CHAPITRE II. 3l
sc compriment de telle sorte, que la pièce frappée a sensiblement moins de volume que celle qui ne l'est pas.
Les liquides sont en général beaucoup moins compressibles que les solides: l’eau ne diminue que très -peu de volume, quand on l’enferme dans une pièce de canon dont les parois ont plus de trois pouces d’épaisseur, et qu’on la comprime par les plus fortes puissances. Le métal éclate avant qu’elle ne soit réduite aux. — de son volume. Car nous verrons dans l’un des livres suivons qu’elle ne se comprime que de J*— pour chaque atmosphère, et qu’il ne faut pas mille atmosphères pour faire éclater un cylindre de bronze de trois pouces d’épaisseur.
L’air et les gaz sont de tous les corps ceux qui sc compriment le plus facilement , et ceux qui se réduisent à un moindre volume. On peut le démontrer par un grand nombre d’expériences; mais l’une des plus simples est celle du briquet à air. Cet appareil sc compose d’un tube de verre de huit ou dix pouces de longueur , et dont les parois sont très-épaisses (Fig. 1); dans son intérieur, qui est parfaitement cylindrique , se meut un piston qui le ferme exactement , dans toutes les positions qu’il peut prendre. Si le tube était rempli d’eau , le piston ne pourrait pas descendre, puisque l’eau est très-peu compressible; mais quand il est rempli d’air, la force de la main est suffisante pour enfoncer le piston et pour réduire le volume à la dixième ou mémo h la vingtième partie de ce qu’il était d’abord (Fig. 2). On sent que la résistance augmente à mesure que l’espace diminue, et qu’elle augmente de plus en plus; mais quelque effort que l’on puisse faire, on ne parviendrait jamais à pousser le piston jusqu’au fond , puisqu’il faudrait pour cela que l’air perdit son impénétrabilité , c’est-h-dirc qu il fût anéanti. Quand le piston reprend sa position primitive , l’air aussi reprend son volume primitif; ainsi il n’est pas compressible à la manière des métaux, qui reçoivent des empreintes, et qui ne reviennent pas à
3a ROTIONS PRÉLIMINAIRES.
leur «volume pi’imitif quand le balancier cesse de les presser.
Les autres gaz ont la même propriété que l’air, et tous ces corps ne sont pas seulement propres à être comprimés, mais en vertu de leur force expansive, ils sont propres h prendre un volume beaucoup plus grand.
Si au dessus du briquet h air on ajoutait un tube de même diamètre , et qu’au lieu d’enfoncer le piston on le soulevât dans ce nouveau tube {Fig. 5) , l’air intérieur se répandrait partout , et prendrait un volume dix fois, cent fois, mille fois, etc. , plus grand; et même il ne paraît pas qu’il y ait de limite à cette expansion des. gaz. Après cela, on pourrait de nouveau enfoncer le piston ,' et le voume se réduirait de plus en plus; on pourrait le soulever de nouveau et le réduire encore, et ainsi de suite, sans que l’air conservât la moindre trace des divers états de compression ou d’expansion par lesquels on l’aurait fait passer. C’est une constitution très- remarquable , que celle de ces corps qui peuvent prendre ainsi un volume cent mille fois plus grand ou cent mille fois plus petit , sans qu’une action mutuelle entre leurs molécules cesse de s’exercer.
D’après cela, on pensera peut-être que tout l’air de l’atmosphère pourrait être enfermé dans un très -petit espace, comme par exemple dans la capacité d’une outre; mais nous verrons que , s’il n’y a pas de limite h l’expansion , il y a une limite nécessaire à la compression et h la réduction de volume.
12. Elasticité. — L’élasticité est la propriété qu’ont les corps de reprendre leur état primitif, quand on fait cesser la cause qui changeait leur forme ou leur volume.
L’air est parfaitement élastique : car si l’on presse une vessie h moitié pleine d’air, elle reprend toujours son état, dès qu’on cesse de la presser : pareillement, quand on a enfoncé le piston du briquet â air, il remonte de lui-même; l’air comprimé le soulève malgré le frottement, et le ra-