‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie (volume 4)Chapitre 17 sur 131 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

i3. Dilatabilité. — La dilatabilité est la propriété qu’ont les corps de changer de volume par l’influence de la chaleur, de s’agrandir quand on les chauffe , de se contracter quand on les refroidit, et de reprendre exactement les mêmes dimensions quand on les ramène exactement au même degré de chaud ou de froid.

L’air se dilate si facilement que la simple chaleur de la main augmente de beaucoup son volume. Pour en faire l’expérience, on prend un tube de verre très-long, d’un diamètre intérieur de deux ou trois millimètres, et h l’extrémité duquel on a soufflé une boule. On peut, au moyen de certaines précautions , y faire entrer une colonne de liquide coloré , qui se tienne vers le milieu de la longueur du tube en m m ( fig . 4 )» et sépare l’air intérieur de l’air extérieur. Cela fait, quand celte colonne est en repos, on approche la main près de la boule, et à l’instant on voit monter la colonne liquide; donc l’air intérieur augmente de volume. Ensuite, en retirant la main , on voit la colonne qui retombe peu h peu , et qui revient enfin h sa première position ; ce qui prouve qu’en reprenant le même degré de chaleur, l’air reprend aussi le même volume.

Pour faire la même expérience sur les liquides , on prend un tube semblable au précédent, que l’on remplit d’eau ou de mercure jusqu’au milieu de sa longueur en m ( fig . 5). Ensuite on chauffe la boule en la touchant avec la main, et la colonne monte déplus en plus jusqu’en m' ; au contraire , si on la touche avec de la glace , la colonne tombe en m" ; et elle retourne encore à sa position primitive quand la glace est éloignée.

Pour les solides , l’expérience peut se faire de plusieurs manières : une des plus simples consiste à prendre une barre de métal qui s’ajuste très-exactement entre deux talons, dressés h angle droit {fig. 6) sur une plaque métallique assez épaisse. Si l’on fait rougir la barre, elle devient trop longue pour reprendre sa place , mais elle revient sur

elle-même h mesure qu’elle se refroidit; et enfin quand elle n’a plus que la chaleur qu’elle avait d’abord, elle a repris sa longueur primitive , et retombe entre les points fixes.

Ainsi tous les corps sont dilatables; et de tout ce qui peut changer en eux , leur volume est la chose la plus changeante. A chaque instant du jour ou de la nuit la chaleur varie , soit par l’action du soleil , soit par une foule d’autres causes; et tous les corps qui sont à la surface de la terre participent à ces variations. Ils sont tour à tour plus dilatés ou plus contractés , et n’ont jamais les dimensions fixes que nous leur supposons. C’est par un mouvement de toutes les parties de l’intérieur et de l’extérieur que se produisent ces alternatives; et, si la porosité nous fait voir que ces parties ne se touchent pas , la dilatation nous fait voir maintenant qu’elles ne sont jamais en repos et qu’elles ne gardent jamais ni les mêmes distances ni les mêmes positions relatives. D’où nous pouvons conclure enfin que la matière qui nous semble la plus inerte a une activité perpétuelle dans toute l’étendue de sa masse , parce que toutes ses molécules , soit au dehors soit au dedans , sont soumises h des causes qui agissent sans cesse , et qui peuvent sans cesse éprouver des changemens d’intensité.

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