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CANCER DU POUMON

86/i. Bibliographie. — Bayle (G. L.). — {Recherches sur laphthisie pulmonaire) , chap. III, vi" espèce : Phthisie cancéreuse. — Chap. IX-, : sect. V, Observations de phthisie cancéreuse.

Laennec. —(7'?-. de l'Auscidtot.) IF partie, sect. m, chap. 6, Dei encéphaloïdes dupoumon.

BouiLLAUD. — Article déjà cité (850) , pag. 489-91 , Cancer des poumons. — Cet auteur avait précédemment publié en i'62ii, dans le Journal complémentaire du Dict. des se. méd. (t. XXV, p. 289- 98) , trois observations de cancer des poumons, observations fort intéressantes et fort bonnes à consulter, abstraction faite des réflexions auxquelles nous ne pouvons point acquiescer, et par lesquelles M. Bouillaud prétendait prouver l'origine purement inllammatoire de ces cancers.

Heyfelder. Bu cancer des poumons. (DanslesArc/^?'yes, juillet 1837.) — Travail déjà publié en allemand par l'auteur dans ses Studien im Gebiete der Heilivissenschaft (272).

Kleffens. Be cancro pidmonum. Th. inaug. Groningue, 18/il.

Marshall Hugues. Memoir on the cancer ofthe lungs. (Dans Guys hospital reports, octobre 1841). — Traduit par M. Henri Roger dans les Archives , décembre 1841.

Stokes. Researches on the pathology and diagnosis of cancers ofihc lung and mediastinum. (Dans The Bublin journal of médical science , mai 1842). — Traduction par M. Henri Roger, dans les Archives, juillet 1842.

ROSTAN. — (Dans le Répert., t. XXVI, art. Poumon). § ii, Maladies des poumons ; — p. 62-5 {Cancer du poumon).

Valleix. — {Guide du méd. prat., — t. II, chap. \).

865, Aperçu nosologique — Le cancer du poumon est rare, suMoiii à titre d'affection primitive et idiopaihique.

Tantôt c'est un seul poumon qui se trouve cancéreux; tantôt les doux poumons le sont à la fois. Le premier cas est , à ce qu'il paraît, le plus

ordinaire en fait de cancers proiopalhiques. Le second cas est, au contraire, ce (lui s'observe le plus souvent chez les personnes où la dégénérescence du parenchyme pulmonaire ne se développe que dculéropa- Ihiquement sous l'influence de quelque autre cancer plus ou moins ancien.

Toux sèche , ou , plus ordinairement , accompagnée d'une expectoration catarrhalc qui peut présenter toutes les variétés possibles; quelquefois, des hémopiysies plus ou moins abondantes, plus ou moins répétées; presque toujours de la dyspnée; chez quelques malades, une fétidité horrible de l'haleine et des crachats, fétidité qui, suivant l'assertion émise p;ir Bayle et M. Cayol (/oc. cit.) , aurait un caractère sui generis , et serait tout-à-fait semblable à celle des cancers externes ulcérés ; quelquefois , mais non pas toujours , des douleurs vives, lancinantes , dans l'intérieur de la poitrine ; amaigrissement progressif, marasme, fièvre hectique : voilà quels sont les principaux traits du drame morbide qui se déroule par l'effet de la dégénérescence cancéreuse des poumons, ou même de l'un des deux seulement. Ai-je besoin d'ajouter que chacun de ces symptômes varie extrêmement d'individu à individu sous le rapport de son degré d'intensité , de sa date de première apparition, de sa permanence ou de ses intermittences, etc., etc.? Ai-je besoin d'ajouter que le mal peut demeurer latent pendant une certaine durée, jusqu'à ce que ses développemens, trop étendus ou trop rapides, soient devenus tout-à-fait incompatibles avec un degré passable d'accompUssement des fonctions i*e.spiratoires ? Ai-je besoin, enfin, d'ajouter que le dénouement de la maladie est infailliblement mortel?

En ce qui concerne les phénomènes de percussion et d'auscultation, il est clair et avéré que, dans les cas où la dégénérescence cancéreuse transforme en une masse compacte et imperméable à l'air un lobe entier tju poumon, ou seulement même une portion tant soit peu considérable d'un lobe , on observe tous les symptômes propres à l'induration pulmonaire: matitô thoracique; absence de respiration vésiculaire; respiration bronchique et bronchophonie, d'abord très prononcées, niais qui ensuite , à mesure que la matière cancéreuse envahit et oblitère les gros rameaux bronchiques, s'affaiblissent et finissent par faire place à un silence presque complet; transmission très retentissante des bruits du cœur à travers le poumon induré, et qui ne respire plus ou qu'à peine ; respiration puérile dans le poumon demeuré sain. Supposons maintenant que,- par suite du ramollissement et de l'ulcération d'un cancer du poumon , la matière cancéreuse soit peu à peu détachée et rejetée par les efforts de l'expectoration , et qu'il se forme ainsi une excavation, résultat rare, très rare en pareille circonstance, mais résullal fort possible , assurément : alors la percussion trouvera un son

moins mal, un degré moindre de résistance de la paroi thoraciquo, voire même, dans certains cas , (pourquoi non?) une sonorité tympanique; l'auscultation rencontrera des râles muqueux et même raverneux, une respiration caverneuse ou amphorique, et la pecto- ) iinquie.

