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ARTICLE II

KLÉPHANTIASIS DES ARABES.

(riXE<p«vTtaffi;, voir ci-après, n» 696 )

69Û. Bibliographie. — AviCENNE. — Lib. III, fen xxii , tractatus 1, cap. 16-8.

Prosper Alpin. — ( Demedicinâ yEyyptiorum) Lib. i, c. \h.

KOEMPFER. — [Amœnitatum exoticarim poUtico-physico-medicarum fasciculi V. Leingo en Westphalie (ville natale de l'auteur), 1712, in-4''. — Fascicul. III, observ. Andrhm, sive hydrocele [scroti tvmor ) morhus regioni malabaricœ endeinius et communis ; — obs. VIII, Pericàl, i. e. Hypersarcosis ulcerosapedum, sive Paedarthrocace, morbus Malabarisvernacvlus.

HiLLARY. Observations on the changes of the air and the concomitant epideinicul diseases in the island of Barbadoes. Londres, 1759, in-8».

Hendy. a treatise on the glandular diseasç of Barbadoes. Londres, 1784, in-8°. Traduction par M. Alard, — dans les Mémoires de la Société médicale d'émidation, t. iv, p. txh.

Alard. De l'inflammation des vaisseaux absorbons - lymphatiques , dermoïdes et sous-cutanés, maladie désignée dans les auteurs sous les différens noms </'Eléphantiasis des Arabes, rf'OEdèmedur , de Hernie charnue, de Maladie glandulaire de Barbade. Avec fig. Il""* édition, Paris, 182^, in-8°. — La 1" édition , beaucoup moins complète, avait paru en 1806, sous le titre : Histoire d'une maladie particulière au système lymphatique.

Gaide. Observations sur l'éléphantiasis des Arabes : recueillies sous les yeux de M. Rayer (Dans les ArcAîoes, août 1828).

Rayer. — ( Dans le Dict. de méd. et de chir. pratiques, — t. VII , p. 33-52. ) -— Article Eléphantiasis des Arabes.

Monneret et Fleury. — [Compendium, — t. III, p. 168-79.) — Art. Éléphantiasis des Arabes.

695. Définition de<icriptive. — Sous le nom d' éléphantiasis des Arabes, les praticiens et les auteurs conviennent généralement aujourd'hui de désigner , et de poser comme un genre de maladie complète^ ment à part , certaines intumescences dures, volumineuses, plus ou moins difformes, de configuration parfois bizarre et bosselée, qui s'établissent dans une partie du corps, notamment aux jambes, par le fait d'un développement hypertrophique du tissu cellulaire et , parfois aussi, dé la peau elle-même.

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696. Etymologîe. — Ce que les médecins grecs nommaient Èltfa; , E').c<^«vTea(7(î, Ehtfcxvztatjnéç, ce n'était pas l'éléphantiasis ici en question; c'était une maladie bien plus terrible, une maladie lépreuse essentiellement générale et dans laquelle les altérations de la peau , quoique déjà fort horribles en elle-même, étaient loin de constituer l'élément principal, mais n'étaient rien que le signe extérieur d'un désordre universel et profond, d'une véritable cachexie dans toute la force du terme. Quoi qu'il en soit , c'était en raison même des altérations cutanées que la maladie avait reçu son nom; c'était, comme Arétée, entre autres, nous l'expUque avec les détails les plus pittoresques (11""° traité, livr. ii, c. 13), parce que la peau humaine, dans cette maladie, devenait semblable à celle de l'éléphant (en grec EXe^»?, gén. ÉXc^avraç). IVJais , outre cet éléphantiasis des Grecs, maladie que , d'après notre plan (lZi9. C.) nous nous réservons d'étudier dans la III"'" section de la pathologie spéciale, les Arabes, ou bien, — qui sait? — peut-être seulement leurs traducteurs ont signalé sous le même nom les hideuses hypertrophies du membre abdominal, qui ?ont, à ce qu'il paraît , un mal beaucoup plus commun dans les contrées du Levant qu'en Europe. De là , dans le vocabulaire de la médecine moderne, l'éléphantiasis des Arabes, affection toute locale, à ce qu'il me semble du moins , dans sa véritable essence, et qui, enfin, quoiqu'au premier abord la communauté du nom puisse faire penser le contraire, n'a réellement aucune sorte d'affinité générique avec l'éléphantiasis des Grecs. Au surplus, toutefois , l'étymologie ne laisse pas que de se prêter merveilleusement encore à la nouvelle acception du mot ; car, lorsque les saillies et les dépressions formées, dans l'état naturel du membre abdominal, par les os, les muscles et les tendons, viennent à disparaître presque complètement sous l'énorme hypertrophie du tissu cellulaire et de la peau, lorsque, en un mot , la jambe et la cuisse, confondues pour ainsi dire , ne font plus qu'une colonne lourde et informe, n'a-t-on pas là devant les yeux ce qu'il est permis de nommer, sans métaphore choquante et forcée, une jambe d'éléphant ?

