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CHAPITRE IX

CANCEIiS.

827. Aperçu sonmaire du chapitre. — Je n'ai pas à tracer ici des considérations générales sur la famille nosographique des cancers. Cette tâche, mon collaborateur l'a déjà remplie {Pafh. chir., t. 1", ch. IX). Elle lui revenait naturellement ; car, après tout, à l'égard de tant de cancers accessibles à la main et auxinstruniens opératoires, la chirurgie a certainement un rôle plus brillant que la médecine proprement dite ; elle peut enlever le mal, — rétablir la santé, sinon pour toujours, du moins momentanément , — en un mot , procurer une véritable guérison, qui, non pas constamment, tant s'en faut, mais enfin quelquefois, se monlre exempte de récidives. C'est donc en Pathol. chirurg. que le lecteur doit retrouver et revoir, au besoin, comment et pourquoi nous réunissons indistinctement sous le nom de cancer les affections qui consistent dans une dégénérescence organique constituée par l'un de ces trois tissus hétérologues , tissu encéphaloïde , tissu squirrheux et tissu colloïde, les deux premiers étant également communs, elle dernier

très rare (chap. cité, § i, il et m). C'est là que le lecteur doit retremper sa mémoire concernant le peu que nous savons sur l'éLiologie des aiïections cancéreuses (§. iv) ; concernant les principes propres h faciliter le diagnostic de ces affections [§ v); concernant la terrible gravité du pronostic (§ vi) ; et, enfin , concernant l'ineQicacité de tous les médicamens jusqu'ici proposés et essayés pour résoudre un tel vice organique , pour en arrêter les développemens et les progrès , pour le rendre inerte, innocent ou bénin, — et par conséquent, la triste nécessité de s'en tenir, — quand l'ablation du mal est impossible, quand le cancer siège dans les profondeurs de l'économie animale, — à la seule intervention du traitement palliatif (§. vu).

Quant à ce qui est d'exposer en détail l'histoire des divers genres de la famille nosographique ici eu question , genres unanimement établis d'après le point de vue du siège, nous avons dû, mon collaborateur et moi, nous partager ce travail , moitié rationnellement et moitié , comme de raison , arbitrairement (15). A la pathologie chirurgicale , tous les cancers qui méritent, à plus ou moins de titre, d'être comptés au nombre des maladies externes (â^i), comme, par exemple, le cancer de la mamelle , celui du testicule (sarcocèle), celui du pénis, ceux des paupières, de la glande lacrymale, ou du globe même de l'œil, ceux des lèvres, de la langue, du rectum, etc. , etc. , voire même, aussi, le cancer utérin (34), ou celui de la dure-mère, lequel vient tôt ou tard faire saillie au dehors du crâne. A la pathologie chirurgicale, le cancer des os (ostéo-sarcôme et spina-ventosa), dont, dans tant et tant de cas, une amputation ou une résection peuvent faire justice, A la pathologie chirurgicale encore certains autres cancers, quoique ce ne soient ni des cancers externes ni des cancers opérables, mais parce qu'ils sont de nature à réclamer quelquefois l'indispensable intervention de moyens opératoires pour la prolongation des jours du malade , ou parce qu'ils affectent des organes qui , à tort ou à raison , tombent aujourd'hui , pour la plupart de leurs maladies , sous le sceptre des chirurgiens : c'est, par exemple , le cancer du larynx , car il peut exiger la trachéotomie ; c'est le cancer de l'œsophage, ce sont les cancers delà vessie, de la prostate, de l'ovaire, etc. , etc. En un mot,;ia pathologie chirurgicale prend la plus forte part du sujet en question. Déjà M. Nélalon , dans son tome I", a considéré les affections cancéreuses de la peau (chap. XI, art. vi], les tumeurs squirrheuses enkystées du tissu cellulaire souscutané et sous-aponévrotique (chap. XII , art. ii), la dégénérescence cancéreuse des vaisseaux lymphatiques (chap. XVII, art. i, § iv), des ganglions de même nom (môme chap., art. ii, §iii), et des 'nerfs (chap. XVIII , §. II). Dans la suite de son livre , il étudiera tous les autres cancers ci-dessus indiqués, à fur et à mesure que sa classilicalioa

