la coqueluche, maladie inconnue aux grands médecins de l'antiquité , a dû , selon toute apparence , naître dans les temps modernes. Dans le tableau tracé parWillisen 1673, il ne nous est pas permis de la méconnaître. Mais, sans coutredit, elle existait auparavant , et même depuis longtemps ; car Willis n'en parle pas comme d'un fléau nouvellement survenu, tant s'en faut.
Somme toute, sous le point de vue étymologique , résumons en deux phrases l'aperçu qui précède :
Ou le nom de coqueluche a été, depuis le commencement du xve siècle, fidèlement maintenu par une tradition exacte pour désigner toujours la même maladie ;
Ou bien ce nom , ayant d'abord été donné aux épidémies de grippe , rhumes assurément très étranges , fut ensuite , nous ne saurions plus dire précisément à quelle époque , détourné de là , sciemment ou par méprise (n'importe), pour servir à la désignation de cette espèce de rhume encore bien plus étrange qui fait le sujet du présent article.
1559. Synonymie. — A. En anglais : Hooping - cough , selon Sydenham, Observ., sect. iv, c. 5 ; ou mieux Ckincough (prononcez rapidement Tchinekof), selon Willis, loc. cit., et selon Johnson, ce prince des philologues d'outre-Manche, ce grand maître de la langue anglaise. — Jadis , chez certains auteurs , Kinkcough , voire même Kingcough (comme qui dirait le roi des rhumes ou la reine des toux); mais ce sonl-là des termes aujourd'hui hors d'usage.
B. En latinité moderne et médicale : Pertussis (c'est-à-dire, d'après le génie même delà langue latine, toux extrêmement violente ). — Sydenham fut, je crois, le premier qui proposa ce terme (/or. wprrïcii )
Toujours est-il que , par l'autorité de ce grand homme , l'usage s'en répandit d'abord dans le latin des médecins anglais , puis de là dans le latin des médecins du continent.
C. Catarrhe convulsif, de Laennec, Traité de ïausc, sect. I", chap. i", art. 5.
D. Névrolaryngie contagieuse, de M. Piorry ( Tr. de méd. prat., t. IV, IIe part,, I"sect., chap. xm).
1560. Etiologie. — A. Le caractère contagieux de la coqueluche , caractère pourtant méconnu par Laennec sous l'influence alors dominatrice de l'anti-contagionisme , est un fait aujourd'hui tenu pour certain par l'immense majorité des praticiens. Et quant à moi, je ne comprends pas, en vérité, qu'avec un esprit droit, et après quelques années de pratique , on puisse encore avoir des doutes là-dessus.
B. Le virus de la coqueluche est de nature volatile , ou, autrement dite, miasmatique (96. A). Apparemment qu'il réside dans l'haleine, et peut-être même ne se produit- il que là ; peut-être n'a-t-il pas d'autre véhicule. Quoi qu'il en soit , c'est par la voie de l'atmosphère , et sans besoin d'aucun contact , que la coqueluche se propage des sujets malades aux sujets sains. Ceux-ci la gagnent en respirant l'air que vient de corrompre l'haleine de ceux-là.
C. Il n'est pas du tout ordinaire que la coqueluche puisse, chez un sujet qui l'a déjà eue, naître une seconde fois, après un laps de temps plus ou moins long. Le tribut une fois payé , l'immunité est la règle ; la réitération du mal, une exception rarissime. Celte immunité-là (96. D.) est encore un trait que l'histoire de la coqueluche a de commun avec celle de plusieurs autres maladies contagieuses, et notamment de la variole, de la rougeole et de la scarlatine.
D. Quand nous avons occasion d'observer la coqueluche, c'est d'ordinaire à titre de petite épidémie, qui s'attaque principalement aux enfans. Il est rare qu'elle soit sporadique ; ce qui s'explique fort bien par la contagion. Du reste, on voit la coqueluche survenir et régner dans tous les climats, dans le nord comme dans le midi ; on la voit aussi dans toutes les saisons.
E. Outre les enfans, il y a par-ci par-là quelques sujets adultes qui se trouvent atteints de coqueluche: ce sont, surtout, des femmes, et, parmi les hommes, ceux d'une constitution délicate et féminine.
1561. Aperçu symptomatologique. — A. En général, la coqueluche offre, dans sa marche, trois périodes. Abstraction faite des exceptions, que je neveux pas, à Dieu ne plaise, laisser ignorer, et pour lesquelles je renvoie mes lecteurs aux citations plus haut rapportées (1556.) d'une lettre de M. le professeur Trousseau , voici donc la description classique de la coqueluche.
«. La période initiale se montre bornée aux symptômes d'une bronchite ou laryngo-bronchile plus ou moins incommode, mais ordinairement
apyrétique et fort peu intense: c'est une sorte de prélude indécis qui dure une quinzaine de jours.
