NARCOTISME
(Auteurs contemporains. — De N apxMTixa. — Voir n" 1212. B).
1266. Bibliographie. — (1209.). — Sauvages. — (Nosol. fneth.
Class. VI, Débilitâtes) — Gen. xiv , sp. 3 , Mutilas à nàrcoticis ;
— gen. xxvn , sp. 3, Lethargus à narcolicis ; — gen. xxix , sp.
14, Carus ànarcoticis.
Barbier (d'Amiens). — (Dans le Dict. des se. méd., — t. XXXV,
p. 215-6). — Art. Narco/isme.
Trousseau et Pidoux. — ( Tr. de thérap.) Chap. IX, Médicamens
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— Ibidem., i. II, p. 323-6 [Aêiionpjiysiologiquè du quinquina).
Bally. Observations sur les effets thérapeutiques de la morphine. ( Dans M'hn. de l'Acad.roy. de méd., t. Ier, p. 99-180). — Travail non moins intéressant sous le point de vue de la toxicologie que sous celui de la thérapeutique.
Chevallier. — Voir dans la Revue méd. , n° de février 1826 , p. 225 et suiv. , les expériences que ce savant chimiste a osé tenter sur lui-même avec l'acétate de morphine.
Desportes. Recherches expérimentales sur l'empoisonnement lent par l'acétate de morphine. (Dans la Rev. méd., octobre 182/4).
Blache. — ( Dans le Répert., — t. XXII , art. Opium). § III, De l'empoisonnement par l'opium. — (Pag. 257-66).
IIerbst. Sur l'utilité des affusions froides dans les empoisonnemens par l'acide hijdrocy unique. (Dans le Journ. complém. du Dict. des se. méd., t. XXXIil, p. 13-20. — Année 1829).
I.ONSDAr.E. An Expérimental Enquiry into the physiological Action, the Poisonous Properties and the Therapeutic Effects of the JJydrocyanic Acid. ( Dans The Edinburgh médical and surgical Journal, janvier 1839).
Bouchardat. — (Dans Y Annuaire de thérap., pour 1843). Pag. 47- 8, Des moyens de combattre l'empoisonnement par l'acide cyanhy-
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Larocque. Expériences sur un nouvel antidote de l acide prusstqne, proposé par le docteur Smith. (Dans Gaz. méd., année 1866, n" 33).
Gauètier de Ci.aubry. Relation d'un empoisonnement de cent quatre-vingts personnes, produit par les baies de fAtropa belladona. (Dans le Journal gén. de méd., décembre 1813).
Lecointe. De la belladone. Recherches expérimentales sur l'atropine. Paris, 1850, m-U°.
Degland. Observations sur des empoisonnemens par la teinture
d'aconit-napel. (Dans le Jour. gén. de méd. , janv. 1827).
Francis Devay. Observations et réflexions sur l' empoisonnement
pSr l'aconil-napel. (Dans Gaz. méd., année 18lili, n° 1).
Gdersant. — (Dans le Dict. des se. méd., t. V, p. 201-18). — Art,
Ciguë.
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Gdersant. — (Dans le Rèpert. , — t. xxvi, art. Quinquina.) § III, Effets du quinquina. — (P. 563-91).
Mélier. Expériences et observations sur les propriétés toxiques du sulfate de quinine. (Dans Mém. de l'Acad. de méd., t. X).
Desiderio. Résultats d'expériences sur les effets du sulfate de quinine.' (Dans la Rev. méd., juillet 1845).
1267. Considérations générales. — A. Sous le titre de Narcotisme, posons et proclamons ici un genre nosographique qui comprenne non seulement tous les empoisonnemens dus à l'action des poisons narcotiques proprement dits, mais encore tous ceux dont certains poisons narcotico-âcres peuvent être cause et dans lesquels on voit surtout se produire et se développer des effets analogues aux effets de l'opium, ce type incontesté de la vertu narcotique. — Il est inutile que je reproduise ici rémunération, déjà faite plus haut (1212. B), des principaux symptè.mes qui caractérisent le narcotisme. Mais il faut que nos lecteurs se la rappellent bien, et, au besoin, la repassent et l'étudienl de nouveau. De la sorte, ils n'auront garde d'écouler ces ergoteurs qui , prenant la chose au pied de la lettre, ne veulent voir de narcotisme que là où le fond de l'ensemble sympiomatique consiste en un état comateux, et uniquement là. Entendre ainsi le narcotisme, c'est trop sacrifier au mesquin point de vue d'une stricte élymoiogie, c'est méconnaître l'enchaînement et la filiation des phénomènes de perturbation cérébrale chez les personnes soumises à l'action des narcotiques les plus justement réputés pour tels, c'est disputer par pure logomachie à la nosographie des empoisonnemens la fusion générique de cas fort analogues entre eux et véritablement congénères. Mais, à ce compte, c'est fi peine si l'opium lui-
même mériterait bien le litre de narcotique: car bien des fois, pour raison de dose, d'idiosyncrasie ou autrement, ses effets ne vont pas jusqu'au développement du coma, mais s'arrêtent en deçà.
B. Au surplus, rapprocher et réunir plusieurs cas sous une dénomination générique, ce n'est pas les confondre, encore moins les identifier. A Dieu ne plaise que nous méconnaissions , entre les empoisonnemens dus à tel narcotique et à tel autre, d'importantes différences sous le rapport des symptômes ou sous celui des moyens de traitement ! A la rigueur , on peut distinguer , dans le genre Narcotisme , autant d'espèces qu'il y a de poisons radicalement différons qui aient néanmoins pour attribut commun de produire dans un degré plus ou moins prononcé les désordres caractéristiques de ce genre d'empoisonnement. Ainsi faut-il, nar exemple , distinguer et considérer séparément le narcotisme par l'opium le narcotisme par l'acide cyanhydrique, le narcotisme par la belladone, le narcotisme par l'aconit, le narcotisme par la ciguë, le nar- , colisme par la quinine, etc., etc., etc. Mais , dans le présent article , je ne veux ni ne dois passer en revue toutes les espèces du genre en question • ie me bornerai donc à jeter seulement un rapide coup dœil sur chacune de celles que je viens de signaler en termes exprès, et qui, entre toutes, me semblent bien faites pour appeler principalement notre attention comme étant les mieux connues jusqu'à présent, ou mentant 1 moins à un titre quelconque un intérêt particulier. Sans parler de m te m osées à mon livre,1 il ne serait pas possible, dans 'état actuel 'il la science, de remplir complètement le cadre dont je ne fais quelra-
CCC;UVaeUesU*ressources y a-t-il , en général , contre le narcotisme ? Quels moyens d'enrayer son développement , d'atténuer ses perds de S r r sis chances de mort ? A cet égard , rappelons-nous d abord s Seines fondamentaux de la thérapeutique des er-vpoisonnemens (1215) . Ti Cns vomir, s'il en est temps encore; ou bien, même, au b sôin rSs le poison par la voie de la pompe aspirante. Ne nous orioSïï» absolument, quoi qu'en aient dit certains aues l'emploi des émissions sanguines; mais gardons-nous bien dy Secours ans indications manifestes et urgentes, d'y avoir recours \ 2\ZZ et comme si c'était là un remède absolu , une sorte de spéautre chose, en un mot, qu'un moyen de médecine sympton Suc Une fois le coma déclaré ou seulement imminent, mettons en Se la médication stimulantè (137-9) et la ™f^^ Mù6 8V la théorie prévoit et l'expérience confirme 1 efficacité pa lieu j; n ' « (132 G y.) Possède en semblable circonstance ; 1 élecllCrC T , ftim? « T magnifiques succès dans des cas désespérés ,
IBM, p. A52. - D'après un jourcommua i,i exemple chez un sujet narcolise par 1 o-
m U — a. — e es, encore
KMPOISONNEMENS PROPREMENT DITS. 97
un fait unanimement reconnu : entre autres témoignages des plus frapparis en ce genre, voyez dans la Gazette médicale (année 1840, n" 34) un article emprunté à un journal italien (// Raccoglitore meclico), article où il s'agit de quatre cas d'empoisonnement par l'extrait de jusquiame, dans lesquels M. le docteur Medoro administra le suc de citron , tout pur, et vit aussitôt les symptômes les plus graves (délire, convulsions de la face, rire sardonique, trismus, stupeur, mydriase, coma, etc.) disparaître comme par enchantement. Mais, après tout, en règle générale, c'est-à-dire lorsque l'agent narcotique ou son principe actif est un de ces énergiques alcaloïdes tels que la morphine, l'atropine, la daturine, etc. , il ne faut pas, tant qu'il y a encore du poison dans l'estomac, se trop hâter d'y adresser des médicamens acides ; car les acides acétique, citrique , etc. , forment, avec les alcaloïdes, des sels plus solubles, et , partant, plus faciles à absorber, plus vénéneux que ces alcaloïdes ne le sont par eux-mêmes et dans leur état de combinaison naturelle.
