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Splénite

637. A quoi nos connaissances se bornent concernant la splénite.— n d'abord si par splénite on veut entendre , comme de raison, — non nasTinnammalion superficielle dont la ralc peut être le siège, dans tout ou partie de son enveloppe périlonéale, indépendamment même d'une

li\ FLA.M.MATIOiNS l'ARliJNCH V.MATEUSliS. 113

péritonite générale, non pas, en un mot , la péritonite spléniquc, ou mieux périsplénique, variété de péritonite partielle, contre la réalité de laquelle il n'y a point du tout d'objection à élever, mais bien l'inllammation du parenchyme propre de la rate, le scepticisme a droit, il faut l'avouer, de poser la question que voici : — La splénite exislc'-telle véritablement? Est-ce là un cas réel , ou bien une idée purement théorique? La splénite est-elle, comme l'hépatite, péremptoirement prouvée par des phénomènes de suppuration qu'une autopsie cadavérique non équivoque ait démontrés dans l'intérieur même du parenchyme viscéral ?

A peine semble-t-il, cependant, que la question soit de nature à soulever le moindre doute, rien qu'à voir le nombre des auteurs classiques qm depuis des siècles, par une tradition ininterrompue, admettent et décriventla splénite. Fort de l'autorité des Boerhaave, desSennert, des Forest, etc., etc., Sauvages, le père de la nosographie, ne manqué pas de poser et de consacrer la splénite à titre de genre distinct (class 111 Phlegmasiœ, gen.xny, S^Henitis. - Espèce unique, Spl. plUcymonodea^. Amsi en est-Il, aussi, dans les systèmes nosographiques de Linné gen.xxxvi), deYogel(gen. lix), de Sagar (gen. ccGtii), de Cullen (gen. xvm), de Pinel (class. P% Phlegmasies, genre XLi), et d'Alibert (famille III-, Choloses, genre x, en deux espèces : l-- Splénite aiguë, 2° Splénite chronique).

Mais, après cela , combien peu de rigueur, combien peu de précision, chez tous les auteurs, dans la reconnaissance et l'étude de la splénite, dans la détermination de ses cai-actèi-es ! Que de confusion' surtout, en présence d'autres genres nosographiques, qui, dans la classification de tel ou tel auteur, font double emploi, le plus vicieusement du monde, et qui ne mettent que trop bien en relief les incertitudes et les ignoraiices auxquelles, en fait de splénite. la pathologie demeure jusqu ICI condamnée ! Ainsi, par exemple, ce n'e.t pas sous la rub q c du genre Splénite que Sauvages mentionne la suppuration de la rate e phénomène le plus propre , j'allais dire le seul propre à démontrei' ictoneusement la réahté de cette maladie ; mais c'est beaucoup p u loin, a titre d'espèce à part, dans un autre genre, et. qui plus est d i une autre classe (class. YII, Dolores , gen. xxiv, SpLîgî ^ l Spl. supinn aioria). Et dans la Wo^,e d'Aliber^ c'est encore pis c r, a cote du genre Splénile, que voyons-nous? Là, le genre Si pl.raxie indépendamment de la Splénopkraa^ie sanguin^, J est ol hyperem.e splen.que (193), p.-ésente deux autres espèces.' sa Splenophraœie sqmrrheme (fam. III, Choloses, gen xi esn 2 h ! Splénr^hra^ieabcédée {rbidem, esp. : or, de ces deu^ eLe, première n est pas autre chose que col étal d'induration où il erpl'au-

llZl PATHOLOGIE MÉDICALE.

siblc de voir une splénile chronique; cl la seconde est le cas de suppuration, terminaison si rare de la splénite , mais qui en est une preuve si évidente. Puis, dans le genre Splénalgie (fam. m,Choloses, genr, ix), qu'est-ce que la Splénalgie intimescmie (esp. 2), celte douleur lice au simple gonflement de la raie ? Qu'y a-t-il là, sinon une hyperémic ou une inflammation ? Qu'est-ce que la Splénalgie squirrheuse {ibidem, esp. 3), splénalgie due à l'induration du viscère? Qu'est-ce, sinon un double emploi, je dirais même, s'il est permis de parler ainsi , un triple emploi, à côté de la Splénite chronique et de la Splénophraxie squirrheuse du même nosographe?