697. Stjnonymie. — Angioleucite chronique : ainsi disent quelques uns de nos contemporains, suivant une manière de voir qui ne laisse pas d'être jusqu'à un certain point fondée et plausible. — Éléphantiasis tubéreux, d'Alibert (Dermatoses lépreuses, genr. m, esp. B.) : pour le cas où le mal occupe tout ou partie du membre inférieur. Éléphantiasis scrotal, du môme auteur [ibid. , esp. C. ) : pour le cas où le mal occupe le scrotum. Et voilà ce qu'Alibert, par une confusion des plus vicieuses, des plus irrationnelles , des plus inconcevables, pose à côté de l'éléphantiasis des Grecs ( Eléphantiasis vulgaire, dit-il, genre cité esp. A.), comme si c'étaient là trois espèces naturellement congénères.-!

31al des Bai bades , Jambe des Barbades : depuis que l'île de ce nom ri'une des petites Antilles) a été signalée par les médecins anglais Hillary el Ilendy pour avoir offert à leur observation l'éléphantiasis des Arabes comme maladie endémique. — Perical de la côte de Malabar, de l'île de Ceylan et du Japon : car l'affection, que, sous ce nom barbare, Kœmpfer a décrite comme une endémie propre aux contrées susdites, n'est pas autre chose qu'une intumescence éléphantiaque du membre abdominal. — Hernie charnue , de Prosper Alpin ; Sarcocèle d'Egypte , de Larrey; Audrum du Malabar et autres contrées de l'Asie orientale, encore suivant le témoignage de Kœmpfer : voilà autant de dénominations qui s'appliquent à l'éléphantiasis scrotal.

698. Sièges divers de l'éléphantiasis des Arabes. — L'éléphantiasis des Arabes a , s'il est permis de parler ainsi , une sorte de prédilection pour le membre abdominal : c'est là qu'il se montre plus fréquemment, sans comparaison, que partout ailleurs. Après les membres abdominaux, le scrotum doit être accusé en seconde hgne comme une partie remarquablement sujette, surtout en Egypte et dans toute l'Asie méridionale, à présenter des dimensions énormes par l'effet d'une hypertrophie éléphantiaque. Mais, en outre, l'éléphantiasis des Arabes peut avoir quelquefois pour siège le pénis, les grandes lèvres, les mamelles, les membres supérieurs, les parois de l'abdomen, la face, et, en un mot, presque toutes les parties du corps. Mon collaborateur, M. Nélaton, se réserve de présenter en temps et lieu, dans le cour s de la Pathologie chirurgicale, quelques considérations particulières qui concernent l'éléphantiasis des Arabes spécialement envisagé eu certaines parties; par exemple, l'éléphantiasis du scrotum, celui des grandes lèvres, etc. Quant à moi, c'est d'un point de vue général et, tout au plus, en insistant parfois sur l'espèce la plus commune du genre , sur l'éléphantiasis du membre inférieur, à litre d'exemple ou plutôt d'archétype, que je m'en vais continuer l'esquisse du sujet en question.