§ Ici. Du Narcotisme thébaïque.
12GS. Bref aperçu. — Sous le litre de narcotisme thébaïque, nous comprendrons les empoisonnemens produits par l'opium et ses diverses •préparations (1212. B. «.). Dans cette dénomination, l'épithèle spécifique ne peut guère, ce me semble, soulever d'objection, puisqu'elle est une des qualifications le plus communément attribuées à l'opium. Aimerait-on mieux dire narcotisme méconique (de Mvîxwv, pavot) ? J'y accéderais volontiers. Peu importe, au surplus, quel nom soit adopté. Le point essentiel, c'est de reconnaître là une espèce nosographique véritablement à part.
Maintenant, sans revenir inutilement sur les traits généraux du narcotlSme(1212. B. 1267. A.), indiquons quels sont, dans la svmptomatolog.e du narcotisme thébaïque en particulier, les points principaux par ou cette espèce-là se distingue des espèces congénères, et par où au Indu malade, on peut jusqu'à un certain point la reconnaître et la diagnostiquer. Notons donc les particularités que voici : 1" le resserrement despupmes, symptôme non pas constant, mais beaucoup plus fréquent que la mydriase, soit dans les phases de délire et de subdelirium, soit même dans le coma le plus profond ; 2° les sueurs abondantes; * une démangea.son générale et fort vive, indépendamment même d'aucune éruption érythemateuse, papuleuse ou autre ; 4» la dysuric, et parfois même l'iscliur.e, par soudaine impuissance de la vessie. Et surtout, enfin , je l'ai déjà dit et je crois bon de le redire , on ne doit pas s'imaginer que le na.xot.smo thébaïque soit par excellence le type d'une mort douce et calme au sein d un sommeil délicieux. Trop souvent, au contraire, c'est
n coma des plus pénibles, et la victime n'expire qu'après avoir té c pro.c aux plus cruelles, aux pfa, botrM<!8 c»,n„hiJ
\)$ P.VniUI.UGlI. MfcDICAI.K.
Une conclusion des recherches expérimentales de M. Flourens [Re~ clierches sur les fonctions et les propriétés du système nerveux dans Us animaux vertébrés. 2* édit. Paris, 18Û2, in-8", pag. 391), c'est de professer que l'action de l'opium tombe spécialement sur les lobes cérébraux; que, sous l'influence d'un tel agent, ces lobes se montrent , dans les vivisections, seuls atteints d'hypérémie, les autres parties de l'encéqai ne laisse pas phale demeurant saines. Mais c'est là un point sujel 3 controverse , et que de soulever bien des objections.
Quant au traitement du narcotisme thébaïque , aucun antidote purement chimique n'a de rôle à y jouer. Et , en un mot, il n'est point do remède que nous devions signaler comme particulièrement propre et uniquement dévolu à un semblable cas. Force est donc bien , alors, de se borner à l'application la plus habile possible, la mieui appropriée aux circonstances données , la plus opportunément manœuvrée , de la méthode générale qui vient d'être tracée tout à l'heure (1267. C). Et, soit dit en passant, c'est principalement par l'emploi du tartre stibié comme vomitif, et puis à force de café coup sur coup, que j'eus le bonheur, il y a une dizaine d'années , de soustraire à une mort imminente, d'arracher aux étreintes du carus et des convulsions une jeune dame qui , dans un moment de désespoir , s'était empoisonnée avec l'acétate de morphine.
S* II. Du Narcotisme cyanhydrique.
1 269 . Très peu de mots à titre d'aperçu ycnh-nl. — Sous le terme de narcotisme cyanhydrique, nous embrassons tous les cas dans lesquels le mal est produit par l'acide de ce nom, ou par les autres po.sons a base de cyanogène (1212. B. & — et 1212. C. «.).
C'est à peine si nous devons ici accorder quelque attention a 1 KM» foudroyante par laquelle l'acide cyanhydrique, pur ou peu élendu, anéantit la vie à l'instant même. Une seule goutte sur la langue, sur I œil. sur la plus insignifiante excoriation, c'en est assez pour donner une mort immédiate. Pas un cri, pas un mouvement convulsif. La victime toupet trépasse sur-le-champ. Que peut le médecin en présence d un te empoisonnement? Rien, absolument rien. Triste rôle pour nous que d assister, inutiles spectateurs, à un si épouvantable spectacle I
Ma.s il n'en est pas de même, lorsque l'empoisonnement a heu p l'acide cyanhydrique plus ou moins considérablement étend., d eau, ou par les autres poisons de nature cyanogénée, comme le cyanure d< potassium , le, cya'nure d'iode , etc. En pareil cas, il s'écoule toujours un ertain laps de t«pS , ne^-ce qu'une dizaine de moins encore, avant le dernier Soupir de la v.ct.me. .) al < liges et la céphalalgie; puis, des convulsions ; purs, un ca. 1 men. immobile : voilà, d'ordinaire, les trois phases r,n. ronsn.ncn. alo.s
KMIHIIM.WI Ui:\s l'KdPl'.KMI'.NT DITS. M
Ift (trairie du liâtcôtismè, et dont Je développement .successif mené plus ou moins vite à la mort. Quelquefois donc, grâce à de prpfiipls, à d'énergiques, à d'opportuns secours, la marche du mal peut être entravée, et la catastrophe heureusement conjurée.