C'est qu'en effet, après tout, h bien considérer la chose, ces bizarreries illogiques en matière de classification ont leur source , et jusqu'à un certain point leur excuse, dans l'impossibilité où nous sommes d'assigner à la splénite, envisagée soit sous le rapport des altérations analomiques appréciables après la mort, soit sous celui des symptômes pris en eux-mêmes ou dans leur développement successif, un ensemble de traits caractéristiques qui soient propres à faire reconnaître (l'une manière positive et sûre celle maladie, sinon toujours, du moins dans le plus grand nombre des cas.

La splénite existe : pour mon compte je n'en doute pas du tout. On peut, on doit même la regarder comme une maladie rare , compal ativemcnt à la fréquence de l'hyperémie splénique. Mais enfin un seul fait de suppuration dans le sein même de la rate est toul ce qu'il faut pour établir la réalité de la splénite, pour en consacrer, si je puis parler ainsi la légitimité comme genre nosographique vraiment à part. Or , ie concéderai volontiers , ou plutôt je serai moi-même des premiers à dire que certains exemples, mentionnés par les auteurs à titre d'abces (^e la rate n'étaient rien autre chose que des suppuralions péntonéales circonscrites par des adhérences dans le voisinage de ce viscère plus ou moins refoulé et comprimé, - rien autre chose, eu un mot que le résultat d'une péritonite partielle, à laquelle la portion du péritoine cmi revêt la rate prenait plus ou moins de part. Je le concéderai même, à la rigueur, pour l'observation que Van-Swiéten (/oc ctt.) a rapportée d'après les noies à lui transmises par De «^en, et dans laquelle on trouve que la rate, dans sa partie inférieure, élait adhérente vu péritoine ( L^-rn inferiore parle peritonœo accretus), circonstance ,uii peut encore, sans doute, se prêter au soupçon et autoriser en ( uelaue sorte la supposition d'une péritonite périsplénique avec epancWment purulent. Je le concéderai encore pour l'observation do S.alpart vinder Wiel. qui nous dit {loc. cit.) avoir vu a rate con- 0 . ie en une sorte de sac membraneux, plein de pus, et dont la rupavait causé la mort de la malade. Mais que faire d'une obser

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vation telle que celle de M. Cniveilhier {loc. cit.), qui affirme avoir vu lepusiuniirc dans le parenchyme même de la rate ? Il faut nier une semblable observation, par cela seul qu'elle est extraordinaire, — négation, assurément, fort commode, mais qui n'a rien de logique,— ou bien reconnaître l'incontestable réalité de la splénitc. Maintenant , il est clair que si la splénite se montre là en toute évidence, elle doit maintes ibis aussi exister sans aller jusque Ih, sans aller jusqu'à produire la suppuration. Mais pour ce qui est d'abord de la splénite aiguë, force est bien d'avouer que, sauf ce cas si rare de terminaison par suppuration , rien dans l'élat anatomique du viscère ne peut la dislinguer , pour les faibles yeux de l'homme , d'avec l'hyperémie splénique, à l'histoire de laquelle (193-5), sous ce rapport, — comme aussi pour une infinité d'autres raisons, soit dit une fois pour toutes, — je prie le lecteur de recourir et de consacrer de nouveau quelques instans d'attention et d'étude. Pour ce qui est , après cela, de la splénite chronique , je suis bien prêt, quant à moi , à la voir et à la proclamer dans les cas où la rate acquiert, non pas seulement un excès de volume, qu'on doive tout simplement attribuer à l'hyperémie ou à l'hypertrophie , mais une dureté extraordinaire dans son tissu : car l'induration est une des terminaisons, un des effets naturels de l'inflammation (281 . lî ) Encore un coup, je penche fort à faire rentrer dans la si^lénite chronique tout ce qu'on nomme vulgairement obstruction de la rate {Splcnalgia infarcfns, Spl. scirrhosa, Spl. sarcomatosa de Sauvages "enre eue plus haut, espèces!", 2.' et 4=.-Splénalgie squirrheuse, et Splénophraxie sqmrrheuse, d'Alibert , par double emploi , ainsi que nous l'avons déih remarqué toul-à-l'heure). Mais je ne saurais dissimuler après tout, que mon opinion à cet égard est de nature à susciter là controverse, et que là où je vois l'inflammation , tel ou tel autre paihologiste pourrait bien ne voir qu'un mode pariicuHer d'hypertrophie une dégénérescence organique non inflammatoire. Quoi qu'il en soii notons qu'en semblable circonstance la rate indurée peut offrirun volume triple, quadruple, quintuple, voire même, dit-on, un volume ocluplo de son volume ordinaire; elle envahit alors une étendue considérable de la cavité abdominale, refoule les autres viscères, et descend quelquefois jusque dans le bassin ; elle a parfois atteint un poids de deux kilo grammes et même davantage. Les individus qui ont ces grosses rates se nommaient en latin lienosi, et, en vieux français, raidetix.

