‹ Élémens de pathologie médicale (volume 2)Chapitre 44 sur 54 · I.M)tMIKS SINGUMkRIi». - kt\l · texte numérisé non relu

I.M)tMIKS SINGUMkRIi». - kt\l

font qu'un ; — que ce genre de maladie-là (''tond de jour en jour son empire, non seulement dans l'Italie et dans l'Espagne, niais aussi on deçà des Alpes et des Pyrénées; — règne, on peut dire endémiquement, dans plusieurs de nos départemens du Midi ; — et commence à se montrer, mais sporadiquement, dans ceux du Nord. C'est justice d'ajouter que M. Théophile Roussel , par ses recherches , ses voyages et son livre, n'a pas peu contribué à la diffusion de ces vérités-là.

1612. St/mptomatologie. — A. Revenons, mais en quelques mots seulement, sur les trois ordres de symptômes qui caractérisent la pellagre (1607.).

«. L'exanthème qui fait le caractère le plus frappant, peut-être fautil dire le caractère pathognomonique de la pellagre , est un érythème chronique qui occupe les parties du corps les plus habituellement découvertes, principalementle dos des mains, et qui, le plus ordinairement du moins , se borne à revêtir la forme squameuse , mais peut, quelquefois aussi, s'accompagner de papules, de vésicules, de pustules, de gerçures et de croûtes. C'est au printemps qu'il commence ; puis, après avoir duré tout l'été , il s'efface et disparaît vers la fin de l'automne , en laissant une sorte de cicatrice, ou, pour mieux dire, de tache luisante comme un vésicatoire ou une brûlure. Chaque année, au retour du printemps, le pauvre, pellagreux voit revenir périodiquement cet exanthème; et, avec la réapparition de l'exanthème, survient aussi la recrudescence des symptômes généraux , qui pendant l'hiver avaient euxmêmes disparu ou s'étaient du moins amendés. C'est particulièrement dans les Asturies, il importe de le noter, que l'érythème pellagreux se sillonne de gerçures profondes et se recouvre de croûtes épaisses ; d'où l'aspect vraiment singulier qui en a imposé pour une espèce de maladie à part, tandis que ce n'est là qu'une simple variété.

6. Tôt ou tard, les phénomènes d'irritation du canal digestif se mettent de la partie. Ai-je besoin d'énumérer expressément la rougeur et les gerçures des lèvres et de la langue, l'état de tuméfaction et d'endolorissement des gencives, le ptyalisme, la dyspepsie, les vomissemens, la diarrhée, etc.?

y. Quant aux phénomènes de perturbation encéphalo-rachidienne, liés intimement, eux aussi, à l'existence de l'exanthème pellagreux, ils présentent dans leurs divers modes de combinaison et de succession bien des variétés, qui rentrent toutes, à ce qu'il me semble du moins, dans l'espèce nosographique que j'ai, moi le premier, posée et décrite sous le nom de PmQ^ym gévMe progressive. Vertiges, céphalalgie, bourdonnemens d'oreille, douleurs et faiblesse des membres, titubation, décadence plus ou moins rapide des sens et de l'intelligence, manie ou démence. Voilà, comme de raison, le fond du drame morbide , voilà les scènes qui se produisent à peu près constamment dans tous les cas. Ce qu'il y a de plus particulier à remarquer concernant l'aliénation mentale des pella-

PATBOEOfilE MÉDICALE.

greux, c'est qu'assez ordinairement l'idée du suicide s'empare d'eux, et que, pour moyen d'exécution, ils sont surtout enclins à faire choix de la submersion.

B. Les symptômes généraux qui font cortège à l'exanthème pellagreux et qui s'apaisent ordinairement lors de sa disparition ou de sa rémission a la fin de l'automne, ne manquent pas de s'exaspérer lors de sa recrudescence au retour du printemps. Ils vont ainsi s'aggravant d'année en année. D'où un dépérissement progressif, souvent l'hydropisie , et, pour dénoûment constant, la mort.

C. Il est rare que la pellagre mette moins de deux ou trois ans à conduire sa victime au tombeau. Communément elle a une durée bien plus longue. Quelquefois, elle demeure stationnaire pendant dix, quinze ou dix-huit ans, voire même, à ce qu'assurent certains auteurs, pendant cinquante ou soixante ans.

i 6 1 3 . Nécroscopie. — Ce qu'il y a de plus important à signaler à cet égard, ce sont les altérations qui caractérisent l'encéphalite superficielle généralisée (Péri-encéphalo-méningite chronique diffuse, de M. Calmeil) (618. — et 619. D.) : lesquelles altérations ont été bien et dûment constatées par d'habiles observateurs, M. Brierre de Boismont entre autres.