Pour lutter avec succès contré les divers cas de narcotisme cyanhydrique, rappelons-nous et appliquons chaque fois , comme il convient aux circonstances , les règles générales ci-dessus prescrites (1267. C.j. Vomitifs; médication stimulante; émissions sanguines faites à propos et avec mesure, etc. Toutefois, à l'égard des cas dans lesquels l'empoisonnement s'opère par l'acide cyanhydrique même, il est quelques moyens qui, spécialement recommandés par des autorités fort compétentes, méritent bien d'occuper notre attention, et auxquels, par conséquent, je vais consacrer le numéro qui suit.
1270. Moyens particulièrement préconisés contre C ac ide cyanhydrique. — A. Chlore : en raison de la propriété qu'il a de décomposer immédiatement l'acide cyanhydrique , et de le convertir en acide chlorliydrique, acide incomparablement moins délétère, et qui, d'ailleurs, dans le cas dont il s'agit, ne peut guère avoir lieu de se produire qu'en de très insignifiantes proportions. Ainsi donc , si cela se peut dans les premières minutes de l'empoisonnement, si l'on a tout de suite sous la main ce qu'il faut, on fera fort bien de faire avaler quelques cuillerées de chlore liquide, ou de faire respirer quelques bouffées de chlore eazeux. "
B. Ammoniaque : proposée par quelques-uns surtout sous le point de vue chimique, comme un vrai contre-poison dans toute la force du terme puisqu'elle a effectivement la vertu de neutraliser à l'instant même lé terrible acide; toutefois, il faut le dire, peu importante et réellement peu profitable dans un pareil but , puisqu'il n'est pas permis d'espérer que la possibilité de se la procurer dans la minute et de l'administrer avant (absorption du subtil et rapide poison soit jamais autre chose qu une occasion exceptionnelle , et qu'un rarissime hasard; mais enfin fort avantageuse et fort puissante encore après cette absorption non plus comme un antidote purement chimique, mais comme un agent de medicamentation vitale, en un mot, comme un stimulant éminemment propre a ranimer la nervosité (76.) défaillante. C'est sous ce dernier
M TJ\ rT.T 1C, L°USdale ' dans SOn mémoire
**66.) fait] elogede l'ammoniaque. Voyez aussi, dans la Gazette S
Année 18 6, pag. 136. -D'après Tke Dublin Journal), l'observât on d ur, cas d empoisonnement par l'acide cyanhydrique dans laqu II
emploi du carbonate d'ammoniaque se montra couronné d'un 1 n P^iml^ COmredit' CC ^ ' m" 'on vitale , ^
C. Conire-pp o,, frn oso-ferrique : récemment proposé par le doc teur <Wh ; e, proP3 en effet a rendre quelquefois de granl servit
100 PATUOLOGLi: MtDICAI.K.
en intervenant assez tôt. C'est un mélange d'oxyde ferreux et d'oxyde fer ique, obtenus à l'état d'hydrate par voie de précipitation moyennant un excès de carbonate potassique ou sodique dans une dissolution de proto et de sesqui-sulfate. Voici , par exemple, la formule que M. Larocque recommande pour la préparation de ce contre -poison : — ¥ Sucre, 60 grammes ; Sulfate ferreux, 50 gramm. ; Sulfate ferrique , 90gramm. ; Eau , 250 gramm. ; Carbonate de soude cristallisé , 560 gramm. — Préparé suivant une semblable formule , et renfermé dans des flacons bien clos et bien pleins, le précipité ferroso-ferrique peut se conserver plusieurs mois bien intact et bien apte à son office antitoxique. Or, à quoi lient donc la vertu de ce contre-poison? A la réaction par laquelle l'acide cyanhydrique, venant à se rencontrer avec les oxydes de fer en présence d'un carbonate alcalin , forme aussitôt du bleu de Prusse (cyanure ferroso-ferrique, de Berzelius; ferrocyanide de fer, de Gay-Lussac; prussianure de fer, de certains autres chimistes) , corps insoluble et parfaitement inoffensif. Certes , quoi qu'en ait dit le docteur Smith , qui apparemment n'a fait ses expériences qu'avec de l'acide cyanhydrique impur et altéré , le contre-poison ne peut servir à rien toutes les fois que l'acide est anhydre , ou seulement à moitié étendu d'eau, la mort étant en pareil cas trop prompte. Mais, si nous n'avons affaire qu'a l'acide cyanhydrique médicinal , fût-ce à la dose d'un gramme, voire même d'un gramme et demi, c'est ouv rir au malheureux empoisonné une chance, et une très grande chance de salut, que de lui administrer le contre-poison dès l'apparition des premiers symptômes de l'absorption vénéneuse. El à plus forte raison une semblable chance, dans le cas d'une dilution encore plus considérable de l'acide, lournerat-elle à bien la plupart du temps.
D. A/fusions d'eau froide : pratiquées à flots abondansel en manière de cascade perpendiculaire sur la nuque et sur tout le trajet de la colonne vertébrale. Voilà un moyen fort loué, il y a de cela déjà bien des années, dans le mémoire de Herbst (1266.), et que, tout récemment encore, M. Bouchardat .a expérimenté avec de grands succès sur les animaux.
§ III. Du Narcotisme atropique.
1271 Bref aperçu. — L'espèce particulière d'empoisonnement qui neut se produire par l'action de la belladone ( Atropa belladona) , et, Lus aucun doute, aussi, par l'action de la mandragore (A. mndragora^ nous paraît mériter le nom de narcotisme atropique (1212 C O. j.
C'est là ce nue M. llognetta {Mém. sur les vertus therap. de la bel lad. Dans Gaz mk, année 1838, n" 37) a proposé de nommer d'un seul mot • A.ropisme. Que ce mot obtienne. la préférence et fasse fortune : je ie veux bien et n'y fais pas d'objection. Mais, ce que nous ne concède-
EMPOISONNEMENS PllOPRlîSllîNT DITS. 101
rons point à l'école ultramontaine dont, à Paris, M. Rognetta est à peu près le seul champion, ce que nous rejetterons comme l'opinion la plus hétérodoxe et la plus inadmissible, c'est de voir dans l'atropisme autre chose qu'une des formes du narcolisme. Pour une erreur semblable, il faut ne tenir compte que des faits dans lesquels l'atropisme ne dépasse pas la période de délire, ce qui s'observe, il est vrai, le plus communément par suite de l'emploi thérapeutique de la belladone à doses excessives. Mais comment donc méconnaître, sinon par un aveugle esprit de système, ces faits, plus rares sans doute , mais trop réels, dans lesquels le même empoisonnement se trouve, par imprudence ou crime, poussé à un plus haut point, et vient à entraîner les lipothymies , le coma, le carus? Inutile de répéter encore les principes nosographiques (1216 et 1267) qui doivent ici guider notre jugement.
Un trait particulièrement propre à l'histoire du narcolisme atropique, c'est la production constante de la mydriase, non seulement à la période de coma, mais dès les premières manifestations du délire et même auparavant. Est-ce, comme le croit et l'assure M. Flourens, parce que la belladone a pour propriété spéciale d'hypérémier et de stupéfier les tubercules quadrijumeaux ?
C'est dans l'empoisonnement par les baies de belladone , et aussi , ajoutons-le tout de suite, dans l'empoisonnement par les racines dejusquiame, que Sauvages a lui-même vu le mutisme , symptôme étrange , survenir et persister quelque temps. Suivant ce même auteur, il y avait, aux environs de Montpellier , des fripons qui , en faisant boire du vin dans lequel ils avaient fait infuser des graines de pomme épineuse, rendaient les gens muets pour deux jours. Serait-ce là un accident plus particulièrement sujet à se produire sous l'influence des solanées vénéneuses que sous celle des autres poisons narcotiques? Après tout, un semblable accident n'est rien moins qu'ordinaire.
