‹ Élémens de pathologie médicaleChapitre 31 sur 63 · CANCIÎK DE LA RATE · texte numérisé non relu

CANCIÎK DE LA RATE

857. Bref aperçu.— i& ne ^ache pas qu'aucun auteur ait étudiées; professa le cancer de la late. Après tout, c'est là une affection excessivement rarç. Ai-je besoin de dire qu'il faut bien se garder de confondre avec elle les cas , iufininient plus fréquent) , dans lesquels le viscère en question se montre atteint d'induration cbrouique , et qui sont un effet de la splénite (637), mais que, dans un langage non nioins impropre que suranné , quelques médecins désignent encore sqm le nom (Vctat squirrheux de la rate ?

Il ne paraît pas que les dégénéralions vraiment cancéreuses de la rate aient été jamais observées ailleurs que sur des individus chez qui d'autres organes, et notamment le foie, étaient cancéreux. Tel est, par exemple, le cas que nous présente la Clinique médicale de M. Audrql , chapitre des Maladies du parenchyme du foie , XXX.V'= observation : à J'autopsie de l'homme qui fait le sujet de celte observation , on trouva dans la rate plusieurs masses cancéreuses , tout-à-fait semblables à celles qui existaient dans le foie , et qui , sur le vivant même , s'étaient laissé facilement diagnostiquer par leurs saillies pathognomoniques à la surface de ce viscère (85.3;.

Tout porte à penser que, dans ce fait de complète similitude de la dégénération cancéreuse de la rate avec celle du foie, nous devons voir, non pas une singularité , mais la règle ordinaire de la nature.

diô PATHOLOGIE MÉDICALE.

Le cancer de la rate peut-il exister seul, h titre d'affection primitive et idi()pallii(|ue ? Quels symptômes produit-il? Coumient le reconnaître, autrement ((u'à l'ouverture des cadavres? Toutes questions que l'état actuel de la science laisse indécises et insolubles.

ARTICI.E VII,

CAKCEU DU PANCIIIÎAS.

858. Biblio(jruphic. — iNous n'invoquerons pas ici , comme devant faire autorité , ni Morgagni , qui nous raconte trois cas, dans lesquels , après des vomissemens habituels et opiniâtres, on trouva le pancréas devenu dur, et, chez une seule des trois personnes en question (jeune dame de vingt-quatre ans), dur au point de paraître tout-à-fail converti en squirrhe [Epist. XXX, art. 7-13); ni Licutaud , avec les trente-six observations qu'il a rassemblées sous le titre de Pancréas squirrheux. [Hist. anatomico-med., lib. I, sect. A^iii, art. \, Pancréas scirrhosum.) — Car du temps de ces auteurs, on confondait encore avec les véritables squirrhes du pancréas les indurations de nature purement phlegmasique , hyper Irophique ou autre. î\]ais, en même temps que je prierai les lecteurs de revoir ci-dessus l'article Pancréatite (chap. IV, art. XLii), et d'en mettre à profit la bibliographie et la substance en tout ce qu'il peut y avoir là d'utile et d'afférent plus ou moins indirectement à la question du cancer pancréatique , je leur indiquerai les auteurs qui suivent , comme étant ceux où j'ai principalement puisé les renseignemens nécessaires à la composition du présent article.

Petit (tMarc-Antoine). — [Dans le Discours sur les mal. principales observées dans l' Hôfel- Dieu de Lyon. Discours faisant partie de de l'ouvrage intitulé : Essai sur lamédecine du cœur, Lyon, 1806, iii 8".] — Pag. 307 : cas fort remarquable d'une tumeur épigastrique, formée par un engorgement du pancréas, et simulant une hernie étranglée, h telles enseignes que l'opération fut pratiquée, et démontra l'erreur de diagnostic.

Bayle (G.L.) et Cayol. — Article déjà cité (828,) § Lxxxv, Cancers du pancréas, de la rate et des ovaires.

Sandwith. Case of scirrhous jmicreas. (Dans The Edinburgh med. and surgicalJournal, juillet 1820, pag 380-1.)

Laennec. — {Traité de Vauscult., — t. I, p. 695.) — Cas d'une jeune dame qui semblait atteinte de phthisie pulmonaire , et qui n'avait qu'une simple bronchite, mais en complication, ainsi que

l'autopsie le révéla, avec un squirrhe du pancréas, véritable causa du dépérissemeut et de la mort.

iMarjolin. — (Dans la Bibliothèque médicale , t. XXVII, p. 73, note.)