161&. Etiologie. — A. Il est constant que la pellagre attaque particulièrement, j'allais dire presque uniquement, les individus qui se trouvent sous l'empire des influences les plus débilitantes. La nécessité de séjourner dans un air vicié par les émanations des marais et des lagunes, l'insalubrité des habitations, les alimens de mauvaise qualité, l'insuffisance ou la malpropreté des vêtemens: en un mot, toutes les privations et toutes les peines d'une condition misérable sont autant de circonstances qui aident ou qui du moins prédisposent au développement de la pellagre ; et voilà pourquoi tant d'auteurs ont désigné la pellagre sous le nom de Mal de misère. Mais là n'est pas l'étiologie tout entière, assurément ; car il s'en faut que la pellagre se fasse voir partout où règne la misère. Force est bien d'avouer qu'en outre des conditions communes de la misère, il doit y avoir là quelque chose de spécial.

B. Ce quelque chose de spécial , serait-ce l'insolation ? Plusieurs auteurs l'ont prétendu. Mais rappelons-nous que la pellagre est une maladie nouvelle, et dont l'histoire ne date que du dernier siècle; remarquons, d'ailleurs , qu'elle existe dans des climats qui ne sont pas les climats les plus chauds du globe, et que, d'autre part, elle n'existe pas dans les latitudes où les feux du soleil ont le plus d'intensité. Force nous est de conclure que l'insolation n'a qu'une influence secondaire pour la production de cette maladie. Tout au plus accorderons-nous qu'elle a le privilège de déterminer le siège de l'éruption caractéristique, de le fixer sur les parties habituellement découvertes. Encore est-il vrai de dire que la pellagre a été observée quelquefois chez des sujets qui ne

ENDÉMIES 8INGUUÈBE9. l\k<è passaient pas du tout leur vie au grand air et en plein soleil, comme les campagnards de la Lombardie, mais travaillaient du matin au soir dans des bouges à peine éclairés par la lumière du jour.

C. Une tbèse certainement fort plausible , c'est la thèse dont , dans ces derniers temps, M. Balardini en Italie, puis M. Théophile Roussel en France , se sont faits les champions avec autant d'ardeur que de talent. Thèse qui impute la pellagre au maïs, non pas, certes, au maïs de bonne et saine qualité , mais au maïs altéré par une espèce particulière d'ergot ou champignon parasite, qu'on désigne dans la Lombardie, où il est très commun, sous le nom de verderame (littéralement vert-de-gris). S'il en est réellement ainsi, nous devrons classer la pellagre dans la famille naturelle des Empoisonnemens proprement dits, et l'y poser à côté de notre genre Ergotisme, dû, comme on sait, au seigle ergoté (1281.). Quant à moi, personnellement, je suis fort enclin à épouser aussi une semblable opinion ; mais , il faut le dire , on cite des exemples de pellagre survenue à des gens qui jamais , assure-t-on , n'avaient fait usage de maïs. Comment donc se tirer de cette difficulté-là? Y a-t-il là quelque explication exceptionnelle à proposer ? ou bien doit-on simplement s'inscrire en faux contre les exemples de cette sorte? Les hommes les plus compélens ne sont point d'accord là-dessus. Je ne saurais m'arroger le droit de trancher de mon autorité privée une question si scabreuse. Et voilà pourquoi nous laissons la pellagre dans le groupe systématique et, je l'avoue, assez artificiel de ce que j'appelle les Endémies singulières.

1615. Pronostic. — La pellagre , une fois bien déclarée , est inguérissable, du moins dans l'état actuel de l'art. Impossible de conjurer le dénoûment funeste, qui tôt ou tard s'accomplit.

1616. Thérapeutique. — Dans la pellagre confirmée, nous sommes réduits à ne faire que de la médecine palliative et symptomatique : bains, émissions sanguines, narcotiques, etc., etc., selon les indications particulières de chaque cas. Il est même fort douteux que , dans la pellagre commençante, le recours le plus prompt à la médication corroborante , le complet changement de régime et le genre de vie le plus confortable , puissent empêcher l'accomplissement des progrès du mal et restituer la santé.

C'est par la prophylactique seulement que l'on peut espérer de soustraire les populations au fléau de la pellagre. Il faut qu'une administration éclairée et pbilanthropique prenne toutes les mesures possibles d'assainissement ; il faut que le progrès de la civilisation vienne à distribuer un certain degré d'aisance et de bien-être aux classes les plus inférieures de la hiérarchie sociale; il faut que les préceptes de l'hygiène soient vulgarisés , et , au besoin même , érigés en prescriptions légales Mai* peut-être, après tout, suffirait-il , pour l'anéantissement de la pellagre, d'interdire l'emploi alimentaire du maïs de méchante qualité