S. La période d'état, on période caractéristique, survient ensuite. Les quintes que nous avons décrites dans Ja définition ci-dessus (1557.), ont lieu par accès qui les produisent sans trêve durant plusieurs minutes de suite, quelquefois un quart d'heure et même plus, et qui, revenant eux-mêmes à divers intervalles, sont plus ou moins nombreux dans les vingt-quatre heures. La dyspnée suffocante peut, assez ordinairement , être poussée à tel point que le visage en devienne tout bleu. Rien de plus commun que de voir ces quintes amener des vomissemens; l'estomac rejette alors tout ce qu'il contient, alimens , boissons , glaires ou bile. Quelquefois même, il y a des déjections involontaires sous la violence des efforts de toux. Une mucosité incolore, mais remarquablementvisqueuse.sortà grand'peine du canal aérien par les saccades de l'expiration; et, si le doigt de la mère ou delà nourrice ne sait pas adroitement la retirer du fond du gosier à l'instant même, elle rétrograde et rentre, en partie du moins, dans l'intérieur du larynx pendant l'inspiration convulsive ; elle coule en filant de la bouche plutôt qu'elle n'est rejetée, à la fin des quintes, et le malade se courbe en avant pour la laisser tomber. D'ordinaire, les accès de cette toux si pénible, et si affreuse à voir, sont immédiatement suivis d'une rémission complète et d'une apparence de parfaite santé : les enfans se remettent à rire et à jouer comme si de rien n'était. Quoi qu'il en soit, la seconde période de la, coqueluche peut se prolonger de quinze jours à un mois et même plus.
y. La. période de déclin ne présente que peu ou point d'accès pathognomoniques. Elle redonne à la maladie la simple physionomie d'une bronchite ordinaire. La durée en est, d'ailleurs, très variable.
B. Vu les variations de durée dont chacune des périodes de la coqueluche est susceptible, il s'ensuit que la durée totale de cette maladie peut varier de quelques semaines à plusieurs mois. Six semaines, une quinzaine de jours pour chaque période, voilà ce qui me semble le terme moyen. Moins que cela, c'est un rare, un très rare bonheur. Au delà de ce terme, mais seulement au delà, je commence à permettre aux mères de se plaindre et d'accuser la mauvaise étoile de leurs enfans.
G. Un mot maintenant relativement aux phénomènes d'auscultation. Dans l'intervalle des accès de toux par lesquels la coqueluche se caractérise, on ne constate pas d'autres symptômes stélhoscopiques que ceux qui sont le propre de la bronchite (503. A. Ç.). Pendant ces quintes, c'est à peine si l'on entend un peu de bruit respiratoire ou de râle quelconque dans les très courts inomens qui existent entre les saccades de l'expiration. Quant à J'inspii aiion convulsive et sifflante qui fait le caractère pathognomonique de la coqueluche, il ne paraît pas qu'après avoir attiré l'air dans le larynx et la trachée, elle le fasse pénétrer encore bien au delà: car on n'entend, à ce moment, ni le bruit respira-
toire pulmonaire, ni même le bruit respiratoire bronchique; rien qu'un silence absolu, môme dans les parties où se fait entendre, avant et après la quinte, une respiration puérile. Cela s'explique et se conçoit fort bien par l'excès de congestion sanguine que le poumon éprouve momentanément, et qui produit, sans doute, un énorme boursouflement delà membrane muqueuse des rameaux bronchiques, jusqu'au point d'obstruer complètement ces canaux aérifères.
D. Rarement voit-on la coqueluche aboutir par elle-même à la mort. Cela n'arrive guère que chez des enfans très jeunes, en cas d'accès non seulement très violens et très longs, mais encore se répétant jour et nuit à très courts intervalles, au point que les alimens à peine ingérés sont rejetés parle vomissement, et qu'ainsi l'inanition, avec l'insomnie, fasse dépérir et puis périr le pauvre petit malade. D'ailleurs, la pneumonie , et surtout la pneumonie lobulaire (661), — l'hypérémie encéphalique aiguë (184), surtout sous la forme convulsive, — l'encéphalite et la méningo-encéphalile (fièvre cérébrale. — 563. A. B.) — sont des complications assez communes, particulièrement dans les hôpitaux. Et que de fois ces complications-là n'enlraînent-elles pas un dénouement funeste!
1562. Nécroscopie. — Les autopsies de sujets qui viennent à mourir dans le cours de la coqueluche, présentent des traces anatomiques plus ou moins prononcées de bronchite (506) et de laryngo-brouchite, du moins dans la grande majorité des cas: voilà qui est incontestable. Et même notre célèbre Guersanl, cet homme de si vaste expérience et de si grande autorité dans la pathologie spéciale de l'enfance, et bien d'autres, avec lui, professèrent qu'il en élait ainsi dans tous les cas. Mais il est bien clair que parfois l'hypérémie de la muqueuse bronchique peut être assez légère et assez superficielle pour ne laisser aucun vestige sur le cadavre,
On sait que Laennec remarqua et signala la dilatation des bronches comme un effet lié à la coqueluche (1159. B.) Mais c'est là un vice organique commun à presque toutes les affections que caractérise une toux opiniâtre et de longue durée.
Notons pour mémoire que Breschet trouva, sur deux sujets, les nerfs pneumo -gastriques matériellement altérés, rouges à l'extérieur, et jamais dans l'intérieur de leur tissu. Mais, depuis, personne que je sache n'a rien observé de semblable. El l'inflammation des nerfs pneumogastriques comme cause anatomique de la coqueluche, me paraît devoir être réléguée dans l'histoire des hypothèses discréditées pour toujours.