Si l'anatomie pathologique laisse énormément à désirer sur le compte de la splénite , que sera-ce donc de la symptomatologie , et combien peu de lumières faut-il en espérer, vu l'obscurité, ou , si l'on veut l'insignifiance des offices physiologitiucs de la raie !

Kn règle générale , la splénite à l'élat aigu ne parait guère capable d entraîner d autres symptômes que ceux-là mêmes qu'une hyperémie

spléniquc suiïil à produire (193). Et pourtant, par hasard , il se pourrail fort hic» que, dans quelques cas d'une extrême acuité, d'une intensité extraordinaire, elle se laissât assez facilement reconnaître , grâce à un certain ensemble de signes que voici : douleur excessivement vive dans l'hypocondre gauche, en proie à une chaleur brûlante; décubilus sur ce côté, impossible ou du moins fort pénible à tolérer; gonflement notable de la rate, et des pUis évidens à constater par la percussion et la palpalion; apparition de douleurs sympathiques qui, à ce que prétendent quelques auteurs, peuvent parfois, en pareil cas, se faire sentir à l'épaule, dans la mamelle, ou au-dessous de la clavicule du côté gauche; symptômes généraux constituant une fièvre inflammatoire (280. D.); sang couenneux, ou, pour parler plus exactement, contenant un excès de fibrine (284 et 288); et, avec tout cela , absence de symptômes qui soient un indice de l'inflammation de quelque organe autre que la rate, et, notamment, par exemple, absence des symptômes néphrétiques , tels que la dysuric , la rétraction du testicule , etc. , lesquels, en cas de néphrite du rein gauche, empêcheront assurément que le clinicien le moins expérimenté ne se méprenne, et que le point de côté , siégeant d'ailleurs en pareil cas un peu plus en bas et plus en arrière qu'en cas de splénite , ne puisse jamais être réputé pour un point splénilique. 11 se pourrait donc , je le répète , que d'après une habile appréciation de ces divers signes, on fût à même de prévoir, sur un individu donné , l'éventualité d'une suppuration de la rate, et de diiignosliquer ensuite cette terminaison une fois accomplie, en tenant compte des symptômes généraux qui se lient ordinairement à un travail tant soit peu considérable de suppuration : diagnostic rare et délicat, ([ui, venant à être justifié par l'autopsie, ferait certes grand honneur , sinon aux talens thérapeutiques du médecin, du moins à la sagacité de

son jugement. ^

En ce qui touche à la splénite chronique , si tant est qu on veuille la voir dans les indurations de la raie , ai-je besoin d'avertir qu'il faut bien se garder de confondre avec celte affection une intumescence du colon produite par une énorme accumulation de gaz , ou bien , encore, une de ces tumeurs formées par un amas de matières stercorales? Ce qu'il v a de sûr, ce me semble, c'est que, pour éviter une semblable méprise, il suffit d'en connaître la possibilité et de se la rappeler un inslant en présence du malade.