Le narcolisme atropique, même poussé jusqu'aux apparences les plus alarmantes, peut fort bien céder à un traitement approprié et habilement mis en œuvre d'après les principes que nous avons , à cet égard , reconnus et proclamés. Au nombre des plus heureux exemples de cette sorte, indépendamment des faits depuis longtemps publiés par Wepfer (1209), par M. Gaultier de Claubry (1266) el par M. Orfila , je crois devoir citer deux observations consignées clans la Gazette médicale i l'une, de M. le docteur Puiégnai de Lunéville (Gaz. méd., année 1835, n° 17); l'autre, de M. le docteur Perrot de Bordeaux llbid., année 1837, W 17).
Entre lenarcotismc causé par la belladone et celui qui doit naissance à diverses autres solanées, jusquiamc, stramonium, etc. (1212. B. y. — ctl212. C. 9.), la différence paraît insignifiante, sinon nulle. Et peutêtre, à cet égard , le mieux serait , en nosographie toxicologiquc , de poser une seule espèce, le narcotisme solaniquc.
Ll)2
l'ATHOLOlilL MLDH.AI.L.
§ IV. Du BTarcotisme aconitique (1212. C. y.).
1272. Quelques mots seulement. — Pour ce qui est de cette espèce d'empoisonnement-là, les fastes de l'art ne nous en fournissent que peu d'exemples qui aient élé observés et recueillis chez l'homme. Mais enfin tous les toxicologistes s'accordent à reconnaître à l'aconit la vertu narcotique. Quelques faits tendent à faire croire que ce poison partage avec la belladone et les autres solanées vireuses la propriété d'affecter spécialement le sens de la vue ; qu'il produit la mydriase et l'amaurose, bien avant que son action aille au point d'égarer la raison et d'ôtei- la connaissance. C'est ce qui ressort, par exemple , de l'observation dont la science est redevable à M. Francis Devay (1266.) . Ce que démontre, en outré, cette même observation, ce qu'elle démontre très évidemment, ce sont les chances de succès assurées à un traitement rationnel tel que nos principes l'instituent et le consacrent, et où l'on a surtout recours aux vomitifs et à la médication stimulante.
§ V. Du Narcotisme cicutaire (1212. C. t.).
1273. Iti en que quelques mots non plus. — On trouve, dans les auteurs, maintes observations, assez détaillées, d'empoisnnnemens produits par les ciguës, qui bien des fois, par exemple, ont été malheureusement prises pour du persil on quelque autre plante potagère , et, par suite d'une telle méprise , mangées en abondance sous forme de salade ou autrement. Or, dans le nombre de ces observations-là , combien ne comple-t-on pas de celles où se font voir plus ou moins complètement les caractères du narcotisme. tel que nous l'entendons et le définissons à titre de genre nosographique. Aussi nie semble-t-il convenable, je dirais presque obligatoire, de reconnaître et de poser le narcotisme cicutaire comme une des espèces les plus légitimes du genre eu question.
Certes, on doit bien regretter que l'antiquité ne nous ait pas légué le secret des préparations de ciguë qui, chez les nations grecques, et notamment chez les Athéniens, servirent à la vindicte publique pour l'exécution de la peine capitale. Quoique à cet égard nous manquions d'une symptomatologie rigoureuse et minutieusement tracée par la plume d'un médecin observateur avec toute la compétence et toute l'authenticité désirable , cependant force est bien de reconnaître, sur la foi des historiens les plus exacts et de divers autres auteurs des plus graves, que , par le moyen de ces préparations-là, on se voyait périr d'une façon aussi calme que prompte , sans convulsions, sans délire, mais en éprouvant un refroidissement glacial qui commençait par les pieds (') , gagnait de
(i) si enecat (cicutai vis refrigeratoria), iiieipiunt algere ab extmni
taiibùs cdrporis. » (Plin., lib. XXV, c. 13.)
KMPUISONKIvMEiNS PltOPREMEiVr DUS. 10S
pioche en proche , puis , une l'ois parvenu à la hauteur du cœur, entraînait le dernier soupir. Jusqu'au moment suprême, ou du moins fort à peu près, l'intelligence était entière , le cerveau demeurait intact et parfaitement Min, évidemment, ce n'était pas là du narcotisme. C'était donc, ;i ce qu'il parait , un engourdissement tout particulier de la moelle épinière, engourdissement marchant de bas en haut, et devenant néecscessaii ement mortel aussitôt après avoir atteint à l'endroit dont partent et dépendent les nerfs |)h réniques. Mais, pour obtenir un semblable effet , quelle était donc la façon de préparer la ciguë, de la mixtionner, de la tempérer, de la corriger, ou peut-être même de la dénaturer du tout au tout? Voilà, encore un coup, ce que nous ignorons absolument, ce que les vieux livres nous taisent, ce que les recherches de la chimie moderne n'ont pas encore retrouvé. D'après ce que M. Cliristison raconte avoir vu dans les expériences qu'il a faites avec la conicine sur les animaux, on a bien lieu , ce semble, de croire que la propriété spéciale de ce principe immédiat de la grande ciguë consiste à exercer sur la moelle épinière une action stupéfiante , hyposlhénisante, ou paralysante , comme on voudra dire. Mais la conicine tue avac la rapidité de la foudre; et à peine a-l-on le temps de bien apprécier comment elle tue. N'est-il pas trop téméraire, toutefois, dépenser qu'en la mitigeant, qu'en la divisant , qu'en l'étendant à l'aide d'un excipient approprié, on pourrait obtenir un empoisonnement semblable à l'empoisonnement pénal des Athéniens.
Quoiqu'il en soit, au surplus, c'est surtout par la médication stimulante que nous devrions combattre les effets toxiques des ciguës. Ainsi le veut la raison : ainsi le veut l'expérience, à en juger du moins par les guérisons qui jusqu'ici ont été autlientiquement enregistrées dans les annales de la médecine mederne. C'est ce que les anciens avaient fort bien reconnu , eux qui proclamaient le vin comme un antidote souverain de la ciguë. Voici, par exemple, ce que dit là-dessus Pline le naturaliste (lib. XXV, c. 13 ) : « Le remède, avant toutefois que le mal » vienne jusqu'à glacer les sources mêmes de la vie, c'est la chaleur du » vin. ('). » El dans un autre passage (lib. XIV , p. 5) , le même auteur nous a conservé , touchant celle utilité particulière du vin , i'apophthegme qu'un sage célèbre, Androcyde, écrivait au grand Alexandre, et dont voici la traduction : « Autant la ciguë est ennemie de l'homme, » autant le vin est ennemi de la ciguë (*). »
§ VI. l>u NTarcotisurie quinique (1212. B. t.).