Bright (Richard). Cases and observations connected ivith disease of the pancréas and duodénum. (Dans The London medico-chirurgical transactions, vol. XVIII, part. i. — M. Bright signale l'existence d'une matière huileuse dans les déjections alvines.comrac le symptôme caractéristique des cas dans lesquels la dégénérescence cancéreuse occupe à la fois le pancréas et le duodénum , et constitue une ulcération plus ou moins largement ouverte dans cet intestin.

MONDIÈRE. — {Recherches pour se^'vir à l'histoire pathologique du pancréas. Dans les Archives, numéro d'octobre 1836 , pag. 133- 45.)

Joseph Frank. — Volume déjà cité (631). — Cap. xiii, De niorbis

carcinomaticis pancreatis.

Battersby. Iwo cases ofScirrhus of the pancréas, wit h observations

on the diagnosis of Afjections of that gland. (Dans The Bublim

Journal of médical science, mai i%kh.)

859. Apei'çu nosologique. — Le cancer du pancréas est rare. Parmi les sujets qui meurent d'un cancer de l'estomac ou du foie , il en est beaucoup chez lesquels on trouve aussi des masses cancéreuses plus ou moins considérables aux environs du pancréas; mais, lorsqu'on examine les choses attentivement , cette glande se montre presque toujours parfaitement saine et non dégénérée, quoique environnée et même comprimée par les masses hétérologues dont il s'agit ; elle ne participe ellemême que très rarement à la dégénérescence. Or, et c'est là un point unanhiiement reconnu parles observateurs, il est encore infiniment plus rare de voir un pancréas devenu cancéreux isolément et protopathiquement.

Quels peuvent être les symptômes liés à l'existence d'un cancer du pancréas? Disons-le tout d'abord , ce n'est que par une exception rarissime qu'un semblable cancer devient assez volumineux pour constituer dans l'épigastre une tumeur qui se fasse distinctement apercevoir sur le vivant, et qu'une palpalion méthodique puisse apprécier et constater à travers les parois abdominales. Quoi qu'il en soit , il importe de noter que la tumeur , dans certains cas , se trouve à chaque instant soulevée par les battemens de l'aorte, de manière à simuler un anévrisme de celle artère. Chez quelques personnes, tout se borne, pendant fort longtemps, à un malaise général, avec amaigrissement progressif, et avec toint

h\S PATHOLOGIE MÉDICALE.

blême , d'un jaune paille. Chez d'autres , l'ictère survient à cause de la compression que les conduits biliaires viennent à subir de la part du pancréas cancéreux , et sous l'influence de laquelle se produit parfois , comme le démontre l'autopsie , une dilatation excessive du canal cholédoque. Plusieurs ont pour principale incommodité de rejeter habituellement, par des efforts de vomissement, ou par simple régurgitation, une quantité plus ou moins abondante d'un liquide pituitcux et analogue à la salive ; et c'est même là , comme on sait , le symptôme que la plupart des palhologistes reconnaissent pour être celui qui appartient plus particulièrement aux affections du pancréas. Quelquefois, mais, il faut bien le dire , chez un très petit nombre de malades , il y a des douleurs très vives , lancinantes, térôbrantes ou autres, ressenties par les uns dans le fond de l'cpigastre , et par les autres dans le bas du dos.

Généralement, le cancer du pancréas n'entraîne les malades au tombeau qu'après les avoir peu a peu réduits à un extrême marasme.

Inutile de dire que la dégénération cancéreuse peut se montrer bornée à une partie du pancréas , ou bien occuper la totalité de cet organe. Le plus ordinairement , h ce qu'il paraît , d'après les observations publiées jusqu'à ce jour, le cancer du pancréas est de nature squirrheuse , et , dans quelques cas seulement , de nature encéphaloïde. Je ne sache pas qu'on ait , dans les fastes de la science, d'exemple authentique d'une dégénérescence colloïde du pancréas.