Encore une remarque qu'il me paraît à propos d'énoncer, en fait de svmptomatologie : c'est que les indurations volumineuses de la rate suffisent quelquefois par elles-mêmes, et indépendamment de toule complication du côté des appareils respiratoire et circulatoire, à produire et maintenir une dyspnée considérable. Comme l'hépatite chronique, ei es entraînent cet elfet , en faisant obstacle au libre abaissement du

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diaphragme. H est bon d'èlre averli, afin de ne pas prendre le change, le cas échéant.

Pour ce qui est, maintenant, de la thérapeutique, la spléniie aiguë, si tant est que, dans un cas donné , il y ait lieu de la soupçonner, devra être traitée suivant les règles générales de la Ihérapeulique des inflammations (290), et principalement, par conséquent , à l'aidedes moyens que nous avons dù reconnaître comme propres à combattre l'hyperémie splénique (195) : phléhotomies; ventouses scarifiées ou sangsues sur l'hypocondre gauche, et, préférablement, les sangsues à l'anus. Quant aux indurations de la rate, le système à suivre est à peu près le même que contre l'hépatite chronique : sangsues à l'anus, de temps en temps; révulsifs sur la peau de l'hypocondre gauche; purgalions; médicamen' tation alcahne; mercurialisation ; et, enfin, au besoin, tâtonnemensde tout genre en fait de médication dépurante (voir, au siwplus, n ' 635. B.).

ARTICXE XIII.

PANCBÉATITE.

( Auteurs contemporains. - De na-/xp£«; , gén. no<-/xpj«To;. )

638. Bibliographie. -Lieutaud. —{Hisloria anatomico-medica ) Lib. I, sect. VIII, art. IV, Pancréas purulentum.

ScmiACKPFEFFER. Observationes de guibusdam pancreatis morbis Halle, 1817, in-h\

BÉCOURT. Recherches sur le pancréas , ses fonctions et ses altérations organiques. Th. inaug. Strasbourg, 1830, n. 935

MOXDIÈRE. Recherches pour servir à l'histoire pathologique du pancréas. (Dans les Archives, mai, juillet et octobre 1836 )

Joseph Frank. — Volume tout-à-l'heure cité (631), — cap. XII, De pancreatis inflammatione ejusdemque exitibus.'

639. Nosologie. — A. La pancréatite est encore une maladie dont la reahte s appuie, à l'abri de toute contestation, sur les observations nécroscopiques, mais qui n'a, il faut le dire . dans sa symptomatologie nen que d ambigu et d'équivoque. En sorte qu'on pourra bien la soupçonner la devmer même quelquefois , mais non pas, à parler propr ment, la diagnostiquer d'une façon sûre et positive B. La pancréatite- peut, comme de juste, être aiguë ou chronique. . «. Quant a \^ pancréatite aiguë, je ne crois pas hors de propo de caer ont au long, d'après Schmackpfe.er (638), nne observa ion' q.' est fort permis de considérer comme un type assez bien tranché assez bien caractérisé, de ladite maladie. - Voici donc cette obse a, - Lue fille de viugt-ncuf ans, ayant conlracté la svphilis en mên temps qu'elle devenait enceinte , fut soumise ù un traitement m eu nel après .SOS couches. Les symptômes syphili.iqnes dispar n is