1274. tin.f aperçu. — Il n'est plus permis aujourd'hui d'ignorer ei
(') « Reinedio est , priusquàm pcrvenialur ad vitalia, vini nalura exralfac- ■ toria. »
l'j « Siciit cifirta hoiinni vencnuin Çit, »jc cicutf vinuin. -
de méconnaître les effets toxiques du sulfate de quinine. Donné à trop haute dose, ce sel, d'ailleurs si précieux pour la thérapeutique, peut alors devenir cause d'accidens extrêmement graves, qui, en dehors de toute hypothèse , en dehors de tout système , révèlent et accusent incontestablement une véritable torpeur, un véritable affaissement de la vie encéphalique , en un mot , une espèce particulière de narcotisme. Dans ces derniers temps, surtout , où nous avons vu certains médecins faire étrangement abus de la méclicamentation quinique et la prodiguer sans réserve ni prudence , combien les échos de la presse médicale n'ont-ils pas retenti de quelques catastrophes funestes, de quelques morts soudaines et inattendues, qui, dans la médecine des hôpitaux et, si je puis ainsi dire, au grand jour de la publicité, se montrèrent évidemment imputables à un tel abus? El ces malheurs n'ont-ils pas enfin dessillé les yeux les plus prévenus, les moins clairvoyans, les plus aveuglés par une fausse sécurité?
C'est M. Bretonneau qui le premier, à ce qu'il paraît, fit sérieusement attention au narcotisme quinique et nous dénonça cet écueil. Puis, grâce surtout à MM. Trousseau et Pidoux , qui, dans leur Traité de thérapeutique (loc. cit.), ont pris soin de bien décrire cette espèce de narcotisme , la connaissance en a été bientôt répandue parmi les médecins.
Ce qui se rencontre le plus communément , ce que les médecins ont, tous ou presque tous , observé par eux-mêmes et, pour ainsi dire, vu de leurs yeux, c'est une surdité temporaire, de vingt-quatre à quarantehuit heures, par exemple, d'ailleurs avec parfaite intégrité de l'intelligence , sous l'influence des hautes doses de sulfate quinique. Il se peut aussi que , sous la même influence, toujours sans délire ni coma, la vue s'obscurcisse et s'éteigne passagèrement ; mais c'est là un accident rare : quant à moi , dans tout le cours de ma pratique , je n'ai , en ce genre , jamais rencontré autre chose que de l'amblyopie, mais point d'amaurose complète. Ce n'est pas tout : le mal ne se borne pas toujours à une simple interruption de la faculté d'entendre ou de voir. Vertiges, hallucinations, subdelirinm, délire absolu et des plus violons, coma, carus-, et, enfin, la mort elle-même : voilà autant d'effets que peut entraîner l'exagération inconsidérée de la médicamentalion quinique.
D'après les expériences de M. Desiderio , il paraît que , pour tuer un lapin, il ne faut pas plus d'un à deux grammes de sulfate de quinine.
Mais à quelle dose ce même sel pourra-t-il lucr l'homme? On comprend qu'à cet égard il doive y avoir les plus grandes différences, surtout selon la force de la constitution , et scion le plus ou moins de tolérance que l'économie aura contractée par l'effet de l'habitude. Quant à moi , je n'ai jamais dépassé la dose de huit grammes par jour. Encore est-ce une seule fois que j'ai eu recours à celle dose-là, chez une femme
JiMPOlSONNliMENS PUOPUEMENT DITS. 105
Ci) proie à une névralgie irifacialc qui, ayanl résisté depuis longtemps déjà à des doses moins fortes, céda enfin au nouveau surcroît d'énergie de la médication. Je ne prétends pas , à Dieu ne plaise ! non , je ne prétends pas qu'on ne puisse aller plus loin, beaucoup plus loin même, sans péril et avec grand succès dans certains cas. Toujours est-il que la prudence commande impérieusement de ne pas administrer de prime saut une énorme quantité de sulfate quinique, mais de lâter auparavant l'aptitude particulière de l'individu , et de procéder graduellement et en quelque sorte par voie d'accoutumance.
En ce qui touche au traitement du narcolisme quinique, je dois dire que bien des observateurs se louent fort d'avoir mis à profit les émissions sanguines de pair avec la médication stimulante. Sont-ils bien dans le vrai? Et faut-il donc faire ici de la saignée un précepte capital , plutôt que pour toute autre espèce de narcotisme ? C'est ce que , pour ma part, je n'oserais garantir.
Ce qu'il y a de certain, ce qu'il est facile de concevoir à priori, et ce que M. Desiderio , par exemple , a contesté expérimentalement , c'est que l'emploi de l'opium ne peut qu'ajouter aux accidens et aux dangers de l'empoisonnement quinique.
Ai-je besoin de remarquer en terminant qu'outre le sulfate il y a bien d'autres préparations de quinine, qui doivent, pareillement à celui-là, posséder la puissance toxique?
ARTICLE VIII
EMPOISONNEMENT STRYCHNIQUE. STRYCHNISME ? (1212. C. 0.).
1275. Bibliographie. — (1209.) —Desportes. De la Noix vomique. Th. inaug. Paris, 1808 , n° 5Zw
Tanquerel des Planches. — ( Tr. des maladies de plombai. II, p. 98-99).— A tracé un très bon précis des symptômes produits par la strychnine à dose toxique.
1276. Jusqu'où la circonscription générique de l'empoisonnement ilrycknique peut-elle s'étendre? — A la rigueur et littéralement parlant , on est en droit de ne voir, de ne reconnaître l'empoisonnement strychnique que là où sont en cause les poisons de même nom , qui forment un groupe si éminemment naturel sous le double rapport de la botanique et de la chimie. Mais il me semble pourtant que , par une juste et légitime analogie, on peut fort bien encore rattacher au même genre l'empoisonnement par la coque du Levant (1212. C. t.) : caria coque du Levant, quoique sans avoir de parenté botanique ou chimique avec les poisons sirychniqnes , agit à peu près de la même façon que ceux-ci, et lue en produisant des accès épilepliformcs et tétaniques avec
lt)6 l'Alll()I.U(ilK MI'.DKwW,!'..
intervalles lucides. Et peut-être y a-t-il encore d'autres poisons, ou ignorés ou peu étudiés jusqu'ici , qui, une fois connus, devront être ainsi assimilés aux poisons slrychniques sous le point de vue symptomatologique et nosographique.
1277. Symjpipmqtologie, — Voici ce (pie l'observation a constaté, soit chez l'homme , soit chez les chiens ou autres animaux (chevaux, lapins, cabiais , poules, grenouilles) , sous l'influence d'une forte dose de l'un quelconque des poisons strychniques.
Brusque et rapide accès de contraction tétanique de tous les muscles du corps, au point de redresser et de recourber en arrière la colonne vertébrale, et, en un mot, de produire Topisthotonos. Puis, quelques moments de répit et de calme. Puis, un nouvel accès d'un peu plus longue durée que le premier, et celte fois avec de la dyspnée, avec un degré considérable d'accélération de la respiration.
