‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie (volume 3)Chapitre 15 sur 39 · Mouvemens produits par une décomposition in · texte numérisé non relu

Mouvemens produits par une décomposition in

DE l’ÉLECTRICiTJÉ. - CHAP. IV. I'^5

iZanfflnee.— Concevons une sphère conduclrice , de cuivre par exemple, communiquant au sol par un fil très-fin, et posée sur un plan non conducteur indéfini , où elle n’est retenue que par son poids ; imaginons qu’au dessus d’elle , è une certaine distance , on dispose un corps capable de recevoir ou de conserver les plus fortes charges électriques. Il est évident que, si la spère est très-petite, elle sera emportée par l’attraction qu’elle éprouve , et viendra de bas en haut , malgré son poids , se précipiter sur le corps qui la sollicite par influence ; mais il est évident aussi que, son diamètre et son poids augmentant , il arrivera une certaine limite où la puissance électrique sera tout-h-fait insuffisante pour la soulever; l’étincelle partira entre elle et le corps électrisé qui la sollicite sans qu’elle en reçoive le moindre mouvement , à peu près comme l’étincelle part des conducteurs de la machine sans qu’ils soient entraînés et arrachés de leurs supports.

Cependant on observe des effets de la foudre qui semblent contraires ù ce principe : on a vu souvent de grandes masses transportées à plusieurs centaines de pas , et surtout des pièces de métal arrachées de leurs scellemens par un effort équivalent à plusieurs milliers de kilogrammes. Ces phénomènes me paraissent dépendre d’une différence dans la décomposition des fluides naturels par des actions lentes ou par des actions subites. Dans le premier cas , la conductibilité suffit au déplacement des fluides, et ils ont le temps de se transporter et de s’arranger à la surface , où ils exercent contre l’air une pression qui est bientôt capable de le repousser ; dans le second cas , tous les atomes de la masse éprouvent, simultanément et subitement, une décomposition de leurs fluides naturels ; ils sont saisis avec tant de violence que l’arrangement voulu par les lois de l’équilibre n’a pas le temps de s’accomplir , et les masses sont ainsi entraînées par des forces incomparablement plus grandes que celles qui pourraient trouver leur point d’appui contre l’air.

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