1563. Thérapeutique. — Dans les cas légers et simples, médication expectante. Boissons éinollientes et béchiques. Laennec assure que, lorsqu'on peut parvenir à faire boire le malade à petits coups pendant la quinte, on en abrège sensiblement l'intensité et la durée; et, si j'en crois mon expérience, il me semble que Laennec a raison. Un soin encore plus important, c'est que la mucosité visqueuse expectorée avec
. MALADIES INCONTESTABLEMENT VIKULEM'tS. 40'i
i tant d* Peine soit enlevée Par u» doigt preste et leste avant l'inspiration convuls.ve; soin mesquin, je le veux bien, mais qui a beaucoup plus a uniite qu on ne se l'imagine communément.
Du reste, vous aurez beau faire, vous aurez beau prescrire médica mens surmédicamens , vous n'arrêterez pas à votre gré la coqueluche, vous n y couperez pas court.. L'esprit conçoit fort bien, ici encore la possibilité d'un spécifique, d'un médicament nosocratique. Mais i'usqu a présent ce spécifique est un desideratum de la matière médicale
Evertuons-nous donc de notre mieux à faire prendre patience à l'inquiétude maternelle. Et, si nous en venons à médicamenter le malade du moins medicamentons-Iede façon à ne point lui nuire. Dans le fort de a coqueluche faire vomir à l'aide du sirop d'ipécacuanhà, tous les jours ou tous les deux jours ; voilà une pratique assez généralement suiv e qu, a cer.amement ses avantages, et que les enfans supportent fort bien. En re autres narcotiques propres à calmer-la violence de la maad-e la belladone paraît ici mériter la préférence, de l'aveu des homi pluS,?omPet,7s: on e» d0»»e Extrait, matin et soir, depuis la faible dose d un milligramme jusqu'à celle de trois , quatre et même cinq cenugrammes chaque fois, selon l'âge du sujet
Enfin il faut surtout veiller attentivement à prévenir les complications, et a les combattre aussitôt qu'elles apparaissent.
ARTICLE VIII
rypnus.
(TruTPndVaUnité mtd!Cale ^ m°derne- Ad°plé> "°^«ne„l, par Sauvages
^grecque"' ^TTÏ pr'S à ''«^» vocabulaire' Je .a pyrétot g.e grecque.. - Tu!?0;, Pseudo-H.pp. : sous ce nom, qui dans le laneaee com
eTTnywie de cause à
stupeu, 1 auteur du hvre Des affection* internes W rûv «Woç weteSv) embrasse genénquement cinq variétés de formes fébriles graves, qu'i posée mme autant d'espèces distinctes et qu'il décrit chacune à part.) posecomme
1564. Bibliographie. - Sennert. - [De febribus) -Lib IV c xiv, De morbo Ungarico. - Fièvre maligne contagieuse *sou ' ventpétéchial^
Hongrie en lo66, pendant la guerre de i'empereu Maximil en II contre le suhan Soliman, et qui, après le licenciement Z taupes, ravagea particulièrement la ville de Vienne, mais se répandu aussi dans toute l'Allemagne et même clans mute l'Europe CtJLLEN. Dans V Apparo.tus adnomlorjinm (66). - Gen V Y,,»/,,,. Dans l'ordre des fibres, section des f. LLues^^ tagiosus, etc. /■ iuwuus con-
HlLDËNBBAND, - IfOir in msleekmim ^ „„rf
402 P4!iiO!-U<*l£ MÉWCAU.
\\ inkca zur Beschrankung oder g/nulic/ten Ttlgung dur Kriegspçsi undmelirerer aiidcrrii Measchenseuchat. Vienne, 1810, in-8°. — Traduit en fuançais par Gasc. Du Typhus cuiitatjimx. Paris , 1811,iu-8°. — Excellente monographie. C'est encore aujourd'hui, pour ainsi dire, le traité classique du typhus.
PiNEL. — (Nosogr. phil.) — Place le typhus dans son ordre des fièvres adynamiques (66), et le décrit avec soin , n. 171-185, et D. 230-255. Témoin oculaire du typhus qui régna à Paris, en 1814, il proclama hautement le caractère contagieux de cette maladie. « La nature du principe contagieux échappe à nos sens; mais il .» est certain qu'il s'exhale du corps du malade, et qu'il peut se » communiquer directement par l'inhalation, le contact, les vête- » mens, etc. Je l'ai vu se propager suintement par le simple pan- » sèment des vésicaloires d'un malade agonisant; d'autres fois, par » la simple odeur de la transpiration des malades. Parmi les cinq * médecins qui vinrent généralement partager nos travaux, trois » furent frappés à mort. Tous les infirmiers chargés de mettre en » ordre les vêtemens des soldats, n'ont pas lardé à succomber eux- » mêmes; et, ce qu'il y eut de remarquable, c'est que l'homme .» chargé de faire, dans les salles, des fumigations suivant la méthode » de Guylon-Morveau, mourut de l'épidémie. » (n. 232.)
FODÉRÉ. — ( Traité de mèd. lég. et d'hyg. publ. ). — § 11M-45. [Typhus des prisons, des hôpitaux, etc.). — (T. V., pag. 451 etsuiv.).
RéVEILLé-Parise. — (Relation médicale du siège de Sarragosse, en 1808 et 1809. Th. inaug. Paris, 1816, n° 11. ) — Décrit, avec une vive énergie, une épidémie de typhus.