Ij; 886 PATHOLOGIE MÉDICALE,

lîi aiialomique et topographique des affections chirurgicales amènera

chacun d'entre eux. Quant h moi, voici les cancers internes, inopérables , inaccessibles à la chirurgie , qui me sont restés en partage , et que je vais examiner dans ce chapitre : 1° le cancer de rencé|»hale; 2° le cancer de l'estomac; 3° le cancer intestinal cis-rectal (221), dit communément et par abus cancer de l'intestin ; W le cancer du foie ; 5° le cancer delà vésicule biliaire; 6° le cancer de la rate; 7" le cancer du pancréas; 8" le cancer de l'épiploon; 9" le cancer du poumon; 10" le cancer du cœur ; 11° enfin , le cancer du rein.

ARTICI.E PREMIER.

CANCER DE L'ENCÉPHALB.

828. Bibliographie. — Morgagnl — {De sed. et caus. morhor.) Epist. LXII, art. 15-18. (Observation d'un squirrhe du cervelet, avec d'intéressantes réflexions.)

Bayle (G.-L ) et Cayol. — (Dans le Dict. des se. méd., — t. III, p. 6^i6-50.) — Article Cancer, § LXXix, Cancer du cei'veau.

Andral. — {Clin. méd. , — t. V) Livre II , ordre VP, Observations sur le cancer du cerveau.

Calmeil. — Dans le Répert., — t. XI, p. 557-72.) — Art. Encéphale, § VI, Des tumeurs qui se développent dans l'encéph. (l°Tum. cancéreuses.)

Cruveilhier. — {Anat. pat h.) Liv^aison XXV, planche 2 {Tumeurs cancéreuses et tiéercideuses du cerveau), et notamment la fig. I", (cas de tumeurs cancéreuses du lobe occipital de l'hémisphère droit du cerveau.)

DELABERGE et MONNERET. ■ — {Compendiwn, — t. II, p. 182-91). — Art. Cerveau {Cancer du).

829. Siège. — A. Toutes les parties de l'encéphale ne se montrent pas également sujettes à la dégénérescence cancéreuse. C'est dans les hémisphères cérébraux que les observateurs ont le plus fréquemment rencontré ce vice organique. Ainsi , par exemple , — sur les quarante cas de cancer encéphalique que M. Andral a rassemblés et qu'il a pris pour base du travail ci-dessus cité , soit pour les avoir lui-même observés , soit pour les avoir empruntés aux sources les plus authentiques , — trente et une fois le mal eut pour siège les hémisphères ; trois fois , la glande pituitaire ; cinq fois , le cervelet , et une fois seulement le mésocéphale.

B. Inutile de dire que l'étendue occupée par la dégénérescence cancéreuse a, dans l'encéphale, comme dans tout autre organe, des degrés

extrêmement variés. Ainsi , il est des cas dans lesquels un hémisphère tout entier présente une telle transformation. Il en est d'autres, au contraire , dans lesquels le produit hétérologue égale à peine le volume d'une noisette.

G. Tantôt il n'existe dans tout l'encéphale qu'un seul cancer, un seul et pas davantage : c'est ce qui a particulièrement lieu dans le cas où cette dégénérescence est primitive et idiopathique. Tantôt, au contraire, il y a plusieurs noyaux cancéreux disséminés çà et là dans les diverses parties du viscère, et cela surtout lorsque l'affection encéphalique se développe deutéropathiquement , comme , par exemple , à la suite de l'ablation d'un cancer externe.

830. Symptomatologie. — A. Le cancer encéphalique peut demeurer tout-à-fait latent pendant une durée plus ou moins longue, voire même indéOniment. C'est lorsqu'il a peu de volume, et loi'squ'il ne s'accroît que d'une façon lente et graduelle, qui permet à la substance nerveuse environnante de s'habituer en quelque sorte au contact et h la compression de la tumeur hétérologue. Bien des observateurs attestent avoir rencontré , dans l'encéphale , des tumeurs cancéreuses qui , durant la vie du sujet, n'avaient produit aucun symptôme, ou n'en avaient produit que de fort légers et de fort insignifians.