118 PATHOI,OGlE MÉOICArj-,

la malade fut prise d'une salivalioii très abondaïUe (/i livres de salive par jour). Il survint alors une diarrhée , qui augmenta à mesure que la salivation diminuait. 11 y avait un 6lat fébrile assez prononcé ; quelques envies de vomir; le ventre était tendu. La malade se plaignait d'une douleur fixe , profonde , sourde, avec sentiment de chaleur , dans la région épigastrique , et jusque auprès de l'hypocondre droit. Ces symptômes s'exaspéraient lorsque l'cslomac était plein. Il y eut un peu d'amendement; mais la malade ne cessa pas d'accuser, à la région sus-ombilicale, une douleur profonde, qui l'empêchait de se coucher sur le dos et sur le côté gauche , et augmentait par une forte compression. La diarrhée revint (jusqu'à 30 selles en vingt-quatre heures); les matières, qui jusqu'alors avaient été jaunes, devinrent semblables à un flux de salive. Après une courte amélioration , les accidens reparaissent; une saignée est pratiquée, et dès le lendemain survinrent les oreillons, après quoi la mort ne tarda pas d'avoir lieu. Autopsie : le pancréas était rouge , principalement tuméfié du côté droit, et paraissant plus consistant ([ue dans l'état normal ; sous les incisions du scalpel , on en voyait suinter de nombreuses gouttelettes de sang; son poids était de 8 onces(250 grammes , nouveau style); de plus , les parotides présentaient, pareillement, les caractères de l'inflammation. — C'est après avoir apporté en exemple cette observation et trois autres encore, et aussi en s'appuyant sur beaucoup d'autres faits plus ou moins analogues disséminés dans les fastes de l'art, que Mondière s'est cru, non sans quelque raison , autorisé à tracer le tableau des symptômes les plus ordinairement liés h la pancréatite aiguë. Signalons donc, surtout d'après cet autour, les symptômes suivans, sans prétendre, ni plus ni moins que lui , à poser les lois de l'ordre successif dans lequel ces symptômes apparaissent. Douleur épigastrique, h titre de symptôme presque constant, et commun à l'immense majorité des cas : douleur fixe, située profondément et comme contiguë à la colonne vertébrale, constituant un certain degré d'anxiété avec sentiment de chaleur plus ou moins ardente , etsc coniinuant jusque vers l'hypocondre droit, parfois même jusque dans la poitrine, sous forme d'une traînée brûlante qui remonte le long del'œs ophage : dernière circonstance qui se montre particulièrement en coïncidence avec des rapports ou des éructations aigres, acides, acres, avec des renvois liquides de même nature, coïncidence formant, comme on sait , le symptôme complexe vulgairement désigné sous le nom de fer-chaud {kbh. D. 6.). Soif extraordinaire, indépendamment même de toute apparence de fièvre. Dyspepsie. Nausées; et quelquefois vomissemens d'un liquide un peu filant, de saveur fade, salée ou aigre, surtout le matin , à l'instant du réveil ou peu après. Tantôt constipation ; tantôt, mais moins fréquemment peut-être, diarrhée, laquelle diarrhée aurait , à ce qu'il parait, en règle ordinaire , la triple particularité -