860. Diagnostic. — En résumé , la présence d'une tumeur isolée dans la région du pancréas, un ensemble de présomptions générales pour croire à l'existence d'un cancer interne, les vomissemens ou les régurgitations d'une abondante quantité de pituite, unesialorrhée sympathique , les déjections huileuses , l'ictère , et les douleurs lancinantes , épigastriques ou dorsales : voilà toutes les conditions qui , réunies , permettent de diagnostiquer avec le plus haut degré de probabilité possible le cancer du pancréas. Inutile de remarquer que celle probabilité diminue , lorsqu'une ou plusieurs de ces conditions séméioiogiques font défaut. La tumeur, par son siège , sa forme et sou isolement , ne peut jamais être confondue avec une saillie du foie. Mais elle ne se laisse pas distinguer aussi facilement, tant s'en faut, d'avec les tumeurs cancéreuses de la portion pylorique de l'estomac ; et l'on est fort excusable de se méprendre sous ce rapport , tant il est naturel de supposer qu'on a devant soi ce qui se voit le plus ordinairement, et non pas un vice organique aussi rare que le cancer du pancréas! Et, si les développemens du pancréas cancéreux se sont faits de manière à comprimer le pylore, la méprise est d'autant plus difficile à éviter, que cette compression produit des vomissemens opiniâtres et une dilatation excessive de l'estomac,

GANCEllS. /il 3

piécisémeiU comme si le pylore se trouvait rétréci par la dégénérescence sqiiinheuse de ses parois. Néanmoins, l'absence constante des vomissemens noirs est, en pareil cas, un signe qui, tout négalif qu'il soit , sert , à côté des signes positifs ci-dessus résumés , à corroborer la probabilité de l'existence d'un cancer du pancréas. Mais hélas ! après tout, dans de si funestes circonstances , la justesse du diagnostic n'est bonne qu'à faire honneur au professeur de clinique devant ses élèves , à l'heure de l'autopsie ; elle ne peut rien , absolument rien , ni pour le salut ni pour le soulagement du malade.

861. Traitement palliatif. — Sangsues à l'épigastre ou à l'anus. Pxévulsifs cutanés sur l'épigastre. Au besoin, et selon le cas, il faut combalirc les douleurs par la médicamentaticn narcotique ; les vomissemens, par la glace et autres moyens anli-éméiiques ; la sialorrhée, par les collutoires astringens, et même par les bains de vapeur.

ARTICI.E VIII.

CANCEK DE L'ÉPIPLOON.

862. Idée générale et très sommaire de l'objet en question, — îl n'est pas fort rare que l'épiploon devienne cancéreux par suite des en • vahissemens continus d'une dégénérescence cancéreuse primitivement développée dans l'estomac, l'intestin ou tout autre organe de la cavité abdominale. Il n'est pas fort rare , non plus, que, consécutivement au développement d'un cancer quelconque plus ou moins éloigné, et surtout après l'ablation d'un cancer externe, tel que le sarcocèlc, le cancer mammaire, etc., on ait occasion d'observer la formation deuléropathique de masses cancéreuses dans les divers points où l'abdomen présente un tissu cellulaire abondant et lâche , et notamment dans l'épiploon. Mais, comme il est aisé de le comprendre, dans l'un et l'autre des deux cas qui précèdent, le cancer de l'épiploon, — à côté d'un cancer plus important, dont il n'est que la continuation et l'appendice, — ^ou bien au milieu de l'infcclion cancéreuse générale, dont il n'est qu'un détail, — n'a en vérité que très peu de part à la production des symptômes qui tourmentent le malade et le mènent au tombeau; il n'exerce là qu'une inDuence généralement insignifiante , et, fût-elle grande , la plupart du temps infailliblement inaperçue.

Ce qui est extrêmement rare, ce que, pour mon compte, je n'ai encore rencontré qu'une seule fois dans ma pratique, c'est un cancer primitif et idiopathique de l'épiploon , se montrant comme le seul et unique principe de la maladie et de la mort. Vu l'excessive rareté d'un semblable fait , je ne crois donc pas hors de propos de rapporter tout a-.i long le cas particulier qui s'est offert, il y a déjà quelques années,

li^O PAÎMoLÔGlË MÉblCALIi,

à mon observation ; et c'est ce que je ferai dans le nuiliéro qui vâ suivre.

Assurément, un cancer de l'épiploon , surtout lorsqu'il n'est pas trop volumineux , peut , pendant fort longtemps , être une affeclion tout-à-fait latente , et n'avoir rien d'incompatible avec les apparences de la santé. iMcme avec un volume assez considérable , il peut très bien encore rester sans produire de symptômes vraiment graves, et qui mettent la vie en péril. Car, s'il est indolent ou à peu près, il ne nuit qu'autant qu'il gêne et qu'il comprime les organes importans de la cavité abdominale. Or, les inconvéniens de cette sorte sont, jusqu'à un certain point , prévenus et atténués par la mobilité des organes qui fuient devant la compression, et par la laxité naturelle et la facile extensibilité des parois de l'abdomen.

