CANCER DU COEUR
869. Bibliographie. — Laennec. —{Tr. de l'Auscult., IIP partie, section ii, chap. xvii.) — Édition citée, t. II, p. 570.
Breschet et Ferrus. — (Dans le Bict. de méd. en 21 vol., t. IV.) — Art. Cancer, — p. 205-7 (Cancer du cœur.)
Velpeau. Exposition d'un cas remarquable de maladie cancéreuse , avec oblitération de l'oûrte. Paris, 1825, in-S".
BouiLLAUD. — Article cité (850), p. 493-5.
Cruveilhie». — {Anat. patk.) Livraison XXIX, planche ii, fig. 1 et 2, et planche m, fig. 1". — Description et iconographie d'un cas de cancer polypiforme développé sur la paroi postérieure de l'oreillette droite chez un soldat âgé de trente-quatre ans, et qui avait les deux parotides cancéreuses.
Chomel. — (Dans le Répert., t. VIII, art. Cœur), p. 320-1.
Delaberge et Wonneret. — {Compendium, t. II , p. 322.) — Art. Cœur {Co.ncer du) .
Renalldin. Observation lue à l'Acad. roy. de méd. , séance du 6 août 1833. (Dans les Archives, août 1833.) — ■ Tumeur cancéreuse , plus grosse qu'une noix, dans le cœur d'une femme, dont les deux reins, le gauche surtout, étaient aussi le siège d'une dégénérescence semblable. — Les pièces anatomiques furent publiquement démontrées. — Il n'y avait eu cependant aucun symptôme notable dans la circulation ni du côté des urines.
Rayer. — [Tr. des mal. desreins.) Voyez, t. III, p. 703, parmi les Observations particulières concernant le cancer des reins, l'observation VIII° (Cancer des reins, du poumon, du Coeur, du foie, etc.) — .Masse squirrheusc de la grosseur d'une noisette, dans la cloison interveniriculaire.
PfGEAUX. — {7r. pr. dos mal. du cœur) , p. ;)90-7. PiORRY. — ( T,\ d(! méd. pmL) T. II, I" section, Cardiopalhios , chap. XVIII. — N"' 2097, 2098 et 2100.
870. Bref aperçu. — Le cancer du cœur est rare, excessivement rare. Mais sa réalilc est aujourd'hui un fait acquis à la science, et qui repose sur les témoignages! es pius authentiques et les plus irrécusables.
M. Récamier a vii le cœur transformé , dans une certaine partie de son étendue, en une matière squirrhcuse et semblable à la couenne de lard chez un sujet dont les poumons contenaient aussi des masses cancéreuses. Laënnec, en consignant dans son livre le souvenir de ce fait, qu'il tenait de la bouche même de M. Récamier, ajoute qu'il avait luimême rencontré , depuis quatre ans, deux cas de cancer encéphaloïde du cœur: l'un, où la matière cancéreuse formait, dans la substance musculaire des ventricules, de petites masses dont les plus grosses avaient le volume d'une aveline; l'autre, où elle se trouvait déposée en couches épaisses d'une à quatre lignes (de 2 millimètres à 1 centimètre , nouveau style) , le long des vaisseaux coronaires entre le feuillet séreux du péricarde et le cœur lui-môme. M. Trélal, ayant trouvé le cœur cancéreux chez un homme mort à la maison de Charenton , mit la pièce anatomique sous les yeux de Ferrus, qui, dans l'article cité ci-dessus (869), n'a pas manqué de proclamer ce fait, et d'en relater les particularités les plus intéressantes. MM. Velpeau, Bouillaud, Cruveilhier, Pigeaux , Piorry, Rayer et d'autres encore ont eu occasion de constater des dégénérescences squirrheuses ou encéphaloïdcs du cœur. Toutefois, le total des cas authentiquement enregistrés jusqu'à présent dans les fastes de la science ne s'élève guère au-dessus d'une douzaine.
En somme, il est avéré que, dans le cœur comme dans les autres organes, la matière cancéreuse, soit squirrheuse, soit encéphaloïde , peut se développer sous deux formes principales : 1" sous forme de masses isolées et distinctes au milieu du tissu naturel de l'organe ; 2° sous forme d'infiltration interstitielle sans discontinuité, de telle sorle que le tissu naturel soit entièrement métamorphosé en tissu héiérologue.
Quoi qu'il en soit , il paraît que toujours, ou presque toujours, en cas de cancer du cœur, une dégénérescence analogue existe aussi dans d'autres organes ; et que c'est, en règle ordinaire , principalement dans les poumons.
11 n'y a pas de doute qu'un cancer du cœur, pourvu qu'il ait une certaine étendue, ne soit de nature à entraver l'action de ce viscère et à perturber d'une façon plus ou moins grave la circulation. Mais les cas
jusqu'ici recueillis sont trop peu nombreux , et , n'ayant jamais élé reconnus ni même soupçonnés avant l'autopsie , laissent trop à désirer sous le rapport des détails syraptomatologiques , pour qu'il nous soit possible de tracer une histoire générale de cette maladie autrement que par des raisoniicniens et des conjectures à priori. Or, c'est là une tâche que les lecteurs peuvent tout aussi bien que moi-même accomplir à l'aide de leur imagination et de leur jugement.
AHTICX.I: XX.