LNFrAMUATIONS PAlUvNClIYMATKUSI'S, H 9

1" (l'alterner avec la conslipalion, — 2" de consisLcr en selles aqueuses et plus ou moins analogues;» un lliix do salive, — 3° enfin, d'avoir lieu sans coliques. Quelquefois, diminulion notable de la sécrétion salivairc , au point de produire une sécheresse incommode du gosier et de la bouche : plus souvent, au contraire, — plus souvent sans comparaison, — piyalisme, ou existant déjà av^it le développement de la pancréatite , qui bien des fois , en effet, ne se déclare que consécutivement , par exemple, à une stomatite mercurielle (429) , ou bien ne tardant pas , après les premières manifestations delà pancréatite, à se produire sympathiquement et à jouer à son tour le rôle d'affection deutéropathique : tant il est vrai qu'entre le pancréas et les glandes salivaires il existe , malgré la distance , une correspondance mystérieuse , une sorte de communauté pathologique, ainsi que l'attestent bon nombre d'observateurs, et, entre autres, par exemple, mon honorable ami M. Polinière , méde'cin distingué de Lyon, qui affirme avoir toujours observé la salivation dans les affections cancéreuses intéressant le pancréas (voir la thèse inaugurale du docteur Tavernicr, intitulée : Quelques réflexions sur l'anatomie pathologique. Paris, 1834, n°88, pag. 14, note)! Dans certains cas où l'inflammation fut très vive, avec douleurs aiguës à l'épigastre, avec gonflement considérable du paucréas, il a été possible, assure-ton, de reconnaître par le toucher une tumeur profondément située entre l'extrémité de l'appendice xiphoïde et l'ombilic, circonscrite, presque circulaire, immobile, très douloureuse à la pression, et que, toutefois, il est permis, jusqu'à un certain point, de distinguer d'une tumeur qui serait formée par l'induration, squirrheuse ou autre, de la même glande, en ce que, dans le cas ici en question , on sent la tumeur céder sous une pression soutenue, et, dans l'autre cas, non. Nul doute que le pancréas ainsi tuméfié ne puisse , en comprimant les voies biliaires, donner naissance à l'ictère; mais c'est là un effet qui appartient plutôt aux tuméfactions chroniques et avec induration qu'à la simple tuméfaction d'une inflammation aiguë. Quoi qu'il en soit, après tout, il est rare que la fièvre soit très forte. Quant aux terminaisons de la pancréatite aiguë, la résolution doit être, sans doute , la plus fréquente de toutes. Il est hors de contestation que la suppuration n'ait quelquefois lieu : car les faits rassemblés par Lieutaud, par Schmackpfeffer et autres auteurs, ne permettent pas d'objection là-dessus. La gangrène est possible , mais , à coup sûr, extrêmement rare. Ce qui n'est pas rare, par exemple, c'est la dégénérescence du mal en une induration hypertropliique qui se perpétue indéfiniment. Mais un point fort douteux , fort peu croyable , c'est que sans suppuration ni gangrène , la pancréatite aiguë puisse par elle-même, par la seule intensité de l'orgasme inflammatoire , et de la réaction fébrile , devenir cau.se de mort : si la chose paraît quelquefois s'être ainsi passée, comme dans l'observation que j'ai citée en commen-

çant celle courte esquisse de la maladie, c'est que, dans mon opinion dn moins , la véritable raison du funeste dônoûment a dû échapper , soit de tonte nécessité et par la nature môme des choses, soit par inattention ou aulrcment , aux sens ou à l'esprit de l'observateur.

ç. Et dans la jmncréatite c/troni(/Me, quels symptômes observe-t-on ? Les mêmes à peu près que ceux de la pancréatite aiguë. Seulement il est bon de remarquer qu'alors le pancréas doit, plus souvent que dans la pancréatite aiguë, présenter une tumeur assez considérable, moins douloureuse il est vrai, mais, pourtant, presque toujours plus ou moins sensible à une forte pression , et qui , surtout , ne manquera guère d'opposer à la main de l'observateur une résistance incompressible on h peu prés. De là, plus facilement encore que dans la pancréatite aiguë, la compression des canaux biliaires et la jaunisse. Delà, aussi, quand la portion inférieure du duodénum se trouve très comprimée et comme étranglée, des vomissemeiis abondans de bile , et quelquefois même d'àlimens déjà plus ou moins réduits à l'état chymeux. Serait-il vrai, comme le prétendent certains auteurs, que, par le seul fait d'une ]iancréaiite chronique , il pût y avoir anémie , marasme , diarrhée colliquative , en un mol, cas de mort? Voilà qui me paraît plus que douteux.

C. Après tout, il paraît clair que la pancréatite , en tant que maladie simple et idiopathique , est un cas rare, ou du moins, la plupart du temps , un cas peu grave , insignifiant ou à peu près , et qui surtout ne se laisse pas reconnaître. En général , j'allais presque dire sans exception,— ou bien c'est à titre d'affection accessoire et secondaire, en complication avec une inflammation de quelque organe voisin du pancréas, avec une duodénite, une gastrite, une hépatite, etc., que les observateurs ont pu constater ou soupçonner la pancréatite, — ou bien encore, elle plus évidemment même, c'est en complication, par corrélation sympathique, avec l'inflammation, soit protopathique , soit deutéropaihique, des glandes salivaires.

6^1 0. Etiologie. — - De toutes les influences qu'on a accusées comme étant spécialement propres à exercer une action plus ou moins puissante pour la production de la pancréatite, nulle assurément ne nous paraît mieux mériter cette imputation que le mercure, administré, par exemple, en grande quantité et jusqu'au point de provoquer le développement de la salivation.