699. iStjmptomatologie. — A. Que , dans bien des cas , — dans la plupart des cas , même, si l'on veut, — l'éléphantiasis des Arabes survienne, se développe, et aille grossissant de plus en plus par l'effet d'attaques successives, et chaque fois bien manifestes, bien caractérisées , d'angioleucite ; qu'il y ait, en pareille occurrence, une douleur plus ou moins vive le long du trajet des vaisseaux lymphatiques, avec apparition d'une sorte de corde dure, tendue, noueuse, avec tuméfaction inflammatoire, souvent très volumineuse, des ganglions auxquels cette corde aboutit ou correspond , et, le plus ordinairement aussi, avec réaction fébrile et symptômes généraux ; que , chaque fois , on voie alors apparaître et croître une intumescence qui persiste après la cessation des phénomènes inflammatoires , et qui , d'abord purement œdémateuse ei

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molle, finit par s'endurcir an point de résister à l'impression du doigt; et que, de cette façon , an bout d'un temps plus ou moins long, au bout de quelques mois, par exemple, ou bien de plusieurs années, la partie affectée vienne à acquérir une grosseur énorme, à subir des déformations quelquefois monstrueuses : c'est là un fait constant, c'est là un point incontestablement acquis à la science. Mais ce qui ne paraît pas moins certain , c'est qu'il n'en est pas de même dans tous les cas. Il se peut fort bien , on ne saurait le nier, que l'éléphantiasis des Arabes s'établisse sans aucun symptôme d'angioleucite , et même sans apparence d'une inflammation quelconque; il se peut qu'il naisse et s'accroisse progressivement sous forme d'empâtement indolent qui se durcit avec le temps. Ainsi, du moins, l'alErment quelques observateurs bien dignes de foi.

B. Quoi qu'il en soit, de quelque façon que survienne l'éléphantiasis des Arabes, toujours est-il que son nom ne lui est véritablement acquis que lorsque la partie affectée en est venue à présenter une difformité notable. Tantôt , par exemple , c'est une intumescence monstrueuse de toute la jambe, qui no conserve plus rien de sa configuration naturelle, et n'est plus qu'une masse lourde et informe , laissant quelquefois retomber sa bideuse exubérance sur le pied , recouvert en partie , et comme enfoncé là-dessous. Tantôt l'éléphantiasis est disposé, pour ainsi dire , par étages : c'est à savoir, qu'il consiste en gonflemeus espacés, qui laissent entre eux des sillons plus ou moins profonds, et , le plus ordinairement , diffèrent eux-mêmes beaucoup les uns des autres en volume et en configuration, ce qui donne au membre affecté l'aspect le plus horriblement étrange, le plus parfaitement méconnaissable.

C. L'éléphantiasis des Arabes n'est pas seulement une difformité , et rien de plus; mais par son poids, par son volume, par la compression qu'il exerce sur les vaisseaux, les nerfs ou d'autres organes, il peut assurément apporter une entrave plus ou moins considérable à l'accomplissement régulier de certaines fonctions ; il peut constituer,

tantôt une maladie véritable dans toute la force du terme, tantôt une infirmité (26).

D. La peau, qui parfois, il est vrai, est elle-même par l'un quelconque de ses divers modes d'infiammation , le point de départ de l'éléphantiasis des Arabes, mais , après tout, ne l'est pas le plus ordinairement, peut, dans ce dernier cas , se comporter de différentes manières. Ainsi ,' 1° elle peut rester intacte , à cela près qu'elle sera tendue et rénitente ,' ou bien , encore , qu'elle offrira une teinte bleuâtre , avec des hgnes et des tadies d'un bleu foncé , par suite de l'état vâriqueux du système vemeuxsous.cntané; 2° elle peut finir par .s'enflammer deuléropaihi-

quement; elle devient, par exemple, le siège d'un érylhôme ou d'un eczéma , se recouvre de squames ou de croûtes , s'excorie , se creuse de fissures, de crevasses, ou même de larges ulcérations.