Joseph Fraisk. — (Praxeos medicœ universœ prœcepta, t. IV. Leipzig, 1828, in-8°). Cap. I, De typho.
Chomel. — (Des fièvres et des maladies pestilentielles. Traité déjà cité (1653.). — 11e partie, Des mal. pest.). Chap. Ier.. Du typhus ou peste d'Europe.
Gerhard. Du typhus qui a régné à Philadelphie pendant l'année 1836, et des différences qui existent entre cette maladie et la fièvre typhoïde, ou dot h inenté rie. ( Dans Y Expérience, année 1838, n0' 16 et 20). Travail précédemment publié en anglais dans The American journal of the médical sciences, 1837, n. 38 et U0. — M. Gerhard, frappé par l'évidence du caractère contagieux de l'épidémie de Philadelphie, différencie, surtout de ce point de vue, le typhus (Typhus gravior) d'avec la fièvre typhoïde (Typhus mitior). « Il est clairement prouvé, dit-il, que la fièvre typhoïde, ou dotbi- » nentérie n'est point contagieuse. » — Or, cela n'est rien moins que clairement prouvé. Le contraire est, sinon démontré, du moins extrêmement vraisemblable.
maladies i n ç<j n t est a bl k m e n t virulentes.
Gaultier de Claubry. Mémoire sur les analogies et les différences qui existent entre le typhus et la fièvre typhoïde dans l'état actuel de la science. (Dans les Mém. de l'Acad. royale de méd., t. VII, année 1838).
Landouzy. Mémoire sur l'épidémie de typhus qui a régné à Reims en 1839 et en 1860. (Dans les Archives, janvier 18^2). — Contagion évidente. Et c'est pour cela que l'auteur se refuse à reconnaître l'identité de nature entre le typhus et la fièvre lyphoïJe, qui n'est pas contagieuse, à ce qu'il croit. Toutefois, le savant et consciencieux observateur déclare franchement le résultat analomique que voici : « Dans les six nécropsies que nous avons faites, dit-il, » nous avons trouvé six fois les lésions intestinales qu'on rencon- » tre dans la fièvre typhoïde, etc. »
1565. Définition. — Sous le nom de typhus, tout le monde s'accorde, depuis Cullen, et surtout depuis Hildenbrand, à désigner une maladie fébrile très évidemment contagieuse, et, parlant, toujours épidémique, mais dont la symptomaiologie n'a vraiment rien qui diffère de celle des fièvres continues graves, soit épidémiques, soit sporadiques, dites autrefois Gèvies putrides ou adynamiques, et dites aujourd'hui fièvres typhoïdes (précisément à cause de leur frappante ressemblance avec le typhus pestilentiel ou typhus proprement dit).
Aussi Sauvages, nosographe symptoinaiisle, avait-il réuni, et dû logiquement réunir, parmi les espèces du genre Typhus, quatrième genre de sa classe des fièvres, les typhus épidémiques des camps, des prisons, des vaisseaux, etc., et toutes les fièvres continues sporadiques qui, avec des symptômes plus ou moins graves , durent au delà de deux septénaires, souvent trois septénaires entiers, et quelquefois davantage. Certes, soit dit en passant, l'illustre et minutieux nosographe de Montpellier serait donc bien, lui aussi, ce qui s'appelle être un typhoïdien, dans l'ironique langage de certains médecins d;aujourd'hui qui haïssent le nom de fièvre typhoïde, et font un crime à l'École de Paris de comprendre sous ce nom trop d'espèces pyrétologiques ! Là où s'est arrêté Sauvages, qui aimait tant à distinguer les formes symptomaliques, siedil bien, eh vérité, d'aller plus loin, et de raffiner encore sur les distinctions nosogiaphiques?
S'il faut même dire ici ma pensée tout entière, je déclare franchement que plus j'ai observé, que plus j'ai lu, que plus j'ai réfléchi sur mes observations et mes lectures, plus, en bonne conscience, il m'a para nécessaire de reconnaîire l'identité de nature du typhus et de la fièvre typhoïde. Voilà mon intime persuasion. Je suis de ceux qui croient à la contagion delà fièvre typhoïde. Par conséquent, au point de vue écologique, pas plus qu'au point de vue symptomatologique, je ne puis découvrir aucune différence vraiment essentielle entre celte maladie si
iU/l l'AlHOLOGlE MÉDICALE.
commune, et ce qu'on nomme le typhus: non, encore un coup, pas plus qu'entre la variole discrète et la variole confluente, ou bien entre la variole sporadique el la variole épidémique. La fièvre typhoïde, c'est à mes yeux le typhus, se montrant sporadiquement, ou tout au plus à titre de petite épidémie, et dans une forme légère pour la généralité des cas: le typhus, c'est la fièvre typhoïde régnant à titre de grande épidémie par suite de l'agglomération d'un grand nombre de sujets aptes à la contracter, et à titre d'épidémie très meurtrière par suite des formes graves qu'elle affecte alors dans la plupart des cas. Je ne saurais voir là qu'un seul et .même genre d'intoxication virulente; qu'un seul et même virus, le virus typhique.