Autre pause soudaine, pendant laquelle la respiration revient à une fréquence moindre, cl les apparences de l'habitude extérieure ne font pins qu'accuser une sorte de stupeur. Bientôt après, autre accès , mais plus long, mais plus violent, mais avec un opisthotooos plus prononcé qu'auparavant. Chez les chiens, par exemple, que voit-on alors? La tête se renverse horriblement sur la nuque ; les pattes de devant, réunies l'une près de l'autre et toutes roides clans un état d'extension forcée , se portent en arrière , à tel point que l'équilibre de la station se trouve rompu, et que le corps tombe d'abord sur la mâchoire inférieure, puis aussitôt sur le côté ; les pattes de derrière , à leur tour , se roidissent, et s'allongent obliquement de façon à se rapprocher des extrémités antérieures, et jusqu'à y loucher ou peu s'en faut; la respiration ne tarde pas, à la suite de son excessive accélération, de cesser entièrement par L'effet de l'immobilité lélanique du thorax. Cette apnée, qui, entre autres signes, amène la couleur violette des lèvres, de la langue et des gaicives. dure une ou deux minutes, pendant lesquelles les sens et le cerveau peuvent encore rester éveillés. A un plus haut degré du mal , les sens s'éteignent et il y a perte complète de connaissance
Enfin, dans de nouveaux accès toujours de plus en plus violens, et surtout dans l'accès ultime , ii se produil, au sein même du tétanos, des secousses convulsives très fortes, et telles qu'on les déterminerait en appliquant un courant galvanique à la moelle épinière d'un animal qui vient d'être tué.
La mort arrive le plus souvent au bout du troisième, du quatrième ou du cinquième accès: en règle ordinaire, sept ou huit minutes après l'invasion des premiers symptômes ; mais quelquefois plus tard.
Chose digne de remarque, cl qui ne se rencontre guère que dans l'empoisonnement slrychnique : c'est que le contact d'une partie quel- ( nuque du corps, la menace ou le bruit provoquent assez lac.le.uenl le développement de l'accès tétanique.
EMPOLSONNEAlliNS l'HOPKL AIENT DITS. 107
1278. Néci'oscopie. — Les nombreuses autopsies d'animaux lues par l'empoisonnement strychnique ont bien démontré que, par le fait seul de cet empoisonnement, l'économie ne contracte pas d'autres vices matériels que ceux qui se montrent essentiellement liés à la mort par apnée, comme l'hypérémie pulmonaire, le trop-plein du système veineux, la cyanose , etc. D'où il résulte évidemment, notez-le bien : 1° que l'action des poisons strychniques sur la moelle épinière est une action purement dynamique ; 2° que le défaut de revivification du sang , par suite d'interruption des phénomènes mécaniques de la respiration, est alors la cause immédiate de la mort.
1279. Thnv/teutiqiie. — (1215). — Excitez au plus tôt le vomissement; et, s'il le faut, employez la pompe gastrique. Respiration arti- Ikielle, par le moyen de la trachéotomie et de l'insufflation. Ainsi luttera-t-on contre la cause principale de la mort (1278). Mais, au besoin , ne manquons pas d'insister pendant plusieurs heures sur cette ressource extrême. M. Orfila affirme avoir par là sauvé la vie à bon nombre d'animaux.
Dans un cas que je fus chargé, il y a quelques années, de traiter de coucert avec M. le docteur Bell, chez une jeune juive, Henriette Weil**\ qui s'était elle-même empoisonnée volontairement à l'aide de pilules mises entre ses mains pour Je traitement d'une paraplégie, —cas qui ne laissait pas que, d'être fort alarmant, quoiqu'il n'y eût pas encore imminence de suffocation, — cas particulièrement remarquable par l'excès de douleur des contractions tétaniques, — nous eûmes à nous louer de l'opium. La malade réchappa le plus heureusement du monde. Mais peut-être, toutefois, aux yeux de bien des esprits, l'emploi d'un tel médicament ne trouve-t-il pas grâce, et paraîtra-t-il plus dangereux qu'utile. C'est à une plus longue expérience que nous en appelons pour décider la difficulté.
L'école soi-disant italienne, qui, après tout, n'est, à vrai dire, que la secte giacominiehne, préconise les alcooliques, dans la supposition que la strychnine et autres poisons congénères sont des agens hyposlhénisans. Supposition, assurément, fort contestable et fort problématique.
En dernière analyse, n'hésitons pas à l'avouer, combien de doutes qc reste-l-il pas ici à résoudre! combien de ténèbres à éclairer! (')
('; Au moment même de mettre sous presse les pages où je viens d'esquisser l'étude de l'empoisonnement strychnine , je lis dans V Union médicale ( n" 118.
— i" oct. 1850) une observation empruntée à un journal anglais, et de laquelle .1 semble résulter que le chloron . r.v, pcul être, comme l'opium l'a été entre mes rna.nj, un moyen efficace de salut dans cet cmpoisonnemcrit-Ia. Je crois très à propos de répéter ici cette observation. -- . Une femme, ûgée de 40 ans, prit par
mégarde une bouteille de strychnine qu'elle croyait être remplie de morphine
- Au bout de vingt minutes, se développèrent les phénomènes suivans : Rigidité « de tous le» muscle», contractures de» muscle» du dos et de» extrémités supé-
l'AHIOLOGlE MÉDICALE.
ARTICLE IX
ERGOTISME (1212. C. y.).
( Nom de création contemporaine. )
1280. Bibliographie. — Dodart. Lettre. . . . contenant des choses fort remarquables touchant quelques grains (C'est uniquement du seigle ergoté qu'il s'agit sous ces termes.) — Dans le Journal des Savons, année 1676, p. 69-72. — Et puis, clans les Mém. de l'Ac. R. des se, t. X, p. 561-6.)
Fagon. Sur le blé cornu appelé ergot. (Dans YHist. de l'Acad. roy. des se, année 1710, p. 61-Zi).
Salerne. Mémoire sur les maladies que cause le seigle ergoté. (Dans les Mém. de l'Acad. des se. , t. II des Mém. dessavans étrangers, p. 155-63. — Année 1755).
Sauvages. — {Nos.meth., — class. X, gen. xxxix, Necrosis). — Sp. 1, N. ustilaginea. — C'est l'ergotisme gangréneux des auteurs d'aujourd'hui.
Read. Traité du seigle ergoté. Strasbourg, 1771, in-8°. — 2e édit., Metz, 1776, in-8°. — Monographie fort digne d'être consultée, et qui est des plus propres à nous convaincre de la réalité des maladies produites soit épidémiquement , soit sporadiquement , par le pain de seigle ergoté.
Tessier. Mémoire sur la Sologne. ( Dans Mém. de la Soc. roy. de méd., année 1776, p. 61-72).
— Mémoire sur la maladie du seigle appelé Ergot . Avec fig. {Ibid., même année, p. h 17 -30),,
— Mémoire sur les effets du seigle ergoté. {Ibid. , ann. 1777-8,
Heures et inférieures, tête rejetée en arrière, parole difficile, oppression de la poitrine, perspiration abondante. On eut recours aux moyens ordma.res employés en pareil cas, mais sans le moindre succès. La malade semblait près de >, succomber à l'action spasmodique de tous les muscles; et la mort paraissant » certaines! Ton n'apportait un prompt soulagement, on eut recours au chloro- >• forme Deux grammes de cette liqueur furent appliqués sur un mouchoir, et „ l'on s'arrangea de manière à ce que la malade pût facilement l'aspirer. L'effet „ fut décisif. La malade ( qui se trouvait alors assise et tenue par deux aides ) . demanda à filK placée sur un lit. Pendant plusieurs heures, le chloroforme ut „ continué ; la patiente maintint le mouchoir sous les narines, afin, comme cl e „ le disait, de « couper les spasmes. » Ceux-ci disparurent graduellement et la „ guérison ne tarda pas à s'accomplir.. .CeUe observation, qui est due au docteur Munson, a été publiée par \c Mcclical Gazelle du 2 août 1850.