1(517. Un mot, pour terminer, concernant l'importance désormais attachée à l'étude de la pellagre. — Pour faire apprécier à nos lecteurs cette légitime importance, pour les exciter à se pourvoir d'une instruction encore plus approfondie et plus complète que je n'ai pu la leur donner dans ma courte esquisse, je me bornerai à remarquer que la pellagre, depuis qu'elle a commencé à se faire voir il y a un siècle à peine, n'a pas cessé de faire des progrès, de porter ses ravages sur une étendue de pays de plus en plus grande, et de multiplier de plus en plus, dans chaque contrée, le nombre de ses victimes, Et, par exemple, M. Balardini nous apprend que le recensement officiel fait dans le Milanais, en 1830, constatait 20,000 pellagreux sur une population d'environ 1,500,000 âmes, c'est-à-dire 1 pellagreux sur 75 habitans. Dans les landes qui existent depuis la Gironde jusqu'à l'embouchure de l'Adour, il y avait , — en 1843, — 3,000 pellagreux, suivant l'évaluation de M. Léon Marchand.

ARTICLE IV

IUDBSYGE.

(Nom norvégien : désormais devenu classique. — C'est-à-dire, littéralement, selon l'étymologie Scandinave, Maladie squameuse.)

1618. Bibliographie. — ( Pfeffehkorn. Ueber die Norwegische Badesygeund Spedalskhcd. Alloua, 1797, in-8\)

Demangeon. Notice sur le lladesyge de Norvège ou la Lèpre du Nord. (Dans le Journ. génér. deméd., t. XXV, p. 129 et suiv.).

IIOLST, Morbus quem Radesyge vacant, quinam sit, quânamque ratione è Scandinaviâ tollendus. Christiania, 1817, in-8°.)

Martins. Notes médicales recueillies pendant un voyage en Norvège, en Laponieet aux Féroé. (Dans Revue méd., février I8hh.)

1619. Définition. — Maladie chronique, cachectique et mortelle;— se caractérisant extérieurement par des phénomènes exanthématiques de forme squameuse, tubéreuse et ulcéreuse;— -se montrant ainsi analogue, si ce n'est même identique, à la lèpre communément nommée Lèpre tuberculeuse ou Lèpre des Grecs;— et régnant endémiquement non-seulement en Norvège, mais aussi en Islande, au Groenland, dans la Laponie suédoise et russe, aux îles Feroë, etc.

Cette maladie terrible est si commune en Norvège, parmi la classe pauvre, surtout le long des bords de la mer, que, pour recueillir les malheureux qui en sont affectés, Berglien, l'une des principales villes du littoral, a un hospice spécial, et , pour ainsi dire , une vaste léproserie. Et dans cet hospice-là, où, d'ordinaire, il y a un millier de malades environ, le méderin voyageur peut aisément, dans une seule

ENDÉMIES SINGULIÈRES.

visite, et, j'allais dire, d'un seul coup d'œil, observer toute; les phases, toutes les variétés de la lèpre norvégienne.

1620. Synonymie. — Lepva Norvegiea, !.. borealis (Lèpre do Norvège ou Lèpre boréale) : chez divers auteurs. — Spedahkhed; surtout dans le Datiemarck et le Ilolstein.

1621. Aperçu symptomatologique. — La période initiale du radesyge présente pour symptômes principaux: un sentiment de pesanteur dans tout le corps ; des lassitudes dans les membres au moindre exercice et môme indépendamment de tout travail; et, enfin, des démangeaisons à la peau. Roideur dans les jointures, céphalalgie frontale ; teint pâle, plombé, livide; coryza chronique, avec rougeur et gonflement du nez; enrouement, ou même complète extinction de voix; accidens névropathiques de diverses sortes, mais plus particulièrement chez les femmes; assez ordinairement, surtout, douleurs vagues dans les membres, médiocres ou vives, se faisant principalement sentir la nuit, et se calmant le malin à la suite d'une sueur plus ou moins fétide : tels sont encore les accidens prodromiques que signalent et décrivent les observateurs.

