CHAPITRE III
carré de deux. On voit de même qu’avec une vitesse triple il rencontre trois fois autant de molécules , auxquelles il donne trois fois plus de vitesse , ce qui fait une perte neuf fois plus grande; et ainsi de suite. Pour des vitesses égales dans des milieux difîérens , les pertes dépendant de la quantité de matière que contiennent ces milieux , sous un volume donné , et de l’adhérence ou de la viscosité plus ou moins grande qui existe entre les molécules.
3i. De la force centrifuge. — Concevons une petite boule sans pesanteur attachée à l’extrémité d’un fil extensible cm (Fig. 27), et supposons qu’on lui donne une impulsion pour la faire tourner autour du point c , comme la pierre d’une fronde tourne autour de la main. Il est clair que la boule décrira un cercle entier, puis un autre cercle , et ainsi de suite indéfiniment ; s’il n’y avait pas de résistance , ce serait un mouvement perpétuel , et perpétuellement uniforme. La vitesse de ce mouvement circulaire est égale à l’espace divisé par le temps , comme celle du mouvement rectiligne. En même temps le fil éprouve une tension , car si on le coupe à un instant donné , la boule ne se mouvra plus en cercle , comme elle faisait auparavant; mais elle ira droit devant elle , en suivant la tangente sur laquelle elle se trouve. C’est la cause de cette tension du fil qu’on appelle force centrifuge , parce qu’en effet c’est l’effort que fait la boule pour fuir le centre , ou , ce qui revient au même , c’est l’effort qu’il faut faire pour la retenir et l’empêcher de s’en éloigner.
Quand la pierre d’une fronde tourne lentement, la corde est peu tendue ; quand elle tourne vite , la corde se tend davantage ; ainsi la force centrifuge est dépendante de la vitesse de rotation , elle croît et décroît avec elle dans un certain rapport. On démontre en mécanique que dans des cercles inégaux, qui sont décrits dans le même temps, les forces centrifuges sont proportionnelles aux rayons. Par exemple, cab (Fig. 27) étant une roue horizontale ou verticale qui tourne autour de l’axe c , la force centrifuge du
point b sera double de celle du point a , si cb est double de ca.
Pour des cercles égaux, décrits dans des temps différens, les forces centrifuges sont en raison inverse des carrés des temps.
Si le mouvement n'était pas circulaire, s’il suivait une autre courbe quelconque , il n’y en aurait pas moins une force centrifuge; mais alors elle serait évaluée d’une autre manière. Dans tout mouvement curviligne la force centrifuge existe , et il faut toujours , pour l’empêcher d’avoir son effet , ou un fil qui retienne le mobile , ou une résistance qui l’empêche de s’éloigner, ou enfin une force attractive , qui agisse sans cesse sur lui et qui le presse vers le centre de rotation , autant que la force centrifuge le pousse h s’en écarter.