B. Mais , dans d'autres cas , soit à raison du volume que le cancer a fini par acquérir, soit à raison de son rapide développement, soit enfin à raison d'une grande irritabilité de la part du tissu ambiant , il y a maladie, Et les symptômes principaux de cette maladie sont la céphalalgie, et les diverses perturbations de l'activité musculaire , des sens et des facultés intellectuelles.

a. La céphalalgie est le symptôme le plus constant ; tantôt elle semble occuper le crâne tout entier; tantôt elle se trouve circonscrite dans une région particuhère, soit, par exemple, au front, soit à la tempe, à l'une des bosses pariétales , à l'un des côtés de l'occiput , etc. , etc. Quelquefois elle est mobile et change de place d'un jour à l'autre ; quelquefois elle est fixe, mais, dans ce cas-là même, il faut se garder de croire qu'elle corresponde toujours au siège du cancer, et qu'elle puisse, à cet égard , être tenue pour un indice sûr et infaiUible. Rarement continue , elle revient d'ordinaire par accès qui , chez quelques malades , offrent une certaine périodicité. Elle présente, d'ailleurs, de nombreuses variétés dans sa manière d'être et dans son intensité: tantôt gravative, tensive ou pulsative ; tantôt lancinante, pongitive ou térébrante , etc. (Zi6. A. a.) ; elle se montre , chez tel malade, modérée et supportable ; chez tel autre, violente, horrible, atroce, au point d'arracher des cris déchirans, et de noyer les yeux de larmes abondantes ; chez ceux-là, elle s'aggrave et s'exaspère à la chaleur ou à la pression;'

chez ceux-ci, au contraire, elle s'adoucit et se calme sous ces mêmes iniluences. Généralement la fatigue , l'insolation , les émotions vives et les contentions intellectuelles provoquent les accès ou les paroxysmes de celte céphalalgie , qui deviennent, il faut aussi le dire et le professer en régie générale , d'autant plus rapprochés les uns des autres que la maladie est plus ancienne.

6. Les perturhations de l' activité musculaire sont, après la céphalalgie, l'expression symptoraatique la plus fréquente du cancer encéphalique. Le plus ordinairement il y a hémiplégie : ai-jc besoin d'ajouter ([ue l'hémiplégie affecte toujours le côté opposé h l'hémisphère cancéreux? Quelques malades ont une paralysie générale de tout le corps, soit parce que les deux hémisphères se trouvent tous deux compromis, soit parce que le cancer occupe le niésocéphale, soit enfin parce que , même en cas de cancer unique d'un seul hémisphère cérébral, il peut fort bien survenir une encéphalite diffuse. Très souvent la paralysie est incomplète ; tantôt elle ne s'établit que graduellement et par degrés insensibles; tantôt elle survient tout-à-coup, avec ou sans convulsions prodromiques , et peut en imposer pour une attaque d'hémorragie intra-encéphalique. Pour ce qui est des convulsions, elles sont un symptôme moins ordinaire que les phénomènes de paralysie, mais pourtant encore assez fréquent; du reste, on les voit se produire sous différentes formes, et leurs accès se renouvellent à des intervalles plus ou moins longs-, quelquefois elles sont générales et peuvent même se présenter avec tous les caractères de l'épilepsie, et c'est surtout en pareille circonstance qu'il n'est pas rare qu'elles se fassent précéder, et, pour ainsi dire, annoncer par l'apparition ou le redoublement de la céphalalgie, par la somnolence ou même un véritable coma ; en un mot, par un ensemble fort grave et fort alarmant de symptômes cérébraux de plusieurs heures et même de plusieurs jours de durée; quelquefois les convulsions sont partielles et limitées à une moitié latérale du corps, à un seul membre, à un seul côté de la face, aux seuls muscles de l'œil; et de là, par exemple, suivant les cas, le rire sardonique (45. G. Ç), le spasme cynique ( 45. G. n], le strabisme temporaire, etc. Quelques malades éprouvent des contractions tétaniques d'un ou plusieurs membres, soit passagèrement, soit d'une façon permanente. Certains autres (mais c'est là un cas assez rare) offrent de ces mouvemens incertains, irréguliers, ircmblolans, qui caractérisent la chorée ou danse de Saint- Guy. Dans bien des cas, les convulsions alternent avec la paralysie; et , en général, celle-ci diminue, cesse, puis reparaît, à plusieurs reprises (trois, quatre, cinq et six fois, par exemple), avant de devenir permanente.