Mais, dira-t-on, pourquoi, avec une semblable opinion, ne consacrer le présent article qu'au typhus proprement dit? Pourquoi ne pas y embrasser, dans une commune histoire, et le typhus et la fièvre typhoïde? — A cela, je réponds: Quant à moi, sans doute, j'ai mon opinion, et j'y tiens ferme ; mais je ne me dissimule pas que des hommes d'une grande autorité et d'un grand mérite professent l'opinion contraire. Peut-être même la majorité du public médical ne verra t elle qu'un paradoxe erroné dans la théorie que je crois vraie. C'est pourquoi je me borne. ici à considérer le typhus, maladie incontestablement virulente, et qui, à ce titre, échoit de plein droit au domainedu présent chapitre. Mais, quant à la fièvre typhoïde, sur la nature de laquelle il existe tant de dissidence entre les médecins, je la renvoie à la Nosographie symptomatique, non par incertitude dans ma propre opinion, que je viens d'émettre, et que je développerai en temps et lieu, mais par déférence pour le nombre et la valeur des hommes qui pensent autrement que moi.
Quoi qu'il en soit, je serai bref sur le compte de ce typhus, que je n'ai jamais eu le bonheur d'observer; qui est, en elTet, aussi rare que la fièvre typhoïde est commune, et à l'égard duquel l'histoire de celle-ci suffira pour compléter, ce me semble, l'instruction de nos jeunes et studieux lecteurs.
1566. Synonymie. — Autrefois : Fièvre pestilentielle; Mal de Hongrie ; Fièvre putride contagieuse ; Fièvre péléchiale {Febbre petecchiale des Italiens).
Aujourd'hui: Typhus contagieux ; Fièvre ou Typhus des camps, des prisons, des vaisseaux; Typhus gravior—{^\- opposition à Typhus mrtior, Typhus fever des Anglais, ou Fièvre typhoïde de l'école de Pans); Peste d Europe.
1567. Note historique. — Depuis lexvr siècle, cette grande époque de renaissance du mouvement littéraire et scientifique, el notamment depuis la fameuse et terrible fièvre de Hongrie (1564.), presque toutes les maladies pestilentielles qui ont ravagé l'Furope doivent être rapportées au typhus. La peste d'Orient n'y a sévi que rarement hors des
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limites do lu Turquie. La fièvre jaune n'y a paru qu'un très petit nombre de fois. La meurtrière suette. dite peste britannique, n'a pas prolongé son règne au delà de la première moitié du xvp siècle; depuis, elle n'a pas reparu, ou, si taiit est qu'elle ne soit pas rentrée dans le néant, et qu'elle revienne encore de temps à autre, toujours est-il qu'elle n'a plus du tout un caractère de pestilence. Quant aux épidémies calarrhales, grippes (1644-5.) ou coqueluches (1558-61.), elles n'ont jamaiscausé assez de mortalité pour mériter le nom de maladies pestilentielles.
1568. Etiologie. — A, Développement primitif du typhus: résultat unanimement reconnu pour ètre'surtout inévitable lorsqu'un grand nom bre de malades se trouvent réunis dans un local trop étroit; et cela au bout d'un laps de temps fort peu long, en quelques semaines, par exemple. Parcourez, en effet, l'histoire des diverses épidémies de typhus, et vous verrez que presque toujours le typhus ne se déclara qu'après que d'autres maladies eurent éneombré les camps, les prisons, les vaisseaux, les hôpitaux. Quelquefois aussi, cependant, le développement du typhus paraît avoir eu lieu immédiatement par le seul fait de l'agglomération de personnes, toutes jusque-là saines et bien portantes; par exemple, dans des prisons trop pleines, dans des vaisseaux dont les écoutilles avaient dû, à cause du gros temps, demeurer fermées plusieurs jours, ou bien, encore, dans des casernes où l'on avait logé ou plutôt entassé beaucoup trop de soldats. Faut-il absolument penser, avec Hildenbrand et M. Chomel, que, clans les cas de celte sorte-là, le typhus n'est pas né immédiatement, mais après avoir été précédé, ne fûtce que chez un seul sujet, par une maladie moins grave ? Serait-il vrai, en un mot, que le typhus spontané dût être toujours une maladie deutéropathique , et que le typhus communiqué fût le seul possible à litre de maladie protopalhique ? Problème insoluble, quant à présent du moins, dans cette obscure étude de la génération spontanée du virus typhique. Quoi qu'il en soit, indépendamment de l'encombrement, nous devons signaler en seconde ligne, comme conditions éliologiques bien faites pour aider à la naissance du typhus, les privations de nourriture, les excès de marche et de fatigue, le découragement à la suitedes revers, la nostalgie, et, en un mot, toutes les causes physiques et morales de débililation.
