DE 1UA PRODUCTION DU SON. — CHAP. I
tères ; à la fin de la 3e seconde elle serait en b c; à la fin de la 4% en c d, etc.
L’onde que nous venons de décrire , dans laquelle toutes les tranches sont comprimées et toutes les vitesses impulsives , s’appelle onde condensée ou quelquefois onde condensante.
Mais il est facile de voir que des phénomènes inverses se sont développés à gauche du piston p p' pendant qu’il s'est transporté en s s\ En effet , un espace plus grand a été offert à la colonne d'air, la ire tranche s’est précipitée à la suite du piston en se raréfiant , la 2' tranche s'est précipitée pour suivre la irt et prendre sa place, etc., etc. ; et après la i,e seconde, quand le piston s’arrête en s s', la raréfaction s’est fait sentir jusquen a. L’onde qui eu résulte s’appelle onde raréfiée , ou bien onde raréfiante ; sa longueur est exactement la même que celle de l’onde condensée qui se produit devant le piston -, les raréfactions sont nulles en s s' et en a a', et, dans toutes les tranches, les vitesses sont apulsives , c’est-à-dire dirigées vers le centre de l’ébranlement.
Cette onde raréfiée se propage aussi , de proche en proche, dans toute l’étendue de la colonne d'air, en conservant partout la même longueur et la même succession de vitesses et de raréfactions.
Ces considérations nous laissent entrevoir, dès à présent , les principes sur lesquels repose le phénomène de l’audition ; car, si nous imaginons dans quelques points du tuvau une tranche quelconque h h', fig. 5i, nous pouvons remarquer qu’elle éprouve successivement toutes les modifications qui constituent l'onde s a, puisqu’elle devient, tour à tour, la 1^, la 2e, la 3e..., et la dernière tranche de cette onde. Et, si dans cette tranche nous imaginons une petite membrane mm', très-délicate et très-élastique , il est évident qu elle devra recevoir dans leur ordre toutes les impulsions qui sont successivement données aux molé-
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culcs d’air } or c'est là précisément ce qui arrive à la membrane du tympan qui termine le conduit, dont le pavillon dp l’oreille est l'épanouissement. On conçoit donc que cette membrane, dont la mobilité égale celle de l’air, puisse recevoir et compter en quelque sorte toutes les modifications des différentes li anches de l’onde sonore.
Si le piston après s’être arrêté en s s', pendant un instant imperceptible, rcvientdans sa position primitive pp; enrepassantparles mêmes vitesses, onvoitqu’il excitera derrière lui , à droite de s s', une onde raréfiée toute pareille à celle qu’il avait excitée à gauche pendant son allée , et que cette onde se mettra à la suite de la première onde condensée, de telle sorte qu’à la fin de la 2 e seconde , l’onde condensée sera entre a etB, et l’onde raréfiée entre A et s'. De l’autre côté, au contraire, l’onde raréfiée sera de a en b, et l’onde condensée de a en s, puis une autre allée et une autre renue du piston exciteront encore des ondes semblables, pt semblablement disposées, qui courront après les premières, et ainsi de suite. Alors une oreille qui serait placée quelque part dans le tuyau n’entendrait plus un son passager comme le bruit d’une explosion, mais un son continu plus ou moins grave, plus ou moins fort et d’un timbi’eplus ou moins agréable. Entre le son de droite et celui de gauche, il n’y aura que cette seule différence, que dans l’un c’est l’onde condensée qui marche la première, et dans l’autre c’est l’onde raréfiée.
4;4. Delà gravité et de T acuité des sons. La différence qui existe entre les sons graves et les sons aigus est si frappante pour nos organes , qu’elle doit certainement correspondre à quelque modification physique bien caractérisée dans l’air qui porte ces sons. Nous démontrerons plus tard, par des observations directes, que le son le plus grave que nous puissions entendre a une longueur d’onde de 3u pieds, et que le son musical le pins aigu n’a qu’une longueur de 18 lignes environ. Entre ces deux limites, sont