Quelques mois ou quelques années plus lard, on voit survenir les phénomènes exanlhématiques qui caractérisent le radesyge. Chez les uns, c'est un exanthème de forme furfuracée, dont les écailles sèches et blanchâtres ne tombent que pour se renouveler et pour devenir de plus en plus épaisses, de façon que la peau ne présente plus qu'une surface inégale , âpre et raboteuse. Chez les autres, on voit se développer une sorte d'eczéma rouge (357. B. g.), ou d'eczéma impétigineux (357. B. y.),quiflHeabondammenictoccasionnedeconlinuellesel insupportables démangeaisons. Chez d'autres, il survient, d'abord au visage, puis par tout le corps, une foule de petites taches delà dimension d'une morsure de puce, rouges ou bleues, ou même brunâtres, qui, dans certains cas, disparaissent pour revenir tôl ou tard, et reviennent snrlour. sous l'influence d'un temps humide : ces taches sont le plus souvent dépourvues de sensibilité, et l'on peut les piquer avec une épingle sans exciter la moindre douleur; lorsqu'elles viennent à s'ulcérer, elles produisent soit une humeur visqueuse qui se transforme sur place en croûtes plus ou moins épaisses, soit une sérosité corrosive qui propage tout alentour l'inflammation et l'ulcération. Cesdiverses éruptions là sont accompagnées ou bientôt suivies de lubérosités (U5. D.£.6°) cuivreuses ou plombées, qui se développent ça et là sur le visage et ensuite sur le reste du corps. Peu à peu la peau du front s'épaissit et se sillonne de rides étranges; les paupières se gonflent ; lesjoues, pareillement loules gonflées, prennent une couleur rouge foncé; les lèvres, grossies et devenues roides, donnent à la bouche une largeur énorme; les oreilles se déforment et acquièrent des dimensions monstrueuses: bref, la face dé figurée et hideuse, inspire plus d'horreur que de pitié. Les lubérosités cutanées, une fois produites, ne tardent guère à présenter des squame.'

/|f)2 PATHOLOGIE MllDICALF.

tics croules, des ulcérations. A l'intérieur même de la bouche, — et notamment sur la luette, les amygdales et le voile du palais, — on voit aussi survenir des lubérosiiés , auxquelles succèdent de petits ulcères sordides. Chose bien digne de remarque : c'est que, du moins en règle générale, les violentes douleurs des membres s'apaisent, et, quelquefois même, cessent entièrement dès que l'affection de la peau se déclare.

Là ne se bornent pas encore les progrès de la maladie. Les ulcérations vont s'agrandissantde plus en plus en surface et en profondeur; et, après avoir rongé la peau et toutes les parties molles , entament les os euxmêmes. Elles produisent en abondance un pus d'une insupportable fétidité. C'est particulièrement la voûte palatine , le vomer et les os du nez que la carie attaque et dévore. Bien des fois aussi , on voit les phalanges des doigts et des orteils, en proie à une horrible destruction, tomber entièrement. La chute des cheveux , des sourcils eux-mêmes et de tous les poils est un accident des plus ordinaires. Puis, enfin , surviennent les sueurs nocturnes, la diarrhée colliquative, la fièvre hectique, le marasme et la mort.

Rien de plus variable, d'ailleurs, que la marche et la durée du radesyge. Dans quelques cas, cette maladie, même parvenue à un haut degré, demeure stationnairc fort longtemps, et, pour ainsi dire , indéfiniment. Il y a, dit-on, des exemples qu'elle s'est ainsi prolongée pendant quarante-cinq ans.

1622. Étiologie. — Encore à l'état d'obscur problème. Sans doute, il est avéré que la misère a un rôle dans la production du radesyge, et un rôle très considérable ; peut-être même est-elle là une condition sine qaâ non, je le concéderais volontiers. Mais, après tout, nous ne saurions y reconnaître la cause spéciale de la terrible maladie. On a hypothéliquemcnt accusé comme causes dignes de ce nom : 1° l'atmosphère humide et si souvent brumeuse des côtes de la Norvège; 2° l'influence des exhalaisons marécageuses ; 3" la malpropreté des gens de la classe pauvre, et surtout des pêcheurs, qui ont coutume de rester tout habillés pendant plusieurs jours et plusieurs nuits de suite, même avec leurs habits mouillés ; U° enfin, et peut-être avec plus de raison, la diète ichthyophage, et surtout réduite, comme elle l'est parmi le bas peuple de ces pays-là, à consister, la plupart du temps, en foies de poissons et en graisse de hareng.

A en croire certains auteurs , qui , à l'appui de leur opinion , ne manquent pas de nous rapporter des observations, il fautclasser le radesyge au nombre des maladies héréditaires.

Notons, en dernier lieu, que le printemps est la saison où le radesyge prend le plus fréquemment naissance.

1623. Thérapeutique. — Malheureusement bornée aux moyens palliatifs.

Jusqu'ici, le radesyge. s'est montré comme une maladie impossible a

ENDÉMIES SINGULIERS. U5o

guérir. Il a été réfraciairc à tous les traitemens. Tout y a échoué , le mercure aussi bien que l'arsenic et autres remèdes héroïques.

Lorsque la Norvège appartenait encore au Danemarck, on avait envoyé quelques malades à Copenhague; ils y furent soignés du mieux qu'on put, et certains d'entre eux éprouvèrent un notable amendement de leur mal, à tel point qu'on les croyait guéris ou du moins entrés en voie deguérison. [Mais, une fois de retour dans leur pays, ces malheureux virent reparaître, avec plus de fureur que jamais , leur affreuse lèpre : ce qui prouve fort bien, assurément , la maligne influence du climat Norvégien. i

ARTICLE V

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