E. L'éléphantiasis des Arabes , après avoir mis quelquefois un grand nombre d'années pour arriver à son plus haut degré, peut ensuite demeurer stationnaire tout le reste de la vie. D'autres fois , au contraire, il ne cesse de faire des progrès jusqu'h la mort, d'envahir de proche en proche de nouvelles parties de tissu cellulaire , et d'augmenter encore la tuméfaction des parties déjà hypertrophiées. Est-il susceptible de résolution ? Rarement , répondrons-nous, très rarement, pour ne pas dire jamais.

F. Après l'amputation de la partie affectée , plusieurs observateurs ' affirment avoir vu l'éléphantiasis se reproduire sur quelque autre

partie du corps. Cette récidive est-elle un pur et simple hasard, ou bien est-ce la révélation de quelque diathèse mystérieuse ? J'avouerai que je penche pour la première idée.

700. Anatomie pathologique. — A l'autopsie , que découvre-t-on ? L'état d'hypertrophie et d'induration du tissu cellulaire , soit seulement du tissu cellulaire sous-cutané , soit parfois de celui qui existe dans la profondeur du membre et entre les muscles; voilà le vice principal , essentiel , et que l'on rencontre infailHblement. C'est un point incontestablement acquis à la science depuis les recherches de Hillary , de Hendy et de M. Alard. Souvent il existe encore de l'infillration au sein de cette masse de consistance fongueuse ou lardacée en laquelle le tissu cellulaire se trouve converti. Il n'est pas rare que l'induration atteigne ou touche de fort près à l'état fibro-cartilagineux. Dans l'immense majorité des cas , la peau qui revêt la tumeur éléphantiaque est elle-même hypertrophiée , et considérablement épaissie. Suivant Hillary ( page 366 ) , les artères et les veines naturellement destinées à la nutrition de la partie occupée par l'éléphantiasis , présentent un calibre plus grand qu'à l'état normal: ce qui rentrerait parfaitement dans l'une des lois générales que nous avons formulées et reconnues concernant les hypertrophies ( voyez la proposition 690. 1. ) Mais d'un autre côté , certains observateurs , et , entre autres , 31. Gaide , ont signalé l'oblitération des veines comme l'un des vices auatomiques qui peuvent accompagner l'éléphantiasis des Arabes, et qui ont peut-être avec cette affection un rapport de cause à effet. Les ganglions lymphatiques du membre affecté se montrent très souvent altérés; ils sont tuméfiés, indurés ou ramollis, quelquefois infiltrés de pus. Quant aux vaisseaux lymphatiques , force est bien de reconnaître que leurs altérations , en semblable circonstance, sont généralement des plus insignifiantes , ou du moins des plus difficiles à constater. Les muscles , au

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sein d'un éléphantiasis des Arabes, sont ordinairement décolorés, atrophiés, ou bien transformés par liétérotrophie, — dégénérés, par exemple, en une masse graisseuse ou en une sorte de corde fibreuse. Quelquefois, mais rarement, ils sont ossifiés, comme M. Cruveilhier dit en avoir vu un exemple ( dans son Fssai s-tir ranatomie pathologique , t. II, page 73 ). Les os eux-mêmes peuvent aussi se montrer quelquefois atteints et altérés par suite de l'hypertrophie élépbantiaque : ainsi , par exemple , Bichat, dans son Anatomie générale (Système fibreux, art. V, § III. — Organisation du périoste) nous apprend qu'il a vu, sur une jambe affectée d'éléphantiasis , le tibia présentant dans son tissu compacte un gonflement et une épaisseur remarquable avec épaississement aussi du périoste, qui était devenu si peu adhérent que le plus léger effort l'enlevait dans toute son étendue , et dont les fibres étaient si prononcées qu'une fois isolé on l'aurait pris pour une portion de l'aponévrose plantaire ou palmaire. Quant aux altérations viscérales, chez les sujets qui succombent avec un éléphantiasis des Arabes, line paraît pas du tout qu'il y en ait aucune qui soit liée nécessairement , et par quelque rapport étroit de pathogénie , à l'existence de cet éléphantiasis.

