DE LA PRODUCTION DU SON. — CHAP. I. IO
compris tous les sons et toutes les nuances que l’oreille humaine puisse distinguer , et deux ondes de même longueur donnent touj ours l'unisson parfait, quelle que soit d’ailleurs l'intensité ou le timbre des sons qu’elles portent. Les ondes plus longues que 3a pieds et celles qui sont plus courtes que 18 lignes, viennent sans doute à leur manière frapper aussi la membrane du tympan ; mais il n’en résulte aucune sensation distincte; l’organe reste sourd pour ces sons-là. Le rapport de gravité et d’acuité de deux sons est ce qu’on appelle le ton.
475. L'intensité du son ne peut pas dépendre delà longueur des ondes, elle dépend seulement des compressions plus ou moins fortes ou des vitesses plus ou moins grandes que l’air a reçues du corps sonore et qui se transmettent de couche en couche jusqu’à notre organe. Une corde de basse peut être à l’unisson avec le bruit déchirant du tamtam ; c’est-à-dire que les ondes sont de même longueur, mais l’air frappé par le tam-tam accomplit des vibrations dont l’amplitude est beaucoup plus grande : c’est là ce qui fait son intensité assourdissante.
4y6. Le timbre des sons est bien plus difficile à caractériser que le ton et l’intensité; les physiciens ne sont pas complètement d’accord sur ce point, mais il parait bien probable que le timbre dépend de l’ordre dans lequel se succèdent les vitesses et les changemens de densité dans les différentes tranches d’air qui sont comprises enti'c les deux extrémités de l’onde. On a même supposé que les sons articulés par une voix diffèrent des sons inarticulés, en ce que les ondes sont toujours dentelées pour les premiers et ne le sont jamais pour les seconds.
477. Tous les sons, quel que soit leur ton, leurtimbre ou leur intensité, se propagent dans l'air avec la meme vitesse. Lorsque plusieurs observateurs écoulent un concert à diverses distances, il entendent tous la même mesure et la même harmonie. Ainsi , en se propageant au loin, tous
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les sons se succèdent dans le même ordre et aux même intervalles; ce qui suppose nécessairement qu’ils mar client avec la même vitesse ; car, si les sons graves , pa exemple, prenaient l’avance sur les sons aigus , la mesur serait bientôt rompue , et ce qui serait une harmonie ; io pas serait à ioo pas une insupportable cacophonie.
478. La vitesse du son dans F air est de 34 o mètres pa\ seconde à 160. On a fait de nombreuses expériences en diffé rens lieux de la terre, pour déterminer avec exactitude b vitesse du son. On peut citer particulièrement en France celles du P. Mersennes,ce]lesdeCassini et Huyghens, celle des académiciens en 1788 , et celles du Bureau des Longitudes en 1822 ; en Angleterre, celles de Walker en 1698 celles deFlamsti ed et Halley, et celles deDcrlinm en 1704 en Italie, celles de l’académie del Cimento en 1660, e celles de Blanconi , en i44° \ en Allemagne, cellesde Mayei en 1778; celles de Muller en 1791 , et celles deBensenbert en 1809 ; dans les Pays-Bas , celles de Moll et Vanbeek er 1823 ; enfin en Amérique, celles de La Condamine en iy4f et celles d’Espinosa de Bauza en 1 794- Ces expériences offrent dans leurs résultats des différences assez considérables. Nous nous bornerons à exposer seulement celles qu’ Ont été faites, près de Paris en 1822, par le Bureau des Longitudes, sur la proposition de M. Delaplace.
Les deux stations que l’on avait choisies étaient Villejuif et Montlliéry. A Villejuif, le capitaine Boscary fit dis-i poser, sur un point élevé, une piècede six avec des gnrgousses de deux et de trois livres de poudre. Les observateurs placés autour de la pièce, étaient MM. de Prony, Arngo et Mathieu. A Montlhéry, le capitaine Pernetty fit! disposer une pièce de môme calibre , avec des gargousses de même poids; les observateurs étaient MM. de Humboldt, Gay-Lussac et Bouvard. Les expériences furent; faites de nuit et commencèrent à 11 h. du soir le 21 et) le 22 juin 1822. De Villejuif, l’on apercevait très-dis-f