Nous ne répugnerons pas non plus à accuser, avec Blondière , l'influence du tabac , et à la mettre en seconde ligne après le mercure, soit pour les fumeurs , soit pour ceux qui chiquent, soit même, enfin, pour les ouvriers chargés de manufacturer cette solanée vireuse et qui sont ainsi continuellement exposés à ses émanations.

Nul doute que la duodénite ne puisse amener quelquefois la pan-

INFLAMMATIONS PAUEVCHYMATEUSES 121

créatiic, par siiile d'une propagniion coiilinue du molimcn inflammatoire, qui se sera étendu de proclie en prociie, le long du canal pancréatique, jusqu'au sein même de la substance propre du pancréas-. Et voilà pourquoi, si l'on veut, il serait loisible de repasser toutes les causes spéciales de l'eniérite (Z1G6) comme autant de causes propres à la paucréatite.

Enfin , il convient de mettre encore en ligne de compte l'influence sympalbique de l'inflammation des glandes salivaires : notamment, par exemple, en cas de stomatite mercnrielle;(/i29. D. g.). pout-êlre aussi en cas de délitescence d'une parolidile. Wondière cite, d'après M. Robouam, le fait d'un individu chez lequel une parotide volumineuse disparut sur-le-champ, et fut remplacée par une douleur vive et profonde dans l'épigastre ; puis cette douleur épigastrique lit place h une inflammation du testicule, laquelle, à son tour, disparut dès la manifestation d'une nouvelle parotide. Y eut-il là, comme le pensait notre savant et regrettable confrère de Loudun , une pancréalite due à la métastase de la parotide, et disparue elle-même par délitescence?

Répéterons-nous maintenant les imputations dirigées contre le long usage des préparations de quiiiquina, contre la grossesse, contre l'hypocondrie, contre les métastases rhumatismales et goluteuses, comme causes présumées de pancréatiie? Non , assurément : car nous ne devons voir là, en vérité, passez-moi le terme, que des présomptions en l'air.

6Zil. Diagnostic. — Impossible à poser dans la grande majorité des cas, avouons-le tout haut, encore un coup. Possible dans cjuelques cas exceptionnels et des plus clairement dessinés, mais plutôt encore à titre de conjecture qu'autrement, même pour le clinicien le plus expérimenté ^et le plus clairvoyant. Et dans les cas chroniques notamment, si l'on a parfois le droit de soupçonner ou même de reconnaître positivement l'existence d'une affection du pancréas , il n'y a jamais moyen d'affirmer que cette affection est une pancréalite, rien qu'une pancréatite, et pas autre chose. Ainsi , par exemple , supposons le cas où il y a une évacuation habituelle, parle vomissement et parles selles , d'un liquide analogue à la salive : peut-on on inférer infailliblement qu'il existe une pancréatiie? Xe se peut -il pas qu'il y ait là, tout simplement , un flux une supersécrétion de l'humeur pancréatique , sans inflammation véritable ? Et puis encore , lorsqu'on distinguera manifestement par une hab.lc palpation une tumeur du pancréas, à quels signes certains pmnra-t-on discerner si c'est une induration de nature purement p..l<'gma.sique , ou bien un état sr|uirrheux, tuberculeux ou autre '

6/,2. Thérapeulique.--Summm une pancréatiie bien et dûment diagnostiquée. Que faire alors? Phléboiomies , sangsues à l'anus ou à

122 PATFIOr-OGIR MÉDICALE.

l'épigaslre , bains, vésicaloires ou moxas sur l'épigastre, etc., etc. Voilh les moyens à employer suivant l'élal des forces , l'inleDsilé de la fièvre , la vivacité de la douleur locale, l'opiniâtreté de la maladie, etc., et eu un mot, conformément, de tout point, aux principes généraux de la thérapeutique des inflammaiions. Rien de bien spécial à conseiller contre la pancréatite même , en tant que pancréatite. El voilà ce qui fait qu'on doit beaucoup moins regretter les difficultés et les impossibilités du diagnostic.

ARTICZ.E XI.XII.

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