Mais enfln , ce n'est pas à dire pour cela que , quelquefois aussi , le cancer de l'épiploon ne puisse, à lui seul , et sans l'intervention deutéropathique de nouveaux cancers en divers autres points de l'économie, constituer un état morbide d'une haute gravité, et entraîner la mort. On comprendra fort aisément qu'il en doit être ainsi dans deux cas dilTérens : 1° lorsque le cancer est accompagné de douleurs vives et continuelles , qui épuisent la force nerveuse, et minent peu à peu la vie ; 2° lorsque, par son étendue et sa masse , il gêne l'estomac et l'intestin au point d'entraîner et de pervertir d'une façon irrémédiable les fonctions digestives , ou qu'il comprime la veine porte de manière à produire une ascite.

Ces deux manières d'être, si différentes l'une de l'autre, — l'état latent, et l'état de maladie déclarée avec symptômes plus ou moins cruels , — sont d'une incontestable réalité pour le cancer de l'épiploon aussi bien que pour les cancers des autres organes. C'est ce qu'il est permis de professer â 'priori d'après les lois générales de la symptoniatologie des affections cancéreuses et les données de la physiologie. Et c'est ce que l'observation particulière qui va suivre suffit toute seule à démontrer.

863, Histoire d'un cas de cancer idiopathique de l'épiiiloon. (Cas observé dans mon service de l'HOlel-Dieu annexe , salle Sainte-Geneviève, n° 12, en 1839 , internat de M, Allham,) — Rosalie Béchet, domestique, âgée de trente-neuf ans, entre à l'hôpital le 25 octobre. Elle déclare n'avoir commencé à se sentir malade que depuis trois semaines; et j'ajouterai sur-le-champ que, depuis, je ne manquai pas de la questionner à différentes reprises sur ce point , et qu'elle lit toujours la même réponse. Les premiers symptômes qui avaient incommodé cette femme étaient ceux que voici: intumescence de l'abdomen j)roduite par les commencemens de l'ascite qui, au moment où la malade fut soumise à notre observation , était parfaitement caractérisée, et

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qui , iiotons-Io bien , s'élail développée sans œdème prodromiquo ou concouiilaiU dans les membres iniérieiirs; légers troubles de digestion, et un peu de dyspnée, dès le début de l'ascite, peut-être même quoique temps auparavant. Voici maintenant les principaux traits de l'état où la malade en était lors de son entrée à l'bôpital; faciès ayant quelque cbose de la face grippée {l\5. G. ^. ); teint fort pâle, mais sans la moindre nuance de jaune; respiration courte et un peu baletante; parole brève , quoique avec intégrité parfaite des facultés intellectuelles , mais seulement , sans aucun doute, à cause de la dyspnée ; langue rose et humide; pouls régulier à peu près normal, mais avec un certain degré de faiblesse ; abdomen volumineux , avec des veines sous-culanées très apparentes, et avec les signes qui démontrent l'existence d'une ascite, notamment avec le flot du liquide [Path. chir., t. P*", p. 76) dans son type le plus évident et le plus impossible à méconnaître; urines ne fournissant ni par l'acide azotique ni par la chaleur aucun précipité d'albumine ; rien d'important à noter dans l'exploration des poumons et du cœur par le moyen de la percussion et de l'auscultation ; point d'œdème des membres inférieurs ; peu d'appétit; soif assez ordinaire ; point de nausées ni de voniissemens; digestion un peu laborieuse; insomnie. D'après cela , il était facile de juger par voie d'exclusion que l'ascite avait très probablement sa cause dans quelque condition pathologique du foie ou de la veine-porte. Prescription quotidienne: eau de Seitz pour aider à la digestion; pilule de 5 centigrammes d'extrait gommeux d'opium , le soir, pour remédier à l'insomnie; frictions avec la teinture de scille et de digitale, plusieurs fois par jour sur toute la partie antérieure de l'abdomen. L'huile de croton tiglium fut administrée plusieurs fois à divers jours d'intervalle , mais avec peu d'effets purgatifs , et sans aucun amendement , même momentané , de l'épanchement péritonéal. De jour en jour, l'ascite augmenta, le ventre se gonfla davantage, la respiration devint plus difficile , et enfin la dyspnée se montra bien près de toucher à la suCTocation. Le 20 novembre , je crus donc indispensable de recourir à la paracentèse : je la pratiquai , et je retirai 15 litres de sérosité citrine. Immédiatement après avoir ainsi vidé l'abdomen , j'y sentis une tumeur dure , bosselée , douloureuse à la pression , et qui , paraissant de prime-abord dépendre du foie , régnait depuis l'hypocondre droit jusqu'à l'hypocondre gauche , s'étendait en bas à trois pu quatre travers de doigt au-dessous de l'ombilic, et se terminait là par un bord transversal de forme arrondie. En poursuivant mon exploration , je pus insinuer les doigts sous le rebord des fausses côtes , cl palper distinctement la face inférieure du foie, et apprécier l'iulervalle qui existait entre cet organe et la (umeur en question. Dès lors je dé-