B. Transmission contagieuse du lyphus : certifiée par l'unanime témoignage des bons observateurs, et à peine révoquée en doute par quelques voix excentriques et sans autorité; n'ayant pas lieu, d'ailleurs, partout et toujours avec le môme degré de facilité et d'évidence; très facile et très multipliée là où l'encombrement existe et où Faérage fait défaut ; relativement rare et infiniment moins à craindre de la part des malades isolés et dans un loral bien aéré. Cette contagion , au surplus, s'opère non seulement par suite d'un contact immédiat avec les malades! mais tout aussi bien et peut-être même plus généralement par.cela seul
qu'on se trouve auprès d'eux et qu'on respire l'air qui les environne et qui recèle en abondnnce. leurs émanations ; incontestablement aussi, elle s'opère par l'intermédiaire de certains objets propres à s'imprégner du virus et à le conserver, tels que les vétemens, les garnitures de lits, etc. , qui peuvent par conséquent reproduire encore la maladie à une grande distance et au bout d'un grand laps de temps; M. Bricheteau rapporte (Dans le Dict. des Se. méd., art. Vêtemens, p. 399 ) qu'une malheureuse matelassière, pour avoir cardé un matelas sur lequel avaient couché des malades atteints de cette peste, s'en trouva elle-même atteinte, et cela plus d'un an après que l'épidémie eut cessé de régner.
C. Virus typhique .: agent malheureusement trop réel et dont l'existence est démontrée à l'esprit par les faits de contagion (B.), mais qui, jusqu'à présent, du moins, est demeuré imperceptible à nos sens comme tous les autres virus. Par où et dans quel véhicule émane-t-H du corps malade? Par quelle porte entre-t-il dans un corps sain, pour y développer la maladie? Certes, il est très vraisemblable que le virus s'exhale par la peau ; qu'il existe aussi dans l'haleiDC ; qu'il est volatil, et qu'il peut ainsi opérer la contagion par voie d'infection miasmatique tout autour du malade. Mais, après cela, combien de temps et jusqu'à quelle distance peut-il conserver sa vertu délétère à travers l'air atmosphérique? Quelles sont les limites au'delà desquelles il n'a plus d'activité qu'à la condition de s'être incorporé à quelque matière solide ou liquide comme à une sorte de support? Réside-t-il ailleurs que dans la transpiration ou dans l'haleine du malrdc? Réside-t-il aussi dans les crachats, dans les matières fécales, dans l'urine, dans le sang, dans le pus? Est-ce par voie d'absorption cutanée qu'il vient infecter un corp9 sain ? Est-ce en pénétrant avec l'air dans les ramifications bronchiques? Est-ce en étant porté avec la salive dans l'estomac? Voilà autant de points en question et qui ne sont guère faciles à résoudre.
D. Conditions personnelles de spéciale aptitude à la contagion: l'enfance et la jeunesse, la faiblesse de la constitution, la malpropreté, les excès de tout genre, les affections tristes, l'épuisement des forces.
E. Conditions d'immunité: 1° avant tout, l'exemption presque absolue de ceux qui ont une fois déjà subi la maladie, quelques exception* rarissimes ne font que confirmer la règle, il en est ici de même qu à l'endroit des fièvres éruplives contagieuses et de la coqueluche ; 2° une
. sorte d'habitude organique, après avoir été souvent exposé à la contagion et avoir subi, pour ainsi dire, journalièmnent l'intoxication typhique à petite dose ; c'est là un bouclier moins sûr, sans doute, mais non moins réel que la condition précédente; écoulons là-dessus M. Chomel (Traité cité, p. 757). « Les médecins des hôpitaux, endurcis peu à peu , en s'exposant habituellement à la contagion peu active du typhus » spontané, conservent souvent leur santé dans les épidémies les plus • meurtrières, tandis que les gens de l'art qui, à cette époque, sont ap~
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» pelés comme auxiliaires dans les hôpitaux , sont presque fous atteints » par le typhus, et y succombent le plus ordinairement. »
1569. Aperçu symptomatologique. — A. Invasion de la maladie : après un certain temps d'incubation latente , mais , qui , parfois pourtant , s'annonce , si l'on en croit quelques malades , par des sensations internes d'une nature plus ou moins étrange, et après une phase de phénomènes prodromiques, prodrome ordinaire des maladies fébriles (40), qui dure ici, suivant Hildenbrand, de trois à sept jours en général. — Frissons; bouffées de chaleur; accablement ; quelquefois de subites syncopes; le patient est contraint de s'aliter : voilà enfin la maladie déclarée (50).
B. Symptômes réputés caractéristiques : 1° stupeur ; 2° exanthème papuleux sui generis ; 3° oreillons ; U° état phlegmasique du système muqueux gastro-pulmonaire.
a. La stupeur (45. G. t.), plus prompte ici à se prononcer que dans la fièvre typhoïde vulgaire , existe communément dès les premiers jours. Et, d'ordinaire, on voit coexister avec elle le subdeliriura (66. B.), ou bien, autrement dit, la typhomanie.
6. Vexanthème papirfeux n'a pas d'autre caractère que celui- la même qui se montre dans la fièvre typhoïde vulgaire. Papules (65. D. t. 5°) d'ordinaire assez peu apparentes pour échapper aisément à l'observation de quiconque ne les cherche pas : plus souvent roses que rouges» quelquefois livides : rondes ou à peu près rondes; fort peu saillantes, en sorte que, à les voir sans les loucher, il semble que ce soient de simples taches, taches lenticulaires, comme quelques auteurs les ont appelées ; larges, pour la plupart, de 2 à h millimètres, et l'on n'en voit guère qui aient moins de 1 millimètre ou plus de 5, répandues en grande quantité sur le devaut de la poitrine et sur le ventre, ainsi qu'au dos et aux lombes; moins nombreuses sur les bras et les cuisses ; très rares sur les mains et les pieds ; jamais ou presque jamais à la face. Ces papules, qui, d'ailleurs, ne produisent aucune sensation de douleur, ni de prurit ni même de chaleur, commencent, en général, à paraître vers le quatrième jour de la maladie, et disparaissent peu à peu vers le dixième jour. Très souvent, au surplus, il s'y joint une éruption de vésicules aqueuses et transparentes, connues sous le nom de sudamina.