Quelquefois, mais rarement, le poumon cancéreux augmente à toi point de volume qu'il produit une dilatation du côté, dilatation facile à apprécier, soit par la mensuration , soit même Ix la simple inspection. Les espaces intercostaux de ce côté se montrent plus ou moins élargis ; ils sont plais et même convexes , malgré un excessif amaigrissement ; ils demeurent fixes et invariables pendant les mouvemens respiratoires que le côté opposé exécute seul. Le cœur peut se trouver repoussé , plus ou moins déjeté hors de sa place naturelle. Dans certaines circonstances, à ce que nous assurent quelques observateurs, un cancer du poumon peut exercer une compression considérable sur la veine cave supérieure, ou seulement sur l'une des veines sous-clavières , de manière à produire, dans le premier cas, une dilatation extraordinaire et frappante des veines jugulaires, la bouffissure du cou et de la face, la saillie des yeux , eu un mot, toutes les apparences de l'état de strangulation , et , dans le second cas , à ne produire que sur un seul côté , sur le côté correspondant au poumon cancéreux , une semblable dilatation des veines jugulaire externe, mammaire, céphalique, basilique , etc. , et l'œdème du bras. Si l'artère axillaire subit aussi un certain degré de compression , le pouls radial du bras correspondant se montrera notablement plus faible que celui du bras opposé. L'œsophage même peut se trouver comprimé ; d'où la dysphagie. (46. F. «. )

Terminons par ce qui regarde la distinction anatomique des diverses sortes de cancers. En ce genre, la matière encéphaloïde est celle qui , sans contredit, se produit le plus communément dans le poumon. Tantôt elle s'y présente sous forme de masses arrondies ou irrégulièrement configurées, — et, quoique non enkystées, cependant très distinctes du tissu pulmonaire resté sain qui les environne , et avec lequel elles ne sont qu'en rapport de contiguïté , et non pas de continuité. Tantôt, mais rarement, ces masses se trouvent enkystées, ain^i que Laënnec, et, depuis lui, tant d'autres anatomo-pathologistes les ont vues. Dans quelques cas, mais peut-être beaucoup plus rares encore que celui qui précède, la matière encéphaloïde existe à l'état d'infiltration dans le parenchyme pulmonaire; entre autres observateurs, xM. Rostan atteste la réalité de ce dernier fait, que Laënnec n'avait admis que par analogie avec ce qu'il avait constaté dans d'autres organes. La dégénérescence squirrheuse est encore bien moins ordinaire dans le poumon que l'cncéphaloïdc; mais elle ne laisse pas que d'y avoir été

auiiicniiquemenl constatée dans quelques cas; et, par exemple, parmi les observations publiées par M. Bouillaud, il y en a une de celte dernière espèce. Je ne sacbe pas qu'il y ait dans les archives de la médecine un cas, un seul cas de cancer colloïde du poumon : ce n'est pas à dire pour cela que les observateurs n'en doivent jamais rencontrer, d'autant que ce mode de dégénérescence n'a été signalé que depuis peu d'années à l'attention des médecins.

866. Étiologic. — {Path. chir., t. I", chap. ix, § iv.) —-.Deux mots seulement sous ce rapport.

Sur un relevé de vingt cas de cancers pulmonaires, le docteur Kleffens (thèse citée) nous montre ce mal treize fois chez des hommes, et sept fois seulement chez des femmes. Est-ce à dire que nous devions apercevoir là un résultat d'une loi générale , plutôt qu'un rapport fortuit? Assurément, les chiffres sont ici trop peu considérables pour servir de base à une induction sérieuse et plausible. Ne nous pressons donc pas de conclure que le cancer des poumons fait évidemment exception à la règle, assez universellement admise, touchant la triste supériorité que le sexe féminin semble avoir sur le sexe masculin dans la statistique des affections cancéreuses considérées en masse.

Mais ce qu'il y a de très certain, de parfaitement avéré, c'est que les poumons sont, comme le foie (852. B.), très sujets à être le siège où repullule la matière cancéreuse après l'ablation d'un cancer externe.

867. Diagnostic. — (Path. chir., t. I", chap. IX, § V.) — Assurément le cancer des poumons n'offre dans sa symplomatologie rien de paihognomonique , rien si ce n'est, peut-être, le phénomène très rare , et d'ailleurs si contestable , d'une fétidité toute particulière de l'haleine. Sous le triple rapport des troubles respiratoires , de la percussion et de l'auscultation , il ne nous présente aucun signe qui ne puisse toutaussi bien appartenir h la tuberculisation pulmonaire , à la pleurésie chronique , ou à la pneumonie de même nature ! Toutefois, si, indépendamment des symptômes thoraciques, équivoques et suspects, il existe , dans d'autres points du corps , des tumeurs cancéreuses développées antérieurement ou parallèlement h l'apparition de ces symptômes; si la peau présente une couleur jaunc-paille ; si un cancer externe vient d'être opéré plus ou moins récemment ; si , en un mot , nous avons déjà quelque raison générale de présumer, chez l'individu donné, l'existence de la dialhèse cancéreuse , il est alors permis de diagnostiquer avec un plus ou moins haut degré de certitude, suivant le cas, un cancer du poumon. Et ce qui peut corroborer encore un tel diagnostic, c'est devoir apparaître des symptômes de compression de la veine cave supérieure , de la veine sous-clavière, de l'artère axillaireou

de l'œsophage ; c'est de trouver les circonstances commémoratives en désaccord absolu avec l'idée d'une pleurésie ou d'une pneumonie chronique; c'est, enfin, de rencontrer dans toute l'étendue d'un poumon les signes de l'induration et de l'imperméabiliié sans la moindre trace des râles propres au ramollissement des tubercules, ce qui rend assez improbable la supposition d'une infiltration tuberculeuse , laquelle jamais ou presque jamais n'occupe un espace si considérable sans que çà et là quelques points se montrent ramollis et fassent entendre du râle muqueux ou du moins du râle sous-crépitant.

868. Traitement palliatif. — Béchiques, narcotiques, révulsifs cutanés sur le thorax. Au besoin, quelques émissions sanguines, etc., etc.

ARTICI.E X.

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