V. Les clivci's troubles des sens sont des accidens beaucoup moins

communs que la céphalalgie, que les phénomènes de paralysie, ei . uiènie aussi, que les convulsions. Sur dix observations de cancers encéphaliques, h peine en rencontre-t-on une où l'on voie figurer l'anesthésie. Encore bien moins a-t-on l'occasion d'observer l'exaltation douloureuse de la sensibilité tactile-: des quarante cas analysés par M. Galmeil, un seul a offert cette particularité-là ; on ne pouvait toucher la peau du malade sans éveiller de vives souffrances. Le goût et l'odorat sont rarement perdus. Plus souvent l'ouïe se trouve affaiblie ou détruite , et il en est de même de la vue. Quelquefois il y a diplopie avec ou sans strabisme. Quelques malades ont même des hallucinations, ♦ surtout des hallucinations visuelles. Ces altérations de la sensibilité offrent, dans bien des cas, les mêmes alternatives de diminution, de cessation et de réapparition que les altérations de la contractilité musculaire (Ç).

S. Les dérangemens de l'intelligence se montrent chez à peu près la moitié des malades. Quelques uns sont en proie à un véritable état de manie. Les autres, et c'est la majorité, perdent peu à peu la mémoire, deviennent incapables d'attention et de jugement, en un mot, tombent dans la démence.

C. Au milieu des symptômes cérébraux qui précèdent (B), au milieu de cette perturbation plus ou moins profonde de la vie animale, les fonctions nutritives , la digestion , la respiration , la circulation, l'assimilation, etc., peuvent rester quelque temps intactes. Mais tôt ou tard la bradypepsie et la dyspepsie surviennent ; l'amaigri.ssement se déclare ; la fièvre hectique s'établit, et le malade, après plusieurs mois, après une ou plusieurs années de souffrance, finit par succomber aux progrès du marasme. Dans certains cas, toutefois, la mor n'est pas si lente à paraître ; elle peut devancer la période d'épuisement et de marasme, soit que le malade expire brusquement dans un accès convulsif, soit qu'il périsse par le fait d'une encéphalite ou d'une méningite intercurrente, ou même par quelque maladie étrangère à l'encéphale.

831. Détails anatomiques. — A. Le cancer de l'encéphale est quelquefois composé de tissu squirrheux. D'autres fois, mais très rarement, 11 est colloïde. Le plus fréquemment il consiste en matière encéphaloïde. .Sous ces différentes formes, il est tantôt enkysté , tantôt non. Dans le dernier cas, il se montre quelquefois encore comme une sorte de tumeur bien distincte et bien circonscrite au milieu du parenchyme nerveux, où il est, pour ainsi dire, enchatonné, et d'où il se laisse énucléer fort aisément. Mais, d'autres fois, la dégénérescence cancéreuse offre avec le parenchyme resté sain une continuité insensiblement ménagée, et où il est impossible de tracer la ligne de démarcation.

lî. Autour (lu cancer, le parenchyme nerveux peut se montrer intact et parfaitement normal. Mais le plus souvent il est injecté et ramolli , quelquefois induré , et , en un mot, il porte de façon ou d'autre les empreintes d'un travail inflammatoire.

C. Quand la tumeur cancéreuse a son siège près de la périphérie du cerveau , les circonvolutions correspondantes se trouvent aplaties.

D. Quand le cancer atteint la superficie même de l'encéphale, les méninges se trouvent ordinairement enflammées dans tous les points correspondans, et même plus ou moins loin alentour, surtout épaissies, et quelquefois même envahies par la dégénérescence cancéreuse. En pareil cas , il se peut donc très bien que sur le cancer encéphalique vienne ainsi se greffer un cancer de la dure-mère, lequel perfore ensuite les os du crâne et fait saillie à l'extérieur sous forme de tumeur fongueuse. (Voyez en Pa^fA. chir. l'histoire du Cancer de la dure-mère).

832. Complication ordinaire. — Dans une assez forte proportion des cas où l'encéphale se montre affecté de dégénérescence cancéreuse , il existe aussi une semblable dégénérescence en divers autres organes. Sur les quarante-trois observations rassemblées par M. Andral, dix fois cette complication a été constatée. Et il est à propos d'ajouter que, chez les dix personnes ainsi atteintes, le cancer encéphalique a paru s'être développé deutéropaihiquement à la suite d'un cancer externe.