— Yoir aussi le Traité des maladies des grains, par le même auteur.
Paris, 1733, in-8u. — Pag. 5-188 (Du seigle). Renauldin. — ( Dans le Dict. des se. méd., — t. XIII, p. 162-83).
— Art. Ergot.
Léveillé (J.-H.). Mémoire sur l'ergot, ou Nouvelles recherches sur la cause et les effets de l'ergot, considéré sous le triple rapport botanique, agricole et médical. Paris, 1827, in-8°. — Publié auparavant dans les Annales de la Société linnéenne de Paris, année 1826.
Courhaut. Traité de V ergot du seigle. Châlons-sur-Saône , 1827, iu-8".
Roche. — ( Dans le Dict. de méd. et de chir. prat. , — t. VII ,
p. 467-78)— Art. Ergotisme.
Fayolle. Del 'ergotisme gangréneux. Th. inaug. Paris, 1834, n° 235.
— Si je cite ici cette thèse, ce n'est pas , je dois le dire, à titre de monographie bien complète , bien correcte, bien orthodoxe. Mais on y trouve des observations détaillées que l'auteur a lui-même recueillies dans le pauvre déparlement de la Creuse, et qui aie laissent pas que d'avoir une valeur de très bon aloi.
Boulle. Essai sur le seigle ergoté. Th. inaug. Paris, 1835, n° 9. Trousseau et Pidoux. — (Traité de thérapeutique.) — T. Ier, p. 798-819.)
Bonjean. Histoire physiologique, chimique, toxicologique et médicale du seigle ergoté. Lyon, 1842, in-8°.
Raige-Delorme. — (Dans le Répert. , — t. XXVIII, p. 267-93). — Art. Seigle ergoté.
Germain Sée. Recherches sur les propriétés du seigle ergoté et de ses p?'incipes constituans. Th. inaug. Paris, 1846. — Thèse réimprimée clans la Gaz. méd., ann.18^6, n" 30, 31, 32 et 34.
1281. Bref aperçu. — A. C'est sous le nom d' Ergotisme qu'il est aujourd'hui convenu d'entendre un genre particulier d'empoisonnement, — empoisonnement lent , mais, à ce qu'il me semble du moins , trop malheureusement certain, — qui peut se développer par suite d'une ingestion journalière de la poudre d'ergot en quantités considérables; condition éliologique que le cours des choses n'amène guère naturellement que parmi les populations misérables dont la principale et presque l'unique nourriture consiste en pain de seigle, et que dans les pluvieuses et mauvaises années où la production de l'ergot sur celte céréale s'est faite avec une abondance extraordinaire. Quoi qu'il en soit, je ne crois pas hors de propos de remarquer que , au commencement de notre siècle , le terme $ ergotisme n'était pas encore. Pour désigner le mal dont il s'agit, le vulgaire, cl, bien des fois aussi, les médecins eux-
1 1 <• l'A i nor.oc m. Atonie, \ i.t;.
mêmes le nommaient l'Krgol, (oui bonnement ; c'eHaft, comme disenl les grammairiens, par métonymie de la cause pour l'effet.
B. Adam Loniccr et Jean Thalius , célèbres botanistes allemands du seizième siècle, sont, à ce qu'il paraît , les premiers qui aient signalé l'existence de l'ergot, et en aient parlé comme d'un vice de végétation assez commun dans l'épi de seigle. Une fois cette révélation faite au monde savant, la médecine ne tarda pas à élever contre l'ergot de terribles accusations, à voir là une cause de maladie cl de mort, une source d'épidémies dévastatrices. C'est bien avant la fin même du seizième siècle qu'une université allemande, celle de Marbourg, poussa le cri d'alarme, et produisit les premières publications dont nous ayons connaissance sur le point en question.
C N'ayant par moi-même aucune expérience en fait d'ergolisme , n'ayant absolument rien observé, rien vu de ce genre, je ne puis en parler que d'après les auteurs, non pas, certes, sans avoir compté, pesé et apprécié les divers témoignages , non pas sans avoir exercé les droits d'une critique raisonnable et qui doit également fuir l'excès de nédulité et l'excès de scepticisme. Or donc, à eu croire les récits de maints observateurs très habiles et très dignes de foi, nous devons admettre, sous le rapport de la symplomalologie, deux espèces, ou, si l'on aime mieux, deux formes principales d'ergotisme : 1" l'ergotisme gangreneux ; 2° l'ergotisme convulsif.
a. L'ergotisme gangreneux a été déjà décrit, et suffisamment étudié sous les points de vue les plus essentiels, par mon collaborateur M. Nélaton {Patholqg. çhirurg. — Chap. IV, Gangrènes, art. vi, De la gangrène produite /tar le seigle ergoté. — T. Ier, pag. 261 -/i). Je n'ai donc pas à y revenir.
6. Vergotisme convulsif, — ainsi nommé parce que les convulsions en sont un accident, sinon constant, du moins fort ordinaire, et qu'elles en sont , pour ainsi dire , l'expression la plus haute et la plus vive, — l'ergotisme convulsif consiste en un ensemble de phénomènes nerveux tels que les pourrait produire, tels que les pourrait dérouler une encéphalo-myélitc à marche subaiguë (619. C. — 624. C). Vertiges; muimillemens dans les membres; perte de mémoire ; hébétude; titubatiôn ; délire; démence; paralysie; contractions tétaniques, convulsions, opisthotonos; coma, carus : voilà, en abrégé, les principaux symptômes du cas qui nous occupe. Tantôt ces symptômes seuls suffisent à entraîner la mort ; tantôt ils ne font que préluder à l'invasion des accidens gangiéneux; tantôt, enfin, par bonheur, ils peuvent se guérir et laisser l'individu sain et sauf. Autant qu'il nous est permis de donner carrière à nos conjectures touchant un point de pathologie encore couvert d'une ^rande obscurité , il y a lieu de présumer dans quelles circonstances l'ergotisme convulsif doit plus particulièrement se développer tout seul à un haut degré et devenir mortel par lui-même. C'est surtout, ce me
i:\IP0IS0i\i\OIKi\S PROPREMENT DITS. 111
semble, lorsque l'empoisonnement se fait à plus forte dose et avec plus de rapidité qu'à l'ordinaire, — lorsque, par exemple, l'ergot compose la moitié ou le tiers du pain noir et nauséabond qui sert de nourriture ordinaire aux chétifs et bàves liabilans d'un sol ingrat, — lorsque, en un mot, par suite de l'inclémence des saisons, celte funeste altération du seigle infecte avec une abondance extraordinaire les récoltes de certains pays, qui par eux-mêmes ne sont déjà que trop peu fertiles, comme la Sologne et la Marche en France, la Lusace en Allemagne, etc. Et pourquoi ne pas soupçonner, — l'idée m'envient aujourd'hui à l'esprit, — que l'ergot ait pu avoir beaucoup de part à la production de ces épidémies d'encéphalo-myélilequi ravagèrent, il y a quelques années, plusieurs de nos garnisons (557)? Pourquoi ne pas soupçonner que ce poison ail pu alors exister en proportions par trop fortes dans le pain de munition? Serait-ce donc faire injure, invraisemblablement et impardonnablement, à l'honnêteté proverbiale des munitionnaires , à leur scrupuleuse sévérité dans le choix des farines?
