‹ Élémens de pathologie médicaleChapitre 30 sur 63 · CANCER BE LA VÉSICULE BILIAIRE · texte numérisé non relu

CANCER BE LA VÉSICULE BILIAIRE

855. BibUoyraphie. — Bouillaud. — Article cité (850). — Pag. Zi80 , Cancer de la vésicule et des conduits biliaires. ■ — Là , M. Bouillaud mentionne un cas intéressant qu'il a lui-même observé, et dans lequel les parois de la vésicule avaient été perforées par l'ulcération cancéreuse , mais avaient heureusement contracté avec le colon transverse des adhérences faites pour empêclier l'épanchement de la bile dans le péritoine : « Si le sujet tût vécu plus long- » temps, » comme le dit l'auteur, « il est probable que la cavité de la

klh PATHOLOGIE MÉDICALE.

» vésicule aurait fini par communiquer avec celle d» colon, » Di RAND Fardel. Ihcherckcs unaktniico-palholoyiques mv la vésicule et les canaux biliaires. partie , Cancer de la vésicule biliaire et du canal cholédoque. (Dans les Archives, juin 1840.)

856. Bref aperçu. — Indépendamment des cas dans lesquels la vésicule biliaire se trouve compromise et envahie par la dégénération cancéreuse qui a pris naissance dans le foie, on rencontre d'autres cas nà elle est le siège unique, ou , du moins, le siège principal et manife::lcment primitif d'une semblable dégénération. Les cas de cette dernière sorte , jusqu'ici passés sous silence par la plupart des auteurs , sont peutêtre plus communs qu'on n'est tenté de le croire de prime abord , et sur la foi d'une omission si générple : car il est assurément digne de re marque que M. Durand-Fardel ait pu, en moins de deux ans d'obseprvation , à l'hospice de la Salpêtrière , recueillir trpis exemples du fait dont il s'agit. Quoi qu'il en soit, parmi ces cancers de la vésicule, il yen a de squirrheux ; il y en a d'cncéphaloïdes. Il y en a aussi de colloïdes, comme nous en voyons un exemple dans la deuxième observation de M. Durand-Fardel, observation qui nous montre le tissu colloïde développé de toutes parts à la surface interne de la vésicule, et au point d'en occuper toute la cavité. De la vésicule , la dégénérescence cancéreuse s'étend , dans bien des cas , à l'arc du colon , par suite des adhérences phlegmasiques que la contiguïté naturelle de celui-ci avec celle-là a laissées naître et se consolider ; et l'on conçoit fort bien qu'à la longue, par les progrès de l'ulcération , une fistule puisse s'établir entre la vésicule et le gros intestin. Notons aussi que, bien des fois, la yésicuie cancéreuse se trouve contenir des calculs biliaires.

Quels peuvent être les symptômes produits par le cancer de la vésicule biliaire? Sans compter que ce cancer-là, comme beaucoup d'autres, et môme plutôt que beaucoup d'autres, est susceptible de demeurer tout-à-fait latent; ses symptômes, quand il en a , ne paraissent guère propres à le faire reconnaîlre. Ce qu'il y a de plus caractéristique en ce genre, ce sont des douleurs lancinantes à l'hypocondre droit , précisément ressentiesvers les points qui correspondent à la base de la vésicule, et se trouvant liées à la présence d'une tumeur circonscrite, pyriforme, plus ou moins bosselée. Mais c'est ce qu'on ne peut s'attendre à rencontrer que dans la minorité et une très faible minorité des cas. Quant à noter l'inappétence , la dyspepsie, les vomissemens, la diarrhée, l'ictère, le dépérissement, etc., tous symptômes que les observateurs ont reconnus comme plus ou moins ordinaires dans la maladie en question , ii n'y a là, avouons-le franchement, rien que de fort incertain et de fort équivoque.

CANCERS. hi5 Tout porte q penser qu'avec un paiiper de la vésicule biliaire , tant que ce mal est seul, tqnt que la terrible hélérotrpphie demeure concentrée dans l'organe peu important où elle a prisj naissance , la vie peut encore se prolonger pondant très |fl|igteiiips.

En ce qui touche au diagnostic, bornons-nous au peu de mots que \oici. Supposons que, chez pu mainde duuné , un certain ensemble de signes rationnels établisse les plus fortes présomptions pour l'existence d'un cancer interne {Pat/i. dur., t. I, chap. ix, § v) ; qu'avec cela riiypocondre droit présente les douleurs et la tumeur dont je parlais il y a quelques ligues ; que , de plus , le foie , ne se montrant ni augmenté de Yoïume, ni déformé, n'ait aucunement heu d'être soupçonné : tout alors se trouvera réuni pour diagnostiquer avec le plus de probabilité possible un cancer de la vésicule biliaire. Au surplus , nous n'avons pas à regretter beaucoup les incertitudes et les obscurités du diagnostic , là où le mal, reconnu ou non, deviné ou absolument inaperçu , n'est ni plus ni moins susceptible d'admettre d'autre ressource qu'un traitement palliatif, qu'une médecine symptomatique.

ARTICX.I: VI,

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