833. Étiologie. — {Path. chir., t. I", chap. ix, §iv). — Possible, mais très rare , dans l'enfance et dans la jeunesse, c'est surtout après quarante ans que le cancer encéphalique est sujet à se développer. Ainsi, entre autres observateurs, M. Andral nous l'atteste-t-il dans son relevé déjà plusieurs fois cité. Au surplus, on ignore complètement en vertu de quelles conditions particulières l'encéphale, plutôt que tout autre organe, devient le siège où la diathèse cancéreuse (car c'est bien une diathèse, assurément) se fasse visible et prenne, pour ainsi dire, un corps. Sur les quarante-trois cas de M. Andral, deux fois seulement le cancer de l'encéphale a paru se produire à la suite d'une violence extérieure. Mais n'est-ce pas là un pur et simple hasard , une simple coïncidence sans le moindre rapport de cause à effet ? Ou bien faut-il voir là une cause occasionnelle qui a réellement exercé un certain degré de puissance pathogénique, en mettant en jeu la prédisposition , en la faisant éclore là plutôt qu'ailleurs? .

83^1. Diagnostic. {Path. chir., t. I", chap. IX, § V.)— Bien des fois absolument impossible à soupçonner, le cancer encéphalique n'est jamais ou presque jamais d'un diagnostic facile et évident. Les symptômes que nous venons d'examiner comme étant le plus directement liés à ce mal (830) , n'ont rien , ni en eux-mêmes , ni dans leur manière de se combiner et de succéder, qui soit de nature à le dénoncer d'une façon

sûre et péreniptoire. Ils offrent les mêmes apparences , les mêmes combinaisons, la même marche que dans les cas d'encéphalite chronique, de tuberculisation encéphalique, d'hydalides intrà-crâniennes , etc. Cependant , il est certaines considérations qui peuvent fournir quelque lumière au diagnostic. Ainsi , par exemple , de même que le début insidieux et lent des symptômes écarte tout d'abord l'idée de l'hémorragie intrà-eucéphalique ou de l'encéphalite aiguë , de même ensuite l'atrocité des accès de céphalalgie , chez un individu atteint d'hémiplégie conlirmée ou commençante , avec ou sans attaques de convulsions , avec ou sans troubles des sens et de l'intelligence , est une raison d'écarter l'encéphalite chronique simple, dont les douleurs sont ordinairement sourdes ou du moins supportables, et de croire plutôt à l'existence d'une dégénérescence tuberculeuse ou cancéreuse. De plus, si l'individu est d'un âge déjà mûr et avancé (833), si ses poumons ne sont aucunement suspects de tuberculisation , la supposition la plus probable est alors celle d'un cancer. El ce diagnostic aura encore plus de probabilité , si le malade appartient à une famille dans laquelle le vice cancéreux a déjà fait une ou plusieurs victimes > et , à combien plus forte raison , si lui-même il porte actuellement sur un point quelconque de son corps un cancer bien caractérisé , ou qu'il en ait été opéré, soit récemment, soit même à une époque depuis longtemps passée.

835. Thérapeutique. — [Path. chir., t. P% chap. ix , § VU). — Il n'y a pas d'autre ressource, ici , que le traitement palliatif; et, n'importe qu'on entrevoie ou non l'existence du cancer encéphalique, toujours est-il qu'on est forcément réduit à faire de la médecine symptomalique. Vie paisible et sobre, et, avant tout, privation des boissons stimulantes (vin pur, café, thé, etc.) : voilà pour l'hygiène.

Emissions sanguines , selon la force du malade : phlébotomies , sangsues derrière les oreilles , etc. , dans le but de modérer et de calmer les accidens hypérémiques et inflammatoires dont l'encéphale devient évidemment le siège.

Médication révulsive , dans le même but. Purgatifs; vésicatoire, cautère , moxas ou séton à la nuque, etc. , etc.

Médicaraentation narcotique, Au besoin, l'opium à haute dose, jusqu'à tant qu'il maîtrise et fasse disparaître les douleurs.

Voyez, au surplus, la thérapeutique de l'hypérémie encéphalique (189), et celle de la méningite et de l'encéphalite (568).

ARTICX.E II.

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