‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie (volume 4)Chapitre 21 sur 131 · CHAPITRE HJ · texte numérisé non relu

CHAPITRE HJ

celui de la force A'F'. Ces deux forces étant supposées dans le même plan , on voit qu’elles tendent à faire tourner en sens contraires et qu’elles remplissent la première condition; mais pour qu’elles remplissent aussi la seconde, il faut i fixe la première force contienne la seconde , autant de fois (juc le bras du levier dans la seconde contient le bras de levier de la première. Si , par exemple , AF est double de A'F', il faudra que PQ' soit double de PQ; si AF était mille fois A'F', il faudrait que PQ' fût mille fois PQ. Cependant il no faudrait pas croire que PQ étant d’un mètre, par exemple, et PQ' de mille , un homme qui tirerait suivant A'F' pût faire équilibre à mille hommes de meme force qui tireraient suivant AF ; car en passant à la pratique, il se présente des résistances dont la théorie ne tient pas compte.

24. Pression sur le point d'appui. — Dans l’équilibre du levier , le point fixe supporte une certaine pression qu’il est utile de connaître. Pour cela , il suffit de transporter les forces au point de rencontre de leurs directions prolongées ( Fig. 24), et de chercher leur résultante par la règle du parallélogramme des forces; cette résultante passe par le point d’appui , et exprime par conséquent la grandeur et la direction de la pression qu’il supporte. Si les forces étaient parallèles ( Fig. 25 J , on sait, par ce que nous avons dit (21 ) , que la résultante serait parallèle aux composantes et égale à leur somme.

25. Dans l’usage ordinaire, on emploie le levier è soulever des fardeaux; alors l’une des deux forces s’appelle la résistance ; c’est le fardeau que l’on veut soulever : l’autre s’appelle la puissance ; c’est la force quelconque qui est mise en jeu pour soulever le fardeau. Dans ce cas, la condition d’équilibre s’exprime en ces termes : La puissance et la résistance sont en raison inverse de leurs bras de levier.

On distingue aussi trois sortes de leviers , suivant les positions relatives du point d’appui et des points d’applica-

lion de la puissance et de la résistance. Dans le levier du premier genre, le point d’appui est entre la puissance et la résistance ; la balance est un levier de cette espèce : dans celui du deuxième genre , la résistance est entre le point d’appui et la puissance : dans celui du troisième genre, c’est la puissance au contraire qui tombe entre la résistance et le point d’appui.

Nous renvoyons, pour de plus amples détails, à la Mécanique de M. Poisson et à la Statique de M. Poinsot.

26. Mouvement uniforme. — Le mouvement uniforme est celui dans lequel le mobile parcourt des espaces égaux en temps égaux. Ainsi , concevons un mobile qui parcourt une ligne droite , et une horloge qui mesure le temps; si , dans chaque minute , le mobile avance de la même longueur , de soixante pieds par exemple , et dans chaque demi-minute de trente pieds, de vingt dans chaque tiers de minute , il se mouvra d’un mouvement uniforme. Puisque les espaces sont égaux pour des temps égaux, il en résulte que le rapport de l’espace au temps est une quantité constante : c’est ce rapport qui s’appelle la vitesse du mouvement uniforme. Quand on prend un temps double ou triple , l’espace est double ou triple , et le rapport ne change pas. Le nombre qui représente la vitesse dépend des unités qu’on a choisies pour l’espace et pour le temps , et ce serait mal exprimer la vitesse que de l’exprimer par un nombre , sans désigner les unités qui ont servi à trouver ce nombre. Les mouvemens uniformes sont plus lents ou plus rapides suivant que leur vitesse est plus petite ou plus grande; le vent ordinaire ne parcourt que 60 mètres en une minute, le vent des orages parcourt jusqu’à 2700 mètres; ce dernier mouvement est 1^5 fois plus rapide que le premier.

27. Puisque la matière est inerte , un corps qui est animé d’un mouvement uniforme doit se mouvoir perpétuellement dans la même direction et avec la même

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