701. Un mot sur la nature de l'hypertrophie éléphantiaque. — Tout bien considéré , et lorsqu'on se dit que ce n'est point là une hypertrophie pure et simple , mais une hypertrophie avec induration ; que fort souvent, sinon toujours, le développement de cette hypertrophie s'accompagne des symptômes d'une angioleucite ou d'une phlébite bien caractérisée, ou tout au moins d'un certain degré de douleur et de chaleur morbide dans le tissu cellulaire sous-cutané; et, enfin, que dans bien des cas , une inflammation quelconque de la peau sert de point de départ à tout le mal : tout cela bien considéré , encore un coup, il y a lieu de conclure que l'éléphanliasis des Arabes est le résultat d'un travail inflammatoire , très souvent, il est vrai , insidieux, peu prononcé, lent, latent en quelque sorte, et, en un mot , sub-inflammatoire, comme on dit. Mais est-ce toujours et essentiellement, comme le veut M. Alard, une inflammation des vaisseaux lymphatiques, une angioleucite? Cette thèse n'est pas celle que je me sens, pour mon compte , disposé à épouser et à défendre. Tout me porte à croire que ce qu'il faut accuser là comme l'essence du mal , c'est tout simplement l'inflammation chronique du tissu cellulaire. Là, encore une fois, est le phlegmon chronique, maladie qui n'a jusqu'ici eu sa place, que je sache , dans aucune nosographie. Et c'est seulement pour me conformer aux habitudes nosographiques généralement adoptées, —pour m'y soumettre, suivant ma profession de foi (67. A.), dans un livre élémentaire comme le nôtre, — que j'ai posé et décrit ici l'éléphan-

PATHOLOCJE M/iDICALE.

702. ^^jo%... - Dans cette partie fort obscure du sujet en ques-

NtTert ' l'' '''''''' d-i.portant5dire. Et d'abord,

u faitcenaui de géograph.e médicale, c'est que l'éléphantiasis de uec s'IZ^ parfculièrement à titre de maladie endémique et 1 udW TT 7 ^ •"«"«^'•"«"«es dans les climats chauds on très chauds ( 79 A. S) : notamment dans l'île de laBarbade, suivant les

a"ô e r "^"^^ ^« ^«ylan, su

Egypte, 1 présence d'une semblable endémie, accusée par Prosper

^.l' Jr J^r'" '''''''' "^'"''^ ' ^« ^^^«^^«'^ ^/">'^fir^m/e rf. / armée d Onent ( Paris ,mk, in-8») ; et, de nos jours encore . par notre célèbre compatriote Clot-Bey. dans un mémoire dresse sur ce sujet à l'Académie de médecine de Paris. A l'inverse de lelephantiasis des Grecs, notons-le bien encore, l'éléphantiasis des Arabes ne paraît pas être un mal héréditaire. Assurément il n'est pas contagieux. Je 1 ai déjà dit, et je le répète, les inflammations cutanées . comme par exemple, un eczéma rouge ( 357. B. ç. ) ou impétigineux C^57. B y. ), un impétigo, un lichen-agrius, etc., sont une condition personnelle des plus propres à entraîner le développement deutéropathique de l'éléphantiasis des Arabes. Au même titre, encore, nous devons accuser et l'angioleucite et la phlébite, qui, comme on sait, mènent si souvent à leur suite un œdème douloureux, une sorte de phlegmon sub-aigu, en un mot. ce qu'on nomme Phlerjmatia alha dolens chez les nouvelles accouchées. Pour ce qui est des circonstances extérieures qu'on pourrait signaler comme causes occasionnelles du travail pathologique par où l'éléphantiasis prend naissance, les brusques refroidissemens du corps ont là , selon toute apparence et toute probabilité . la part la plus active et la plus forte , même dans les pays où l'éléphantiasis est endémique : c'est là la cause sur laquelle Hendy et M. Alard ont particulièrement appelé l'attention , et voilà pourquoi, par exemple, les nègres des Antilles, pauvres esclaves, misérables travailleurs, plus exposés que les blancs à celte malfaisante influence, sont aussi, hors de toute comparaison, plus fréquemment atteints d'éléphantiasis.