y. Les oreillons, plus ou moins appareils, plus ou moins douloureux, et, là comme toujours, bien moins dus à la parotide elle-même qu'à l'engorgement inflammatoire ou sub-iiiflammatoire du tissu cellulaire périparotidien (périparotidile), ont été signalés comme un symptôme des plus communs et des plus caractéristiques dans le typhus des années 181 ') et 181/i. .Mais il s'en faut' que toutes les autres épidémies de typhus aient eu pour caractère un pareil symptôme : combien n'y en a-t-il pas dans lesquelles les observateurs le notèrent à peine, ou même n'en firent pas meniion du toot f A la vérité , il importe de remarquer qu'il peut
bien des fois êlre assez béni.,, assez obscur, pour ne se laisser apercevoir qu au médecin qu. le cherche; quelquefois il n'est révélé que par la douleur qui se fait sentir à la région parolidienne dans rabaissement de la mâchoire Quo. qu'il en soit, la suppuration des oreillons a toujours été un accident exceptionnel; leur résolution ou leur délilescence, voilà ce qu'on a vu le plus souvent, sans comparaison ; leur gangrène est un cas très rare
S. L'état phlegmasique du système muqueux gastro-pulmonaire se manifeste surtout delà façon que voici : - Toux et crachats muqueux • rougeur et sécheresse de la langue et de la gorge ; vomissemeiis lors de 1 invasion, du mo.ns chez un grand nombre de malades; presque tou jours de la diarrhée , tôt ou tard ; quelquefois une véritable dvssenlerre (673), et de là l'histoire de ces dyssenteries malignes , épidémiques et contagieuses que divers auteurs ont décrites, et qui doivent être rattachées étiologiquement, ainsi que je l'ai déjà dit en Nosographie organique (473. D.), à" l'intoxication lyphique.
C. Ensemble symptomatique et marche du typhus : fièvre continue depuis le moment de l'invasion , dans tous les cas, mais généralement avec un paroxysme plus ou moins prononcé chaque soir. Distinguons, d'ailleurs , pour plus de précision descriptive , trois formes principales de typhus sous les noms que voici : 1° typhus régulier; 2° typhus immédiatement très grave ; 3° typhus tardif.
«. Le typhus régulier a deux périodes distinctes : 1» la période d'auguient {période inflammatoire de Hildenbrand), dans laquelle on voit les
-\ niplômcs (lièvre, stupeur, accablement, céphalalgie, subdelirium exanthème papuleux, etc.) se développer et s'aggraver peu h peu, et qu'i dure environ sept jours ; 2° la période d'étal {période nerveuse de Hildenbrand) où la maladie présente un plus haut degré de gravité (asthénie, soubresauts des tendons, surdité, coma , délire, langue sèche et fuligineuse, apparition des oreillons, dévoiemenl très fétide, etc.), et où la mort peut avoir lieu. En cas d'heureuse terminaison, ce n'est guère qu'au bout du
second scpténairequesemanifesie ledéclin de la maladie : la desquamation del'ôpidernieet la chute des cheveux surviennent presqueconsiammcnt. La convalescence est, en général , longue ; il faut plusieurs semaines, voire même plusieurs mois, pour la complèle recouvrance de la santé.'
Ç. Le typhus immédiatement très grave, au lieu d'arriver peu à peu à la période d'état («i 2°) , y atteint dès son début même , et y entre , pour ainsi dire, d'emblée. C'est surtout dans cette espèce de typhus qu'on voit , indépendamment des symptômes ordinaires , survenir les accidens les plus sinistres (convulsions , contractions tétaniques, aphonie, hémorragies effroyables; gangrène des extrémités, des organes génilaux, du nez , etc. ) : la violence du fléau peut tuer la victime dans l'espace de quelques jours ; d'autres fois , la maladie peut se prolonger jusqu'à trois et même quatre septénaires, avant d'aboutir à un dénouement heureux ou funeste, Voilà donc un typhus qui, par sa marche et
sa durée, se montre fort différent du typhus régulier («.), et mérite, • sans contredit , le nom de typhus irrégulier ou anomal , comme l'appelait Hildenbrand.
y. Le typhus tardif est celui qui ne commence à se caractériser qu'après avoir préludé pendant environ sept à huit jours sous les- apparences d'une fièvre inflammatoire ou bilieuse de nature vulgaire et peu grave ; la stupeur ne se prononce guère avant le second septénaire ; l'exanthème pathognomonique ne survient qu'au dixième ou douzième jour. Suivant M. Chomel , il en était surtout ainsi dans le cas où le typhus se développait spontanément , sans contagion préalable, tandis qu'au contraire le typhus communiqué affectait plutôt lés formes cidessus décrites (a. 6). Quoi qu'il en soit, le typhus tardif n'en arrivait pas moins à produire les mêmes symptômes et les mêmes dangers que les deux autres espèces.