D. Les observations nécroscopiques n'ont jusqu'ici jeté que bien peu de lumière sur le compte de l'ergotisme. Est-ce la faute des observateurs? Ou bien cela tient-il à la nature même des choses ? Je croirais volontiers le^dernier point.
E. C'est donc seulement par l'analyse des symptômes que nous avons droit de résumer tous les effets de l'ergot, ou , en d'autres termes , la pathogénie de l'ergotisme, sous les deux chefs qui suivent, savoir : altération particulière du sang, et perturbation de l'appareil encéphalorachidien.
F. Que dire concernant le traitement de l'ergotisme ? Combien n'y at-il pas d'incertitude là-dessus ! Toutefois, un point évident, et si évident qu'à peine mérite-t-il d'être mentionné expressément , c'est qu'il faut sans retard soustraire les malades à la cause déterminante de leur mal : autrement, nulle chance de guérison et de salut pour eux : au pain empoisonné dont ils faisaient leur nourriture, hàtons-nousdoncdesubstiluer un pain de bonne qualité. En second lieu, ce qui ne me paraît pasd'uue moindre évidence , c'est la nécessité de la médication corroborante (140-3) , pour sauver de pauvres gens dont la constitution est depuis plus ou moins de temps minée et énervée par une si détestable alimen talion ; et pourtant, je dois le dire, il s'est trouvé, comme toujours , des médecins qui, contre l'ergotisme, n'ont imaginé, n'ont su rien de mieux que de vanter, que de prodiguer la saignée. Quant à moi, je ne vois, en troisième et dernier lieu, rien autre chose à recommander que la médecine symptomalique (lift. E.). Voilà tout ce que je puis affirmer dogmatiquement et en quelque sorte sous ma responsabilité. Mais, après cela, je me ferais .scrupule de taire que de très bons et très estimables observateurs se sont loués d'avoir eu recours à l'emploi tant interne qu'externe de l'ammoniaque- M, Conrhaut, entre autres i, assure avoir
obtenu , dans une épidémie d'ergotisme , des succès aussi évidens que réels, grâce à cet alcali en lotions et en boisson.
1282. Doutes concernant la réalité de Ver gâtisme. — Dès le siècle dernier, il y eut des savans qui élevèrent de semblables doutes, se refusèrent à voir dans l'ergot la cause véritable des épidémies qu'on y attribuait , et soutinrent la thèse de la parfaite innocuité du pain de seigle , quel qu'il fût. Ce qui les inspira , ce qui les poussa à une vive polémique, ce fut, assurément, l'amour de la vérité, et surtout l'intention très louable de rendre la sécurité aux populations alarmées. Comment penser autrement, lorsque nous voyons parmi eux l'illustre philanthrope à qui l'agriculture européenne doit la conquête de la pomme de terre, l'immortel Parmenlier ? Mais , après tout, leur scepticisme ne put ni ne dut prévaloir contre les résultats si clairs et si positifs des consciencieuses études de l'abbé Tessier. Celui-ci, à l'aide d'expériences fort bien faites et suffisamment répétées, auxquelles il soumit de jeunes cochons et des oiseaux de basse-cour (canards, dindes et poules) , me paraît, je le déclare, avoir démontré incontestablement la cruelle réalité de l'ergotisme gangréneux. Ses écrits, marqués au coin du talent expérimental le plus sûr et de la véracité la plus frappante , sont aujourd'hui trop oubliés peut-être, et surtout trop peu lus.
Oui, aujourd'hui encore, il est beaucoup de médecins qui ne croient guère à l'ergotisme.
A cet égard, même, je me fais un devoir de communiquer à nos lecteurs l'opinion d'un de nos confrères les plus distingués et les plus estimables , M. Arnal , qui s'est livré à une étude spéciale des effets thérapeutiques et toxiques de l'ergot, et qui, consulté par moi là-dessus, m'a écrit ceci : — « J'ai essayé de toutes les manières s dit-il « de déter- » miner sur les animaux l'ergotisme gangréneux ou convulsif ; mais je » n'ai jamais pu y parvenir. J'ai quelque raison de croire que l'ivraie » des champs (Loiium temulentum L.) (J) contribue pour une bonne » part à l'ergotisme convulsif. »
M. Germain Sée admet bien l'ergotisme gangréneux, mais ne reconnaît pas l'ergotisme convulsif. Cette distinction dans le degré de créance dû à chacune des deux espèces d'ergotisme admises par les auteurs , MM. Trousseau et Pidoux l'avaient déjà faite. Dans leur Traité de thérapeutique (loc. cit.), en effet, ils se montrent tout disposés à nier la seconde espèce; du moins professent-ils une assez grande incrédulité à l'endroit des épidémies d'ergotisme convulsif. En quoi, je le dis franchement, ils ne me paraissent pas demeurer très conséquensavec eux-mêmes, puisque, d'après les propres expériences de l'un d'eux, ils reconnaissent à l'ergot une vertu éminemment narcotique, puisqu'ils le proclament
(') Voir ci-dessus, n° 1212. C. S.
EMPOlSONNraUiENS PKOPMEMENT DITS. 113
cipahlo de produire le vertige, tuio sorte d'ivresse, la mydriase, l'assoupissement, etc.
En dernière analyse , assurément , je suis loin de prétendre qu'on n'ait pas jeté sur le compte de l'ergot bien des épidémies dont ce poison était tout à fait innocent. Bien au contraire, je suis tout prêt à crier bien baut que , nombre de fois, sans doute , cette étiologie a été invoquée à tort et le plus gratuitement du monde. Mais, d'autre part, je n'en demeure pas moius dans la ferme croyance que l'ergotisme gangréneux et l'ergotisme convulsif sont des choses réelles, et non pas de chimériques hypothèses. Les faits négatifs, tels que ceux de Parmentier, de M. Arnal, etc. , ne peuvent l'emporter dans mon esprit sur tant de témoignages positifs, et notamment sur ceux de Salerne , de Read et de Tessier. Et certes, pas plus que je ne voudrais, Dieu m'en garde, faire le moins du monde injure à la mémoire de Parmentier , je ne mets en suspicion ni la bonne foi ni l'habileté de ceux de nos contemporains qui n'ont point réussi non plus, dans leurs expériences, à rien voir des effets gangréneux ou convulsifs du seigle ergoté. En quelles circonstances et à quelles conditions ces effets se trouvent-ils empêchés et conjurés? Voilà seulement, ce me semble, tout ce qu'il importe encore de rechercher et de déterminer avec plus de précision qu'on ne l'a pu faire jusqu'à présent.
Au surplus, et c'est par là que je terminerai, il me paraît clair, et très facile à comprendre, que, dans notre siècle, les épidémies d'ergotisme doivent être moins fréquentes et envahir moins d'étendue qu'autrefois, vu les progrès de l'aisance générale, — et vu aussi la diffusion des lumières, en matière d'hygiène particulièrement.
ARTICLE X