clarai que celte tumeur appartenait peiu-êire k l'estomac , niais pins probablement h l'épiplooti. A la suite de la paracentèse , la malade éprouva un grand soulagement. ftJais les jours suivons le ventre recommença à se remplir de liquide; la dyspnée redevint suffocante, et la mort ari iva après une courte agonie dans la nuit du 28 novembre.

Auto]me. — L'abdomen contient environ 8 litres de sérosiié citrine paifaitemcnt limpide. Le péritoine, à l'endroit de la ponction, n'offre aucune trace d'inflammation. Une masse d'un blanc grisâtre , masse composée d'une agglomération de sphéroïdes squirrheux de grosseurs diverses, mais dont les plus gros n'ont guère plus de volume qu'une noix, recouvre presque tout l'espace occupé jiar les circonvolutions de l'intestin, et ne laisse entre elle et le pubis qu'une distance d'environ 3 centimètres. Cette masse était unie à la paroi antérieure de l'abdomen par l'intermédiaire de quelques noyaux squirrheux de même couleur et de même nature , mais qui se sont séparés assez facilement pour rester adhérens au feuillet pariétal du péritoine. On constate, au surplus, que celte masse, ayant environ S centimètres d'épaisseur, dure, lardacée, criant sous le scalpel, n'est autre chose que le grand épiploon dégénéré en cancer. En poussant l'examen plus loin, on voit que la dégénérescence squirrheuse, toujours sous forme de noyaux et de grains agglomérés, règne sur tonte la face antérieure de l'estomac, comprend la totalité de l'épiploon gaslro-hépaiique, dépare çà et là la face convexe du foie, el forme sur toute la face du diaphragme une couche d'environ 5 à 8 millimètres d'épaisseur. Et, à l'inspection du Ironc de la veine-porte dans le sillon transverse dn foie, on reconnaît clairement que, par suite de l'état squirrheux de l'épiploon gastro-hépatique, cette veine se trouve comprimée, quoique non oblitérée. L'estomac el le foie sont h l'état sain, sauf la dégénérescence superficielle dont j'ai parlé tout-à-l'heurc. Il en est de môme des intestins, hormis encore la transformation squirrheuse de quelques uns des appendices adipeux du colon. L'utérus est sain, mais les ovaires sont très volumineux, durs , bosselés et dégénérés en un état cancéreux parfaitement analogue à celui de l'épiploon. Jusqu'à quel point serait-il raisonnable de soutenir que les ovaires ont été le point de départ de l'infection cancéreuse? Toujours est-il, assurément, qu'ils n'eurent aucune part directe dans la production des symptômes, et dans la funeste issue de la maladie. Poumons et cœur parfaitement sains; les plèvres contiennent chacune environ un verre ou deux de sérosité cilrine.

Est-il maintenant besoin de remarquer que, depuis l'époque où la femme qui fait le sujet de celte observation se sentit malade jusqu'au ioiir de la mort, il ne s'écoula que deux mois? Ce laps de tcmp:; est

•ANccns. /«SS évidemment irqp court pour produire une dégénérescence squirrheuse aussi étendue que celle qui vient d'être décrite. Force est donc de reconnaître que, longtemps avant l'apparition des troubles morbides, le cancer de l'épiploon existait à l'état latent. Ce ne fut, apparemment, qu'avec la compression de la veine porte, et avec l'ascite qui en fut la conséquence , qu'un véritable état de maladie commença à se déclarer,

ARTICI.E XX.

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