703. Quelques mots de séméiotique. — Une fois que l'éléphantiasis des Arabes existe décidément et véritablement tel que nous l'avons défini , il n'est guère possible de le confondre , sur le vivant même et sans demander à l'autopsie cadavérique le dernier mot , ni avec un œdème douloureux, ni avec un lipome, ni avec l'éléphantiasis des Grecs, ni avec toute autre afi*ection. 31ais , pour ce qui est d'en prévoir et d'en prédire le développement à la suite d'un travail inflammatoire ou snb-inflammatoire du tissu cellulaire sous-cutané, des vaisseaux lymphatiques

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OU des veiues, cette prodiagnose (107) ne saurait jamais être posée d'une façon certaine et sous forme d'affirmation , et n'a tout au plus quelque probabilité que dans les pays où l'éléphantiasis est endémique ; car l'aiigioleucile, la phlébite et le phlegmon sub-aigu peuvent très bien avoir des résultats autres que celui-là. Quant au pronostic à porter des l'mstant où le développement de l'éléphantiasis est un fait bien et dûment reconnu chez un sujet donné , il est assurément fâcheux et triste, puisque, daus la règle, età peu près sans exception, ce mal doit s accroître sans cesse , ou bien rester irrémédiable , et, pour ainsi dire inamovible. '

10k. mrapeutique. —Il est beaucoup moins difficile, sans nul doute de prévenir l'éléphantiasis des Arabes, d'en combattre heureusement les symptômes prodromiques, et de le faire avorter en germe que de le vamcre et de le détruire une fois né et grandi. Pour le succès de la première tâche , pour l'accomplissement de ce qu'on pourrait appeler ici 1 indication prophylactique , que faut-il? Jl faut une habile intervention de la médication antiphlogistique , saignées générales et locales etc (290. C), avec toute l'énergie que le cas donné permet et indique au tact d un praticien exercé. Pour la seconde tache, pour la cure del'é lephantiasis une fois confirmé, qu'a-t-ou conseillé, qu'a-t-on préconisé ^ Rien jusqu'à présent , qui ait montré une véritable efficacité: aucun remède sûr et réellement digne de confiance. Entre tous les divers moyens qui ont été tour à tour proposés et essayés, voici, à mon sens, ce qu 11 y a de mieux encore à préférer et à essayer, le cas échéant: un juste repos de la partie affectée, une compression méthodique et maintenue avec une longue persévérance, le massage, les frictions mercurielles, les pommades iodurées, qui, mieux que le mercure, peuvent être impunément appliquées pendant un très long temps, et, enfin, les douches de vapeur. Quelquefois, mais rarement, les saignées locales peu-

ZLTuV'" J'éléphantiasis se

montre rebelle et ne rétrograde pas, au moins peut-on se flatter d'en enraver les progrès ultérieurs. Quant à enlever l'éléphantiasis par amputation, c est la une opération que quelques chirurgiens ont pratiquée dans certains cas avec un succès complet sur les membres , sur le grande levres.sur le scrotum, etc. Mais c'est une terrible ressource; l'opéré e v jn.s en péril de mort ( car il y a eu des morts produites par de LV a bles amputations), non pour être arraché à une chance mortel e 'Ts seulement pour être délivré d'une difformité ou d'une infirmité -,1, „ commode que dangereuse. Est-ce sagesse que d'en agir aine" , r? scrait-cedonc, s'il était vrai, comme le prétendent certai s o ^

qu'une récidive de ce mal dût avoir iLu sur quelque 7/''''" ' I corps? l"'-'qut a p^i iic du

ARTICX.!: III.

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