ê. Quant aux cas oit l'exanthème apparaît seul sans fièvre , et quelquefois même sans le moindre degré de malaise , cas observés chez un certain nombre d'individus, et qui se produisent surtout lors du déclin de l'influence épidémique, doit-on les rattacher aussi au typhus? Est-ce là encore l'effet du virus? Est-ce l'intoxication typhique sous sa forme la plus bénigne ? Nous penchons fort, ainsi que M. Chomel, pour l'affirmative. Ces cas-là, ce me semble, sont au typhus ce qu'est à la variole une éruption apyrétique de chicken-pox.
c Un mot, enfin, sur le développement d'inflammations séreuses ou parencliymateusesdans le cours du typhus. Indépendamment, en effet, des inflammations muqueuses qui sont le propre de la maladie (B. §.) ', combien de fois n'a-t-on pas vu, par exemple, la pneumonie , la pleurésie, la méningite, la méuingo-encéphalile la mieux caractérisée, etc., se mettre aussi de la partie ! C'est là une complication qui n'est pas assez rare pour être considérée comme un incident fortuit : nous devons plutôt y voir un surcroît naturel de développement de l'intoxication typhique. Toujours est il que le danger du malade se trouve alors singulièrement aggravé.
Voilà donc, d'après Hildenbrand, Pinel et M. Chomel, ces irrécusables témoins des grandes épidémies de typhus du commencement de notre siècle, comme aussi d'après MM. Gerhard de Philadelphie etLan- . douzy de Reims, habiles observateurs d'épidémies plus récentes, mais restreintes à une bien petite étendue, voilà le tableau fidèle des' symptômes observés chez les individus frappés de ce fléau. Eh bien , en vérité, sous le rapport symptomatologique , le typhus diffère- t-il de la fièvre typhoïde vulgaire, et en quoi gît la différence ? Nous serions fort en peine de trouver cela.
1570. Nécroscopi». — Les altérations spéciales de l'intestin, qui sont le pnnc.pal et le meilleur des caractères analomiques de la fièvre nutnde d'autrefois, fièvre typhoïde d'aujourd'hui, n'ayant été bien appré-
ciées el bien connues que depuis une époque postérieure aux grandes épidémies de typhus, il n'y a rien absolument à conclure de ce qu'elles n'aient pas été signalées par les observateurs de ces épidémies- là. Peutêtre y existaient-elles tout aussi constamment que dans notre vulgaire fièvre typhoïde de Paris ; mais elles durent passer inaperçues. Dans le typhus de la prison de Reims, M. Landouzy les a constatées; mais, dans le typhus de Philadelphie, M. Gerhard assure qu'il les a vainement recherchées. Entre ces témoignages contradictoires , que dire, sinon que la science n'est pas faite sur ce point? Elle ne le sera, hélas! j'en ai bien peur, qu'au prix d'une affreuse calamité, au prix d'une vaste épidémie où soit définitivement vidée, grâce au concours de nombreux observateurs, la question de la fréquente présence, ou de l'absence constante des altérations qui appartiennent à l'entérite folliculeuse.
1571. Thérapeutique. —S'il arrive qu'un jour nous soyons appelés à voir une épidémie de typhus et à y donner nos avis, quels seront-ils?
Pour ce qui est d'abord du traitement d'un malade donné , rien de plus sage , à défaut d'un spécifique qui puisse neutraliser l'intoxication même , que de se borner à la modérer , à en amender les symptômes , en remplissant, au jour le jour, toutes les indications rationnelles (lift. B.— I.). tout comme à l'égard de la fièvre typhoïde, pour laquelle je me réserve d'être moins bref et moins sommaire, et de poursuivre avec un peu plus de détail la question des moyens cui atifs ( voir en Nosogr. sijmptomatique). Que, dans les cas désespérés, après tout, Ton se permette les tentatives empiriques les plus aventureuses ; que l'on fasse alors sur le patient l'expérience de remèdes nouveaux et même des plus dangereux, je le veux bien. Mais , hors l'excuse d'une telle extrémité, jusqu'à quel point nous est-il permis d'abandonner le sentier, et, si l'on veut même , l'ornière de la prudence pour mettre à exécution , sans le consentement formel du malade, toutes nos fantaisies thérapeutiques ou prétendues telles?
En fait de prophylactique, fuir au plus vite les foyers de contagion et fuir bien loin, voilà qui vient naturellement à l'esprit de tout le monde. Là, et là seulement , certitude infaillible de salut. Mais quant à ceux qu'un devoir volontairement accompli, ou qu'une nécessité fatalement subie retient dans la sphère de l'épidémie el met en rapports plus ou moins assidus avec les malades , ceux-là même peuvent encore, indépendamment des conditions d'immunité que j'ai signalées plus haut (1568. E.), sinon se préserver en toute sûreté, du moins diminuer beaucoup les chances de réalisation de la contagion, eu s'asireigmmt à l'observance d'un certain système de précautions et de soins hygiéniques , qui est, d'ailleurs , la conduite commune à tenir durant le règne de toutes les maladies pestilentielles ; voir, à cet égard, les conseils prophylactiques que j'ai donnés en Thérapeutique générale (112. E. Indien 'ions fournies par les dangers de contagion).
MALADIES PUERPÉRALES.